Dès cet été, le ministère de la sécurité intérieure des Etats-Unis va tester un scanner portable constituant un système de biométrie ADN rapide et low-cost. Le projet, subventionné depuis 2009 par le gouvernement, a été développé à l’intention des militaires, des policiers et des services de renseignements. Le petit appareil est capable de vérifier l’identité et la parenté d’un individu à 99,99% en moins d’une heure et pour cent dollars. Même si chaque machine coûte 275.000 dollars, cela reste beaucoup moins cher que le prix d’un laboratoire et des techniciens qualifiés qu’exige une analyse génétique traditionnelle qui en outre, prend plusieurs jours et coûte 500 dollars. Selon la société qui a développé ce scanner, ce dernier rend l’analyse génétique disponible n’importe où, à n’importe qui et n’importe quand. Le ministère a annoncé que le scanner sera testé cet été dans des camps de réfugiés à l’étranger et qu’il pourrait ensuite être utilisé pour identifier des criminels, des migrants illégaux, des victimes de catastrophes, mais aussi pour effectuer rapidement des analyses génétiques de suspects. Enfin, il prône ouvertement la commercialisation de ces scanners ADN, ce qui permettra de créer une nouvelle place de marché … et donc de collecter et d’analyser l’ADN de plus en plus de monde.

Le rapport présenté le 26 janvier 2011 par le directeur du BKA, Joerg Ziercke, au Comité des Affaires Intérieurs du Bundestag, aborde les opérations d’agents étrangers en Allemagne. Ces opérations sont habituelles contre « l’euro-anarchisme » (sic) et le hooliganisme.
La législation allemande ne traite pas les agents étrangers comme des membres de la police allemande, mais comme « personnes confidentielles », ce qui leur permet d’opérer en toute liberté: ils n’ont par exemple pas besoin d’une autorisation du juge pour pénétrer dans la sphère privée. Mais officiellement il ne leur est pas permis de commettre des délits, même pour soutenir leur couverture.
Chaque mission d’agent étranger doit être annoncée et faire l’objet d’une autorisation. Le cadre légal est un traité bilatéral entre les pays concernés ou l’Article 14 de la « Convention sur l’Aide Mutuelle dans des Matières Criminelles entre les États membres de l’Union Européenne » (la Convention MLA). Les détails sont fixés dans un contrat européen standard nommé « Protocole d’accord » (MoU) qui définit les droits et devoirs (comme l’envoi de rapports réguliers à la police du pays d’accueil).

La communication entre l’agent étranger et les autorités allemandes de police est faite via son agent-traitant (qui accompagne en principe l’infiltré à l’étranger). La police allemande elle-même ne connait pas le véritable nom de l’infiltré étranger. Pour sa part, la police d’État du Land de Berlin avait infiltré cinq agents dans le camp anti-G8 de 2005, à Gleneagles. Ils ont été traités par la National Public Order Intelligence Unit (NPOIU) et la Police de Londres. La NPOIU organise les missions d’agents partout le Royaume-Uni et traite les agents étrangers.

En Allemagne, l’agent Kennedy (« Mark Stone ») a été coatché par des policiers allemands pour faciliter son infiltration dans les mouvements anti-G8 et anti-OTAN. Le BKA a co-organisé avec le Land de Berlin une action pour améliorer la couverture de Kennedy. Dans cette affaire (l’incendie d’une benne à ordure en décembre 2007), Kennedy est passé devant un tribunal berlinois. Le procureur, le juge et la police locale ignoraient qu’il s’agissait d’une mise en scène. (notons quze les incendies de voitures et de bennes à ordures sont fortement réprimées à Berlin fortement criminalisé depuis la campagne militante qui a suivi le G8 à Heiligendamm en 2007). A Heiligendamm, Kennedy était avec son agent-traitant britannique et un agent-traitant allemand. Celui-ci était posté au siège provisoire pour le sommet nommé « Kavala ». C’est « Kavala » qui a délibérément manipulé les tribunaux, jusqu’à la cour constitutionnelle, en produisant des bilans exagéré (500 policiers « lourdement blessé ») et des rapports mensongers d’agents infiltrés, pour obtenir l’interdiction de nombreuses manifestations. Ils y avait plusieurs agents étrangers infiltrés au G8. Ziercke a évoqué deux noms « connus », Boyling et Jacobs, et trois ou quatre autres.

