La nouvelle année a été marquée par des tensions persistantes le long de la frontière américano-mexicaine, les gardes-frontières US ayant lancé mardi des gaz lacrymogènes sur les migrants venant de la caravane centraméricaine et franchissant la barrière pour se rendre à San Diego. Au moins trois volées de gaz ont été lancées du côté mexicain de la frontière près de la plage de Tijuana. Il touche les migrants, y compris les femmes et les enfants. Les gardes-frontières ont déclaré avoir visé les migrants qui les caillassaient et avoir arrêté 25 migrants.

De tels affrontements sont de plus en plus fréquents, car les migrants, qui ont mis leurs noms sur une liste d’attente comptant des milliers de noms, sont devenus agités, certains choisissant de forcer leur passage de l’autre côté de la frontière.

Les incidents à la frontière

Les incidents à la frontière

L’Université nationale autonome de Mexico (UNAM), la plus importante du pays, a été le théâtre d’actes violents lors d’une manifestation d’étudiants du lycée “Erasmo Castellanos Quinto” qui demandent le départ de leur directrice et de toute son équipe administrative. Des manifestants masqués ont jeté des pierres et des pétards et tagués les bâtiments universitaires. Un professeur a été blessé à la tête par un pétard et deux manifestants ont été arrêtés.

Les incidents à l’UNAM

Les incidents à l'UNAM

Dimanche 25 novembre, après une manifestation pacifique aux abords de la frontière états-unienne, plusieurs centaines de personnes faisant partie de la caravane des migrants ont tenté de passer la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Les forces de l’ordre ont fait usage de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogènes. Le dimanche soir, les points de passage entre Tijuana et San Diego ont été fermés aux voitures et aux piétons.

Environ 5000 personnes venant de plusieurs pays d’Amérique Centrale sont arrivées cette semaine à Tijuana (Mexique) après avoir parcouru plus de 4.000 kilomètres en un peu plus d’un mois. Face à eux, environ 9.000 militaires américains ont été déployés à la frontière avec le Mexique pour les empêcher d’entrer sur le territoire. Le président Donald Trump a déposé un décret pour rejeter automatiquement les demandes d’asile déposées par des personnes entrées illégalement aux États-Unis, mais la justice a pour l’heure bloqué cette mesure.

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Le 7 juin 2015 commençait le procès de 22 militants de l’organisation maoïste Corriente del Pueblo – Sol Rojo, accusés de délits de terrorisme et de possession d’explosifs. Après 14 mois de prison et plus de 3 ans de procès, la cour pénale a déclaré leur acquittement. Le docteur en droit Ernesto Sernas Garcia, avocat chargé de leur défense face au tribunal, est porté disparu depuis le 10 mai 2018. Depuis le 30 août, une large campagne internationale de soutien est organisée en soutien autour du mot d’ordre #DrSernasPresentaciónConVida

Mobilisation au Brésil pour Ernesto Sernas Garcia

Mobilisation au Brésil pour Ernesto Sernas Garcia

Le 26 octobre, Miguel Ángel Peralta, prisonnier anarchiste, a été reconnu coupable de tentative d’homicide contre Eliza Zepeda Lagunas et de son frère Manuel Zepeda Lagunas (voir notre article) bien que son dossier était vide d’accusations directes et personnelles selon ses avocats. Miguel Peralta a été condamné à 50 ans de prison et à une amende de 150 000 pesos (environ 6600 €). Suite à cette condamnation, Miguel a décidé d’arrêter la grève de la faim entamée le 19 octobre, afin de pouvoir continuer la lutte pour obtenir sa libération.

Miguel Peralta

Miguel Peralta

Vendredi 19 octobre, Miguel Angel Peralta Betanzos, un prisonnier anarchiste de l’état de Oaxaca au Mexique a entamé une grève de la faim. Il fait partie d’un groupe de 7 prisonniers indigènes membres de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán. Cette assemblée composée de Mazatec de Oaxaca est en lutte contre l’imposition du système politique “traditionnel” et pour le maintient de leur propre auto-gouvernement. Migel est en prison depuis 4 ans pour une tentative de meurtre présumée durant une émeute au cours de laquelle la police avait tiré à balles réelles sur les manifestants. Migel revendique son acquittement, la libération de ses camarades et la fin de la répression contre sa communauté.

