Cela fait maintenant plusieurs années que les données des voyageurs européens sont transmises aux autorités américaines en vertu d’un accord provisoire. Ce jeudi, le parlement européen a validé cet accord entre Bruxelles et Washington qui autorise durablement le transfert des données PNR des 48 millions de passagers qui voyagent chaque année entre les deux continents, et ce au nom de la lutte contre le terrorisme. Ces données PNR, pour Passenger Name Record, sont fournies par les passagers eux-mêmes aux compagnies aériennes. Il s’agit notamment de leur nom, de leurs coordonnées, des dates et itinéraire de leur voyage, du numéro de leur carte de crédit, des informations sur leurs bagages, du menu commandé dans l’avion,… Le nouveau texte ne prévoit que quelques garanties minimes en terme de protection de la vie privée. Les données ne seront utiliser que pour lutter contre le terrorisme et les crimes graves (à la libre évaluation des Etats-Unis en ce qui concerne les termes), ne pourront être conservées que pendant dix ans pour les crimes graves et quinze ans pour le terrorisme, devront être rendues anonymes au bout de six mois (noms accessibles sous certaines conditions) et transférées au bout de cinq ans dans des banques de données ‘dormantes’ (accessibles après contrôles stricts).

En octobre dernier, René Gonzalez, un des cinq Cubains condamnés en 2001 aux Etats-Unis pour des faits d’espionnage, avait été libéré après plus de treize ans dans les geôles américaines en isolement presque total. Le gouvernement a toutefois imposé des conditions à cette libération. Parmi celles-ci, l’obligation de rester sur le territoire américain durant trois ans, obligation entrainant l’impossibilité de voir sa femme et sa mère, celles-ci étant interdites de séjour aux Etats-Unis. Depuis sa libération, René Gonzalez vit en résidence surveillée à une adresse gardée secrète afin de le protéger de diverses organisations basées à Miami (les cinq Cubains ont entre autres été condamnés pour avoir infiltré le milieu contre-révolutionnaire cubain à Miami). Le 20 mars, la justice américaine a accordé à René Gonzalez le droit de se rendre à Cuba pour deux semaines dans le cadre d’une visite familiale et privée. Il est arrivé sur place vendredi après-midi, et aura notamment la possibilité de rendre visite à son frère, grièvement malade.

Un million de signatures avaient été rassemblées jeudi sur internet pour demander l’inculpation d’un vigile de quartier bénévole (blanc) qui a tué il y a trois semaines un jeune homme noir de 17 ans, sans armes. L’affaire enflamme actuellement la Floride, où se sont déroulés les faits, et des manifestations ont lieu quotidiennement, dont une mercredi à New York, réclamant que le meurtrier (qui reconnait les faits mais invoque la légitime défense), soit arrêté et traduit devant la justice.

Le ministère de la Justice, le procureur du district central de Floride et le FBI ont ouvert une enquête. Un grand jury (chambre d’accusation) doit se réunir le 10 avril pour décider s’il y a assez de charges pour poursuivre George Zimmerman. Le chef de la police de Sanford (Floride), qui a fait l’objet d’une motion de défiance de la ville suite à l’enquête de ses services sur le meurtre de ce jeune noir, a annoncé jeudi qu’il se retirait temporairement de ses fonctions.

USA: Mouvement de masse contre l’impunité d’un vigile meurtrier

Avec le Suédois NetClean, Microsoft offre sa technologie PhotoDNA aux forces de l’ordre. Développée en 2009 par Microsoft Research et l’université Darthmouth College, PhotoDNA créé une signature unique pour une image numérique. Cette empreinte numérique peut être comparée aux signatures d’autres images afin de trouver des correspondances. Si le procédé est similaire à la reconnaissance faciale, PhotoDNA ne peut pas identifier des individus dans des photos. Mais avec une représentation mathématique de la photo, les forces de l’ordre sont capables de faire correspondre une photo avec une autre, même si la photo a été redimensionnée ou modifiée. De quoi les aider lors d’enquêtes.

La technologie est déjà utilisée dans le domaine de l’aide à l’enfance. C’est ainsi que Facebook en collaboration avec le National Center for Missing and Exploited Children (Centre national de recherche des enfants disparus et exploités, financé en partie par la justice US ), fait analyser par PhotoDNA les centaines de millions de photos mises en ligne chaque jour pour débusquer les images pédopornographiques et rechercher les photos d’enfants disparus (de nombreux fugueurs ayant tendance à rester connectés sur Facebook). On peut naturellement s’attendre à une extension de l’application de cette technologie aux autres secteurs de l’activité policière…

USA: Microsoft offre PhotoDNA à la police

Une nouvelle loi, la HR 347, doit prochainement être signée par le président Obama. Celle-ci est une version ‘revue et corrigée’ d’une vieille loi qui restreignait les entrées dans les espaces publics fermés et qui contenait des mesures contre les manifestations lors d’événements publics. La HR 347 va plus loin en proposant de restreindre les manifestations et la liberté d’expression lors d’événements politiques et aux alentours des édifices du gouvernement, qu’elle qualifie de ‘zones de protection’. En vertu de cette loi – en raison entre autre du caractère vague du langage utilisé – une personne se plaignant à haute voix d’un politique dans cette zone pourrait être arrêtée et emprisonnée. Celle-ci permettrait également de prononcer des peines allant jusqu’à dix ans de prison à l’encontre de personnes chargées de ce qui pourrait être considéré comme un ‘objet dangereux’.

