Vendredi passé (12 septembre), la Government Railway Police (GRP) du Bangladesh, épaulée par les policiers du commissariat de Ramna et de nombreux employés de Bangladesh Railway, a entrepris d’expulser de bidonvilles installés le long des chemins de fer dans le quartier de Maghbazar, à Dacca. Le prétexte était un accident survenu jeudi 11 septembre au Karwan Bazaar, faisant quatre morts et cinq blessés parmis les habitants.

Mais dimanche 14 septembre, alors que les expulsions continuaient, plusieurs centaines de personnes expulsées de leurs logements se sont soulevées et ont attaqué la police à coups de bâtons, de pierres et de briques. Les policiers ont riposté massivement à coups de matraques. Un bulldozer a été vandalisé, au moins dix personnes ont été blessées, dont des policiers et des employés de Bangladesh Railway. En trois jours, entre 350 et 1.000 cabanes et autres bâtiments ont été détruits.

Bengladesh: Un bidonville résiste à l’expulsion

1’600 ouvriers du textile venant de 5 usines de Tuba Group sont en grève de la faim depuis le 28 juillet pour réclamer leurs 3 mois de salaires impayés (Un salaire d’ouvrier du textile est de 68$/mois au Bengladesh). Tuba Group est le même groupe qui possédait l’usine dans laquelle 112 ouvriers ont périt dans un incendie en 2012. La police anti-émeute a attaqué les grévistes à l’aide d’auto-pompes, de gaz lacrymogènes et de riot-guns faisant une dizaine de blessés parmi les manifestants. La police a également arrêté des émeutiers solidaires, des représentants syndicaux, le président du Forum pour l’Unité des Travailleurs du Textile et un leader du Parti Communiste du Bangladesh.
La police a également réussi à récupérer la belle-mère d’un patron de Tuba Group qui était capturée par les ouvriers depuis le premier jour de la grève. Une douzaine de travailleurs sont déjà tombés malades depuis le début de la grève de la faim.

La police arrête une ouvrière

La police arrête une ouvrière

Au moins vingt ouvriers du textile ont été blessés hier matin dans un affrontement avec les forces de l’ordre sur l’autoroute Dacca-Aricha, à Savar dans la banlieue de Dacca. Près de 400 ouvriers avaient occupé l’autoroute vers 9h, bloquant la circulation durant plus d’une demi-heure à l’heure de pointe matinale. Les heurts se sont déclenchés quand les ouvriers ont refusé de quitter la route à la demande des forces de l’ordre. Celles-ci ont alors chargé la foule avec leurs matraques. Le 25 janvier dernier, les ouvriers avaient mené une action semblable pour dénoncer la fermeture de leur usine quelques jours plus tôt et exiger le paiement de leurs arriérés de salaire. Les autorités avaient alors payé certains ouvriers, promettant de régler les soldes ce mercredi à 9h. C’est quand ils ont constaté que le propriétaire ne viendrait pas au moment convenu que les ouvriers ont bloqué l’autoroute. Ils ont également brisé des vitres et détruit du mobilier dans l’usine.

Quelques 5000 ouvriers ont manifesté hier dans la Korean Export Processing Zone de la ville portuaire de Chittagong à la suite d’une rumeur annonçant une diminution de leur salaire et de leurs avantages sociaux. Cette zone, propriété du géant coréen de l’industrie du textile et de la chaussure Yougone, est touchée pour la première fois par un mouvement de contestation alors que les ouvriers du textile manifestent depuis des mois à Dacca pour de meilleures conditions de travail et une augmentation de leur salaire minimum. La police a tiré à balles réelles pour disperser les ouvriers après que de violents affrontements se soient déclenchés entre manifestants et policiers. Une femme de vingt ans est décédé à l’hôpital après avoir été touchée par une balle.

Les travailleurs membres du syndicat FTZGSEU, et employés par Ansell au Sri Lanka étaient en grève en grève pour défendre leurs droits syndicaux. En réponse, le fabricant multinational de gants latex et de préservatifs, les a tout simplement remplacé par des jaunes et licencié leur président et certains membres de l’exécutif.

grévistes chez Ansell

grévistes chez Ansell

Cinq dirigeants syndicaux du Bangladesh ont été arrêtés mardi pour “incitation à la violence”, a dit un responsable policier du district industriel de Gazipur où ont eu lieu des manifestations ayant rassemblé plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers du textile depuis la fin de la semaine passée. Les industriels du textile et plusieurs syndicats pro-gouvernementaux ont approuvé la hausse du salaire minimum dans le textile à 68 dollars mais une partie des syndicats demandent un salaire de 100 dollars. Ce nouveau salaire minimum reste inférieur à celui d’autres grands pays exportateurs de textile, dont le Cambodge, le Sri Lanka et le Vietnam, selon l’Organisation internationale du travail (OIT).

Près de 140 usines étaient restées fermées lundi alors que des milliers d’ouvriers s’étaient réunis à Gazipur, banlieue industrielle du nord de Dacca. En milieu d’après-midi, des membres de la sécurité ont battu une ouvrière, entrainant une vive réaction des manifestants qui ont tenté de la secourir. Les forces de l’ordre ont alors ouvert le feu. Deux ouvriers ont été tués et de nombreux autres blessés. D’après un témoin, une partie des blessés ont été emmenés à l’intérieur d’un bâtiment par les autorités de l’usine et les ouvriers étaient sans nouvelles de leurs collègues hier soir.

Le 13 novembre au soir, les propriétaires d’usine ont annoncé une prochaine augmentation du salaire minimum des ouvriers du textile. Alors que les syndicats réclament, depuis le début du mouvement de contestation, un salaire minimum de 100 dollars (alors qu’il est de 38 dollars actuellement), les propriétaires ont annoncé une augmentation de 76% pour le fixer à 68 dollars, ce qui est bien inférieur à la demande originale. Dès lors, des centaines d’ouvriers ont une nouvelle fois bloqué la circulation sur les routes entourant les usines dans la banlieue de Dacca, une partie des syndicats ayant catégoriquement rejeté la proposition. La police anti-émeute a fait usage de gaz lacrymogène et a tiré des balles en caoutchouc pour disperser les barrages et réouvrir la circulation routière.

Répression d’ouvriers du textile à Dacca

Répression d'ouvriers du textile à Dacca

Pour la xième fois de l’année, les ouvriers du textile sont descendus dans la rue pour exiger une augmentation de leur salaire (le salaire mensuel minimum est actuellement de 28 euros) ainsi que de meilleures conditions de travail. Comme lors de toutes les précédentes mobilisations, les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser la foule qui avait érigé des barricades sur les voies principales de circulation. De violents affrontements les ont opposées aux manifestants qui réclament une hausse de 77% de leur salaire minimum alors que le patronat refuse d’aller au-delà de 50%. Les heurts avec la police ont entrainé la fermeture de plus d’une centaine d’usines à Ashulia, dans la périphérie de Dacca.

Intervention policière contre les ouvriers du textile

Intervention policière contre les ouvriers du textile

Hier, les ouvriers de l’usine Liberty Fashion Wears Ltd devaient recevoir leurs arriérés de salaire ainsi qu’une prime de vacances. Or, à 9h du matin, ils ont trouvé le bâtiment fermé et une note sur la porte disant qu’ils ne seraient pas payés avant dimanche. Révoltés, ils sont allés bloquer la route menant à l’usine, mettant le feu à des troncs d’arbre. La Industrial Police est rapidement intervenue pour les disperser. Elle a tiré des gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc, blessant au moins trente manifestants.