Miguel Angel Peralta Betanzos, un prisonnier anarchiste de l’état de Oaxaca au Mexique

Miguel Angel Peralta Betanzos, un prisonnier anarchiste de l'état de Oaxaca au Mexique

Environ 500 étudiants de l’Ecole normale rurale d’Ayotzinapa ont attaqué hier les casernements du 27e Bataillon à Inguala avec des cocktails Molotov, des pierres et des pétards, presque 4 ans après la disparition de leurs 43 condisciples (voir notre article). Ils ont également brûlé le guichet automatique d’une banque et tagué les murs de la caserne de “meurtriers”, “Vivos los queremos”, “Ayotzinapa et Justicia”, “c’était l’Etat”.

Les 43 jeunes manifestants ont été remis par les policiers locaux à un cartel lié au maire d’Inguala, qui les ont massacrés (voir nos articles). Les proches des disparus rappellent que les militaires de cette caserne ont participé à la disparition des 43 jeunes (ainsi ceux qui avaient été transférés à la clinique Cristina après avoir reçu des soins médicaux suite à la répression de leur manifestation).

Déballage des cocktails Molotov avant l’attaque de la caserne

Déballage des cocktails Molotov avant l'attaque de la caserne

Des dizaines de personnes ont été blessées dans une violente opération d’évacuation d’un campement illégal dans le centre de Mexico hier mercredi. Les heurts ont débuté à l’aube dans le quartier de Juarez lorsque des policiers en civil ont commencé à chasser les habitants en les frappant sans avertissement. Ce campement illégal est occupé depuis plus de vingt ans par un groupe indigène dans un terrain vague près d’un immeuble abandonné. Une centaine de familles vivent sur place.

Une centaine de policiers anti-émeutes ont été dépêchés sur place et empêchaient les habitants qui souhaitaient récupérer leurs affaires d’accéder au campement. Les habitants ont répliqué en lançant des pierres, des bâtons, dans des affrontements qui ont duré plusieurs heures. Parmi les blessés figurent des enfants et des policiers. Un photographe de l’AFP, qui a reçu une pierre en pleine tête, a été hospitalisé. Ces heurts ont eu lieu alors que la capitale commémorait ce mercredi deux séismes meurtriers, l’un dans lequel 369 personnes ont péri en 2017 et l’autre qui a fait plus de 10.000 morts, à la même date, en 1985. A cette occasion, des manifestations ont été organisés par des habitants laissés sans abri depuis le séisme de l’an dernier, abandonnés par les autorités.

Les occupants de Juarez face aux policiers anti-émeute

Les occupants de Juarez face aux policiers anti-émeute

Ce mardi 24 avril, une manifestation des familles des 43 étudiants et enseignants disparu-e-s de Ayotzinapa, a eut lieu devant la résidence officielle du président Enrique Peña Nieto à Los Pinos, Ville de México. Les manifestants demandaient une audience avec Peña Nieto et dénonçait les 43 mois sans réponse du gouvernement fédéral. Des affrontements ont eut lieu avec la police, sans faire de blessé.

Cette manifestation se déroule 43 mois après l’enlèvement des 43 élèves et enseignants de l’école d’Ayotzinapa. Ils avaient disparu alors qu’ils se rendaient à Iguala (sud) en autobus pour collecter de l’argent avant une manifestation dans la capitale. Ils avaient alors été attaqués par des policiers municipaux d’Iguala qui ont tué trois d’entre eux avant de les livrer au cartel de la drogue Guerreros Unidos. Plusieurs de leurs corps brûlés avaient ensuite été retrouvés dans une fosse commune.

Plusieurs actions de soutien avaient déjà été menées, la police fédérale avait réagit en 2015 en attaquant des étudiants de la même école (voir notre article).

Manifestation pour les disparus d’Iguala

Manifestation pour les disparus d'Iguala

Les habitants de San Juan Ixtenco exigent la démission du maire qui est accusé de détourner les biens de la municipalité. Leurs protestations ont tourné à l’affrontement ouvert avec les forces de police avant-hier mercredi. Huit véhicules de police ont été endommagés et plusieurs policiers blessés. Les manifestants sont entré de force dans la mairie et l’ont dégradée.

Une rue d’Ixtenco après les affrontements

Une rue d'Ixtenco après les affrontements