Des incidents ont opposé samedi soir à New York des policiers à 600 membres et sympathisants du mouvement Occupy Wall Street (OWS) qui ont tenté de réoccuper le Zuccotti Park, à l’occasion des six mois d’existence du mouvement. La police a procédé à 73 interpellations. Trois femmes blessées lors des incidents ont été soignées dans une ambulance.

Etats-Unis: Répression de (re) »Occupy Wall Street »

Une longue enquète publiée dans le magazine américain Wired révèle quelques actualités de la NSA (Services secrets intérieurs états-uniens). Parmis celles-ci, la construction d’un complexe de 1 millions de m² d’une valeur de 2 milliards de dollars employant 10’000 ouvriers, l’arrivée d’un super-ordinateur en 2006 qui dépasse de loin le ‘Jaguar’ (super-ordinateur utilisé depuis 2004),…
Grâce à ce complexe et à ces poussées technologiques, la NSA aurait accompli une énorme percée (laquelle est inconnue) pour casser le chiffrement AES, l’un des algorythmes les plus puissants du monde, utilisés dans des logiciels comme LUKS et Truecrypt et réputé incassable.

‘Énorme percée’ vers le déchiffrage d’AES

Alexander Beltran Herrera, 35 ans, membre présumé des FARC, accusé d’avoir pris en otage trois Américains dont le petit avion s’était écrasé en Colombie en 2003, avait été extradé vers les États-Unis le week-end dernier pour répondre de ces accusations et d’autres de nature terroriste. Le gouvernement américain affirme que deux autres passagers avaient été exécutés par les FARC.

L’avocat d’Herrera a enregistré le plaidoyer de non culpabilité au nom de son client, lundi. Herrera compte parmi les 18 membres présumés des FARC mis en accusation le mois dernier. Il est passible de la prison à vie s’il est reconnu coupable. Les 17 autres accusés sont toujours recherchés, selon le département de la Justice des États-Unis. Les trois Américains avaient été secourus par l’armée colombienne en 2008, après plus de cinq ans de captivité.

Alexander Beltran Herrera

Alexander Beltran Herrera

Panda Security, un éditeur de logiciels de sécurité informatique, a été ciblé par les Anonymous pour avoir participé – contre rémunération – à l’enquête ayant débouché sur l’arrestation des membres de LulzSec. Panda Security a beau démentir, les attaques ont bel et bien eu lieu. Plusieurs sites de Panda ont été attaqués et sont tombés, tandis que les données personnelles de 114 salariés de l’entreprise (e-mails et mots de passe) ont été divulguées. Luis Corrons, directeur technique de Panda Security, avait publié sur son blog un billet saluant les arrestations des membres de LulzSec: son blog a aussi été ciblé par les attaques et est inaccessible.

Les autorités judiciaires américaines ont annoncé mardi l’inculpation de cinq hackers. Un sixième homme, présenté comme le créateur de LulzSec, Hector Xavier Monsegur, 28 ans, arrêté en juin 2011 à New York, a plaidé coupable en août 2011 et coopère à l’enquête. Vivant à New York, connu comme « Sabu », il est présenté comme un membre influent d’Anonymous, d’Internet Feds et le fondateur de LulzSec. Il avait, entre décembre 2010 et juin 2011, participé à des attaques informatiques contre les gouvernements tunisien, algérien, yéménite et du Zimbabwe. En décembre 2010, il avait également été impliqué dans le piratage des sites des cartes de crédit Visa, Mastercard et PayPal. Il risque jusqu’à 124 ans et six mois de prison.

Parmi les cinq inculpés figurent deux Britanniques, identifiés comme Ryan Ackroyd, alias « Kayla », 23 ans, de Doncaster, et Jake Davis, alias « Topiary », 29 ans, de Lerwick. Deux autres sont des Irlandais, Darren Martyn, 25 ans, de Galway, et Donncha O’Cearrbhail, 19 ans, de Birr, tandis que le cinquième est un Américain arrêté mardi soir à Chicago, Jeremy Hammond, membre d’AntiSec, 27 ans. Ackroyd, Davis, Martyn et O’Cearrbhail sont qualifiés de membres d’Anonymous, d’Internet Feds, et de membres fondateurs de LulzSec (à l’exception d’O’Cearrbhail). Ils sont accusés du piratage de la Fox Broadcasting Company, Sony Pictures et PBS. Davis est qualifié de « porte-parole » d’Anonymous et d’Internet Feds. Les trois premiers risquent jusqu’à 20 ans de prison. O’Cearrbhail, alias « Palladium », accusé d’avoir secrètement fait intrusion dans une conférence téléphonique entre le FBI et la Garda irlandaise consacrée à l’enquête sur Anonymous et ses groupes affiliés le 17 janvier, risque jusqu’à 15 ans de prison.

Hammond, alias « Anarchaos », qui risque également 20 ans de prison, fait quant à lui l’objet d’une inculpation séparée. Il est accusé d’avoir participé à l’attaque en décembre dernier contre la société américaine privée de renseignement et d’analyse stratégique, Strategic Forecasting Inc (Stratfor), qui aurait affecté jusqu’à 860.000 personnes. Il aurait alors volé les données des cartes de crédit de 60.000 personnes et utilisé avec des complices certaines de ces données pour des dépenses de plus de 700.000 dollars. En février, WikiLeaks avait annoncé la publication de cinq millions de courriels de cette société, levant le voile sur le monde opaque et rentable des agences privées du renseignement.