Le 6 mars 2026, treize personnes poursuivies dans le comté de DeKalb, en Géorgie, dans le cadre du mouvement “Stop Cop City”, doivent comparaître pour des audiences sur des requêtes préliminaires. Neuf d’entre elles demandent l’abandon des poursuites engagées sans mise en accusation formelle. Parmi les prévenus figure Priscilla, dont l’avocat, Xavier T. de Janon du People’s Law Collective, plaidera la requête en annulation des charges. Selon la défense, plusieurs accusés sont restés pendant près de trois ans sans inculpation officielle pour des chefs d’accusation criminels, ce qui les a empêchés de contester publiquement les faits devant un tribunal, tout en subissant une longue période d’incertitude, de stigmatisation et de pression financière. Par ailleurs, le bureau du procureur général de Géorgie poursuit toujours 61 personnes dans une vaste procédure pour association de malfaiteurs, après que la Fulton County Superior Court a annulé le chef principal d’accusation ; l’affaire est désormais examinée par la Georgia Court of Appeals.

Dossier(s): Amérique du Nord Tags: ,

Après avoir été transféré à la prison de Scotland Correctional, le détenu Shine White a entamé une grève de la faim le 24 février 2026 pour protester contre des conditions de vie inhumaines. En novembre dernier, il avait déjà entamé une action similaire (voir notre article). Il dénonce notamment sa cellule insalubre dont le plafond est couvert de moisissures noires (provoquant des problèmes de santé restés sans soins) ainsi que la confiscation de sa tablette, outil indispensable pour accéder à son courrier et à l’assistance juridique. Militant de longue date déjà victime de violences par le passé pour avoir dénoncé le système carcéral, il appelle ses soutiens à interpeller les autorités pénitentiaires pour obtenir la fin de ces représailles et le rétablissement de ses droits fondamentaux (voir ici).

Le Bureau fédéral des prisons a adopté, le 26 février 2026, une nouvelle politique interdisant presque totalement l’accès aux soins d’affirmation de genre pour les personnes trans incarcérées dans les établissements fédéraux, mettant fin à neuf années de pratique autorisant hormones, chirurgies et certains aménagements. Désormais, les nouvelles prescriptions hormonales sont prohibées, les traitements en cours devront être progressivement arrêtés et les chirurgies sont bannies, les détenu·es concerné·es étant orienté·es vers une prise en charge psychothérapeutique et des antidépresseurs. Plus de 1 000 personnes ont été diagnostiquées avec une dysphorie de genre dans les prisons fédérales, alors que des recours judiciaires sont en cours pour contester cette politique.

À Fort Worth, le procès de neuf personnes accusées d’avoir participé à une mobilisation le 4 juillet 2025 contre le centre de détention Prairieland ICE à Alvarado a repris après qu’un juge fédéral a déclaré un mistrial lors de la première procédure, en raison d’une controverse liée à la tenue portée par une avocate de la défense pendant la sélection du jury (de nouvelles règles vestimentaires strictes ont depuis été imposées au tribunal). Les procureurs présentent l’affaire comme la première inculpation fédérale pour « terrorisme domestique » liée à des activités attribuées à une « cellule antifa » au Texas, alléguant des tirs contre des agents, des dégradations et la blessure par balle d’un policier local, tandis que les accusés contestent toute implication criminelle et soutiennent qu’il s’agissait d’une manifestation, cinq autres personnes ayant déjà conclu des accords de plaider-coupable et devant témoigner au procès (voir notre article)

Dossier(s): Amérique du Nord Tags: ,

Au Kansas, une nouvelle loi entrée en vigueur fin février 2026 impose que les documents officiels mentionnent uniquement le sexe assigné à la naissance, entraînant l’invalidation d’environ 1 700 permis de conduire et près de 1 800 actes de naissance modifiés par des résidents trans. Contrairement à d’autres États conservateurs comme la Floride, le Tennessee ou le Texas, le Kansas exige également l’annulation rétroactive des changements déjà effectués. Les autorités prévoient d’informer les personnes concernées par courrier et de leur faire payer les frais d’un nouveau permis (26 $).

