Une des dissidences des FARC, le Commandement de coordination de l’Ouest, a diffusé lundi 31 octobre un communiqué vidéo pour exprimer son désaccord avec la politique de paix du président colombien Gustavo Petro. Selon cette fraction, le gouvernement actuel ne fait pas assez pour arrêter l’action du paramilitarisme dans la région où ils opèrent. Le porte-parole de cette fraction est Andrés Patiño, également connu sous le pseudonyme d’El Mocho, un guérillero de 36 ans pour la capture duquel offre jusqu’à 80 millions de pesos. Il a déclaré que son bloc contient l’avancée du paramilitarisme sur la côte Pacifique dans le Cauca et le Valle. Patiño a ajouté que l’armée et les forces paramilitaires mèneraient des opérations militaires conjointes contre la guérilla, au point que les forces militaires aideraient les paramilitaires blessés, et que cette alliance est responsable de l’assassinat de dirigeants sociaux et même de la disparition du maire d’El Charco (Nariño), David Ureña, porté disparu depuis avril dernier. Enfin, alias Andrés Patiño a déclaré que le gouvernement national doit « aller au-delà des discours en faveur de la paix et montrer le démantèlement institutionnel des alliances entre les paramilitaires, les groupes de fausse guérilla et les forces de sécurité. Les habitants de Nariño l’attendent avec impatience. Tant que cela ne sera pas fait, la paix totale proclamée ne sera qu’un ensemble de discours très éloignés de la réalité et qui ignorent le paramilitarisme comme l’engeance la plus répugnante de la politique politicienne et des secteurs militaristes de ce pays ».

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Dans une vidéo diffusée ce vendredi, le commandant de la faction dissidente « État-major central des FARC-EP » s’est exprimé au côté d’une quinzaine de combattants en tenues de camouflage et armés de fusils d’assaut. « Il a été ordonné à toutes les unités de la guérilla des FARC-EP d’éviter au maximum les affrontements avec les forces publiques tant que nous ne sommes pas attaqués », a déclaré Ivan Mordisco, pourtant donné pour mort en juillet dernier lors d’une opération de l’armée par l’ancien président Ivan Duque. L’arrêt des hostilités est le point de départ pour « créer un climat propice et initier avec le gouvernement national les accords et mécanismes pour un cessez-le-feu bilatéral », ajoute encore le guérillero. Avec environ 2000 combattants, « l’État-major central des FARC-EP », aussi connu sous le nom de « Bloc Sud-oriental », est le plus important groupe dissident des FARC.

Le nouveau président de gauche Gustavo Petro, au pouvoir depuis début août, a multiplié les appels à la négociation en vue du désarmement des différents groupes armés du pays pour mettre fin à la violence dans le cadre de sa politique de « paix totale ». Jeudi passé, M. Petro a également informé que les négociations avec l’ELN guévariste, dernière guérilla constituée comme telle encore active dans le pays, commencerait « dans quelques jours ». D’autres groupes dissidents des FARC ont également fait part de leur volonté de dialoguer avec le nouveau gouvernement.

Iván Mordisco

 

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La justice colombienne a reconnu coupable 22 inculpés (19 militaires de la 16e Brigade, un agent des services de renseignement et deux civils) militaires de crime de guerre et crime contre l’humanité pour le meurtre de 303 civils présentés comme des guérilleros tués au combat entre 2005 et 2008. Selon la Juridiction spéciale pour la paix (JEP), né de l’accord de paix de 2016 avec les FARC, cette pratique dite des « faux positifs » étendue à plusieurs unités militaires entre 2002 et 2008 sous le gouvernement de droite d’Alvaro Uribe, a fait 6402 victimes. Ces exécutions sommaires étaient destinées à gonfler les résultats de l’armée dans la lutte contre les guérillas, notamment celle des FARC. En échange, les soldats bénéficiaient de diverses gratifications. Les 22 inculpés sévissaient dans le département de Casanare (centre). La majorité de leurs 303 victimes étaient des hommes âgés de 18 à 25 ans, mais neuf femmes, des personnes âgées, des personnes souffrant de déficiences cognitives ont été recensées.

