Vendredi 15 août, environ 120 personnes ont participé à un rassemblement fortement défendu par la police du groupe transphobe Women Will Speak sur les marches du Parlement à Melbourne. 80 contre-manifestant·es ont été violemment réprimé·es par les forces de l’ordre. Les agents ont fait usage de sprays au poivre, de coups de matraque auxquels les militant·es ont répondu par des coups de parapluie. Quatre contre-manifestant·es ont été arrêté·es, l’un d’entre iels a été accusé·e d’agression envers la police et a été libéré·e sous caution avant de devoir comparaître devant un tribunal à une date ultérieure, un·e autre était en possession de fusées éclairantes lors de son arrestation. À la suite de ces interpellations, les forces de l’ordre ont procédé à 145 perquisitions afin de retrouver des armes, l’opération n’a donnée aucun résultat.

Un tribunal de la province d’Aceh a condamné lundi 11 août deux hommes à 80 coups de fouet. Le procès devant le tribunal s’est déroulé à huis clos. Le couple, âgé de 20 et 21 ans, a été arrêté en avril après que des habitants les ont vus utiliser les mêmes toilettes d’un parc municipal de Taman Sari à Banda Aceh et ont signalé l’incident à la police qui patrouillait dans le quartier. Ils ont fait irruption dans les toilettes et ont surpris les hommes en train de s’embrasser et de s’enlacer, ce que le tribunal a qualifié d’acte sexuel. C’est la cinquième fois depuis 2015 que les autorités d’Aceh punissent publiquement des personnes homosexuelles par une flagellation publique.

Environ 110 000 personnes se sont rendues à Anvers samedi après-midi pour participer à la Pride Parade. L’organisation a dénombré 160 000 personnes, en tenant compte des spectateurs présents le long du parcours. 18 antifascistes ont été arrêtées au début du défilé. Avant le départ de la parade, des contre-manifestants membres et sympathisants de Voorpost (une organisation d’extrême-droite) se sont tenus le long de la Pride. Tolérée par la police anversoise, des manifestant·es antifascistes ont tenté de les éloignés. Les forces de l’ordre sont intervenus directement, arrêtant 18 militant.es. Iels seront relâchés quelques heures plus tard. 

Militantes de l’organisation SGDF (Fédération des Associations de Jeunesses Socialistes, organisation de jeunesse du Parti Socialiste des Opprimés), Hivda Selen et Sinem Çelebi ont été libérées le 8 août dernier après avoir été détenues durant 40 jours pour avoir participé à la 23ᵉ Marche des fiertés d’Istanbul. Après leur libération, elles ont souligné que la répression ne les arrêtera pas dans leur combat contre les oppressions systémiques que subissent les LGBTI+ en Turquie comme ailleurs dans le monde.

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Samedi 26 juillet, lors d’une manifestation pro-palestinienne qui a réuni près de 10.000 militants organisée à Berlin, la police a arrêté 57 manifestants. Les militants se sont rassemblés en marge de la Marche des Fiertés à l’appel du mouvement dénommé « la fierté Queer internationaliste pour la libération » qui  revendique une lutte anti-impérialiste, anticoloniale et antisioniste. Tentant de disperser le cortège, les forces de l’ordre ont dû faire face à des actes de résistance tel que des jets de bouteilles et des coups, 17 policiers ont été blessés. La marche des fiertés qui se déroulait dans un autres quartier à elle aussi donné lieu à 64 interpellations pour « insultes, coups, blessures envers les forces de l’ordre ».

Des militants LGBTI+ ont été arrêtés lors de la 23e Marche des fiertés d’Istanbul qui était organisée le dimanche 29 juin sur le thème « Insistance sur la vie » (voir notre article). Cinquante des 53 détenus ont été libérés avec des interdictions de voyager à l’étranger, trois ont été emprisonnés (Doğan Nur, Hivda Selen ve Sinem Çelebi). Doğan Nur, l’un des militants qui a été arrêté puis détenu au motif qu’il aurait participé à la Marche des fiertés, a été libéré le 30 juillet suite à un recours auprès du tribunal.

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Cette semaine en Tunisie, neuf personnes ont été arrêtées à Tunis et cinq à Djerba. Une vague d’arrestations violentes suivies d’incarcération. La Tunisie puni encore par la loi l’homosexualité dans le pays. En mars 2025, un rapport publié par l’association tunisienne « Intersections » révélait que la répression contre les personnes LGBTQIA+ et les associations qui les soutiennent était en augmentation. L’ONG Amnesty International confirme et dénonce la vague d’arrestations dont ont été victimes 84 personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre entre décembre 2024 et janvier 2025.

Avant le début de la manifestation, plus d’une cinquantaine de participant.es à la marche des Fiertés LGBTQIA+ d’Istanbul ont été arrêté.es et placé.es en détention dimanche. Comme tous les ans depuis 2015, la Pride a été interdite par le gouvernement conservateur et LGBTphobe de Recep Tayyip Erdogan. Cette année encore, la marche des fiertés prévue le dimanche 29 juin malgré son interdiction a été violemment réprimée. Dimanche soir, seuls sept manifestant·es avaient été relâché·es, les autres demeurent encore en détention, rapporte l’association Stop homophobie qui signale la présence d’avocats et de journalistes parmi les personnes arrêtées.

Samedi 28 juin à Budapest, 200 000 personnes ont défilé dans une ambiance festive malgré l’interdiction par la police de la Marche des fiertés (voir article ici). Une mobilisation record en réaction à une régression inédite des droits LGBTQIA+ dans l’Union Européenne (article ici). Le Premier ministre, Viktor Orban, voulait éviter les images de répression violente. Vendredi, il a écarté toute intervention des forces de l’ordre, tout en menaçant les gays, lesbiennes et transgenres de poursuites judiciaires a posteriori. Tout le long du parcours, des caméras ont été installées et la reconnaissance faciale pourraient permettre aux autorités de distribuer des amendes pouvant aller jusqu’à 500 euros. Organiser ou appeler à participer à la Pride sont passibles d’un an de prison, une menace qui inquiète les manifestant·es dont certain·es ont tenté de contourner la reconnaissance faciale par diverses techniques de camouflage.

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