Les événements de Tehuantepec (Oaxaca) ont pour origine un accident de la circulation qui impliqué lundi une patrouille de la police municipale et un moto-taxi, dont le conducteur êt le passager ont été blessés. Les villageois s’en sont pris aux policiers responsables de l’accident, dans des incidents à l’issue desquels six personnes, âgées de 21 à 56 ans, ont été arrêtés. Une manifestation contre la police et pour la libération des six a eu lieu le soir même, rassemblant les habitants de plusieurs localités voisines. Les manifestants ont pris d’assaut le commissariat de Tehuantepec et l’ont incendié. Ils ont également incendié six ou sept voitures et motos de la police municipale et barricadés la route fédérale. 19 personnes ont été arrêtées.

Patrouilleuse incendiée à Tehuantepec (Oaxaca)

Patrouilleuse incendiée à Tehuantepec (Oaxaca)

Plusieurs bus transportant des étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa ont été attaqués par la police fédérale et de l’État du Mexique, alors qu’ils rentraient à l’école rurale Isidro Burgos Raul de Chilpancingo. La police a tendu une embuscade aux autobus comme ils roulaient sur l’autoroute Tixtla-Chilpancingo. Les étudiants qui ont été attaqués hier sont de la même école que les 43 étudiants manquantes qui ont été victimes de disparition forcée en septembre 2104.

Images de la répression de la police ont commencé à circuler sur les médias sociaux mercredi après-midi avec les rapports que la police de l’État et la police fédérale avaient gazés et battus plusieurs étudiants d’Ayotzinapa et d’autres personnes arrêtées. Les 2tudiants se sont dispersés dans les collines voisines pour échapper à l’attaque.

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L’embuscade policière (capture d’écran)

L'embuscade policière (capture d'écran)

De violents affrontements ont opposé ce vendredi des militants anarchistes et la police alors que les premiers avaient organisés une manifestation pour commémorer les événements du 2 octobre 1968.

Dans l’après-midi et la nuit du 2 octobre 1968, alors que des milliers d’étudiants convergent vers une place proche du centre historique de Mexico à l’appel d’un collectif qui coordonne l’ensemble des mouvements étudiants qui manifestent depuis trois mois dans les rues de la capitale, les forces de l’ordre ouvrent le feu, faisant près de 300 morts, et plus d’une centaine de ‘disparus’. Chaque année, une grande manifestation est organisée en souvenir de ce massacre. Cette année, les manifestants dénonçaient également la disparition des 43 étudiants/enseignants disparus dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 alors qu’ils se rendaient à une manifestation dans l’État de Guerrero.

Ce vendredi, les forces de l’ordre déployées en nombre ont fait usage de la force pour disperser les manifestants. Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et ont procédé à des interpellations parmi la foule.

Déploiement policier à Mexico City

Déploiement policier à Mexico City

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi 26 septembre à Mexico aux côtés des parents des 43 étudiants disparus pour marquer le premier anniversaire de la disparition. Cette « marche de l’indignation » est partie des abords de la résidence présidentielle de Los Pinos en direction de la place du Zocalo, dans le centre historique de Mexico. « Crime d’Etat », « Dehors Peña » (Nieto), pouvait-on lire sur certains panneaux brandis par les manifestants, qui défilaient sous la pluie derrière les parents des 43 disparus.

Les élèves-enseignants de l’école d’Ayotzinapa ont disparu dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 alors qu’ils se rendaient à Iguala (sud) pour s’emparer d’autobus et collecter de l’argent avant une manifestation dans la capitale. Ils ont alors été attaqués par des policiers municipaux d’Iguala qui ont tué trois d’entre eux avant de les livrer au cartel de la drogue Guerreros Unidos. Ce dernier les aurait tués avant de les incinérer dans une décharge, selon la version officielle. Des manifestations se sont également déroulées dans d’autres villes du Mexique, notamment à Chilpancingo, la capitale du Guerrero. Quelques rassemblements ont également eu lieu en France, en Espagne, en Argentine et aux Etats-Unis.

La manifestation de Mexico

La manifestation de Mexico

Des manifestants en colère après la disparition de 43 étudiants l’an dernier ont affronté aujourd’hui mardi la police. Ils ont brûlé un camion, dans l’Etat du Guerrero (sud), à quelques jours de l’anniversaire de la tragédie. Les manifestants ont lancé des cocktails molotov sur les forces de l’ordre qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, sur une route près de l’école d’Ayotzinapa où vivaient les étudiants disparus. Au moins cinq policiers et deux étudiants ont été blessés lors des affrontements. Les affrontements ont éclaté alors que les parents des 43 élèves-enseignants et d’autres étudiants se dirigeaient vers Chilpancingo, la capitale de cet Etat, à bord d’une douzaine de bus pour y manifester. Leur convoi a été bloqué par environ 200 policiers.

Les parents des étudiants ont tenté de négocier leur passage vers la capitale mais se sont heurtés au refus de la police. Environ deux cent étudiants masqués ont alors incendié un camion transportant des boissons et jeté des engins incendiaires sur les forces de l’ordre. Les manifestants ont par ailleurs brièvement retenu deux policiers. L’incident s’est produit au lendemain du saccage des bureaux du procureur de l’Etat de Guerrero par un groupe de manifestants, demandant le retour des 43. Une manifestation est prévue samedi à Mexico pour commémorer le premier anniversaire de la disparition de ces étudiants.