Aux États‑Unis, 30 personnes ont été inculpées en plus des premières accusations liées à une protestation anti‑Immigration and Customs Enforcement (ICE) qui a perturbé un service religieux à Cities Church à Saint Paul, Minnesota, le 18 janvier 2026, portant à 39 le nombre total d’accusés dans cette affaire, a annoncé la ministre de la Justice Pam Bondi. Les manifestants avaient pénétré dans l’église pour protester contre l’implication alléguée de l’un de ses pasteurs dans les opérations locales de l’ICE, interrompant le culte et scandant des slogans contre l’agence fédérale. Tous les inculpés, dont l’ancien présentateur de CNN Don Lemon (qui a diffusé l’événement en direct et plaide non coupable), ainsi que d’autres journalistes et activistes, sont poursuivis au niveau fédéral pour complot contre la liberté religieuse et entrave à l’accès à un lieu de culte.

Un nouvel appel à mobilisation internationale est lancé pour la santé de Mumia Abu-Jamal, détenu en Pennsylvanie depuis plus de 43 ans. Si l’ablation de sa cataracte secondaire a été obtenue grâce à la pression de ses soutiens (voir notre article), les traitements indispensables pour sa grave affection rétinienne et son glaucome actif ne sont toujours pas assurés, l’exposant à un risque élevé de cécité, tandis qu’il a aussi besoin de nouvelles lunettes en urgence. Ses soutiens appellent à l’envoi immédiat de courriels au Département correctionnel de Pennsylvanie afin d’exiger une prise en charge médicale complète et rapide, rappelant que le refus de soins pourrait constituer un traitement cruel et inhumain au regard du droit américain et international (plus d’infos).

Dans une tribune diffusée à l’occasion d’une grève lancée le 8 février 2026 dans les prisons de l’Alabama (voir notre article), le détenu anarchiste Michael Kimble présente l’arrêt de travail comme « un coup porté à l’État », accusé de maintenir « une situation d’esclavage et de surexploitation » à travers le travail pénitentiaire. « Quand nous refusons de travailler gratuitement (ce qui est de l’esclavage), nous affirmons notre pouvoir en tant que travailleurs et en tant qu’êtres humains », écrit-il, dénonçant le 13e amendement de la Constitution états-unienne qui interdit l’esclavage sauf en cas de condamnation pénale. Revenant sur l’histoire du « convict leasing » en Alabama (système qui louait la main-d’œuvre carcérale à des entreprises privées), le militant affirme que la prison demeure un dispositif d’exploitation économique. Il décrit leur mobilisation comme une stratégie destinée à bloquer la production, éveiller la conscience des prisonniers « en tant que classe opprimée » et exiger l’abolition du travail forcé, de la perpétuité sans libération conditionnelle et des lois sur les récidivistes. « Nous exerçons notre droit de riposter. Qu’y a-t-il de mal à cela ? », conclut-il.

Lire la tribune

Dans les « Villes Jumelles » (Minneapolis–Saint Paul), des habitant·s ont mis en place des « barrages filtrants » pour surveiller et freiner les opérations de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE). Inspirée de précédentes mobilisations locales (notamment après la mort de George Floyd) et d’expériences internationales (ZAD, Gilets jaunes), la tactique consiste à transformer des intersections en points de contrôle tenus par des réseaux d’intervention rapide : circulation ralentie, vérification des plaques, partage d’informations en temps réel et, parfois, blocage des véhicules suspectés d’appartenir à l’ICE. Présentés comme des espaces mêlant vigilance et solidarité de quartier, ces dispositifs ont suscité un large soutien local mais aussi des démantèlements par la police.

Dossier(s): Amérique du Nord Tags: ,

Dans une déclaration publiée par Prison Radio et adressée au Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Mumia Abu-Jamal, ancien journaliste africain-américain de 71 ans incarcéré depuis 45 ans aux États-Unis, revient sur les 29 années passées dans le couloir de la mort en Pennsylvanie avant la commutation de sa peine en perpétuité incompressible. Il décrit un régime d’isolement extrême (jusqu’à 23 heures par jour en cellule et sans contact physique avec ses proches) visant, selon lui, à « déshumaniser les condamnés » et à « faire perdre espoir » pour les rendre « plus facilement exécutables ».

Lire la déclaration

Dossier(s): Amérique du Nord Tags: ,