Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a lancé un appel inédit aux « harraga », ces jeunes migrants clandestins algériens en situation irrégulière à l’étranger, notamment en France, à rentrer volontairement au pays. Présentée comme une mesure « humaine et responsable », cette initiative intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Alger et Paris, liées à la coopération migratoire et à la délivrance des laissez‑passer consulaires nécessaires pour les expulsions, dossier souvent utilisé comme levier de négociation. En 2024, seules 2 999 des 22 426 obligations de quitter le territoire (OQTF) prononcées par la France à l’encontre de ressortissants algériens ont été exécutées, soulignant l’impasse sur la reconduite des migrants. Cette politique d’amnistie et de retour volontaire permet à Alger de reprendre le contrôle sur ces flux, tout en encadrant les retours pour les jeunes en situation précaire et en excluant les auteurs de crimes graves ou de collaborations avec des services étrangers. La mesure s’inscrit donc dans le cadre plus large des négociations bilatérales sur l’immigration et la coopération consulaire, où l’Algérie cherche à protéger ses ressortissants tout en conservant un levier stratégique face à la France, mais sa réussite dépendra de l’acceptation des migrants et de la mise en œuvre effective par les deux administrations.

Le 30 décembre 2025, le tribunal de Béjaïa a rejeté la demande de libération provisoire de Lyes Touati, militant du Parti socialiste des travailleurs (PST), arrêté le 14 décembre 2025 et détenu depuis plus de deux semaines (voir notre article). Cette décision s’inscrit dans une répression plus large menée par le régime d’Abdelmadjid Tebboune : interdiction des manifestations, restrictions du droit de grève, arrestations de militants, mais aussi la suspension administrative du PST. Face à cette situation, les appels se multiplient pour exiger sa libération immédiate et l’abandon des poursuites.

Arrêté le 14 décembre 2025 et placé en détention préventive, le dirigeant du Parti socialiste des travailleurs (PST) et activiste Lyes Touati fait l’objet de poursuites après une publication Facebook critiquant ironiquement le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation sécessionniste et pro-sioniste interdite en Algérie. Accusé à tort d’y appartenir, il risque jusqu’à dix ans de prison, dans un contexte de répression accrue contre les militants depuis le Hirak de 2019. Déjà ciblé par un harcèlement judiciaire et policier et condamné par le passé à six mois de prison ferme sans incarcération effective (voir notre article), Lyes Touati est aujourd’hui au cœur d’une large campagne de solidarité internationale lancée fin décembre 2025, réclamant sa libération et l’abandon des poursuites.

Le poète algérien Mohamed Tadjadit, figure du Hirak, est détenu depuis janvier et en grève de la faim depuis plusieurs jours pour dénoncer ses conditions de détention. Condamné le 11 novembre à cinq ans de prison pour des accusations de « soutien au terrorisme », il doit comparaître de nouveau le 30 novembre pour « complot visant à inciter les citoyens contre l’État », un chef passible de la peine de mort — bien que l’Algérie n’exécute plus depuis 1993. Tadjadit sera jugé aux côtés de douze autres militants, tandis que les appels internationaux pour sa libération se multiplient.

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Militant du Parti Socialiste des Travailleurs (organisation trotskyste suspendue par le gouvernement en janvier 2022), Lyes Touati a été condamné 6 mois de prison ferme et à une amende de 100 000 dinars (400€). En cause, un post Facebook en janvier dernier dans lequel il dénonçait la répression contre des lycéens.

Le jour même du procès, la police avait procédé à l’interpellation d’un autre militant du MDS (Mouvement démocratique et social) suivie de la perquisition de son domicile pour avoir qualifié le président Tebboune sur la chaine El Magharibia « d’incompétent qui ignore les pratiques démocratiques ». Il s’en est sorti avec un contrôle judiciaire.

Le Conseil d’Etat algérien a interdit le Parti Socialiste des Travailleurs (PST) et fermé ses locaux. Cette décision fait partie d’une offensive générale menée en ce moment contre les forces de gauche, les groupes d’opposition et les organisations syndicales et le mouvement du Hirak, par le gouvernement d’Abdelmadjid Tebboune. On arrête presque tous les jours des militants, des étudiants, des journalistes et des universitaires, comme Fethi Ghares, porte-parole du « Mouvement Démocratique et Social » (MDS), et Kaddour Chouicha, dirigeant du syndicat « Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie » (CGATA). En 2021, les prisons algériennes ont dû accueillir 300 nouveaux prisonniers politiques. Des milliers de personnes ont fait les frais de procédures judiciaires et de mesures de détention préventive, et des procédures de dissolution ont été ouvertes contre plusieurs groupes de gauche, dont le PST, l’« Union pour le Changement et le Progrès » (UCP) et le « Rassemblement Actions Jeunesse » (RAJ). Le PST avait déjà été menacé de dissolution, suite à une plainte déposée le 26 avril 2021 par le Ministre de l’Intérieur. Le PST appelait alors au boycott des élections du 12 juin.

