Suite à leur arrestation vendredi dernier après s’être mobilisé·es contre l’abattage d’arbres centenaires sur le tracé de la LGV Bordeaux-Toulouse (voir notre article), trois activistes ont été placé·es sous contrôle judiciaire. Iels ont l’interdiction de se rendre dans tous les départements du tracé de la LGV : Gironde, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, à l’exception d’un département en fonction du lieu d’habitation. Iels ont également interdiction d’être présent·es sur tous les lieux concernés par la LGV et toute manifestation en lien avec la LGV ainsi que l’interdiction de se voir. Le jugement est prévu le 4 novembre prochain.

Vendredi 29 août à l’aube, quatre personnes ont été interpellées à Saint-Jory alors qu’iels se mobilisaient contre l’abattage d’arbres centenaires sur le tracé de la LGV Bordeaux-Toulouse. L’un·e a été relâché·e avec une convocation au bout de 30H de garde à vue, un·e est sous contrôle judiciaire et les deux autres ont été placé·es en détention provisoire à la Maison d’arrêt de Seysses, en attente de leur procès en comparution immédiate qui a lieu lundi 1er septembre. Un rassemblement de soutien est annoncé à 13H45 devant le Palais de Justice de Toulouse ce même jour. Les autorités les accusent d’avoir coupé les barbelés en bas du chêne bicentenaire pour pouvoir monter dedans et « écureiller » pour s’opposer à la coupe des arbres prévue cette semaine. Par ailleurs, les personnes arrêtées dénoncent des tabassages et un harcèlement particulièrement violents de la part des forces de l’ordre.

Déluges de grenades, flics infiltrés, personne emprisonnée, coups de force juridiques, campagnes médiatiques, etc. L’État, ses flics et ses relais sortent les grands moyens pour tenter d’imposer leur projet écocidaire entre Castres et Toulouse. Face à eux, une résistance durable, multiforme et plurielle. Alors que la lutte contre l’A69 continue plus que jamais, comment développer nos solidarités pour construire une société débarrassée de leur monde ? Mercredi 3 septembre à 19H au Chat Noir, le Secours Rouge Toulouse propose sa première soirée mensuelle Faisons Front sur le thème « A69 — résistances et répression » avec des militant·es des Soulèvements de la Terre et contre l’A69.

Dans les prochaines semaines, 5 procès contre des militant·es d’Extinction Rebellion se tiendront en région parisienne : le 19 août pour une action de soutien à la Palestine, le 2 septembre pour une action contre le groupe LVMH, le 12 septembre pour une action contre BNP, le 17 septembre et 9 octobre contre les effets écocides des JO à Paris.  Pour avoir dénoncé les responsables d’un système destructeur, des activistes ont subi plus de 200h de garde à vue, des perquisitions, et sont maintenant convoqué·es devant la justice. Une cagnotte de solidarité a été mise en place (voir ici) pour couvrir les frais de défense des procès à venir, mais aussi les frais de transport pour faire venir certain·es témoins et certains activistes à leur procès.

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Dans la nuit du 11 août 2025, deux agriculteurs indigènes, Belmar Garvida et Ferdinand Bangngad, ont été arrêtés sans mandat par des éléments présumés du 102e bataillon d’infanterie de l’armée philippine à Ilocos Nord. Garvida a ensuite été renvoyé au village, mais Bangngad est toujours porté disparu. Depuis longtemps, Garvida et Bangngad sont victimes de surveillance, de harcèlement et d’intimidation de la part de l’armée et de la police en raison deur leur opposition à la construction du barrage de Cabacanan qui porte atteinte à l’environnement. L’Administration nationale de l’irrigation fait pression sur les habitants de la région pour qu’ils donnent leur accord à la construction du barrage.

Une opposante à l’autoroute A69 a été convoquée au commissariat après une « poignée de main longue et intense » avec Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie et fervente soutien du projet écocidaire. L’opposante a été entendue pendant 45 minutes dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « violences volontaires sans incapacité totale de travail sur une personne dépositaire de l’autorité publique ». L’infraction a été jugée « insuffisamment caractérisée », l’affaire a donc été classée.

