Malgré le retrait du projet de loi fiscale anti-populaire, la colère des Colombiens est loin d’être apaisée. Pour dompter les manifestants, le gouvernement envoie l’armée et les agents de l’Esmad, la police anti émeutes. La répression est féroce: il y aurait 47 morts dont un policier et 39 victimes des forces de l’ordre. Des policiers sont intervenus en tirant à balles réelles sur des manifestants. Lors des manifestations, des civils, probablement des paramilitaires, apparaissent et tirent sur des manifestants. Alvaro Uribe, ancien président et mentor du président actuel, a toujours soutenu par ces paramilitaires, qui historiquement sont le bras armé des grands groupes industriels ou les grands propriétaires terriens, et qui ont joué un rôle dans la guerre civile meurtrière de près de 6 décennies contre les FARC.

Le gouvernement colombien a affirmé, dimanche, qu’il explorait les conditions pour réactiver les négociations de paix avec l’ELN, mais avec des conditions extrêmement dures (voir nos articles ici et ici). Mardi, le gouvernement colombien a assuré que les ordres d’extradition contre les membres de la délégation de l’ELN à La Havane seraient suspendus si un processus de paix était engagé (voir notre article). Le gouvernement continue cependant d’imposer plusieurs conditions telles que la libération des prisonniers de l’ELN, comme conditions pour reprendre les négociations. Le gouvernement colombien est en grande difficulté depuis l’éclatement de la révolte contre la réforme des retraites, la pauvreté et la corruption dans le pays (voir notre article). Il accuse l’ELN d’être impliqué dans le mouvement, ce que dément Pablo Beltrán, porte parole de guérilla. Ce dernier affirme que les fronts urbains de la guérilla ont ordre de ne pas mener d’action à proximité des manifestations, même si l’ELN soutient politiquement ce mouvement.

Combattantes de l'ELN

Combattantes de l’ELN

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Vendredi 7 mai, des milliers de manifestant·es réclament toujours la démission du président Iván Duque. Le retrait de la réforme fiscale anti-populaire qui a initié le mouvement ainsi que la démission d’Alberto Carrasquilla (le ministre des Finances à l’origine du projet) n’a rien fait pour calmer les colombien·nes. De larges pans de la population continuent de se mobiliser pour protester contre les politiques du gouvernements ayant mené à une aggravation des inégalités sociales et de la pauvreté dans le pays ainsi que contre la corruption et la répression policière. D’une manière générale, la population réclame « un gouvernement qui écoute le peuple, tous les secteurs de manière égale, les étudiants, les paysans et les femmes ».

La répression policière a fait une quarantaine de mort·es parmi les manifestant·es depuis le début de la révolte, dont certain·es sont tombé·es sous les tirs à balles réelles de la police. Les noms des victimes s’affichent désormais en lettres capitales au milieu des bougies dans la capitale. Des Colombiens, se sont réunis par centaines dans le centre-ville hier pour leur rendre hommage. Par ailleurs, plus de 80 personnes sont portées disparues depuis le début de la révolte, environ 800 personnes ont été arrêtées, des centaines d’autres ont été blessé·es (dont une vingtaine qui ont été éborgné·es) et des cas de viols ont également été rapportés. Des manifestations de soutien à la révolte s’organisent à l’international, notamment aux États-Unis et en France.

Au moins 17 personnes sont mortes (16 manifestants et un policier) et plus de 800 autres ont été blessées en Colombie lors de violences en cinq jours de manifestations contre un projet de réforme fiscale du gouvernement de droite. Le ministère de la Défense a fait état de 846 blessés et le 431 personnes interpellées. Des dégâts ont été causés à 313 établissements commerciaux, 94 banques, 69 stations de transports publics, 36 guichets bancaires automatiques et 14 péages routiers. Les manifestants sont descendus dans les rues à Bogota, Medellin (nord-ouest), Cali (sud-ouest), Barranquilla (nord) et Neiva (centre), ainsi que dans d’autres villes du pays. Sous la pression des manifestations, massives mercredi et qui se sont répétées les jours suivants, le président conservateur Ivan Duque a annoncé dimanche soir le retrait de son projet initial pour rédiger un nouveau texte, en supprimant les principaux points contestés : la hausse de la TVA sur les biens et services, ainsi que l’élargissement de la base de l’impôt sur le revenu.

