Pékin a nommé vendredi 3 juillet un responsable à poigne pour s’occuper de la sécurité nationale dans Hong Kong. Le nouvellement créé « Bureau de sécurité nationale », qui dépend directement du pouvoir central, a pour tâche de collecter des renseignements et de poursuivre les atteintes à la sûreté de l’Etat à Hong Kong. La création de ce Bureau  est une des dispositions prévues par la loi controversée que Pékin a fait passer en force mardi. Zheng Yanxiong, 56 ans, prend la tête de cet organisme, est surtout connu pour avoir maté la contestation de Wukan en 2011.

Jusqu’au dernier moment, au 31 juin au soir, Pékin a tenu secret le contenu de cette loi visant à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, en réponse au mouvement de contestation lancé l’an dernier contre le pouvoir central. Il est prévu que des tribunaux de Chine populaire sont compétents pour juger toute «atteinte grave à la sécurité nationale» à Hong Kong et que ce motif peut entraîner des peines de prison à vie. Elle établit que tout accusé·e pourra voir sa peine allégée s’il ou elle dénonce une autre personne. Les délits de «sabotage de moyen de transport» sont classés dans le chapitre terrorisme. Défendre des opinions indépendantistes ou inciter à la haine des gouvernements (chinois ou de Hong Kong) sont classé dans la catégorie «subversion». La loi vient de faire une première victime: un homme d’une vingtaine d’années a été inculpé ce même vendredi 3 juillet pour « incitation à la sécession » et « terrorisme ».

Un manifestant contre la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, arrêté par la police.

Roland Veuillet, figure des gilets jaunes nîmois, a été condamné à un an de prison dont 6 mois fermes. Entre autres lui sont reprochés : acte d’intimidation envers une personne dépositaire de l’autorité publique, participations à un attroupement, entrave à la circulation, rébellion, outrage à personnes dépositaires de l’autorité, en l’occurrence des fonctionnaires de police dont trois se sont constitués partie civile, port sans motif légitime d’arme blanche. Assurant lui même sa défense, il a affirmé à plusieurs reprises devoir faire face à un procès politique.

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Mercredi 27 juin, le Mouvement Pro-Amnistie et Contre la Répression a organisé une manifestation dans les rues de la ville d’Iruñea pour réclamer la libération des prisonniers politiques basques et en particulier de Patxi Ruiz, ancien membre de ETA emprisonné depuis 1998 (voir notre article). La manifestation avait été interdite par les autorités et la police était présente en nombre, ce qui n’a pas empêché l’action de se tenir.

Manifestation du Mouvement Pro-Amnistie et Contre la Répression

Manifestation du Mouvement Pro-Amnistie et Contre la Répression

Il y a eu, à nouveau, des affrontements entre la police et les manifestants occupant le City Hall Park de New York, lundi 30 juin. C’était le jour où les législateurs de la ville devaient voter un budget comprenant des coupes dans le financement de la police. Les heurts ont eu lieu juste avant 6 heures du matin, alors que la police tentait de chasser la foule de Center Street, en face du Manhattan Municipal Building. Vocal NY, le groupe qui organise l’occupation du City Hall Park, revendique un « définancement » du NYPD à hauteur d’un milliard de dollars, et que l’argent économisé soit utilisé dans les logements, les soins de santé et l’éducation. Une réduction du financement de la police d’un milliard de dollars est effectivement prévue, dans le cadre d’un budget général d’austérité approuvé par le maire, mais  la moitié de cette réduction serait atteinte grâce à des tours de passe-passe budgétaire: ainsi, les services de sécurité scolaire, relevant actuellement du NYDP, seraient placés sous l’autorité du département de l’Éducation.

Les heurts de New-York

Dimanche 28, une marche conjointe LGBTQ et Black Lives Matter a donné lieu à des affrontements à Manhattan avec les policiers du NYPD. Les manifestants se sont confrontés aux policiers dans le West Village, après que des ceux-ci aient repéré un habitant de Brooklyn de 29 ans qui aurait écrit sur une voiture de police avec un marqueur noir. Un policier a été aspergé de gaz poivré et un autre est tombé de sa moto, tandis que d’autres policiers repoussaient la foule. Un policier aurait été frappé au nez par un manifestant de 20 ans originaire de Brooklyn, qui a ensuite été arrêté. Au moins un autre manifestant, âgé de 25 ans, originaire du New Jersey, a été arrêté pour s’être affronté avec un policier.

