Vingt-neuf jeunes internationalistes, venus de 14 pays pour exprimer leur solidarité avec le peuple du Rojava face aux attaques de HTS et de l’État turc, ont été interpellés à l’entrée du district de Birecik (Urfa) par la gendarmerie. Qualifiés de « personnes à risque » après un contrôle administratif, ils ont été placés en garde à vue puis transférés à la Direction provinciale de la migration d’Urfa en vue de leur expulsion. Arrivés via Istanbul puis Suruç dans le cadre de la Caravane populaire, ils avaient été accueillis par des représentants politiques et associatifs avant d’être arrêtés sur la route du retour.

Après une progression rapide dans les zones arabes, les forces gouvernementales ont subi de lourdes pertes face aux Forces démocratiques syriennes en tentant de progresser vers Kobané et Hassaka (photo : quelques combattants et combattantes des FDS et des YPJ tué·es ces derniers jours). La ligne de front s’est stabilisée et des cessez-le-feu, plus ou moins bien respectés, se sont succédé jusqu’à ce qu’un accord général soit signé le 30 janvier. Selon cet accord, l’armée gouvernementale et les FDS se maintiendront dans leurs propres zones, séparées par une distance de sécurité. Les FDS s’intégreront à l’armée en formant trois brigades autonomes stationnées à Hassaka et une brigade à Kobané. Il s’agira de brigades régionales à recrutement local, qui conserveront leurs commandements issus des FDS ainsi que leur propre mode de formation politico-militaire. Les YPJ (Forces de défense des femmes) resteront une force constituée au sein des FDS. Les forces de sécurité gouvernementales seront déployées à Hassaka, mais les forces de sécurité du Rojava, les Asayish, continueront d’assurer la sécurité des habitant·es de la région.

L’enseignement dans la langue maternelle sera officiellement accepté. Les lycées et les universités du Rojava seront officiellement reconnus. Les diplômes délivrés par l’Administration autonome le seront également. Le gouverneur de Hassaka sera désigné par l’Administration autonome et les institutions feront l’objet d’une intégration. La sécurité des frontières sera assurée par la région. Le poste-frontière de Semalka (vers le Kurdistan irakien) sera ouvert. Des discussions sont en cours afin que des représentant·es de l’Administration autonome puissent travailler au sein des ministères de l’État syrien. Des élections pourraient également avoir lieu à l’avenir. Les négociateurs du Rojava ont pris des initiatives pour permettre aux habitant·es de Sheikh Maqsoud, d’Ashrafiyah et de Shehba de rentrer chez eux. Des efforts sont également déployés concernant Serêkaniyê, toujours sous contrôle turc. Afrin est également toujours aux mains de la Turquie, mais elle devrait aussi être évacuée.

Seize jeunes internationalistes venus de différentes villes d’Europe pour manifester leur solidarité avec le Rojava, attaqué depuis le 6 janvier par les milices liés au gouvernement de transition syrien HTS, ont été arrêtés à Mardin, dans le Kurdistan du Nord. Les activistes se rendaient depuis Nusaybin à Artuklu pour participer à une marche destinée à dénoncer les attaques et le siège imposé au Rojava lorsqu’ils ont été interpellés par la police et conduits à la direction provinciale de l’immigration avant d’être expulsés. Aucun motif officiel n’a été communiqué, mais ces arrestations visent à intimider et réprimer la jeunesse internationaliste engagée aux côtés du Rojava. Le même jour, les différents véhicules de la Caravane Populaire n’ont également pas été autorisés à franchir la frontière turque, alors qu’ils transportaient plusieurs jeunes désireux de soutenir la résistance kurde.

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Ce vendredi 6 février, la cantine du Silure accueille plusieurs collectifs solidaires de la révolution au Rojava (Rise Up 4 Rojava, Secours Rouge Genève, Contre attaque et autonomie, Serhildan Genève) pour une soirée d’information et d’échanges sur la situation actuelle et les perspectives d’organisation locales. L’événement sera accompagné d’un repas solidaire à 19h30, avec ouverture du lieu dès 17h pour la permanence de l’infokiosque-bibliothèque, à l’adresse Avenue Jacques-Grosselin 50c.

En Turquie, une infirmière d’Istanbul a été arrêtée le 26 janvier 2026 pour avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux où elle se tressait les cheveux en solidarité avec les YPJ (Unité de Proection des Femmes) du Rojava. Accusée de « propagande terroriste », elle n’a fait qu’un geste symbolique pour dénoncer la violence contre les femmes kurdes en Syrie par les groupes djihadistes. Les autorités turques, qui assimilent les FDS (Forces Démocratiques Syriennes, une coalition militaire dirigée par les YPG/YPJ) au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), criminalisent cette expression de solidarité, tandis que des manifestations pro-kurdes se multiplient dans le pays. L’affaire intervient dans un contexte de négociations fragiles de paix entre Ankara et le PKK, soulignant la pression exercée sur toute forme de protestation ou de soutien politique aux Kurdes.

