Affiche de solidarité avec les membres du SRI

Affiche de solidarité avec les membres du SRI


Affiche SRI-RHI Europe/Turquie/Kurdistan Fr-Edit

Affiche SRI-RHI Europe/Turquie/Kurdistan Fr-Edit


Affiche de solidarité avec Lutte Révolutionnaire

Affiche de solidarité avec Lutte Révolutionnaire


Affiche du SRI pour Mumia Abu-Jamal

Affiche du SRI pour Mumia Abu-Jamal


Affiche du SRI contre les § 129 en Allemagne

Affiche du SRI contre les § 129 en Allemagne


Affiche d'hommage du SRI à Mario Galesi

Affiche d’hommage du SRI à Mario Galesi


Affiche de la campagne Longues Peines

Affiche de la campagne Longues Peines


Affiche du SRI pour Marco Camenisch

Affiche du SRI pour Marco Camenisch


Affiche du SRI pour les prisonniers maoïste en Inde

Affiche du SRI pour les prisonniers maoïste en Inde

A la fin de la guerre Iran-Irak, le régime de la République islamique redoutait des mouvements populaires, notamment à l’occasion de la rentrée scolaire (les universités avaient été fermées pendant deux ans). Les dirigeants décident de décimer préventivement l’opposition. Khomeiny émet des fatwas (décrets religieux) ordonnant d’exécuter les membres de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI), la principale organisation d’opposition : « quiconque, à n’importe quel stade, continue d’appartenir aux Monafeghine [terme péjoratif pour désigner les Moudjahidines] doit être exécuté. Anéantissez immédiatement les ennemis de l’islam. Ceux qui sont dans les prisons à travers le pays et restent inébranlables dans leur soutien à l’OMPI sont en guerre contre Dieu et condamnés à être exécutés » Khomeiny profitait du relatif discrédit de l’OMPI qui avaient collaborés militairement avec Saddam Hussein au cours de la guerre contre Iran-Irak

Le décret de Khomeiny

Le décret de Khomeiny

Une prétendue « commission d’amnistie » est mise en place dans chaque prison, composée de d’un représentant du ministère du Renseignement (Vevak), un juge religieux et un procureur. C’est au Vevak que revenait la décision finale. Ils tenaient un procès de quelques minutes. Si les prisonniers n’étaient pas disposés à collaborer totalement avec le régime, c’était considéré comme un signe de sympathie avec l’OMPI et la peine était l’exécution immédiate. Des pelotons d’exécution avaient d’abord été envisagés mais trop bruyants, risquant donc d’alarmer les prisonniers et le voisinage, et trop coûteux. En province, des prisonniers seront fusillés mais la solution retenue en général est finalement les rangées de potence.

Aux prisons d’Evin et Gohardasht à Téhéran, le régime va exécuter toutes les heures de 7h30 à 17h00, jeunes à partir de 13 ans, femmes enceintes, hommes ou vieillards, près de 3.800 personnes seront exécutées la première nuit. Pour soutenir la cadence des exécutions, à la prison d’Evin, des prisonniers auraient été empoisonnés. En moyenne, ce sont plusieurs centaines d’exécutions par jour qui ont lieu en août et septembre 1988, atteignant le record de 8.000 pendus en deux semaines.

La prison de Gohardasht

La prison de Gohardasht


Pendaison en masse à Tabriz, été 1988

Pendaison en masse à Tabriz, été 1988

Le massacre a été à ce point massif que certains des plus proches confidents de Khomeiny, comme Montazeri, un religieux désigné pendant 10 ans comme le dauphin de Khomeiny, ont protesté. Dans des lettres à Khomeiny, Montazeri a appelé à une certaine indulgence. Sa lettre du 31 juillet 1988 expliquait en outre que l’exécution de masse des prisonniers de ne ferait que renforcer les sympathies envers l’OMPI. Mais Khomeiny avait ordonné qu’il ne devait y avoir de pitié pour personne, y compris les adolescents. Il avait déclaré que les femmes enceintes ne devaient pas être épargnées ni même avoir la chance de donner naissance à leur enfant et devaient être exécutées sur le champ.

Le massacre s’est étendu aux prisonniers d’autres organisations de l’opposition. Seront à leur tour exécutés les militants emprisonnés du Parti Tudeh (pro-soviétique), et de l’OGFPI « Majorité » (Organisation des Guérilleros Fedayins du Peuple d’Iran, marxiste-léniniste), deux partis qui avaient au début soutenu le régime islamiste en l’analysant comme « petit-bourgeois, national, et anti-impérialistes », les prisonniers de l’OGFPI « Minorité » (marxistes-léninistes opposés dès le début à la République islamiques, et dont de nombreux militants et dirigeants avaient été arrêtés et exécutés en 1981), du Rahe Kargar (Organisation des travailleurs révolutionnaires d’Iran), et des deux principales organisation des Kurdes d’Iran : le Komala (Organisation révolutionnaire du peuple travailleur du Kurdistan, maoïste) et PDKI. (Parti démocratique du Kurdistan Iranien, nationaliste).