En décembre 2010, la police londonienne a relevé que certains groupes de manifestants ont utilisé Google Map (couplé à des logiciels spéciaux) pour suivre les mouvements et les points de rassemblement de la police. Les cartes étaient mise à jour en temps réel avec des connexions wifi. Des logiciels ont même été mis au point dans ce but, avec des icônes figurant les groupes de policiers, l’avion de surveillance et les fourgons. Ces cartes peuvent être partagées entre des utilisateurs choisis.
Si globalement, la police garde le dessus au point de vue de la collecte et de l’utilisation des informations tactiques pendant des événements, certains groupes étaient mieux informés que les policiers. La police remarque que la prolifération des smartphones facilite et peut généraliser de tels procédés. Elle étudie les moyens d’y parer, d’autant que les manifestants peuvent avoir plus d’observateurs et des points d’observation que la police et dépasser en réalité la police dans la quantité et la qualité de renseignement. Avec une carte actualisée en temps réel, complétée avec des photos satellites, chaque manifestant peut évoluer comme s’il disposait d’un hélicoptère pour le guider.

L’article sur la question dans une revue de police

Le lien vers la carte Google traitée par le logiciel des manifestants

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Mark Kennedy est entré dans la police vers 1994. Début 2003, il travaille pour la nouvelle National Public Order Intelligence Unit (NPOIU), chargée de surveiller les “extrémistes de l’intérieur”, et reçoit un permis de conduire, un passeport établissant sa nouvelle identité (Mark Stone) et une histoire crédible pour expliquer ses absences : alpiniste professionnel, il part souvent à l’étranger pour des contrats bien rémunérés.

C’est en août 2003 que Kennedy est arrivé avec ses cheveux longs, ses tatouages et la passion de grimper aux arbres dans une ferme reconvertie en base militante, dans le Yorkshire, pour assister à une réunion du mouvement Earth First. Il a deux atouts qui vont bientôt le rendre indispensable au sein du mouvement. D’une part, il conduit et posséde un pick-up ; ensuite, il sait se montrer généreux, acceptant de payer l’impression de documents, louant des véhicules et payant les amendes infligées par les tribunaux.

Il obtient rapidement la confiance des militants. En 2004, il devient membre de Dissent !, un réseau chargé de préparer des manifestations liées au sommet du G8, prévu pour l’année suivante en Ecosse. En 2005, il grimpe aux arbres de la capitale pour accrocher des bannières contre BP, puis Il se rend ensuite au campement de Stirling. Après le G8, Kennedy file en Islande pour manifester contre la construction d’un barrage. Conscients d’être surveillés par la police, les militants limitent au maximum le nombre de personnes informées des détails logistiques de l’opération. Pour des raisons pratiques, les personnes chargées du transport en font généralement partie.

A l’été 2006, Mark Kennedy est un militant à part entière. Il rejoint le cercle des organisateurs du premier Camp climat et participe à son installation près de la centrale à charbon de Drax, dans le Yorkshire (organisés par le groupe militant Camp action climat (CAC), une dizaine de campements se sont installés depuis sur des sites jugés stratégiques, principalement au Royaume-Uni). Lors du Camp climat de l’année suivante à l’aéroport de Heathrow, il se voit confier l’organisation des transports.