 

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Dans la nuit du vendredi 8 avril, un véhicule militaire qui circulait sur la route d’El Singo, dans une zone rurale de la municipalité d’Ituango, dans le nord d’Antioquia, a été attaqué à l’IED. Cette action a été menée par les membres du Front 18 des FARC qui ont refusé la capitulation présentée comme « accord de paix ». Trois militaires ont été tués dans cette opération et dix autres blessés. Moins de 24 heures plus tard, un autre soldat a été tué, dans l’est du pays, alors qu’il participait à une opération anti-guérilla contre l’ELN dans une zone rurale d’El Tarra (Norte de Santander).

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Euclides España, connu sous le pseudonyme de Jhonier, un des principaux commandants des FARC dissidentes qui avait refusé les termes du l’accord de 2016, a été tué dans une opération menée par l’armée avec l’appui de la police dans la municipalité de Tacueyo, dans le département du Cauca. Le gouvernement colombien avait promis une récompense de 755.000 dollars (environ 667.000 euros) à qui permettrait de localiser Jhonier, qui était également recherché par les Etats-Unis. Environ 5.000 combattants ont rejeté l’accord de paix signé en novembre 2016, qui a conduit au désarmement d’environ 13.000 guérilleros.

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Rodrigo Granda, le principal diplomate des FARC, a été arrêté mardi à Mexico sur la base d’une « notice rouge » d’Interpol. Il voyageait accompagné de Rodrigo Londono, président du parti Comunes (les FARC démilitarisées), avec l’autorisation du tribunal spécial pour la paix (JEP), institution colombienne issue de l’accord de paix et qui enquête sur les crimes commis pendant le conflit. Comunes accuse le président Ivan Duque d’attaquer le processus de paix en ayant fait réactiver par Interpol la notice rouge contre Rodrigo Granda. Rodrigo Granda était l’un des négociateurs de la paix à La Havane, processus entamé en 2012 et qui avait abouti à l’accord de paix de 2016, suivi du désarmement de la plus grande partie des FARC.

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La fraction des FARC qui n’a pas mis bas les armes a revendiqué, dans une vidéo, plusieurs attaques contre les forces armées mais aussi le mitraillage de l’hélicoptère transportant le président et une attaque contre une base américaine. Le bloc Magdalena Medio des FARC, dirigé par alias Iván Mordisco et Gentil Duarte, a notamment revendiqué l’action contre la 30e brigade de l’armée à Cúcuta, une action d’abord attribuée à l’ELN (voir notre article) et celle contre le quartier général des forces US en Colombie (voir un extrait de la vidéo).

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Deux soldats vénézuéliens ont été tués et neufs ont été blessé par une mine terrestre lors d’opérations contre des combattant·es des FARC le long de la frontière colombienne. Au cours des opérations, les troupes ont démantelé neuf camps tandis que neuf combattants présumés sont morts et 31 ont été faits prisonniers. Les réfugiés fuyant la zone la semaine dernière ont déclaré que l’armée vénézuélienne avait incendié des maisons et tué des civils. Ces opérations entrent dans le cadre des opérations de l’armée vénézuélienne contre les FARC-EP (voir notre article).

Combattants des FARC (archive)

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Dans la zone frontalière entre la Colombie et le Venezuela, de violents combats ont eu lieu le 23 mars entre la guérilla des FARC-EP et les Forces armées nationales bolivariennes (FANB). Au moins deux soldats de l’armée vénézuélienne ont été tués, plusieurs blessés et, selon les informations, jusqu’à 32 combattants des FARC-EP ont été arrêtés. L’opération baptisée « Escudo Bolivariano 2021 » s’est déroulée dans l’État frontalier vénézuélien d’Apure, qui borde Arauca du côté colombien.

Selon l’armée vénézuélienne, plusieurs camps des FARC-EP ont été attaqués. L’armée de l’air a été utilisée à cette fin. Les combats ont semé la peur et l’agitation dans la région. Des centaines de personnes ont fui les combats vers la Colombie, notamment la communauté d’Arauquita. Il y aurait également eu des arrestations de simples fermiers. La structure attaquée des FARC-EP serait sous le commandement de Gentil Duarte (Pseudonyme). Certains médias répandent des rumeurs selon lesquelles les forces armées vénézuéliennes intensifient leur action contre les FARC-EP autour de Gentil Duarte, mais que les FARC-EP, Second Segunda, sont laissées tranquilles. Cependant, il est un fait que ces derniers temps, de violents combats ont eu lieu entre les forces armées vénézuéliennes et la Segunda Marquetalia, qui ont également conduit à la mort du commandant « loco Iván » en novembre 2020.

Combattants des FARC

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