Quatorze personnes ont été arrêtées hier après une manifestation de solidarité pour une jeune femme emprisonnée sous l’accusation d’appartenance aux CCF, manifestation qui a débouché sur de violents affrontements dans le centre d’Athènes. Les manifestants ont traversé le quartier de commerces chics de la rue Ermou, brisant des vitrines et caillassant les policiers anti-émeutes qui ont chargé et largement utilisé des gaz lacrymogènes. La manifestation faisait suite à une décision de la Cour d’appel d’Athènes lundi rejetant l’appel d’une étudiant de 29 ans, travaillant à l’université, qui a été condamné le mois dernier comme membre de la Conspiration des Cellules de Feu. L’étudiante avait demandé que sa peine de prison de 13 ans soit suspendue. Elle a été reconnue coupable sur base d’une empreinte digitale partielle retrouvée dans une cache d’armes mais nie avoir une implication avec le groupe.

Tempête sur la rue Ermou

Tempête sur la rue Ermou

Le 14 juillet prochain aura lieu une nouvelle audience à Munich en Allemagne contre les 10 prisonniers révolutionnaires de l’ATIK (Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe). Les 10 ont été arrêtés en Allemagne, France, Grèce et Suisse sous les ordres des autorités turques le 15 avril 2015. Les 10 sont détenus dans des conditions de détention dures avec isolement et contacts limités avec leurs avocats et leurs proches. Ils sont accusés d’être membre du TKP/ML (Parti Communiste de Turquie / Marxiste-Léniniste). Le TKP/ML n’est pas une organisation illégale en Allemagne, mais bien en Turquie. Les lois 129a et 129b permettent à l’état allemand de poursuivre des personnes si elles sont membres d’une organisation qui est illégale ailleurs, ces lois sont essentiellement utilisées pour réprimer l’immigration politique turque et kurde.
A cette occasion, l’UPOTUDAK (Comité International de Solidarité avec les Prisonniers Politiques) appelle à un rassemblement de soutien à midi à Munich le même jour.

Affiche pour exiger la libération des prisonniers de l’ATIK

Tasos Theofilou avait été condamné le 7 février 2014 à 25 ans de prison pour des inculpations de complicité d’homicide et de braquage en lien avec le braquage d’une banque sur l’île Paros en 2012 lors duquel un civil qui tentait d’empêcher les braqueurs de prendre la fuite a été abattu. Le tribunal avait tenté de faire passer Tasos pour un membre de la Conspiration des Cellules de Feu, la seule preuve de toutes ces inculpations était un échantillon d’ADN controversé qui aurait été abandonné sur les lieux. L’inculpation d’avoir « formé et participé à une organisation terroriste (la Conspiration des Cellules de Feu) » a été abandonnée. Aucun témoin n’a reconnu Tasos et celui-ci a été condamné sur base d’une décision à la majorité de trois jurés alors qu’elle requiert l’unanimité. Tasos avait fait appel, et le 21 novembre 2016, le procès d’appel avait commencé. A l’issue de ce procès, Tasos a été acquitté de toutes les inculpations qui pesait sur lui et libéré, après avoir passé plusieurs années en prison

Tasos Theofilou

Tasos Theofilou

Des affrontements ont éclaté ce 29 juin à Exarchia, le « quartier anarchiste » d’Athènes. Plus tôt dans la semaine, le syndicat policier Poasy avait prévu d’entrer à Exarchia pour tenir un meeting public au beau milieu de la Place Exarchion (la place centrale du quartier, occupée en permanence par la scène anarchiste), afin de « protester contre les attaques anarchistes visant la police ». Pour réponse, une manifestation anarchiste a aussitôt été annoncée dans le quartier bourgeois Kolonaki. Toute manifestation a donc été interdite à Exarchia et Kolonaki de 6h du matin à minuit le 29 juin. Une interdiction ignorée par les anarchistes. Les policiers anti-émeutes stationnés autour de l’Université Polytechnique ont essuyé des tirs de cocktails molotov et de pierres et répliqué par des dizaines de grenades CS, enfumant tout le quartier. Des grenades flash bang et d’autres engins de maintien de l’ordre ont été utilisés par la police. Deux policiers ont été blessés, aucune arrestation n’a été faite.

