Des affrontements entre les manifestants et la police ont éclaté lundi dans plusieurs zones du Pérou, en marge d’un mouvement de grève lancé par les transporteurs. La mobilisation, qui a provoqué des blocages routiers et une suspension des cours dans plusieurs régions, a été déclenchée par la hausse du coût du carburant et des péages, ainsi que des prix alimentaires. Elle a aussi donné lieu à des scènes de pillage dans des magasins. Suite à cela, un couvre-feu a été instauré mardi 5 avril à Lima, la capitale du Pérou, et dans la ville portuaire voisine de Callao. Le couvre-feu entre en vigueur à l’aube et sera maintenu jusqu’à minuit face aux « faits de violence que certains groupes ont voulu susciter » et afin de « rétablir la paix et l’ordre », a annoncé le président péruvien, Pedro Castillo, lors d’une allocution télévisée diffusée lundi soir.

 

Des affrontements ont eu lieu dans la région d’Ayacucho lors de la grève nationale de 24 heures dénonçant l’augmentation du prix du carburant et des produits de première nécessité. Depuis les premières heures du matin, les principales voies d’accès à la ville comme la Via Libertadores, les routes de Huanta, Vraem, Huancayo et Andahuaylas ont été bloquées à l’aide de pierres et d’autres objets par des piquets de manifestants. Plusieurs bus interprovinciaux ont subi des dommages tels que pneus crevés et vitres cassées. Dans les rues de la ville, les manifestants, répartis en petits groupes, s’en sont pris à ceux qui ne respectaient pas la grève, endommageant leurs véhicules.

 

La Cour suprême du Pérou a confirmé mercredi la condamnation à perpétuité prononcée par un tribunal national à l’encontre des dirigeants du Parti Communiste du Pérou dit « Sentier lumineux », dont son président Abimael Guzman, est décédé en septembre de l’année dernière après avoir été emprisonné pendant près de trois décennies (voir notre article). La décision a été prise par la Chambre pénale permanente de la Cour suprême pour le délit de « terrorisme aggravé », en référence à l’attaque à la voiture piégée qui, en 1992, a fait 25 morts et 155 blessés dans le quartier chic de Miraflores, à Lima. La sentence concerne Elena Yparraguirre, Óscar Ramírez, María Pantoja, Laura Zambrano, Florentino Cerón, Florindo Flores, Edmundo Cox, Osmán Morote et Margot Liendo.

Le jugement a confirmé que les condamnés devront payer une réparation civile et a déclaré nul et non avenu l’acquittement pour trafic illicite de stupéfiants, ordonnant qu’un nouveau procès pour cette accusation ait lieu « dès que possible ». La condamnation à perpétuité de la direction du PCP-SL avait été prononcée en septembre 2018 par l’Audience nationale pénale (voir notre article). Toutefois, ce tribunal a acquitté les accusés du délit de trafic illicite de stupéfiants pour financer leurs activités, une décision dont le bureau du procureur a annoncé qu’il ferait appel.

Au procès de 2018

 

Le 4 juillet 1991, un détachement de militaires luttant contre la guérilla maoïste du PCP-SL ont massacré 15 personnes dans la communauté indigène quechuablante de Santa Bárbara, dans les Andes péruviennes. Les soldats n’ont pas seulement fusillé ces personnes, dont plusieurs jeunes enfants, mais les ont également déchiquetées à la dynamite afin de faire disparaître leurs corps. 30 ans après, une commission a pu retrouver les restes des victimes et une cérémonie a été organisé dans la localité.

Les opération contre le PCP-SL se poursuivent. Une opération combinée armée/police, baptisée Cristal 2021, dans la localité de La Victoria, a permis  l’arrestation de Cristian Samaniego, alias le camarade « Cris » ou « Daniel ». Des équipements comme des émetteurs-récepteurs radio destinés à la guérilla ont été saisi. Il y a deux semaine, un dépôt d’explosifs et de munitions appartenant à la guérilla a été découvert dans la municipalité de Santo Domingo de Acobamba.

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Ce mercredi 1er décembre, la Police nationale du Pérou a fait état de la capture de Cristian Samaniego Herrera, alias « Cris » ou « Daniel » le 15 novembre dans le district de La Victoria. Cette arrestation a eu lieu dans le cadre de l’opération « Cristal 2021 », menée par Direction antiterroriste de la police et les Forces armées. Cristian Samaniego Herrera est accusé d’avoir organisé l’approvisionnement de la guérilla maoïste du PCP en matériel de communication dans la région Vraem.

 

La compagnie minière Antamina a dû suspendre ses activités en raison de la grève illimitée, du barrage routier et des manifestations violentes dans le district d’Aquia (Áncash). Le 29 octobre, des manifestants opposés aux projets miniers ont attaqué la porte d’entrée de Puerto Punta Lobitos à Antamina, s’affrontant à la police et aux agents de sécurité. Quelques heures plus tard – aux premières heures du samedi 30 – ils ont incendié un camion-citerne d’eau potable sur les routes d’accès à la mine. Antamina est le principal producteur de zinc et de cuivre du pays, elle est détenue par Glencore et BHP Billiton.

Les policiers de la Direction contre le terrorisme (DIRCOTE) de Tingo María, ainsi que d’autres unités du Front de police de Huallaga, ont capturé Roosevelth Espinoza Gerón, un ancien commandant de la guérilla maoïste du PCP-SL. Connu sous le nom de « camarade Rusbel », il aurait combattu dans les colonnes de la guérilla dirigée par le « camarade Artemio » et est accusé d’avoir entre autres participé à l’embuscade de Ramal de Cachiyacu, le 14 juin 2007, qui s’était soldée par la mort de trois policiers et du procureur de Tocache.

Le docteur Abimael Guzman, le président Gonzalo du Parti Communiste du Pérou (dit « sentier lumineux »), est mort à 06h40 heure locale (11h40 GMT) au centre pénitentiaire de haute sécurité de la base navale de Callao, près de Lima. Incarcéré depuis le 12 septembre 1992, le président Gonzalo purgeait une peine de prison à perpétuité à la suite de deux condamnations en 2006 et 2018. Il avait été hospitalisé en juillet. Le Dr Abimael Guzman a passé 29 ans à l’isolement dans une prison souterraine. Il était âgé de 86 ans. Il avait dirigé le PCP, réactualisé le maoïsme dans le mouvement communiste, et lancé la guerre populaire au Pérou en 1980 qui avait réalisé de grands progrès jusqu’en 1992.

Le président Gonzalo à son arrestation

 

Trois fusillades ont eu lieu au début de ce mois entre des patrouilles militaires et des combattants de la guérilla maoïste du Parti Communiste du Pérou Militarisé dans le district de Llochegua, (province de Huanta, région d’Ayacucho). Le communiqué de l’armée indique qu’un sous-officier a été blessé et évacué d’urgence sur Lima, et affirme que trois guérilleros ont été mortellement blessés. Suite à ces engagements, quatre autres patrouilles ont découvert des camps évacués par les guérilleros.

 

 

Craignant que la guérilla maoïste du PCP lance des attaques ce dimanche à l’occasion des élections générales au Pérou, les forces armées péruviennes ont déployé 7.960 soldats, dont 3.100 pour la seule zone de la vallée des rivières Apurímac, Ene et Mantaro (Vraem) où la guérilla est solidement implantée. Le PCP pourrait être tenté de faire une démonstration de force le jour du scrutin, comme il l’avait fait la veille des élections présidentielles d’avril 2016, surtout après la mort récente d’un de ses dirigeants, Jorge Quispe Palomino (voir notre article).