En 7 ans, Mark Kennedy s’est tellement bien intégré à la communauté des militants que près de deux cents personnes étaient là pour fêter ses 40 ans. Il a été de presque toutes les grandes manifestations écologistes du Royaume-Uni depuis 2003. Avec son faux passeport, il s’est rendu dans plus de vingt-deux pays, manifestant contre la construction d’un barrage en Islande, rejoignant des militants verts espagnols, pénétrant les réseaux anarchistes d’Allemagne et d’Italie, menant des actions illégales au besoin.

Ce n’est que le 12 avril 2009, que Kennedy commence à être soupçonné. La police avait appris – probablement par Kennedy lui-même – que des militants prévoyaient d’entrer sur le site de la centrale de Ratcliffe-on-Soar, une centrale à charbon située à proximité. Lorsque les militants furent avertis de la présence de nombreux policiers à l’extérieur de la centrale, il fut question d’abandonner le plan. On chargea toutefois Kennedy d’aller vérifier la gravité du problème. A son retour, il déclara [faussement] qu’il n’y avait aucun policier. Les forces de police débarquèrent peu de temps après.

Au cours d’un vaste coup de filet, la police prend d’assaut le bâtiment de l’école dans la banlieue de Nottingham, où les militants se sont rassemblése. A l’intérieur, ils trouvent cent quatorze personnes, dont Kennedy. Le 5 janvier 2011, vingt militants seront finalement condamnés pour le délit mineur de préparation à une effraction après avoir reconnu qu’ils avaient prévu d’occuper la centrale pendant une semaine afin d’empêcher l’émission de 150.000 tonnes de carbone.

Les soupçons contre Kennedy s’aggravèrent lorsque celui-ci, inculpé en même temps que vingt-sept autres personnes, décida de faire appel à un autre cabinet d’avocats. Lui seul fut relaxé. Ce n’est toutefois qu’après avoir découvert par hasard son véritable passeport, des mois plus tard, que les militants finirent par apprendre sa véritable identité. Le 21 octobre 2010, six de ses amis proches le pressèrent de questions. Il finit par avouer et exprimer, en larmes, ses regrets. Kennedy vit à présent à l’étranger.

Kennedy en eco-warrior

Kennedy en eco-warrior

Kennedy maintenant

Kennedy maintenant

Ce samedi, le procureur fédéral Johan Delmulle a déclaré que les services de police manquaient d’effectifs dans la lutte contre le terrorisme. Celui-ci travaille actuellement avec une équipe de 103 personnes, ce qui est, selon lui, largement insuffisant. Il réclame dès lors une union nationale contre le terrorisme, planifiée de manière centrale avec 200 enquêteurs. Il affirme également avoir besoin de plus d’interprètes et de traducteurs, et demande un meilleur screening du personnel impliqué dans les dossiers de terrorisme. En effet, il n’exclu pas que certains interprètes puissent jouer un double rôle et fournir des informations aux terroristes.

Le projet d’étude GODIAC a été lancé du 1er août 2010 au 31 juillet 2013. Il est financé à 70 % par la Prévention et la lutte contre le crime du Programme général 2007-2013 de l’UE. C’est la direction de la police suédoise qui pilote le projet contribue avec 30 % du budget total de projet de 1.200.000 euros. 20 organisations d’associé dans 11 pays participant dans le projet. Ceux-ci consistent en 12 organisations de police.

« Les objectifs du projet sont de contribuer au développement d’une approche européenne au maintien de l’ordre dans des manifestations politiques, apprendre comment la recherche de principes, particulièrement la communication et le dialogue, peuvent être pour faire baisser et empêcher des perturbations dans le maintien de l’ordre lors des manifestations politiques en Europe, et améliorer la connaissance sur des manifestants et les activistes, leur idéologie, leur mobilité et leurs stratégies. Le projet développera la coopération et des réseaux entre des praticiens, des chercheurs et des instructeurs des pays d’associé et améliorera l’utilisation de recherche la connaissance basée dans des opérations de police. »