Affrontements dans le Guerrero

Affrontements dans le Guerrero

Le leader d’un groupe d’auto-défense a été abattu samedi soir près d’Acapulco. Miguel Ángel Jimenez était notamment très engagé dans la recherche des 43 étudiants disparus en septembre dernier à Iguala. L’activiste a été retrouvé au volant d’un taxi collectif, stationné sur le bord de l’autoroute reliant Acapulco à Mexico, à hauteur du village de Xaltianguis, dans l’Etat de Guerrero.

La victime avait créé en 2013 un groupe d’auto-défense afin de lutter contre les agressions des cartels de drogue, et faisait partie de l’Union des peuples et des organisations de l’État de Guerrero (UPOEG) au sein de laquelle il dirigeait les recherches pour retrouver les 43 manifestants de l’école normale d’Ayotzinapa qui avaient été remis par la police locale au cartel des Guerreros Unidos, sur instruction du maire de la ville d’Iguala, José Luis Abarca, et de son épouse. Miguel Ángel Jimenez avait participé au côté des familles à des recherches sur le terrain et signalé aux autorités plusieurs fosses communes qu’ils avaient pu découvrir, près d’Iguala.

Miguel Ángel Jiménez Blanco

Miguel Ángel Jiménez Blanco

Ce 26 juillet, un paquet explosif a explosé à une banque sur l’Avenue de la Révolution à Mexico. L’action a été revendiquée en solidarité avec les prisonniers de la ‘Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance’, Julian Barron lopez, Jose Santiago Hernandez et Fernando Barcenas et en saluant Luis Fernando Sotelo. Les prisonniers de la Coordination étaient au 26 juillet à leur 30eme jour de grève de la faim.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance, 30 jours de grève de la faim.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance, 30 jours de grève de la faim.

Le Mexique déploie 40.000 militaires et policiers fédéraux dans plusieurs Etats du Sud du pays à la veille des élections législatives et locales. Hier, des manifestations anti-gouvernementales ont tourné à l’affrontement dans l’Etat d’Oaxaca. Les protestataires ont pris pour cible les forces de l’ordre, leur jetant des pavés, et ont capturé deux policiers. Parmi eux, des enseignants radicaux qui luttent contre la réforme de l‘éducation. Ils ont envahi des bureaux de vote, brûlés des milliers de bulletins, incendié un centre de distribution d’essence, provoquant une pénurie dans la région, et ils appellent au boycott des élections. Dans l’Etat du Guerrero, c’est la disparition et la mort présumée de 43 élèves professeurs qui a mobilisé les parents, proches et enseignants. Ils ne veulent pas non plus des élections législatives et locales de mi-mandat.

Dans la ville de Oaxaca, le syndicat des instituteurs CNTE a brûlé 13.000 bulletins de vote et les urnes devant un bureau de l’Institut National Electoral (INE). Dans plusieurs villages des alentours de Oaxaca, il s’est passé la même chose. Dans plusieurs endroits, en plus des barrages routiers, des raffineries de pétrole ont également été bloquées. Le 5 juin, 3000 militaires ont pris possession de la ville, récupérant immédiatement 7 des 11 sièges de l’INE occupés ou bloqués, appuyés par des hélicoptères et des drones.

Dans le Guerrero, des membres du Movimiento Popular Guerrerense, qui occupe depuis plusieurs mois la mairie suite à la disparition de 43 étudiants, ont dérobé 116.000 bulletins de vote dans un bureau de l’INE et les ont incendiés dans le centre-ville de Tlapa. Dans la ville de Xalapa, une trentaine de manifestants masqués ont attaqué au cocktail molotov un siège de l’INE. A Córdoba et Orizaba, les bureaux électoraux sont occupés par les instituteurs. A Chilpancingo, le péage de l’autoroute a été occupé, et un véhicule transportant du matériel électoral a été intercepté, renversé et incendié. Des anarchistes ont revendiqué trois attaques explosives dans la ville de Puebla contre le Secrétariat à l’Economie, contre l’INE et contre la gare routière située près l’Université Technologique, et une contre les bureaux du Secrétariat du Développement Agricole, Territorial et Urbain à Mexico.

incendie d’un siège de l’INE à Tehuantepec (Oaxaca)

incendie d'un siège de l'INE à Tehuantepec (Oaxaca)

En Basse Californie, dans la région de San Quintin, de grandes et modernes entreprises horticoles produisent pour les Etats-Unis, le Canada, l’Europe. A la pointe de la technologie, elles surexploitent 80 000 travailleurs agricoles, la plupart d’origine indienne, migrants du Guerrero et de l’Oaxaca. Ceux-ci travaillent pour 6 euros par jours, sans couverture sociale, vivant dans des hameaux sommaires, bien souvent sans électricité ni réseau d’eau potable, et sans aucune infrastructure de santé, d’éducation ou bien de couverture sociale.

Une gréve générale a éclaté le 17 mars dernier pour toute une série de revendications, allant du doublement des salaires á l’obtention de la sécurité sociale, la construction d’écoles et de cliniques et la répression du harcèlement sexuel des travailleuses agricoles. Samedi dernier, plusieurs dizaines de véhicules de police sont arrivés dans quelques uns des principaux hameaux des ouvriers agricoles en gréve. L’opération a été un échec total, devant la résistance déterminée des habitants qui ont endommagé plusieurs véhicules de police dont un blindé anti-émeutes, obligeant les forces de police á se replier. Il y a eu plusieurs dizaines de blessés et 4 travailleurs agricoles emprisonnés (s’ajoutant á une quinzaine d’autres déjà emprisonnés pour les blocages de l’autoroute reliant la région aux USA).

Affrontements dans le San Quintin

Affrontements dans le San Quintin