L’Espagne a émis un nouveau mandat d’arrêt européen contre Josu Ternera, figure historique de l’ETA aujourd’hui placé sous contrôle judiciaire en France, afin d’obtenir sa remise pour des faits de direction ou d’appartenance à une « organisation terroriste ». La cour d’appel de Paris examinera cette demande le 25 février, dans un dossier déjà complexe marqué par des procédures multiples, des reports de procès et des contestations de la défense sur la régularité de ce nouveau mandat. Âgé de 75 ans, l’ancien dirigeant de l’ETA, qui avait annoncé la dissolution du groupe en 2018, reste poursuivi en France, tandis que l’Espagne maintient sa volonté de le juger pour son rôle présumé au sein de l’organisation indépendantiste.

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La DGSI a reconduit pour trois ans sa collaboration avec l’entreprise américaine Palantir, spécialisée dans l’analyse de données, afin de renforcer ses capacités de contre-terrorisme et de traitement de grandes bases de données. Initiée en 2015 suite aux attentats terroristes, cette coopération suscite des interrogations sur la souveraineté des données, d’autant que Palantir est financée par la CIA et créée par Peter Thiel, proche de Donald Trump. Selon Palantir, les données restent sur des serveurs français et seuls des personnels habilités y ont accès. La DGSI considère cette solution comme transitoire, en attendant une alternative française, encore moins performante pour l’instant.

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Rexhino Abazaj, dit « Gino », militant antifasciste albanais, a été arrêté en région parisienne sur la base d’un nouveau mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne dans le cadre de l’affaire de Budapest. Déjà interpellé en France en 2024 à la demande de la Hongrie, il avait été libéré après que Paris a refusé son extradition, invoquant des risques de traitement inhumain et l’absence de garanties d’un procès équitable. Cette nouvelle arrestation pourrait conduire à une extradition vers l’Allemagne, faisant craindre à ses soutiens un transfert ultérieur vers la Hongrie. Un rassemblement de soutien est organisé le mercredi 17 décembre dès 13H devant la Cour d’Appel de Paris afin de dénoncer cet acharnement judiciaire et exiger sa libération.

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Lundi 14 décembre, un délégué syndical CGT au garage EDEN AUTO était convoqué pour un entretien préalable au licenciement. En réponse à cette attaque contre la liberté syndicale, la CGT appelait à la mobilisation devant l’entreprise pour soutenir le camarade lors de son entretien, mais aussi pour dénoncer de façon plus générale l’offensive répressive du patronat qui frappe de nombreux syndicalistes, notamment dans la métallurgie en Haute-Garonne. Une mobilisation réussie puisque plus de 100 personnes ont répondu à l’appel avec des délégations de syndicats d’autres garages auto, de nombreuses entreprises de la métallurgie ainsi que d’autres secteurs professionnels du privé et du public. Ces syndicalistes ont été rejoins par des travailleurs du garage qui ont débrayé pour soutenir leur collègue et délégué syndical réprimé. Lors d’un entretien extrêmement long, la direction aura énoncé près de 25 pages de reproches, directement liés à l’exercice de son activité syndicale sur le garage ou au niveau du secteur de la métallurgie. La sanction encourue n’est pas encore connue mais peut aller jusqu’au licenciement.

Les députés doivent voter le 15 décembre une loi d’exception pour paver la voie aux Jeux olympiques d’hiver 2030. Cette loi prévoit une cascade de dérogations pour détricoter les règles d’urbanisme et le droit de l’environnement pour faciliter l’organisation des JO d’hiver 2030, tout en augmentant la surveillance et en offrant des rabais fiscaux aux organisateurs. Dans le détail, la loi va permettre d’accélérer les enquêtes publiques, dont elle va raccourcir les délais pour permettre de construire rapidement les infrastructures olympiques. En cas de contestation de ces projets devant la justice administrative, le double degré de juridiction sera supprimé. Il n’y aura donc aucune possibilité de faire appel à un jugement. Tout concourt pour que ces projets ne puissent pas être contestés.

La loi promet également un volet sécuritaire qui développera la surveillance algorithmique pendant les Jeux olympiques. Tous ceux qui participeront aux JO seront soumis à cette vidéosurveillance intrusive. Sur simple décision administrative du ministère de l’Intérieur, le texte prévoit également des interdictions individuelles de paraître près des Jeux. Cette entrave aux libertés individuelles avait déjà été appliquée lors des Jeux de Paris 2024, visant selon des critères flous des personnes qui n’avaient pourtant jamais eu affaire à la justice. Selon le texte de loi, le Comité international olympique et le Cojop, son comité d’organisation, vont bénéficier d’une dérogation pour leur conférer automatiquement la qualité d’organisateur d’événements de haut niveau. Cela va leur permettre d’être exemptés des taxes et impôts…

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Ce vendredi 12 décembre, la préfecture de l’Hérault a publié un arrêté interdisant une nouvelle fois la tenue d’un rassemblement de soutien à la Palestine sur la Place de la Comédie, prévu ce samedi 13 décembre et appelé par une dizaine d’organisations et associations. La préfecture justifie sa décision en reprochant au collectif BDS-Urgence Palestine ses opérations de boycott, ses actions symboliques réalisées lors du passage du Tour de France ou devant la Maison des relations internationales, et sa participation à des manifestations le 10 et le 18 septembre, où “les forces de l’ordre ont été prises pour cible de slogans hostiles” et où “des affrontements entre militants extrémistes n’ont pu être évités” (bien qu’on ne sache pas vraiment quel rapport BDS a avec ces deux dernières allégations). Des motifs qui conduisent à un décalage de la manifestation : le rendez-vous est donné à 14 heures en bas de la rue de la Loge, et non sur la Comédie comme précédemment indiqué.