lire le document pdf (en anglais) du programme GODIAC

Le LEMV n’est pas vraiment un dirigeable. Techniquement, on le désigne comme « dirigeable hybride », qui gagne de l’altitude par trois moyens différents : la poussée classique de l’hélium, l’effet aérodynamique de sa coque rigide en matériaux composites, et la poussée vectorielle de quatre moteurs diesel. Cette combinaison permet éliminer un des plus grands problèmes des dirigeables : la grande sensibilité aux éléments. Le LEMV pourrait voler pendant 3 semaines, transporter des charges en consomant 75% de carburant en moins qu’un avion, et se montrer endurant et performance aux missions de surveillance et de « contre-terrorisme ».

dirigreable de surveillance LEMV

dirigreable de surveillance LEMV

Depuis une semaine, le Ministère de la Sécurité Intérieure des Etats-Unis a déclenché une vaste opération de fermeture de sites internet, sans aucune procédure préalable ni procès adéquat. Simplement, il saisi le nom de domaine qu’il veut voir disparaître et y poste un logo du Ministère de la Justice. En une semaine, plus de 75 sites ont ainsi été fermés. Les autorités justifient leurs actions en affirmant protéger les droits d’auteurs, en vertu de la loi DMCA (à l’origine destinée aux sites musicaux, elle a été votée pour apaiser l’industrie du disque). Or, de nombreux sites touchés par cette opération ne contenaient aucun texte susceptible de nécessiter un copyright, certains étant même de simples pages de lien renvoyant vers des contenus hébergés ailleurs, tels des outils de recherche. Malgré l’élargissement informel de la DMCA, le Congrès s’apprête à adopter une nouvelle loi, COICA (Combating Online Infringement and Counterfeits Act) qui donnera de nouvelles possibilités répressives au gouvernement américain dans le domaine des sites internet.

Logo du Ministère de la Justice américain

Logo du Ministère de la Justice américain

La Commission Européenne et les Etats-Unis se sont mis d’accord pour augmenter leur coopération dans la recherche scientifique et technologique pour « améliorer les capacités communes à la protection contre les actes de terrorisme et les autres menaces à la sécurité interne et externe ». Le ‘Implementing Arrangement for Cooperative Activities in the Field of Homeland/Civil Security Research’ signé le 18 novembre constitue une base officielle pour la coopération entre la recherche scientifique et technologique. Il élargi et renforce les activités coopératives et favorise l’application des résultats d’une telle collaboration.

Cet ‘Implementing Arrangement’ est une mesure importante dans le domaine de la recherche sécuritaire. Ses objectifs principaux sont d’encourager, de développer et de faciliter les activités de recherche communes. il prévoit une coopération étroite entre les Etats-Unis et l’Union Européenne face aux menaces naturelles, artificielles ou humaines, dont la gestion de crises et de situations d’urgence, la sécurité et la résistance des infrastructures critiques, les relations entre la sécurité et la société, y compris l’interface humain-technologie, la recherche comportementale, les questions concernant la vie privée, et la biométrie; la sécurité des contrôles et des passages aux frontières, y compris les frontières sur terre et côtières; l’optimisation des technologies existantes et leur inter-opérabilité; le développement des technologies et de l’équipement de l’utilisateur final tels que ceux de la protection civile et les premiers intervenants; et le développement et l’échanges des besoins, des normes, des évaluations de vulnérabilité, des analyses d’interdépendance, des certificats, des meilleures pratiques, des conseils, des programmes de formation, des rapports d’essai, des données, des logiciels, de l’équipement et du personnel nécessaires.

Le ‘Implementing Arrangement’ encourage une expertise technique collective des scientifiques européens et américains, en ce y compris un solide réseau de centres internationaux de recherche dans l’Union Européenne et aux Etats-Unis, et encourage la participation soutenue des universités, des organisations sans but lucratif et du secteur privé par l’intermédiaire de partenariats public/privé et des possibilités de financement collaboratif.