Huit personnes ont été interpellées lors de la « Fête à Macron », qui s’est déroulée à Paris samedi 5 mai, en présence de dizaines de milliers de personnes, entre la place de l’Opéra et la place de la Bastille. Quatre ont été relâchées sans faire l’objet de poursuites. Les quatre autres ont été mises en garde à vue à l’issue de ces interpellations, dont deux ont été levées depuis :
– un mineur, trouvé en possession d’armes par destination, a fait l’objet d’un rappel à la loi puis a été remis en liberté.
– deux majeurs, interpellés pour « port d’arme prohibé », ont été placés en garde à vue. L’un d’eux, arrêté en possession notamment d’un marteau, a toutefois été remis en liberté en raison d’une « infraction insuffisamment caractérisée ».
– une personne, impliquée dans les dégradations volontaires d’un véhicule de Radio France, est toujours interrogée par des enquêteurs. Radio France a par ailleurs confirmé son intention de déposer plainte.

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Suite aux affrontements du 1er Mai à Paris, il est à nouveau question de l’utilisation prochaine, par la police et la gendarmerie françaises, de produits de marquage codés (PMC) pour identifier les « fauteurs de trouble ». Ces marqueurs chimiques incolores et inodores peuvent être mêlés à des gaz lacrymogènes ou à l’eau des autopompes et être pulvérisés, sans que les cibles ne s’en aperçoivent, sur les habits et sur la peau. Il n’y a plus qu’à faire passer les individus soupçonnés sous une lampe à ultraviolet qui fait apparaître les traces éventuelles de PMC qu’ils portent sur eux. Les PMC demeurent détectables jusqu’à quatre semaines après leur projection sur la peau, et même plusieurs mois après sur les vêtements, en dépit des lavages. Ils disposent d’un codage propre à chaque marqueur.

A l’origine conçus pour lutter contre la contrefaçon, les PMC sont de plus en plus fréquemment utilisés dans le domaine de la sécurité. Plusieurs centre commerciaux en ont déjà un usage régulier, notamment pour identifier des braqueurs. Certains musées les vaporisent sur des œuvres : le voleur, sans même s’en apercevoir, s’imprègne ainsi de la substance, unique et tracée, et peut donc être confondu aisément.

Lire le rapport scientifique sur les PMC de février 2017 sur le site de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie Nationale

Marquage au PMC

Marquage au PMC

Membre de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, la députée macroniste de la Nièvre, Perrine Goulet avait souligné à la séance du 22 mars que les ONG, et en particulier Greenpeace, en prenant la précaution d’afficher leur nom de loin sur les banderoles, ne suscitent par le même type de réaction que si quelqu’un d’inconnu pénétrait dans un site sensible. Comme la rapporteure de la commission ayant objecté qu’il suffisait à un terroriste de prendre la banderole Greenpeace, la députée avait alors conclut: « Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis ? Avec une sécurisation par miradors et possibilité, effectivement, de ne pas se poser de questions, et quand il y a une intrusion, de tirer ? »

Alors que plusieurs de ses activistes se sont introduits, à l’automne 2017, dans l’enceinte deux centrales nucléaires afin, explique Greenpeace, de « démontrer l’extrême vulnérabilité des piscines d’entreposage de combustible usagé, hautement radioactif, face aux risques d’attaques extérieures », l’organisation écologiste a déposé, le 25 avril, une plainte avec constitution de parties civiles contre la députée pour « provocations à un crime et à un délit non suivis d’effet » au tribunal de grande instance de Paris.

Intrusion de Greenpeace dans une centrale nucléaire

Intrusion de Greenpeace dans une centrale nucléaire

Dans la foulée des incidents survenus mardi 1er Mai à Paris (voir notre article), 102 personnes avaient été placées en garde à vue – dont une bonne moitié rapidement relâchées et mises hors de cause. Seize d’entre elles passaient en comparution immédiate, jeudi 3 et vendredi 4 mai, devant le tribunal correctionnel de Paris pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Deux auraient été vus jetant un projectile sur les CRS, en l’occurrence une bouteille en verre et un caillou. Une est accusée d’avoir ramassé un terminal de carte bleue dans le McDo de la gare d’Austerlitz, une autre se voit reprocher d’avoir eu dans son sac une clé Allen – le petit L métallique à embout hexagonal, que la justice considère comme « une arme de catégorie D2 ».

Beaucoup devaient leur présence au tribunal non pas à la commission constatée d’une infraction, mais uniquement à la tenue sombre qu’ils avaient enfilé le jour de la manifestation, ou à la possession de sérum physiologique ou de masques destinés à contrecarrer les effets des gaz lacrymogènes. A l’exception d’un prévenu condamné trois fois pour des graffitis, tous avaient un casier judiciaire vierge. Bilan de ces audiences en urgence : treize des seize prévenus ont obtenu le renvoi de leur procès fin mai ou début juin – parmi eux, quatre restent en détention provisoire pour avoir menti sur leur identité. Les trois autres ont choisi d’être jugés immédiatement : trois relaxes, compte tenu de la légèreté des dossiers.

