Après sa sortie de l’hôpital de la gendarmerie il y a quelques jours, Mauricio Hernández Norambuena attendait d’être transféré au complexe pénitentiaire de Rancagua, où il purge sa peine (voir notre article). En arrivant pour lui rendre visite, sa famille a appris qu’il avait été transféré le 29 août à l’Établissement Pénitentiaire Spécial de Haute Sécurité (REPAS), sans aucune raison pour ce changement d’établissement. Ce lieu a une politique d’isolement stricte, où les détenus n’ont pas de visites en personne, seulement deux heures d’accès à la cour, aucune visite d’amis et aucun accès aux activités sportives ou culturelles.

Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sánchez, a confirmé le 26 août que 34 soldats avaient été enlevés après l’opération de dimanche dernier au cours de laquelle l’armée a tué « Dumar », un chef des dissidents de l’État-major central (EMC), ainsi que 10 autres guérilleros de cette dissidence des FARC. Ces soldats ont été capturés dans la même zone rurale où les membres de l’EMC ont été tués dimanche dernier, alors qu’ils évacuaient la zone après l’opération militaire.

En août 2025, un mois d’action et de propagande a été organisée dans de nombreux pays en hommage aux militants anti-autoritaires Lupi, Tortuga et Belén décédés l’année dernière (lire ici). À cette occasion, la prisonnière politique anarchiste Mónica Caballero a écrit une déclaration (lire en intégralité ici).

[…] Nous comprenons aujourd’hui que le système de domination capitaliste et hétéropatriarcal est étroitement lié à des relations sociales et culturelles complexes, ainsi qu’aux structures matérielles et aux personnes qui les soutiennent. Par conséquent, et d’un point de vue anarchiste, je me pose (et je me pose depuis plusieurs années) les questions suivantes :

Comment réaliser un saut qualitatif décisif, au-delà de l’attaque symbolique ? Est-il vraiment possible de « frapper là où ça fait mal » le système capitaliste, dans un monde où les rapports de domination ont atteint un réseau de réseaux à travers le monde ?

Les réponses à ces questions ont changé à mesure que j’ai compris comment la domination s’est développée et a persisté, et j’ai essayé d’agir sur ces réponses en façonnant les nombreuses façons dont nous pouvons détruire tout ce qui empêche le plein développement de chaque individu.

Sur le long chemin parcouru par la manière dont la violence politique anti-autoritaire s’exerce, les succès et les échecs doivent nécessairement être une expérience d’apprentissage collectif pour ceux d’entre nous qui se tiennent du même côté. […]

Les autorités péruviennes ont décidé, mercredi 13 août, d’accorder l’amnistie aux membres des forces armées et de la police accusés ou condamnés pour crimes contre l’humanité pendant le conflit armé contre le Parti Communiste du Pérou et différentes guérillas des années 1980 à 2000. De leur côté, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une insulte aux milliers de victimes alors que cette loi pourrait également mettre fin à près de 600 procès encore en cours contre des forces armées et des policiers.

Le 22 juillet, des jeunes manifestants cagoulés sont sortis du Lycée José Victorino Lastarria, érigeant des barricades, affichant des tracts et des banderoles, et lançant des cocktails Molotov sur la police en solidarité avec Aldo et Lucas Hernández, deux anarchistes qui sont en cours de jugement pour leurs actions à l’explosif. Une pareille initiative avait déjà eu lieu le 10 juillet à l’Université du Chili (USACH). Aldo et Lucas ont rendu public un communiqué de salut et de gratitude à propos de ces actions.
Lien vers le communiqué

Le 5 août, Martha Lia Grajales, qui dirige l’ONG SurGentes, était présente devant le Tribunal Suprême de Justice du Venezuela. Elle soutenait 60 mères de prisonniers politiques arrêtés suite aux manifestations après l’élection présidentielle de 2024. Des milices civiles ont alors violemment attaqué le rassemblement pacifique. Trois jours plus tard, Martha est retournée sur place pour dénoncer ces agressions, et c’est là qu’elle a été arrêtée. L’État vénézuelien a reconnu seulement 72 heures plus tard l’avoir arrêté. Elle n’a bénéficié d’aucune des garanties juridiques élémentaires durant sa détention. Martha Lia Grajales a été inculpée d’« incitation à la haine » et de « complot ». Elle risque une peine allant de dix à trente ans de prison.

Ce jeudi 8 août, des troupes et des hélicoptères de la police militaire ont survolé la zone de Valdiro Chagas à Machadinho d’Oeste, dans le Rondônia, tirant des coups de feu pour intimider les populations paysannes. Suite à cela, la police militaire a confirmé la mort de l’un des paysans. Braguinha, commandant de la police militaire du Rondônia, a publié une vidéo dans laquelle il affirme avoir « neutralisé un terroriste de la LCP (Ligue des Paysans Pauvres) », une organisation paysanne qui lutte pour l’abolition des latifundia au Brésil.

Le 29 juillet 2025, la Haute Cour de Sainte-Lucie a dépénalisé les relations homosexuelles entre adultes consentants. C’est une décision qui abroge les articles 132 et 133 du Code pénal, hérité de l’ère coloniale britannique. Le juge a jugé ces lois anticonstitutionnelles, contraires aux droits à la vie privée, à la liberté et à l’égalité. Elles pouvaient jusque-là conduire à 10 ans de prison. Sainte-Lucie rejoint Antigua-et-Barbuda, Saint-Kitts-et-Nevis, la Barbade et la Dominique dans le mouvement de dépénalisation.

Hipolito Quispehuaman, défenseur de l’environnement luttant contre la déprédation de l’Amazonie a été abattu ce samedi 26 juillet dans la jungle péruvienne. Les attaques contre les défenseurs de l’environnement se sont multipliées dans les régions amazoniennes du Pérou, où les peuples indigènes sont confrontés à la présence de trafiquants de drogue et à l’exploitation minière illégale. Hipolito Quispehuaman a été tué alors qu’il conduisait un véhicule de transport de marchandises sur un tronçon de la route interocéanique dans le secteur de Santa Rosa de la région de Madre de Dios. « L’hypothèse préliminaire retenue par le bureau du procureur est que ce meurtre aurait été commis en représailles au travail de défense qu’il effectuait », a déclaré la procureure locale, Karen Torres. La victime était membre du comité de gestion de la réserve nationale de Tambopata et luttait contre la déprédation de la forest amazonienne. Au moins 54 défenseurs de l’environnement ont été tués au Pérou depuis 2012, dont plus de la moitié étaient des membres des peuples indigènes.

Menacé de poursuites judiciaires tandis que plusieurs de ses camarades font déjà l’objet de persécution, le principal dirigeant syndical panaméen, Saúl Méndez, a enfin pu quitter son pays en direction de la Bolivie, après s’être réfugié pendant deux mois dans l’ambassade de ce pays. Une demande de dissolution vise le puissant syndicat de la construction Suntracs, dont il est le secrétaire général. Confronté ces derniers mois à des grèves massives des travailleurs de la construction et du secteur bananier (voir notre article) – ainsi qu’à des manifestations contre plusieurs réformes impopulaires portant notamment sur la sécurité sociale et les retraites (voir notre article) –, le président conservateur a vu son pays récemment classé parmi les 24 les plus répressifs en matière de libertés syndicales par l’Organisation internationale du travail.