Le site chypriote d’Indymedia a été la cible de l’unité des crimes électroniques de la police suite à la publication le 11 juillet dernier d’un article satyrique contre le Ministre de la Santé et sa politique contre le cannabis médical. Le lendemain, des parents de l’auteur (également membre d’Indymedia) ont reçu des coups de fil de la police en les accusant de diffamation. Suite à cela, l’auteur Petros Evdokas a appelé la police pour souligner qu’il avait signé cet article en son nom propre, la police a profité du coup de téléphone pour relayer la demande personnelle du ministre de la santé de retirer l’article. Enfin, le 15 juillet, la police a perquisitionné le domicile de Petros et saisis ses deux ordinateurs, qualifiant l’article de “document frauduleux” et Petros coupable de “Fraude”.

L’affaire a vite fait parler d’elle, à tel point que le Ministre visé dit à présent “ne pas être allé au commissariat”, que c’est “la police qui a insisté”, et que lui même avait demandé que les ordinateurs ne soient pas saisis.

Des heurts ont éclaté aujourd’hui lundi devant le Parlement chypriote à Nicosie quand des centaines d’employés de la compagnie publique d’électricité qui manifestaient contre la privatisation des télécoms, de l’électricité et des ports ont tenté d’entrer de force dans le bâtiment. Les manifestants ont jeté des pierres, des fruits et des bouteilles en plastique contre les policiers alors qu’ils tentaient d’entrer dans le bâtiment où les parlementaires discutaient la loi sur la privatisation. Les manifestants sont parvenus à passer le premier cordon de police mais n’ont pu entrer dans le Parlement. Des policiers et des manifestants ont été légèrement blessés.

Des grèves ont également eu lieu dans les télécoms et les ports. Ce sont les premières depuis que Chypre a dû recourir en mars 2013 à un prêt international de 10 milliards d’euros pour échapper à la faillite en raison de l’exposition de ses banques à la dette grecque. Ce prêt s’inscrit dans un plan de sauvetage aux conditions draconiennes: Chypre a dû liquider sa deuxième banque et restructurer la première et s’engager à des coupes budgétaires drastiques et à des privatisations.

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