Les incidents de Paris

Les incidents de Paris

Entre 145.000 et 210.000 personnes se sont mobilisées partout en France pour le premier mai. A Paris, un black block de 1500 manifestants a pris position sur le pont d’Austerlitz, en devant le défilé lancé par les syndicats CGT, Solidaires, la FSU et FO, ainsi que le syndicat étudiant l’Unef, et lycéen, UNL. Des projectiles divers, dont des cocktails Molotov, ont été lancé contre la police, un concessionnaire Renault, un McDonald et une trentaine d’autres cibles ont été attaquées et six voitures incendiées. La police a fait usage de gaz lacrymogènes, de flash-ball et de deux autopompes. 276 manifestants ont été interpellés, 109 placés en garde à vue.

A Rennes, la police a brutalement attaqué le cortège de manifestants qui, parti de l’université, rejoignait le cortège syndical. Lorsque celui-ci, qui a réuni plusieurs milliers de manifestants, s’est achevé, quelques centaines de personnes ont mis le cap sur le commissariat central, devant le commissariat central, près du boulevard de la tour d’Auvergne, où ils se sont rassemblé en exigeant la libération des personnes interpellées (la police ne parle que d’une seule arrestation).

Les incidents de Paris

Une jeune femme âgée de 20 ans a été condamnée à 3 mois de prison avec sursis assortis d’une interdiction de paraître en Loire-Atlantique, ce lundi après-midi à Nantes. Soupçonnée d’avoir jeté une bouteille sur un gendarme mobile – sans le blesser -, la jeune femme, de nationalité allemande, avait été interpellée mercredi à Vigneux-de-Bretagne, sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. En garde à vue, elle avait refusé de se soumettre aux relevés d’empreintes et opérations de signalisation.

Destruction des lieux de vie à Notre-Dame-des-Landes

Destruction des lieux de vie à Notre-Dame-des-Landes

Les policiers d’élite du RAID vont acquérir le drone Flyability Elios, un engin de conception et de fabrication suisse capable de résister à des chocs assez violents grâce à sa cage de protection. Un équipement qui permettra aux policiers français d’assurer des missions de repérages avant assaut dans toutes les configurations les plus délicates. D’un poids global d’environ 700 grammes l’Elios est produit en partie en fibre de carbone et dispose de rotors semi-souples. Il est propulsé par l’énergie électrique, ce qui le rend extrêmement silencieux. Il dispose d’un équipement vidéo haute définition et/ou thermique avec restitution en temps réel.

Essai du drone Flyability Elios

Essai du drone Flyability Elios

Le parquet de Gap a invoqué des raisons de sécurité pour expliquer le transfert des trois militant.e.s vers la prison des Baumettes à Marseille. Plusieurs manifestations de soutien étaient prévues dont une devant la maison d’arrêt de Gap. Les inculpé.e.s resteront en détention jusqu’à leur jugement à la fin du mois de mai. Pour rappel ces trois personnes ont participé à une action de solidarité avec des migrants en les aidant à traverser la frontière au Montgenèvre. Six personnes avaient été interpellé.e.s dont trois sont toujours en détention. Elles sont maintenant accusées d’avoir « facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France d’une vingtaine d’étrangers en bande organisée ». Voir notre précédent article.

Six arrestations après l’action solidaire du col de Montgenèvre

Six arrestations après l’action solidaire du col de Montgenèvre

Le 22 avril dernier, le collectif anarchiste Rouvikonas a attaqué à le peinture les locaux de l’ambassade et du consulat de France à Athènes. L’action a eu lieu en pleine journée et à quelques mètres de policiers, le bâtiment est situé tout près du parlement grec dans un quartier très surveillé. Les participants à l’action étaient plusieurs dizaines et sont arrivés sur les lieux en moto. Rouvikonas a revendiqué l’action en solidarité avec la Zad, les étudiants et grévistes partout en France et contre l’intervention impérialiste en Syrie.

Attaque à la peinture contre l’ambassade de France à Athènes

Attaque à la peinture contre l'ambassade de France à Athènes

Les affrontements ont repris ce lundi à Notre-Dame-des-Landes. Une centaine de zadistes ont fait face aux gendarmes arrivés en force dès le matin. Un véhicule blindé est même déployé et des gaz lacrymogènes ont été tirés. Les forces de police avaient pour ordre d’empêcher la levée de nouvelles barricades. Dans les champs, les pelleteuses ont repris le travail. Quelques ruines d’habitations sont déblayées rapidement.

Deux semaines après le début des expulsions, les forces de l’ordre se déploient à nouveau en nombre autour de la ZAD, multipliant les contrôles et interdisant l’accès à tous les véhicules. Ce retour policier survient après plusieurs jours de calme. Le premier ministre a indiqué que les expulsions reprendraient le 14 mai pour les projets non-régularisés.

Reprise des affrontements après un calme relatif ces derniers jours à la ZAD

Reprise des affrontements après un calme relatif ces derniers jours à la ZAD