Toujours ce vendredi 12 décembre, José-Luis Moraguès, co-animateur historique de la campagne BDS-Urgence Palestine à Montpellier, était jugé en appel pour diffamation. En première instance, le tribunal l’avait relaxé au sujet d’une pancarte sur laquelle figurait le visage de Carole Delga, Hussein Bourgui et Kleber Mesquida, élus socialistes du Département et de la Région, orné de la mention ““Israël et ses complices”. Le délibéré est attendu le 9 février. José-Luis Moraguès passera également en procès pour diffamation le 19 février, après une plainte de Perla Danan, présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et de Michèle Bensoussan, présidente du Centre Culturel Juif Simone Veil, pour une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de BDS, qualifiant les positions politiques des deux institutions de “sionistes”. Enfin, le 21 janvier, José-Luis ainsi qu’un autre militant de BDS seront jugés en appel pour dégradation de bien d’autrui après avoir versé de la gouache rouge sur un drapeau américain à la maison des relations internationales de Montpellier en juin 2024. En première instance, le jeune militant de BDS avait été relaxé, et José-Luis Moraguès avait été condamné à 150 euros d’amende avec sursis, ainsi que 30 euros à payer pour le drapeau américain.

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En mars 2024, suite à un signalement de l’Association de sauvegarde de la ceinture verte d’Avignon (ASCVA) au sujet de la destruction prochaine d’un corps de ferme, le mas de Barre, une dizaine de militant·es de plusieurs collectifs se mobilisent pour l’occuper. Les bâtiments sont la propriété de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de la région Sud. Celle-ci les a acquis dans le cadre du projet de la « Liaison Est-Ouest », dit LEO, visant à créer un contournement routier de la ville d’Avignon. Problème : le tracé passe pile-poil dans une zone agricole, que défendent de longue date des associations comme l’ASCVA au nom de la préservation des terres nourricières et de l’autonomie alimentaire.

À partir du 7 mars, le mas de Barre devient donc une zone à défendre. Le 17 avril 2024, à huit heures du matin, et sans qu’aucun avis d’expulsion n’ait été notifié, les personnes présentes sont nassées dans un hangar, insultées et intimidées (photo). Neuf sont envoyées en garde à vue. D’abord placé·es en garde à vue sur délit de squat, les militant·es ressortent accusé·es d’installation en réunion sur un terrain privé. Sept personnes écopent alors d’une ordonnance pénale, à laquelle trois d’entre elles décident de faire opposition. Un an plus tard, alors que les trois prévenu·es se présentent devant le tribunal correctionnel d’Avignon. Ils tiennent le délit pour nul car rien n’indique qu’ils étaient sur place avant le jour de l’évacuation des lieux. Les trois militant·es ont appris leur relaxe le 7 novembre dernier, mais iels sont désormais inscrit·es au fichier du traitement d’antécédents judiciaires (TAJ). Le projet LEO, quant à lui, est enterré.

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Après la découverte d’une vache contaminée par la dermatose nodulaire contagieuse dans une exploitation de Bordes-sur-Arize, la préfecture de l’Ariège a ordonné l’abattage des 208 bêtes du troupeau, sans que les 207 autres n’aient été testées ou vaccinées. Face à cette décision prise sans concertation avec les éleveurs, plus de 600 agriculteurs de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne se sont mobilisés pour faire barrage à une mesure qui, in fine, condamne les petites exploitations. Dans la nuit du jeudi 11 décembre, ce sont près de 300 agents de la police et de la gendarmerie qui ont réprimé les 600 agriculteurs avec tirs de grenades lacrymogènes et de dispersion, un hélicoptère, ainsi que plusieurs charges. Quatre agriculteurs ont été interpellés. Après une nuit d’affrontements, la police a brisé le barrage et les services vétérinaires de commencer l’abattage du troupeau sous la protection d’un cordon policier. Le gouvernement impose une nouvelle fois par la violence un dispositif que les syndicats dénoncent depuis plusieurs semaines. Dans le Tarn, près de 200 agriculteurs solidaires ont bloqué plusieurs axes routiers.

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À l’université Paris 1, la présidence a fait appel à la police après qu’un Conseil d’Administration a été empêché de se tenir par plusieurs centaines d’étudiants, personnels et enseignants mobilisés contre un budget déficitaire et la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Alors que les manifestants tenaient une assemblée générale, des dizaines de policiers ont été déployés dans le centre Panthéon, contrôlant et filmant les participants, une intervention dénoncée comme une nouvelle étape dans la répression des mobilisations étudiantes.

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Militant du NPA-R et dirigeant syndical du SNES-FSU à Bordeaux, David Pijoan est de nouveau convoqué par la justice dans le cadre d’un « avertissement pénal probatoire » lié à un rassemblement en soutien à la flottille pour Gaza, considéré comme une manifestation non déclarée. Cette procédure, qu’il refuse de reconnaître, s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites visant des soutiens à la cause palestinienne, alors que plusieurs figures syndicales et politiques ont récemment été inquiétées pour des prises de position similaires. Ses soutiens dénoncent une tentative d’intimidation et appellent à un nouveau rassemblement le 12 décembre devant la maison de la justice et du droit, place Ravezies à 9h, pour exiger l’abandon des poursuites et défendre le droit de manifester.

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