Le bureau du procureur a demandé 18 mois de détention préventive pour 85 personnes accusées de faire partie des structures clandestines du PCP-SL. Sur les 85 personnes visées, 77 sont déjà détenues sous l’autorité du tribunal pénal supraprovincial transitoire spécialisé dans le crime organisé (voir notre article). La plupart des personnes arrêtées militent eu sein du Mouvement pour l’amnistie et les droits fondamentaux (Movadef).

Une manifestation du MOVADEF

Une manifestation du MOVADEF

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Les travailleurs agricoles travaillant dans le secteur produisant des denrées pour l’exportation dans les région d’Ica et de La Libertad ont réoccupé, pour la deuxième journée consécutive, deux segments de la route Panamericana. 700 policiers anti-émeutes ont été déplacés vers Ica et La Libertad mardi 22 décembre. Lorsqu’ils ont manoeuvré pour chercher à débloquer les routes, ils se sont heurté à la résistance des manifestants, en particulier dans le sud du pays. Les ouvriers agricoles exigent l’adoption d’une loi agraire qui revaloriserait leurs revenus.

En quelques jours, la Police nationale du Pérou a arrêté 77 personnes, sur une liste de 94 personnes visées, en les accusant d’être membre du Parti Communiste de Pérou (dit “sentier lumineux”). Cette opération policière, commencée le 2 décembre, et dénommée “opération Olimpo”, prétend viser  les “bases clandestines” du PCP-SL à Lima et Callao. En fait, la plupart des personnes arrêtées font partie du Movimiento por Amnistía y Derechos Fundamentales (Mouvement pour l’amnistie et les droits fondamentaux: le Movadef, que les autorités péruviennes ont persécuté à plusieurs reprises (voir notre article). Parmi les personnes arrêtées, Alfredo Crespo, qui est l’avocat du président du PCP-SL et l’un des principaux dirigeants du Movadef. Alfredo Crespo a été arrêté et détenu à plusieurs reprises sous des accusations de ce genre (voir notre article).

Alfredo Víctor Crespo Bragayrac

Alfredo Víctor Crespo Bragayrac

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Les protestations des ouvriers agricoles réclamant de meilleurs salaires s’intensifient au Pérou, empêchant les récoltes et bloquant les transports. Les travailleurs de Camposol, un important exportateur de fruits, ont rejoint la mêlée hier, jeudi 3. Les ouvriers agricoles de l’agro-exportateur Talsa ont annoncé qu’ils se joindraient eux aussi aux rassemblements de ce vendredi. Le Pérou est un important exportateur de myrtilles, de raisins, d’avocats et d’asperges. Des centaines d’autobus et de camions-remorques transportant des fruits et légumes frais ont été bloqués pour le quatrième jour le long de l’autoroute Panamericana Sur à 300 km au sud de Lima, provoquant des affrontements avec des manifestants bloquant les routes. Un manifestant a été tué par la police.

Drivers throw stones toward agricultural workers blocking the Panamericana Sur highway during a protest over a long-standing but controversial agrarian law, in Villacuri, Peru December 3, 2020. REUTERS/Sebastian Castaneda

Dimanche 15 novembre, le président par intérim Manuel Merino a annoncé sa démission. Celle-ci fait suite aux nombreuses manifestations dans tout le pays dont celle de la veille à Lima fortement réprimée par la police. La répression de la manifestation de samedi dans la capitale a, en effet, fait trois morts et une centaine de blessés. Par ailleurs, une quarantaine de personnes sont toujours portées disparues. La prise de pouvoir de Manuel Merino à la suite de la destitution du président Martín Vizcarra pour corruption avait lancé un important mouvement populaire contre Manuel Merino et la classe politique corrompue. Des manifestations historiques s’étaient déroulée pendant plusieurs jours, des dizaines de milliers de Péruviens descendant dans les rues aux cris de “Merino démission”.