A Téhéran, les cadavres des victimes sont stockés et expédiés par convois nocturnes vers un terrain vague du quartier Khavaran dans le Sud de la capitale, jetés dans des fosses communes. Les charniers seront d’abord découverts par les chiens qui déterrent les cadavres. Khavaran va vite devenir un charnier à ciel ouvert. Dans d’autres endroits, les cadavres seront enterrés dans des canaux ou dans des cimetières.

Un des charnier des prisonniers de 1988 dans la banlieue de Téhéran

Un des charnier des prisonniers de 1988 dans la banlieue de Téhéran


Dépouilles des prisonniers assassinés exhumés par des chiens errants à Khavaran

Dépouilles des prisonniers assassinés exhumés par des chiens errants à Khavaran

A l’automne, 30.000 prisonniers politiques avaient été assassinés. La majorité des victimes purgeaient des peines de prison pour leurs activités politiques ou avaient terminé leur peine mais étaient toujours incarcérées. Mais certains avaient déjà été libérés et seront de nouveau été arrêtés pour être exécutés. Les massacres ont eu lieu dans presque toutes les villes iraniennes. Chaque responsable du régime devait approuver ce massacre ou était limogé, voire éliminé. C’est ainsi que l’ayatollah Montazeri qui avait protesté est tombé en disgrâce et a été limogé début 1989.
Le régime iranien continue de nier ce massacre. Ses auteurs ou commanditaires n’ont jamais été traduits en justice.

Le massacre est évoqué par Marjane Satrapi dans Persepolis. Son oncle Anouche, membre du parti Tudeh, est une des 30.000 victimes du massacre de 88.

Extrait de Persepolis

Extrait de Persepolis

Après le coup d’État au Brésil en 1964, la gauche révolutionnaire allait développer une résistance armée qui sera anéantie par une contre-guérilla d’une brutalité extrême : les prisonniers sont abominablement torturés, les exécutions sommaires visent militants et sympathisants, les militants en exil étaient poursuivis et assassinés par les services secrets. Au début des années 1970, la Bolivie, l’Uruguay et le Chili, deviennent des dictatures militaires, alors que le Brésil, l’Argentine et le Paraguay l’étaient depuis des années.

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Dès le coup d’État de Pinochet, les services secrets chiliens commencèrent à collaborer avec des services étrangers, notamment argentins et paraguayens. En mai 1975, Jorge Fuentes, membre du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR, Chili) est arrêté avec Amilcar Santucho, membre de l’armée révolutionnaire du peuple (ERP, Argentine), alors qu’ils tentaient de passer d’Argentine au Paraguay. L’interrogatoire et la torture des deux militants par les services paraguayens furent effectués en coordination avec les services argentins et chiliens, tandis que l’agent du FBI Robert Scherrer suivait l’affaire. Ce sont les prémisses de l’opération Condor.

Le 25 novembre 1975, une réunion des responsables de la police secrète des différents pays, inaugurée par Pinochet, officialise l’opération Condor. Sont présents le général Manuel Contreras (Chili), Jorge Casas (Argentine), le major Carlos Mena (Bolivie), le colonel Benito Guanes Serrano (Paraguay), le colonel José A. Fons (Uruguay) ainsi que deux vétérans brésiliens de la contre-guérilla : le lieutenant-colonel Flávio de Marco, et le major Thaumaturgo Sotero Vaz. Il semblerait que la communication des chefs de services d’espionnage d’Amérique latine qui animaient l’opération Condor, transitaient par un centre de communication de la CIA.

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L’opération visait d’abord les militants révolutionnaires : militants du MLN-Tupamaros en Uruguay, du MIR au Chili, de l’ERP et des Monteneros en Argentine, de l’E.L.N. en Bolivie. Le MIR, l’ERP, l’E.L.N. et les Tupamaros avaient créé en 1973 (peu avant le coup d’état de Pinochet) une Junte de Coordination Révolutionnaire, structure de liaison entre différents mouvements guérilleros du Cône Sud. Beaucoup de militants politiques fuyant les dictatures s’étaient réfugiés en Argentine entre la fin 1973 et 1976. Ils seront la première cible de l’opération Condor. Fin 1975, 119 militants chiliens du MIR réfugiés en Argentine sont tués par un escadron de la mort l’« Alliance anticommuniste argentine ». La presse présenta ce massacre comme un affrontement entre révolutionnaires. Plusieurs militants argentins, uruguayens et boliviens sont également assassinés en Argentine cette année là.

