La première chambre du Tribunal révolutionnaire islamique de Mahabad, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, a condamné à mort Kavis Abdollahzadeh Aghdam pour « insurrection armée contre l’État ». Ses six coaccusés – Hemin Mam-Ghaderi, Yousef Mam-Ghaderi, Mansour Karbalaei, Salar Bayazidi-Azar, Hassan Mamil-Azar et Salar Seyyed-Rahimi – ont chacun été condamnés à dix ans et un jour de prison pour « insurrection avant l’obtention d’armes ». Ils avaient tous été arrêtés fin juillet 2022 par des agents du ministère du Renseignement. Lors de l’opération d’arrestation, les forces de sécurité ont blessé Hemin Mam-Ghaderi par balle sur la route Bukan-Saqqez. Après leur arrestation, les hommes ont été transférés au centre de détention du ministère du Renseignement à Orumiyeh, où ils ont été interrogés et torturés pendant plusieurs semaines, sur la base d’accusations relatives à leur appartenance présumée au Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) et à leur implication présumée dans une action armée contre la République islamique d’Iran. Après la fin de l’interrogatoire, les détenus ont été libérés sous caution. Abdollahzadeh Aghdam a ensuite quitté l’Iran.

Hemin Mam-Ghaderi avait déjà été arrêté et emprisonné pour des accusations similaires le 16 mai 2017, puis condamné à 11 ans de prison par le tribunal révolutionnaire islamique de Saqqez pour « atteinte à la sécurité nationale » en raison de sa collaboration présumée avec le PDKI, ainsi que pour « propagande contre l’État ». Sa peine a ensuite été réduite à cinq ans par la Cour suprême, et il a été libéré de la prison de Bukan en avril 2020 à la suite d’une amnistie judiciaire accordée pendant l’épidémie de coronavirus.

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La ville de Hanovre qualifiant d’« acte de soutien » à une « organisation terroriste » a interdit sans préavis une cérémonie commémorant les martyrs de la guérilla kurde. La ville a justifié cette décision par une possible violation de l’interdiction du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en vigueur en Allemagne depuis 1993. L’ordre de police soutien également que de tels événements commémoratifs contribuent à « renforcer la cohésion interne du PKK » et pourraient avoir un effet mobilisateur, notamment auprès des jeunes participants. La communauté kurde a critiqué cette action, la jugeant disproportionnée et motivée par des considérations politiques. Elle a qualifié cette interdiction de manifestation d’une « criminalisation systématique de la vie des Kurdes en Allemagne ». Elle a aussi souligné que le PKK avait déjà déclaré la fin de sa lutte armée et s’était dissous en mai (lire notre article ici).

Au moins neuf jeunes ont été arrêtés vendredi matin lors de perquisitions dans la métropole turque d’Istanbul. Les perquisitions dans plusieurs quartiers de la ville étaient dirigées contre des membres des Conseils démocratiques de la jeunesse. Les personnes arrêtées ont été emmenées au commissariat de la rue Vatan. Suite à une manifestation à Amed (tr. Diyarbakır) le week-end dernier, huit militants du Conseil de la jeunesse du parti DEM ont été arrêtés. L’événement organisé par la Plateforme démocrate et patriotique de la jeunesse (DYGP) a appelé à la libération d’Abdullah Öcalan et à sa participation à un éventuel processus de paix. Le ministre turc de l’Intérieur avait vivement critiqué la manifestation et pris publiquement pour cible les participants. Moins de 24 heures plus tard, des perquisitions ont été menées à plusieurs adresses à Amed. Etant donné que des manifestants d’Istanbul avaient également participé à l’événement, les avocats soupçonnent un lien direct avec les arrestations en cours dans la ville.

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Hajar Youssef Khali a été arrêtée en 1995, militante au sein du Mouvement pour la liberté du Kurdistan (MKU) dans la ville d’Aydil, anciennement Hezex, située au nord du Kurdistan. Durant son incarcération, Hajar a été transférée dans plusieurs prisons turques : Amed, Media, Gerze et Kayseri, avant d’être libérée il y a quelques jours, elle a été accueillie à Alep par les femmes des quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh. 

Un civil kurde, Mithat Yılmaz, a été condamné à 10 mois de prison pour avoir qualifié de « martyrs » Nazim Daşdan et Cihan Bilgi, journalistes tués par un drone turc au Rojava le 19 décembre 2024, alors qu’ils couvraient les événements du barrage de Tişrin (voir notre article). Mithat Yılmaz avait assisté à la cérémonie d’hommage des deux journalistes tués et avait scandé le slogan « Şehid Namirin » (le slogan kurde signifiant « Les martyrs sont immortels »).

Heval Arslan, journaliste kurde et présentatrice de la chaîne Medya Haber TV, a été arrêtée après avoir été convoquée au commissariat de police de Ninove dans la soirée du 22 septembre. Elle a été envoyée dans le centre fermé de Bruges où elle risque une extradition vers la Turquie via la France. Plusieurs sources kurdes rapportent que Heval Arslan a été détenue sans décision de justice, ses biens confisqués, soumise à une fouille à nu et placée dans une cellule.

Condamné à la prison à vie en 1993 alors qu’il avait 17 ans, Ali Haydar Elyakut a été libéré hier, alors qu’il était censé être libéré en 2023. Lors de sa libération de la prison de type T de Karabük, il a été accueilli par sa famille et ses proches. Durant ses 32 ans de détention, il a été détenu dans les prisons de Diyarbakır, Semsûr, Amasya, Kırıkkale, İzmir Şakran, Ankara et Karabük.

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Le Centre de la Communauté Démocratique Kurde de Draguignan a été perquisitionné par la police ce mardi 23 septembre. Six personnes ont également été interpellées, il s’agit de : Osman Sönmez (coprésident du Centre de la société démocratique kurde), Şahin Al Ördek, Erdal Çelik, Şenol Karadağ, Rıdvan Al Gemi et une personne non identifiée.  Dans un communiqué, le Centre démocratique kurde a dénoncé une opération policière « incompréhensible et inacceptable », appelant à mettre fin à la criminalisation du peuple kurde et de ses institutions.

Ce 20 septembre au Royaume-Uni, le procès des militants kurdes accusés d’être membres du PKK a débuté par une audience préliminaire à la Cour pénale centrale d’Old Bailey, l’une des plus hautes cours de sécurité de la capitale Londres. Dans ce pays, le PKK est toujours classé comme une « organisation terroriste ». Le procès principal devrait s’ouvrir devant un jury en janvier 2026. Par ailleurs, le tribunal tiendra des audiences préparatoires les 7 novembre et 12 décembre 2025. Le matin du 27 novembre dernier, des centaines de policiers britanniques ont perquisitionné les domiciles de nombreux militants kurdes et du Centre communautaire kurde de Londres, tandis que sept militants kurdes ont été arrêtés et poursuivis.