 Le mouvement populaire obtient la démission du président par intérim Manuel Merino

Le mouvement populaire obtient la démission du président par intérim Manuel Merino

Trois membres des forces armées péruviennes ont été tués et trois autres blessés dans une embuscade perpétrée par les guérilleros maoïstes du PCP-SL dans son bastion de la vallée des fleuves Apurímac, Ene et Mantaro (VRAEM), dans le au sud des Andes péruviennes. L’attaque s’est produite jeudi passé alors que plusieurs patrouilles s’étaient infiltrées sur le territoire du PCP-SL dans le cadre de l’opération “Eye of the Eagle”. Au cours de cette opération, une patrouille a été fauchée par l’explosion d’un IED placé sur sa route, puis longuement mitraillée par les guérilleros. Un sous-officier de l’armée et un autre de la police ont été tués sur le coup. Parmi les quatre blessés évacués des lieux de l’embuscade, figurait un capitaine de l’armée qui est décédé le lendemain, des suites de sa blessure. L’embuscade a eu lieu dans le secteur de Banderita, situé dans la municipalité de Canayre, dans la région sud d’Ayacucho.

Combattants du PCP-SL

 

Les forces de police de Terna ont capturé María Hilda Pérez Zamora (49 ans), la “camarade Hilda”, qui était recherchée pour “crime de terrorisme” depuis octobre 2011. La Chambre pénale nationale l’accuse d’avoir participé à l’exécution de deux policiers et d’un civil lors d’une attaque de la guérilla maoïste survenue en 1990, ainsi que l’attaque contre un poste de police en 1992 et 35 autres opérations.

Arrestation de María Hilda Pérez Zamora

Quatre membres de la guérilla du PCP-SL, un policier et un militaire sont morts lundi 24 août dans un affrontement qui a eu lieu dans la région de la vallée des rivières Apurímac, Ene et Mantaro, près de la ville d’Ayacucho. L’affrontement a eu lieu dans une zone de jungle du district d’Anchihuay. Les guérilleros maoïstes décédés ont été identifiés comme étant les camarades Cirilo, qui dirigeait la colonne, Roger, Wilmer et Alejandro. Un policier et un militaire, membres d’une patrouille des forces combinées, ont également été tués dans la fusillade. Après la confrontation, trois fusils Galil, un pistolet et des fournitures militaires (jumelles, lunette de vision nocturne, etc.) ont été récupérés par les forces de sécurités.

Combattants de la guérilla maoïste au Pérou

 

Les policiers de la Direction contre le terrorisme (DIRCOTE) ont arrêté une femme qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour “terrorisme”: Paulina Pinco Huamán. L’arrestation a eu lieu à Santa Rosa de Pihuan, dans le district de Santiago de Pischa (province de Huamanga). Les forces de sécurité péruviennes accusent Paulina Pinco Huamán, 51 ans, d’avoir été un membre importante de la Force principale de la Base d’appui révolutionnaire 21, du Comité de zone d’Ayacucho. Elle est entre autre accusée d’avoir participé à une grande embuscade de la guérilla maoïste où 11 policiers avaient été tués.

Arrestation de Paulina Pinco Huamán

À Bogotá, en Colombie, une politique oblige les hommes et les femmes à quitter leur domicile un jour sur deux pendant le confinement. Les femmes sont ainsi autorisées à aller à l’extérieur pour des tâches essentielles les jours pairs et les hommes les jours impairs. Cette politique a laissé les mains libres à la police pour attaquer la communauté transgenre. Les personnes transgenres subissent également des violence de la part de civils. L’organisation Red Comunitaria Trans a ainsi enregistré 20 incidents violents contre des personnes trans dans des supermarchés y compris une femme trans qui a été battue par un homme qui a déclaré qu’elle n’était pas autorisée à sortir le jour des femmes. L’organisation a également reçu des informations faisant état de violences policières dans le quartier de Santa Fe, où des centaines de femmes trans se prostituent. La politique de confinement genré devrait expirer le 11 mai, mais pourrait être prolongée. Une politique similaire avait été mise en place au Pérou le 2 avril, avant d’être abandonnée le 11, devant le nombre important de violences rapportées par la communauté LGBT. Ces violences étaient en grande partie commises par la police.

Violences contre les personnes transgenres à l'occasion d'un confinement genré