Plusieurs routes du Brésil ont été bloquées jeudi et les transports en commun partiellement paralysés à l’appel des grandes centrales syndicales du pays dans le cadre d’une « journée nationale de luttes ». Les cinq grands syndicats manifestent côte à côte pour la première fois et réclament la réduction de la journée de travail à 40h (44h aujourd’hui) notamment. Ils reprennent aussi certaines des revendications des massives manifestions de juin comme l’amélioration des services publics et plus d’investissements en éducation.

A São Paulo, Salvador de Bahia, Porto Alegre, Belo Horizonte, Curitiba, Florianopolis ou Manaus, les transports en commun étaient à l’arrêt. Plusieurs écoles ont fermé leurs portes et certains hôpitaux ne traitent que les urgences. Les 80.000 dockers syndiqués poursuivent leur grève commencée la veille contre un décret présidentiel de juin qui établit de nouvelles règles pour les concessions des ports publics et les autorisations d’ouverture de ports privés. A l’issue d’une grande manifestation dans le centre de Rio, des manifestants masqués se sont affrontés avec la police. Ils ont lancé des coktails Molotov et des feux d’artifice sur les policiers, qui les ont repoussés par des tirs de gaz lacrymogènes.

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L’expression politique des FARC, l’Union patriotique (UP), a récupéré son statut de parti politique grâce à une décision du Conseil d’Etat. Créé en 1985 dans la mouvance des premières négociations de paix, le parti avait intégré de nombreux guérilleros démobilisés, mais aussi des membres du parti communiste, des syndicalistes, des militants paysans etc. Les paramilitaires s’étaient alors acharné contre ses membres en toute impunité: entre 3.600 et 5.000 militants de l’UP sont assassinés en quelques années. Parmi eux, huit parlementaires, des centaines de maires et de dirigeants du mouvement, et deux candidats présidentiels. L’arrêt du Conseil d’Etat intervient alors que fait débat l’éventuelle participation en politique des guérilleros, si les FARC acceptent de se démobiliser. La résurrection de l’UP leur fournit un cadre pour présenter des candidats dès 2014 aux élections présidentielle et législatives.

Le gouvernement colombien continue son blocus de routes et chemins principaux menant à Tibú, Norte de Santander, théâtre d’un grand mouvement de protestation paysan. Le gouvernement voulait mettre un terme aux exploitations agricoles de 2.000 familles, liées à l’activité du palmier à huile, dans une zone de plus de 18.000 hectares, les propriétaires de parcelles qui varient principalement de 7,5 à 10 hectares. Les paysans avaient violemment résisté aux interventions policières, et le gouvernement les avait accusé d’être noyauté par les FARC.

blocus du Catatumbo

blocus du Catatumbo

Sept policiers et six civils ont été blessés dans l’explosion d’un IED au passage d’une patrouille, sur la route qui mène de Santander de Quilichao à San Pedro, deux municipalités situées dans le département de Cauca, dans le sud-ouest de Colombie. L’action aurait été menée par la Quinta Compañía de la Columna Jacobo Arenas des FARC.

Les guérilleros auraient pris en otage un homme et l’auraient obligé à appeler la police de Santander pour dire qu’il était prisonnier.. Un groupe de 12 policiers se seraient alors mis en route à moto pour le lieu de l’enlèvement et les guérilleros ont alors activé 60 kg de charges explosives R1 qu’ils avaient précédemment disposé sur la route qu’allaient emprunter les policiers.

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La police anti-terroriste a capturé Britaldo Huancas Paico (42 ans), alias « Elfides » et « Romero », accusé d’être le commandant du « peloton d’anéantissement » de la force du Comité Régional Nord Huarmaca du PCP-SL. La capture a eu lieu samedi matin dans le district de Aramango, province de Bagua (Amazonas). Huancas Paico était recherché depuis 16 ans, on il accusé d’être l’auteur de 13 exécutions.

Britaldo Huancas Paico

Britaldo Huancas Paico

La police péruvienne a fait usage jeudi de gaz lacrymogènes contre plusieurs centaines d’étudiants et de fonctionnaires qui manifestaient dans Lima contre un projet de réforme des universités et de la fonction publique. Les protestataires jugent que cette réforme, présentée comme un outil d’amélioration de la qualité des services publics, conduirait à la suppression de milliers de postes et compromettrait l’autonomie des université. Des échauffourées ont éclaté entre des manifestants et la police anti-émeutes à proximité du palais présidentiel. Plusieurs blessés ont été signalés à Lima et des villes de province où des manifestations similaires se déroulaient.

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Les Etats-Unis ont demandé à la Bolivie l’extradition de l’ex-consultant en fuite Edward Snowden s’il entre dans le pays. Le ministère des Affaires étrangères bolivien a cependant annoncé qu’il rejetterait cette demande. « Il s’agit d’une demande d’extradition surprenante, illégale, infondée et suggestive qui sera rejetée d’une manière immédiate et catégorique », a indiqué un communiqué du ministère.

Le président bolivien Evo Morales a finalement atterri à La Paz. L’avion présidentiel bolivien, en provenance de Moscou où Morales avait participé à une réunion des pays producteurs de gaz naturel, avait du faire une escale forcée à Vienne suite au refus de plusieurs pays, dont la France, sous la pression des USA, de le laisser survoler leur territoire, au motif que Snowden était peut-être dans l’avion.

Le 1er juillet, à La Havane, s’est ouvert le 11e tour des négociations du processus de paix entre les FARC et le gouvernement colombien. Le même jour, les FARC ont annoncé avoir trouvé un accord avec l’ELN vers l’unification des deux groupes.

Les pourparlers qui se tiennent actuellement à Cuba portent sur les modalités par lesquelles les membres des FARC pourraient participer à la vie politique colombienne si un accord de paix définitif était trouvé entre les deux parties. Alors que les FARC ont fait part de leur volonté de reporter les prochaines élections législatives à 2015 (au lieu de 2014) pour convoquer une assemblée constituante et de réformer les institutions de l’Etat, le représentant du gouvernement dans ces négociationsa rappelé que ces questions n’étaient pas à l’ordre du jour initial et qu’il n’envisageait pas de les aborder. Cette opposition fondamentale sur l’organisation de l’Etat pourrait mettre fin au processus de La Havane.

Quarante ans après le coup d’Etat du 27 juin 1973, 28 Uruguayennes ont dénoncé devant la justice de Montevideo les violences sexuelles dont elles ont été victimes, alors qu’elles étaient prisonnières politiques. Emprisonnées dans une vingtaine de centres de détention clandestins différents, elles ont subi des violences sexuelles de 1972 à 1983. Certaines ont été violées à l’aide de chiens ou de rats. Elles sont parvenues à identifier une centaine d’officiers dépendants de l’Organisme de coordination des opérations anti-subversives.

Ces agressions n’étaient pas liées aux interrogatoires avec tortures, la guérilla Tupamaros étant défaite avant le putsch de 1973: c’était la manière choisie par les militaires pour répandre la terreur dans le corps social. Au lieu des assassinats et disparitions systématiques, comme en Argentine, les militaires uruguayens ont opté pour les détentions prolongées avec la menace permanente de reprendre les tortures. En Uruguay, on compte environ 200 disparus, mais un taux d’incarcération pour motifs politiques exceptionnellement élevé par rapport à la population de 3 millions d’habitants : 6.500 prisonniers ayant fait l’objet d’une procédure judiciaire (dont 800 femmes) et environ 3.000 autres sans procès.

maniafestation anti impunité uruguay

maniafestation anti impunité uruguay