Un engin explosif artisanal

Un engin explosif artisanal

Le 15 mai, une vingtaine d’anarchistes ont attaqué au cocktail Molotov le commissariat de police d’Omonia, à Athènes, pour l’anniversaire de la mort du guérillero anarchiste Christos Tsoutsouvis. Christos Tsoutsouvis, d’abord membre membre de l’organisation ELA (Lutte Populaire Révolutionnaire), puis cofondateur du groupe « Combat Anti-Etat », avait été tué le 15 mai 1985, dans une fusillade dans la région de Gizi.

Lire le communiqué de l’attaque (en anglais)

Le commissariat d’Omonia

Le commissariat d'Omonia

Des milliers de manifestants sont descendus hier dans les rues d’Athènes et de Thessalonique pour exprimer leur colère contre de nouvelles mesures d’austérités (réduction de pensions et augmentation de taxes) imposées à la Grèce par ses créanciers de l’UE et du FMI. La grève du mercredi a coupé le trafic maritime pour une deuxième journée alors que des douzaines de vols devaient être annulés. A Athènes, la police a utilisé des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui jetaient des cocktails Molotov et qui tiraient des feux d’artifices.

Les affrontements hier mercredi à Athènes

Les affrontements hier mercredi à Athènes

Le 10 mars 2010, le militant anarchiste et membre de Lutte Révolutionnaire, Lambros Foundas, était abattu par la police à Dafni pendant l’expropriation d’un véhicule nécessaire à une action de son organisation. En hommage, les résidences des policiers Efthimis Efthimiadis, via Kiprou 20 à Agios Pavlos et Ilias Hadjis via Papanastasiou 17 à Sikies, Thessalonique, ont été attaquées à l’aube du 9 mars par l’organisation Action Anarchiste.

Lambros Foundas

Lambros Foundas

Le siège du parti néonazi Aube Dorée à subi de gros dégâts suite à une attaque à la barre de fer, vendredi matin, à Athènes. L’attaque s’est déroulée en pleine heure de pointe sur la grande avenue où l’immeuble d’Aube Dorée fait face à l’Ecole de police. Faute d’avoir pu forcer l’entrée blindée du siège du parti, les assaillants ont endommagé la librairie-boutique d’Aube Dorée, au rez-de-chaussée, aspergeant aussi la façade de peinture rouge. La police, rapidement arrivée sur les lieux, a interpellé onze personnes mais les a finalement relâchées.

La librairie des fascistes après l’attaque

La librairie des fascistes après l'attaque

Ce vendredi 31 mars dès 21h, concert et soirée de soutien aux prisonnières et prisonnier de l’organisation Lutte Révolutionnaire en Grèce. Avec « Les Kagol’phoniques » (chorale militante féministe) et « Ursulalala » (chansons à prétextes). Aéro-tapas véganes. Entrée prix libre + 1€ d’adhésion. L’évènement Facebook est là.

La Salle Gueule,
8 rue d’Italie
13006 Marseille

Marseille : Soirée de soutien à Lutte Révolutionnaire

Marseille : Soirée de soutien à Lutte Révolutionnaire

Des agriculteurs, venus principalement de l’île de Crète, se sont affrontés hier mercredi avec les forces de l’ordre lors d’une manifestation contre l’augmentation des cotisations sociales et de l’imposition de leurs revenus. Environ un millier d’agriculteurs s’étaient rassemblés tôt manifester devant le ministère de l’Agriculture protégé par d’importantes forces policières. Les incidents ont commencé quand des hauts responsables du ministère ont refusé de rencontrer une délégation des manifestants. Certains agriculteurs ont brisé avec leurs bâtons les vitres de deux fourgonnettes de la police, déclenchant les affrontements. Les agriculteurs réclament le retrait de nouvelles mesures de rigueur, votées l’année dernière par le gouvernement de gauche, sous la pression des créanciers, UE et FMI. Ces mesures comprennent une réforme de la sécurité sociale et de l’imposition.

Les incidents hier à Athènes

Les incidents hier à Athènes