A la manifestation de ce dimanche à New-York

Un homme a été mortellement blessé par balle, samedi 27, lors d’une manifestation Black Lives Matter à Louisville, une ville du centre des Etats-Unis. Les manifestations BLM sont particulièrement animées à Louisville depuis la mort de Breonna Taylor en mars dernier. Cette infirmière de 26 ans se trouvait chez elle avec son compagnon, lorsque trois policiers ont, sans prévenir, enfoncé sa porte. Les agents, munis d’un mandat de perquisition, agissaient dans le cadre d’un avis de recherche erroné concernant un suspect qui n’habitait plus l’immeuble et qui était déjà détenu. Ils ont atteint la jeune femme d’au moins huit balles. La mort de Breonna Taylor avait été suivie de nombreuses manifestations contre les violences policières, qui ont ensuite pris une ampleur inégalée avec la mort de George Floyd.

La police locale de Louisville, prévenue par un appel, a annoncé avoir retrouvé un homme grièvement blessé par balle dans le parc Jefferson Square, où se tenait la manifestation. Peu après, une autre personne a été blessée par balle en face du parc. La police a dit ignorer s’il y avait un seul tireur ou deux, et n’a donné aucun détail sur les victimes. Un peu plus tôt dans la soirée, le maire de la ville Greg Fischer avait demandé aux contre-manifestants de rester loin du parc. Le Louisville Courier Journal avait en effet révélé que des «groupes patriotes armés» comptaient se confronter aux manifestants.

Manifestation consécutive au meurtre de Breonna Taylor

 

De nombreuses manifestations ont eu lieu en plusieurs régions du Liban, vendredi 26 juin, afin de dénoncer l’incurie des autorités, les arrestations arbitraires, les tarifs élevés du carburant, la dégradation continue de la situation économique, la dévaluation de la livre libanaise et pour réclamer la libération d’activistes du mouvement de contestation. Des sit-in et coupures de routes ont eu lieu aux quatre coins du pays. Il y a eu de violents affrontements à Barja entre l’armée et des protestataires qui ont tenté de bloquer l’autoroute du Sud à hauteur de Jiyyé.

L’autoroute menant vers le Sud a été coupée à l’aide de poids lourds stationnés au milieu de la voie.

Le samedi 27 juin devait se dérouler, comme dans plusieurs villes de France, une manifestation pour dénoncer le plan du gouvernement israélien Netanyahu/Gantz d’annexer plus de 30 % de la Cisjordanie. A l’initiative de la Campagne BDS France Montpellier et soutenue par une dizaine d’organisations, cette manifestation était déposée en préfecture. Cependant, cette dernière a interdit la manifestation la veille, le vendredi, les personnes ayant déposé la manifestation ayant été notifié de l’interdiction par la police à leur domicile. Cette interdiction fait suite à plusieurs pressions, interdictions et menaces de la part de la préfecture et de la police contre la Campagne BDS France Montpellier (voir notre article).

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Ce jeudi 25 juin à 19h30, un rassemblement aura lieu devant l’hôtel de ville de St-Gilles, en appui à l’interpellation relative aux violences policières commises par la brigade Uneus. Cette brigade de police « de proximité », comptant 30 policiers, dépend de la zone de Midi et couvre essentiellement la gare du Midi, la place Bethléem, le square Jacques Franck et le parvis de Saint-Gilles. Cette brigade, qui est un projet pilote de la commune de Saint-Gilles, est connue dans le quartier pour ses nombreux abus: coups, gifles, insultes racistes ou homophobes, contrôles d’identité abusifs, arrestations arbitraires, usage disproportionné de la force sur des jeunes déjà menottés, étranglements ou étouffements… C’est la troisième interpellation à ce propos, dont la principale demande est une évaluation externe de l’action de la brigade jusqu’à présent systématiquement couverte par les politiques.

Une patrouilleuse d'Uneus parvis Saint-Gilles

Dès la levée du confinement sanitaire, les manifestations du vendredi ont repris dans plusieurs régions (wilayas) d’Algérie, notamment en Kabylie. A Bejaia, les forces de l’ordre ont essayé de disperser les manifestants avec des bombes lacrymogène et des balles en caoutchouc, engendrant des affrontements au centre-ville sur le chemin menant à la place Saïd Makbel. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, un dispositif policier a été mis en place au centre-ville pour empêcher les manifestants d’avancer, mais ces derniers ont emprunté plusieurs autres chemins menant vers le commissariat central pour exiger la libération des détenus d’opinion emprisonnés actuellement. Dans la wilaya de Bouira, les manifestants ont défilés, reprenant les slogans du hirak contre le système, et en appelant à la libration des détenus d’opinion. Des dizaines d’arrestations ont été signalés aussi dans plusieurs autres wilayas, à l’instar d’Alger, ou d’Annaba, ainsi qu’en Kabylie. Dans la ville de Constantine, un fort déploiement de la police a empêché l’organisation de la marche, notamment après des arrestations effectués dès la matinée.

La manifestation à Bejaia