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Un rapport circonstancié de 35 pages de l’Observatoire des pratiques policières (OPP) de Toulouse documente la présence de policiers « infiltrés » et « déguisés en zadistes » lors de la Turboteuf du 5 juillet dernier où plus de 1500 gendarmes étaient mobilisés (voir notre article). L’OPP soupçonne ces agents infiltrés d’avoir « vraisemblablement » fourni les photos utilisées par le ministre de l’Intérieur et le préfet du Tarn avant même la manifestation pour sonner l’alerte sur la présence de « groupes de barbares » venus pour « casser du flic ».

Hipolito Quispehuaman, défenseur de l’environnement luttant contre la déprédation de l’Amazonie a été abattu ce samedi 26 juillet dans la jungle péruvienne. Les attaques contre les défenseurs de l’environnement se sont multipliées dans les régions amazoniennes du Pérou, où les peuples indigènes sont confrontés à la présence de trafiquants de drogue et à l’exploitation minière illégale. Hipolito Quispehuaman a été tué alors qu’il conduisait un véhicule de transport de marchandises sur un tronçon de la route interocéanique dans le secteur de Santa Rosa de la région de Madre de Dios. « L’hypothèse préliminaire retenue par le bureau du procureur est que ce meurtre aurait été commis en représailles au travail de défense qu’il effectuait », a déclaré la procureure locale, Karen Torres. La victime était membre du comité de gestion de la réserve nationale de Tambopata et luttait contre la déprédation de la forest amazonienne. Au moins 54 défenseurs de l’environnement ont été tués au Pérou depuis 2012, dont plus de la moitié étaient des membres des peuples indigènes.

Le 2 juillet dernier, le premier procès relatif à la ZAD de la Guinguette Vaillante contre la LGV Bordeaux-Toulouse se tenait au Tribunal de Toulouse. Une personne était inculpée pour « opposition par voie de fait à l’exécution de travaux publics ou d’utilité publique », ainsi que pour « violences sur Personne Dépositaire de l’Autorité Publique sans interruption de travail » et refus de se soumettre à des prélèvements ADN et des relevés signalétiques lors de la garde à vue. Elle était également poursuivie pour une autre interpellation le 22 janvier à propos d’une « installation en réunion sur le terrain d’autrui sans autorisation en vue d’y habiter ». Finalement, la personne a été condamnée à deux mois de prison avec sursis pour le seul délit d’entrave à travaux, mais relaxée pour les autres délits. Ses soutiens appellent à la solidarité financière (voir ici).

Du 4 au 6 juillet, des milliers de personnes participent à la Turboteuf organisée par les opposants à l’A69, un projet autoroutier écocidaire largement contesté depuis de nombreuses années. Main dans la main avec des milices violentes en soutien au projet, la préfecture du Tarn avait interdit tout rassemblement dans les communes du tracé du projet (voir notre article). Organisée sur un terrain privé situé à 180m des chantiers de l’autoroute, la grande fête réunit des milliers de personnes en dépit des plus de 1500 gendarmes mobilisés et de nombreux contrôles routiers visant à intimider les participants. Les observateurs indépendants de l’Observatoire des Pratiques Policières ont été entravés dans l’exercice de leur mission, les gendarmes leur interdisant le port de matériel individuel de protection. Lors de la manifestation du 5 juillet, les gendarmes ont utilisé massivement des gaz lacrymogènes ou encore des grenades de désencerclement, provoquant quelques feus sur les terrains agricoles, mais cela n’a pas empêché la détermination des présents malgré quelques blessés légers. Parallèlement, une vaste campagne médiatico-politique a été déployée pour diffamer ce grand rassemblement festif. La mobilisation continue ce dimanche 6 juillet et jusqu’à l’abandon du projet.

Le Secours Rouge Toulouse était présent au Village de lutte et a présenté plusieurs de ses campagnes, notamment son guide légal des manifestant·es ou encore celles en solidarité avec l’antifa Maja et la révolutionnaire turque Zehra Kurtay.