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L’opération Condor élargira rapidement son actions aux organisations d’opposition non-armée (partis communistes officiels, socialistes, chrétiens-démocrates), syndicalistes, religieux proches des causes populaires, etc. Un ex-président de la Bolivie, un ancien sénateur et l’ancien président de la chambre des députés de l’Uruguay, un ex-commandant de l’armée chilienne, hostiles aux dictatures militaires sont également assassinés, ainsi que deux jeunes diplomates cubains (enlevés en août 1976, torturés puis assassinés, – un rapport du FBI de septembre ’76 contient le rapport de l’interrogatoire).

Henry Kissinger, conseiller à la sécurité nationale US, se rend à Santiago, le 8 juin 1976, pour la conférence annuelle de l’Organisation des États Américains. Il fait un discours public en faveur des droits de l’homme, mais en privé, il prévient Pinochet que le soutien US est complet (le contenu de la conversation fut déclassifié en 1998). Une semaine plus tard, se tient une réunion au plus haut niveau des représentants de Condor, avec onze délégués. Après leur succès contre la gauche révolutionnaire dans le cône sud, les services secrets décident de passer à la « phase 3 » de Condor : des assassinat en-dehors des pays membres. Des tueurs issus d’organisations fascistes locales sont commandités en France, Italie, Portugal, Espagne. C’est ainsi qu’un commando dirigé par le fasciste italien Stefano Delle Chiaie essaie d’assassiner à Rome Bernardo Leighton, ancien vice-président du Chili et l’un des fondateurs du Parti démocrate-chrétien le 6 octobre 1975.

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Le coup d’état militaire en Argentine va donner encore plus d’ampleur à cette répression. 30.000 personnes mortes ou disparues en 1975 et juillet 1978. Plus de 140 Urugayens, militants, sympathisants supposés des Tupamaros sont enlevés à Buenos Aires le 29 septembre 1976 par les militaires argentins assassinés ou remis aux services secrets uruguayens. En 1978, l’Équateur et le Pérou se joignent à la coalition. En juin 1980 a lieu la dernière opération connue de l’opération Condor avec l’enlèvement de militants argentins des Montoneros au Pérou.

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C’est le scandale lié à l’assassinat de l’ancien ministre des affaires étrangères du Chili, Orlando Letelier, à Washington, le 21 septembre 1976, qui mettra fin à Condor. Les Américains enquêtent pour découvrir les commanditaires de cette opération. Le chef d’antenne du FBI à Buenos Aires émet un rapport décrivant Condor et sa « phase trois », dont certains extraits sont repris par la presse américaine.

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L’opération Condor a été une étape très importante dans l’évolution des méthodes de répression et de contre-insurrection. L’un des aspects les plus novateurs est le secret entourant l’opération : la répression s’est organisée dans une discrétion absolue, aucune information ne devait filtrer des centres clandestins de torture et de détention, les victimes étaient achevées et leurs dépouilles éliminées, par exemple en les jetant d’avions dans la mer.

La nuit du 7 juillet, des membres et des sympathisants du Secours Rouge ont réveillé la prison de Tournai en tirant des feux d’artifice et en lançant au mégaphone des appels à la solidarité avec Jon Lopez Gomez qui y était détenu. Les prisonniers de Tournai ont salué cette intervention avec des acclamations.

Solidarité à la prison de Tournai

Solidarité à la prison de Tournai

Communiqué de l’initiative – format pdf

Le 2 juillet, un grand calicot sur lequel on pouvait lire ‘STEEUN (soutien à) JON & DIEGO’ ainsi que l’étoile rouge à cinq branches (qui, depuis la révolution soviétique, symbolise l’union des travailleurs en lutte des cinq continents) et le drapeau basque, a été accroché avant l’aube, rue Archimède, au sommet d’une grue surplombant le quartier européen. Cette initiative a été réalisée pour soutenir les deux militants de la gauche indépendantiste basque détenus en Belgique.

Banderole pour les militants basques

Banderole pour les militants basques

Les deux militants basques étaient au Palais de justice Bruxelles. Ils avaient assignés en référé le Ministère de la justice pour que soit levé le régime d’isolement total qu’ils subissent. Le comité d’information basque Txalaparta avait appelé à une présence solidaire à l’audience. Une délégation du Secours Rouge s’est donc rendue au Palais de justice rejoindre les membres de ce comité qui portaient des t-shirts ‘ISOLEMENT = TORTURE’.

Devant le palais de justice

Devant le palais de justice