Des dizaines de milliers de Colombiens ont manifesté, samedi 1er mai, pour le quatrième jour consécutif pour réclamer le retrait d’un projet de réforme fiscale, présenté par le gouvernement en pleine pandémie. Vendredi soir, le président de droite Ivan Duque, qui s’est dit prêt à réviser le projet de réforme, mais les manifestants sont redescendus dans les rues de Bogota, Medellin, Cali, Barranquilla et Neiva, ainsi que dans d’autres villes du pays. Les manifestations ne visaient pas uniquement la réforme fiscale mais toute la politique gouvernementale, et ainsi sa gestion de la pandémie.

Avec son projet initial, le gouvernement entendait collecter quelque 6,3 milliards de dollars entre 2022 et 2031. Mais il a été rejeté par l’opposition, les syndicats, les universitaires et d’autres secteurs. Les premières manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes mercredi dans plusieurs villes du pays. Certaines manifestations ont été suivies d’incidents violents, ayant fait notamment des morts et des centaines blessés et d’arrestations.

La décision du gouvernement de présenter une injonction à la Cour constitutionnelle pour imposer sa réforme des retraites, défavorable pour les travailleurs, a relancé mardi les mobilisations et protestations. Des concerts de casseroles, appelés via les réseaux sociaux, ont eu lieu dans plusieurs villes, tandis que dans certaines communes de la région métropolitaine, des barricades et des affrontements ont eu lieu. Des communes telles que Santiago Centro, Estación Central, Macul, La Florida, Recoleta, Ñuñoa, San Miguel, Huechuraba, Pudahuel, Quinta Normal, La Pintana, Cerro Navia et Independencia ont été touchées par les affrontements. Des heurts ont également eu lieu dans d’autres villes, telles que Valparaíso, Viña el Mar, Temuco, San Felipe, Antofagasta, Rancagua et Constitución, entre autres. L’avenue Guillermo Mann, dans la commune de Ñuñoa, a été l’un des points chauds des incidents nocturnes. Le 33e poste de police, situé sur cette route a été attaqué par des manifestants.

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Cela fait plus d’un mois que les prisonniers et prisonnières anarchistes du Chili sont grève de la faim (voir notre article). Parmi les actions de solidarité, des barricades enflammées ont barré des rues de la capitale, ainsi dans le quartier Simón Bolivar. La solidarité est aussi internationale: à Madrid, les vitrines d’une agence d’Iberdrola ont été caillassées en raison des intérêts économiques de cette entreprise énergétique au Chili et de ses relations avec l’État chilien.

Une manifestation contre les projets miniers de la société Agua Rica, qui s’est tenue devant ses bureaux basés à Andalgalá, s’est terminé par l’incendie desdits bureaux. Malgré un grand déploiement de gendarmes, les manifestants ont mis le feu au siège de la société minière et ont également dévasté le Conseil départemental qui a donné le feu vert au projet minier. Le personnel d’Agua Rica ont dû quitter le siège de la société par le toit. Tous les camions de l’entreprise stationnés sur le parking ont également été incendiés.

Craignant que la guérilla maoïste du PCP lance des attaques ce dimanche à l’occasion des élections générales au Pérou, les forces armées péruviennes ont déployé 7.960 soldats, dont 3.100 pour la seule zone de la vallée des rivières Apurímac, Ene et Mantaro (Vraem) où la guérilla est solidement implantée. Le PCP pourrait être tenté de faire une démonstration de force le jour du scrutin, comme il l’avait fait la veille des élections présidentielles d’avril 2016, surtout après la mort récente d’un de ses dirigeants, Jorge Quispe Palomino (voir notre article).

Rodrigo Curaqueo avait 19 ans et est décédé dans une cellule du poste de police de Quinta de Caleta Olivia, situé dans le quartier Rotary 23 de la ville de Gorosito à Santa Cruz. Des groupes d’amis de la victime, en guise de protestation, ont jeté des pierres et des cocktails Molotov sur le commissariat bondé de policiers en tenue anti-émeute. Des coups de feu ont aussi été tiré contre le commissariat (voir la vidéo).

 

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