Dimanche 25 janvier à Toulouse, une manifestation déclarée et autorisée en soutien au peuple kurde du Rojava a été réprimée par les forces de l’ordre, qui sont intervenues après les prises de parole alors que les participant·es se dispersaient calmement. Selon des témoignages, la police a frappé et gazé des manifestant·es alors que la situation était en cours de régulation par les organisateurs, provoquant des tensions qui trouvent leur origine dans l’intervention policière elle-même. Cela s’inscrit dans le cadre d’une série d’interdictions, d’arrestations et de provocations policières dans plusieurs villes de France à l’occasion des mobilisations en faveur du peuple kurde.

Présent au sein d’un cortège internationaliste, le Secours Rouge Toulouse a également pris la parole au début de la manifestation. À cette occasion, nous avons souligné que : « De par ses alliances militaires, diplomatiques et économiques, par son soutien à l’État fasciste turc et par sa normalisation avec le régime syrien, la France, comme l’ensemble des puissances occidentales, porte une responsabilité politique directe dans l’écrasement des projets progressistes et révolutionnaires au Moyen-Orient. Il faut être clair : la France n’a pas d’alliés dans la région. Elle n’a que des intérêts à défendre, quoi qu’il en coûte aux peuples, qui sont toujours les premiers sacrifiés de ses calculs iniques. »

Samedi 24 janvier, plus de 1 000 personnes ont manifesté dans les rues de Genève en solidarité avec le Rojava, dont un bloc internationaliste rassemblant différents activistes, notamment des membres du Secours Rouge Genève. La mobilisation a été marquée par une forte pression policière, avec des contrôles d’identité autour de la manifestation, une présence massive et ostensible des forces de l’ordre tout au long de l’action, puis un nassage en fin de rassemblement de plusieurs dizaines de personnes, y compris des familles avec enfants, restées autour des organisateurs. Même si aucune interpellation ne semble avoir eu lieu, ce dispositif illustre la criminalisation croissante de la solidarité avec le Rojava en Europe.

Une manifestation en soutien au peuple kurde a eu lieu samedi 24 janvier à Nantes, rassemblant entre 300 et 400 personnes. Des participants auraient tiré des feux d’artifice sur les quais. Quatre manifestants ont été interpellés à la suite de ces actions. En réaction, le préfet a décidé d’interdire le rassemblement pro-kurde prévu le 25 janvier à Saint-Nazaire, invoquant des risques sérieux pour l’ordre public.

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La préfecture des Bouches-du-Rhône a interdit une nouvelle manifestation de la communauté kurde prévue samedi 24 janvier à Marseille, après une mobilisation émaillée par des affrontements entre certains manifestants et forces de l’ordre le 22 janvier dernier (voir notre article). Les autorités justifient l’interdiction par la répétition d’incidents similaires à Marseille et à Marignane, et annoncent un dispositif de maintien de l’ordre pour faire respecter la mesure, dans un contexte de mobilisation croissante en faveur du peuple kurde qui fait face à une offensive du gouvernement de transition syrien contre le Rojava (voir notre article).

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Il reste deux jours avant la fin du cessez-le-feu de quatre jours entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et l’Armée arabe syrienne (AAS), alors que les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu persistent. Le territoire contrôlé par les FDS est passé de 50 000 km² à 10 000 km² en deux semaines, seules les villes et villages kurdes restant sous leur contrôle (contrairement à ce que nous avions annoncé, la ville de Sarrine, au sud de Kobané, est finalement restée sous le contrôle des FDS). Les attaques de l’AAS dans les environs de Hasaka menacent de couper les routes entre les centres urbains, tandis que le siège de Kobané s’intensifie. Au moins 18 000 personnes, principalement kurdes, ont été déplacées de Raqqa et Tabqa, portant le total à 170 000 personnes déplacées depuis le 6 janvier. Le siège de Kobané se resserre, environ 150 000 civils y sont piégés. L’électricité est coupée, les pompes à eau ne fonctionnent pas et l’accès à Internet est instable, tandis que l’AAS poursuit ses attaques. L’encerclement empêche l’acheminement de carburant, de nourriture et de fournitures médicales. La Turquie renforce sa présence à la frontière avec la Syrie, face à Kobané, avec des chars et des armes lourdes.

Le réseau Rise Up 4 Rojava, auquel appartient le Secours Rouge de Belgique, organise une soirée publique d’information le lundi 26 janvier à 18H30 au Steki, 6 rue Gustave Defnet à 1060 Bruxelles.