Dimanche 25 janvier à Toulouse, une manifestation déclarée et autorisée en soutien au peuple kurde du Rojava a été réprimée par les forces de l’ordre, qui sont intervenues après les prises de parole alors que les participant·es se dispersaient calmement. Selon des témoignages, la police a frappé et gazé des manifestant·es alors que la situation était en cours de régulation par les organisateurs, provoquant des tensions qui trouvent leur origine dans l’intervention policière elle-même. Cela s’inscrit dans le cadre d’une série d’interdictions, d’arrestations et de provocations policières dans plusieurs villes de France à l’occasion des mobilisations en faveur du peuple kurde.

Présent au sein d’un cortège internationaliste, le Secours Rouge Toulouse a également pris la parole au début de la manifestation. À cette occasion, nous avons souligné que : « De par ses alliances militaires, diplomatiques et économiques, par son soutien à l’État fasciste turc et par sa normalisation avec le régime syrien, la France, comme l’ensemble des puissances occidentales, porte une responsabilité politique directe dans l’écrasement des projets progressistes et révolutionnaires au Moyen-Orient. Il faut être clair : la France n’a pas d’alliés dans la région. Elle n’a que des intérêts à défendre, quoi qu’il en coûte aux peuples, qui sont toujours les premiers sacrifiés de ses calculs iniques. »

Samedi 24 janvier, plus de 1 000 personnes ont manifesté dans les rues de Genève en solidarité avec le Rojava, dont un bloc internationaliste rassemblant différents activistes, notamment des membres du Secours Rouge Genève. La mobilisation a été marquée par une forte pression policière, avec des contrôles d’identité autour de la manifestation, une présence massive et ostensible des forces de l’ordre tout au long de l’action, puis un nassage en fin de rassemblement de plusieurs dizaines de personnes, y compris des familles avec enfants, restées autour des organisateurs. Même si aucune interpellation ne semble avoir eu lieu, ce dispositif illustre la criminalisation croissante de la solidarité avec le Rojava en Europe.

Une manifestation en soutien au peuple kurde a eu lieu samedi 24 janvier à Nantes, rassemblant entre 300 et 400 personnes. Des participants auraient tiré des feux d’artifice sur les quais. Quatre manifestants ont été interpellés à la suite de ces actions. En réaction, le préfet a décidé d’interdire le rassemblement pro-kurde prévu le 25 janvier à Saint-Nazaire, invoquant des risques sérieux pour l’ordre public.

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La préfecture des Bouches-du-Rhône a interdit une nouvelle manifestation de la communauté kurde prévue samedi 24 janvier à Marseille, après une mobilisation émaillée par des affrontements entre certains manifestants et forces de l’ordre le 22 janvier dernier (voir notre article). Les autorités justifient l’interdiction par la répétition d’incidents similaires à Marseille et à Marignane, et annoncent un dispositif de maintien de l’ordre pour faire respecter la mesure, dans un contexte de mobilisation croissante en faveur du peuple kurde qui fait face à une offensive du gouvernement de transition syrien contre le Rojava (voir notre article).

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Il reste deux jours avant la fin du cessez-le-feu de quatre jours entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et l’Armée arabe syrienne (AAS), alors que les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu persistent. Le territoire contrôlé par les FDS est passé de 50 000 km² à 10 000 km² en deux semaines, seules les villes et villages kurdes restant sous leur contrôle (contrairement à ce que nous avions annoncé, la ville de Sarrine, au sud de Kobané, est finalement restée sous le contrôle des FDS). Les attaques de l’AAS dans les environs de Hasaka menacent de couper les routes entre les centres urbains, tandis que le siège de Kobané s’intensifie. Au moins 18 000 personnes, principalement kurdes, ont été déplacées de Raqqa et Tabqa, portant le total à 170 000 personnes déplacées depuis le 6 janvier. Le siège de Kobané se resserre, environ 150 000 civils y sont piégés. L’électricité est coupée, les pompes à eau ne fonctionnent pas et l’accès à Internet est instable, tandis que l’AAS poursuit ses attaques. L’encerclement empêche l’acheminement de carburant, de nourriture et de fournitures médicales. La Turquie renforce sa présence à la frontière avec la Syrie, face à Kobané, avec des chars et des armes lourdes.

Le réseau Rise Up 4 Rojava, auquel appartient le Secours Rouge de Belgique, organise une soirée publique d’information le lundi 26 janvier à 18H30 au Steki, 6 rue Gustave Defnet à 1060 Bruxelles.

À Paris, une vidéo diffusée sur Instagram montre trois policiers frappant un homme kurde à coups de matraque, le plaquant contre un véhicule et l’insultant de « kebab sur pattes » (voir ici) en marge de mobilisations spontanées en soutien au Rojava. Le parquet de Paris annonce avoir saisi l’IGPN, la police des polices. Il s’agit de la deuxième enquête confiée à l’IGPN en une semaine, après la mort d’El Hacen Diarra dans un commissariat du XXe arrondissement dans la nuit du 14 au 15 janvier.

Par ailleurs, à Marseille, une manifestation kurde de 2 500 personnes a été le théâtre d’affrontements avec la police ce jeudi 22 janvier. Des jets de feux d’artifice et de pierres ont répondu aux grenades lacrymogènes, tandis que des incendies de containers et des dégradations de mobilier urbain, caméras et véhicules de police ont également eu lieu. Dix policiers ont été légèrement blessés et au moins deux manifestants ont été interpellés. La manifestation visait à dénoncer les attaques contre le Rojava et la complicité des Etats occidentaux, dont la France. Le préfet et le maire socialiste ont condamné ces violences. Plus tôt dans la semaine, des mobilisations en faveur du peuple kurde avaient été réprimées dans plusieurs villes françaises, en particulier à Strasbourg et Paris (voir notre article).

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Une attaque à l’arme blanche a visé jeudi 22 janvier au soir des manifestants kurdes à Anvers, lors d’un rassemblement sur la place de l’Opéra pour dénoncer les attaques de HTS et de la Turquie contre le Rojava, dans le nord de la Syrie. Deux Kurdes ont été grièvement blessés et hospitalisés, tandis qu’au moins six personnes ont été touchées au total. Quatre suspects, qui s’étaient mêlés aux manifestants, ont été interpellés. La police a provisoirement qualifié l’attaque de « tentative de meurtre » et ouvert une enquête.

Le rassemblement de soutien aux Rojava qui a eu lieu le 21 janvier au matin à Bruxelles place du Luxembourg a débouché sur une manifestation spontanée qui a atteint le rond point Schuman, devant la Commission européenne. La police est alors intervenue avec des gaz lacrymogènes, a nassé un groupe de manifestants et arrêté cinq d’entre eux.

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À Paris, une manifestation de soutien au Rojava a rassemblé mardi soir environ 1 200 personnes place des Invalides. La police est rapidement intervenue et a interpellé onze manifestants pour « regroupement en vue de commettre des dégradations » et « violences sur agents ». Quatre policiers ont été légèrement blessés lors des affrontements. Un rassemblement similaire a eu lieu mardi à Strasbourg, où les manifestants ont été dispersés par la police à coups de gaz lacrymogène et de charges.

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Une enquête a été ouverte contre 356 personnes ayant « attaqué » des drapeaux turcs à la frontière entre la Turquie et la Syrie, a annoncé le ministre de la Justice, Yılmaz Tunç, alors que les populations kurdes ont franchi des barrières pour soutenir le Rojava en proie aux attaques du régime syrien (voir notre article). À ce jour, 35 personnes ont été arrêtées, 45 font l’objet de mesures judiciaires de contrôle, et 77 restent en garde à vue.