 

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Des affrontements ont opposé jeudi pour la deuxième journée consécutive des manifestants aux forces de l’ordre à Kherrata, le berceau du mouvement antirégime Hirak, dans l’est de l’Algérie. Ces heurts se sont produits à la suite de l’interdiction par les autorités d’une marche de soutien aux prisonniers politiques. Les affrontements de mercredi se sont prolongés jusque tard dans la nuit et plusieurs personnes ont été arrêtées (elles auraient depuis été relâchées). Jeudi, vers 11 heures du matin, des manifestants ont tenté de se rassembler mais des forces anti-émeutes ont été déployées sur le terrain. Des renforts de police sont arrivés sur les lieux depuis Béjaia et la wilaya de Sétif. Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc blessant plusieurs manifestants notamment à cause de tirs tendus.

Deux jours d'affrontements à Kherrata dans le cadre du Hirak

Deux jours d’affrontements à Kherrata dans le cadre du Hirak

À quelques jours de la fête du sacrifice, les autorités algériennes ont décidé la libération de 101 détenus incarcérés après la vague d’arrestations qui a frappé les manifestants du mouvement de contestation du Hirak. Le président Tebboune a décrété une grâce au profit de 30 détenus condamnés définitivement dans des affaires d’attroupement et de trouble à l’ordre public. Il a décrété également des mesures de clémence complémentaires en faveur de 71 jeunes détenus condamnés pour les mêmes actes qui seront relâchés dès ce mercredi soir. Le 4 juillet dernier, le président avait déjà décidé la libération de jeunes détenus du Hirak, une grâce traditionnelle à la veille de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance. Avant l’annonce de ces libérations, plus de 300 personnes étaient en prison en raison du Hirak.

Depuis le début du mouvement de contestation le 22 février 2019, et sans doute en réponse aux dénonciation de la corruption par les manifestations de masse, le régime a procédé à une vague inédite d’arrestations d’hommes politiques et d’hommes d’affaires accusés pour la plupart de corruption et de détournement de biens publics. Deux anciens premiers ministres, plusieurs ministres, députés et hommes d’affaires sont détenus pour corruption et  détournement d’argent public. En plus de dizaines d’officiers dont 30 généraux de l’armée algérienne qui occupaient de hautes fonctions comme l’ex-secrétaire général du ministère de la Défense, ou l’ex-patron de la Sécurité intérieure, sont en prison actuellement pour enrichissement illicite et abus de fonction.

 

Après plusieurs jours de mouvements de protestations contre le chômage, les habitants on décidé de passer à le vitesse supérieure en organisant les manifestations plus massives, et le dernière a tourné en affrontements. En colère contre le népotisme dans le recrutement, les habitants de Ouargla étaient descendus dans les rues de le ville vendredi pour exprimer leur ras-le-bol. Ils ont commencé par barrer les routes secondaires puis les principales pour attirer l’attention les autorités locale. Ils sont les jours suivants passés à l’organisation de rassemblements de protestation. Ces derniers se sont transformés en manifestations massives. Les forces de l’ordre on débarqué et les affrontements on commencé, ainsi dans le commune d’Ain el Beida. Plusieurs manifestants ont été blessés ou arrêtés.

La répression qui s’accroit contre les manifestants du mouvement de protestation populaire à l’approche du rendez-vous électoral du 12 juin. Pour la seconde semaine consécutive, les autorités algériennes ont réprimé, vendredi 21 mai, les marches hebdomadaires du mouvement pro-démocratie du Hirak à Alger et dans plusieurs villes du pays. Près de 500 personnes ont été interpellées dans une quinzaine de wilayas [préfecture], en majorité à Alger. La plupart des manifestants interpellés ont été relâchés en fin de journée, et les autres placés en garde à vue. Ils risquent des peines d’emprisonnement ferme.