Des milliers d’habitants se sont soulevés dans une ville du Sud-Est chinois après un accident de la circulation, brisant des voitures de police et renversant trois autres fourgons. Ces protestations sont devenues de plus en plus courantes en Chine, et la violences de ce samedi est l’expression du mécontentement social de la population qui souvent dégénère auxquels les nouveaux dirigeants du pays doivent faire face. Les gens en ont assez de la corruption et de la bureaucratie autoritaire, les pensions n’ont pas suivi le rythme de l’inflation, et les familles sont forcées de quitter leurs maisons pour laisser la place à la création de nouveaux aménagements.

Chine: Emeute anti-policière à Fusan

Des heurts ont opposé samedi soir policiers et opposants à un projet de raffinerie de pétrole à Ningbo, dans l’est de la Chine. La police a fait usage de gaz lacrymogènes contre les manifestants qui protestent depuis près d’une semaine contre la future raffinerie, filiale du géant chinois du pétrole Sinopec. Les riverains s’inquiètent des effets sur leur santé de la raffinerie, qui produira également de l’éthylène, ainsi que des évictions forcées de plusieurs milliers d’entre eux pour faire place à l’usine. De nombreux véhicules, dont des voitures de police, ont été renversés et plusieurs policiers blessés lorsque des manifestants ont attaqué un poste de police à coups de pierres et de briques.

Des milliers de manifestants sont descendus mercredi dans les rues de Luzhou, une ville du sud-ouest de la Chine, après qu’un chauffeur de camion a été, selon eux, battu à mort par la police. La manifestation a tourné à l’émeute. Les médias officiels ont annoncé jeudi que cinq voitures de police avaient été incendiées et 20 personnes écrouées.

Chine: Emeute anti-policière

Ce serait un garde de sécurité qui aurait déclenché les affrontements en blessant l’un des 79’000 ouvriers de l’usine Foxconn de Taijuan, les usines Foxconn sont connues pour leurs conditions de travail esclavagistes et la fabrication de produits Apple. Des produits finis (des boitiers d’Iphone 5) et des machines auraient été détruites dans des scènes de sabotage alors que la presse chinoise annonce que 5’000 policiers anti-émeutes sont sur place pour réprimer l’action à laquelle prendraient part à l’heure actuelle 2’000 ouvriers.

Chine : Emeutes et répression dans une usine Foxconn

Des milliers de manifestants protestant contre la pollution d’une usine de papier dans la ville côtière de Qidong, près de Shanghai, se sont heurtés à la police. Les manifestants ont renversé au moins deux voitures (dont une voiture de police) et ont envahi les locaux de l’administration locale, s’emparant des bouteilles d’alcool et de vin et des cartouches de cigarettes que les fonctionnaires reçoivent fréquemment comme dessous-de-table.

Les manifestants se sont mobilisés contre un tuyau d’évacuation des eaux usées de la papeterie qui se termine dans la mer au niveau du port de Lüsi, l’un des quatre ports de pêche de la ville. Les rejets de ce tuyau atteindront 150.000 tonnes d’eaux usées par jour quand l’usine du japonais Oji Paper Group, dont la construction a démarré en 2007, sera pleinement opérationnelle.

Arrestation d’un manifestant à Qidong

Arrestation d'un manifestant à Qidong

La police anti-émeute a affronté des villageois dans le district de Yangshan (province du Guangdong), le 12 juillet, pour protéger d’autres policiers et des responsables du parti « communiste » chinois et des autorités locales séquestrés par les villageois. Les villageois accusent ces responsables de les avoir forcé à accepter une expulsion, moyennant un dédommagement symbolique. Les mêmes autorités avaient ensuite loué ces terres au prix fort à un grand groupe minier. Les paysans ont résisté aux forces anti-émeutes au moyen de gourdins et de cocktails Molotov.

Chine: Emeute de paysans spoliés

La ville de Shifang, dans le sud-ouest de la Chine, a été le théâtre de deux jours d’affrontements entre la police et les les habitants opposés à la construction d’une usine polluante. Les manifestants ont attaqué lundi des bâtiments officiels en lançant des briques et des pierres, ont endommagé des véhicules et s’en sont directement pris à la police et à d’autres fonctionnaires. Deux protestataires auraient été tués dans les manifestations selon une organisation de défense des droits de l’Homme, mais cela n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante, tandis que ces décès n’étaient mentionnés ni par la police, ni par le gouvernement.

La police de Shifang a mis en garde les manifestants mardi, annonçant qu’ils allaient être « sévèrement punis » s’ils continuaient à mener des actions « illégales ». Des rassemblements sporadiques continuaient néanmoins à avoir lieu mardi. La police avait fait usage de gaz lacrymogènes dans la matinée. Vingt et une personnes arrêtées sur vingt-sept ont été libérées.

Chine: Répression de protestations anti-pollution

Les usines chinoises du groupe Foxconn, célèbres pour assembler les produits Apple mais aussi Nintendo, Asus, Intel ou Microsoft, ont connu mardi 5 juin une émeute de ses salariés. L’étincelle aurait été l’intervenu des services de sécurité qui venaient arrêter un salarié soupçonné de vol dans l’un des dortoirs de l’usine de Chengdu a dégénéré. Des centaines d’ouvriers en colère ont commencé à jeter tout ce qui leur tombaient sous la main. L’émeute a duré plus de deux heures et a nécessité l’intervention d’une centaine de policiers. Une dizaine d’ouvriers ont été arrêtés.

Chine: La police mate une émeute ouvrière

Des villageois en colère de la localité de Renhe contre les activités d’une société minière dans le sud-ouest de la Chine ont attaqué mercredi les forces de l’ordre à coups de machettes et de bâtons, faisant un mort et 15 blessés parmi les policiers. Les violences ont éclaté quand les autorités ont envoyé les forces de l’ordre pour disperser une manifestation de paysans mécontents qui s’étaient rassemblés devant un bâtiment gouvernemental.

A l’origine de la grogne se trouvent les activités d’une mine de charbon. Les manifestants dont les terres étaient mises en péril par l’activité minière, avaient décidé de camper devant le bâtiment gouvernemental de Renhe pour exiger compensation. L’avancée des zones industrielles et la pollution qui en résulte, ainsi que les expropriations de terres, sont souvent source de colère et de révolte en Chine, où les paysans se plaignent d’être mal ou pas indemnisés quand ils en sont victimes.

Les internautes chinois ont mené le vendredi 16 mars une « grève du message » de deux-trois jours. En cause, l’entrée en vigueur des nouvelles règles concernant l’utilisation des réseaux sociaux dans un pays qui compte plus de 260 millions d’utilisateurs de Weibo, la version chinoise de Twitter (l’original étant censuré en Chine). 40% des utilisateurs de Weibo restaient anonymes. Désormais pour envoyer un message, il faut déclarer sa véritable identité. C’est donc la fin de la possibilité de dénoncer librement les injustices et la corruption. Les autorités affirment être confrontée à une inflation des rumeurs en ligne, la dernière en date laissait entendre que le leader nord-coréen Kim Jong-un avait été assassiné à Pékin. Outre la censure, les weibos nominatifs vont pouvoir aussi aider les portails internet à récupérer de informations sur leurs millions d’utilisateurs à des fins publicitaires.

Chine: Fin de l’anonymat sur Weibo