Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Le samedi 14 juillet, le corps brulé de Meryem Fereci a été retrouvé à Téhéran. Meryem Fereci, une jeune femme kurde étudiante à Téhéran avait été condamnée récemment à trois ans de prison pour sa participation aux manifestations de protestation fin 2017 et début 2018. Sa condamnation avait été convertie en liberté surveillée avec obligation de se présenter tous les jours au commissariat de police. Meryem Fereci avait disparu depuis 9 jours et ses proches soupçonnaient qu’elle ait été placée en détention par les forces du régime iranien. La police de Téhéran a retrouvé le corps de Meryem torturé et brulé.

Meryem Fereci

Meryem Fereci

Hedayat Abdolahpoor a été arrêté dans la ville de Oshnavieh (Şino, en kurde) il y a deux ans. Le régime iranien l’accuse sans preuve aucune de faire de la propagande pour un parti clandestin, de ravitailler les combattants kurdes qui seraient dans la région et de participer aux combats contre les Pasdarans. Depuis toujours, la justice iranienne utilise le prétexte de la guérilla du PJAK pour condamner tous les opposants et activistes dans la région kurde, qu’ils soient membres ou non d’organisations clandestines. Il y a quelques jours, la mère d’Hedayat a tenté de se suicider par immolation.

Hedayat Abdolahpoor

Hedayat Abdolahpoor

2.000 manifestants se sont réunis dans les rues de Bruxelles pour protester contre la venue de Donald Trump et le sommet de l’OTAN. À cette occasion, nous avons manifesté avec nos camarades de l’EÖC (Front du Travail et de la Liberté), du Front Populaire (Halk Cephesi), du Iranian Youth Committee et de l’Organisation des Femmes “8 mars” (Iran-Afghanistan) contre l’impérialisme et pour la libération des dizaines de prisonniers politiques détenus dans les prisons US, parfois depuis des décennies.

Liberté pour tous les prisonniers politiques aux USA

Liberté pour tous les prisonniers politiques aux USA

Le jeudi 10 mai, des milliers d’enseignants et d’enseignants retraités ont manifesté dans une trentaine de villes pour réclamer plus de fonds pour l’éducation, des salaires plus élevés et la fin de la privatisation de l’enseignement. À Téhéran, les manifestants se sont réunis devant les bureaux du plan et du budget où la manifestation a été violemment dispersée et une quinzaine d’enseignants et militants ont été arrêtés par les forces de sécurité du régime et des agents en civil. Plusieurs d’entre eux auraient été relâchés plus tard dans la journée. Six manifestants sont toujours emprisonnés à la prison d’Evin. Ils s’agit de Mohammad Taqi Fallahi, Mohammad Habibi, Ali Zolfi, Ismail Gerami, Mohammad Hassan Poureh et Rasoul BodaqiI.

Ils ont comparu devant le tribunal menotté et enchaîné et ayant visiblement été battus. Parmi les 6 prisonniers se trouve Mohammad Habibi, membre du comité exécutif du syndicat des enseignants de Téhéran. Celui-ci avait été arrêté le 3 mars et relâché le 15 avril sans qu’aucune charge n’ai été retenue à son encontre. Mohammad Habibi est apparu au tribunal en mauvaise condition physique, avec les mains engourdis et sachant à peine marcher. Les six prisonniers ont refusé de payer la caution squi ‘élève à ± 12.000$.

Manifestation des enseignants à Téhéran, le 10 mai 2018

Mohammad Habibi le jour de sa liberation, le 15 avril 2018

Manifestation des enseignants à Téhéran, le 10 mai 2018

La nuit du mardi 24 avril, les habitants de Marivan dans la province du Kurdistan ont affronté les forces de répression (Pasdarans). L’affrontement a eu lieu lorsqu’un colonel des Pasdaran, Kaveh Kohneh-Poushi, a tué un habitant du village de Marivan avec un autre pasdaran. Les habitants ont brûlé les maisons des deux criminels. L’unité antiémeute a commencé à attaquer et à frapper. Les affrontements, qui ont duré pendant des heures. Le colonel Kaveh Kohneh-Poushi est un criminel avec un passé tristement célèbre au sein de l’appareil répressif de Marivan.

L’incendie d’une des maisons de pasdaran à Marivan

L'incendie d'une des maisons de pasdaran à Marivan

Des étudiants de l’université Amir Kabir de Téhéran avaient organisé, dimanche 11 mars, un rassemblement de protestation contre les longues peines de prison infligées à leurs condisciples arrêtés lors des manifestations de ces trois derniers mois. Des miliciens de l’organisation paramilitaire bassidj ont attaqué ce rassemblement, se heurtant à la résistance des étudiants.

Environ 50 étudiants ont été arrêtés à l’extérieur des campus ou à leur domicile à la suite des manifestations de décembre-janvier. Parmi les personnes arrêtées, la militante étudiante Leila Hosseinzadeh, qui a été condamnée à six ans de prison et a été interdite de voyager à l’étranger.

Le rassemblement à l’université de Téhéran

Le rassemblement à l'université de Téhéran

Les ouvriers de la sucrerie Haft-Tapeh (province du Khousistan, dans le sud de l’Iran) ont entamé une grève samedi matin pour protester contre le non-paiement de leur salaire et le retour des gestionnaires corrompus à leurs anciens postes. Ali Naghdi, un ouvrier démuni de cette usine s’était donné la mort le 27 février pour protester contre le régime et la condition faite aux ouvriers.

Confronté au le mépris de la direction quant à leurs revendications, les ouvriers ont séquestré les principaux actionnaires de l’entreprise. Ceux-ci ont finalement annoncé qu’ils paieraient seulement deux millions sur 50 millions de tomans de leur dette envers les travailleurs et le reste sera payé en novembre 2018. Cette réponse a rencontré le refus catégorique des grévistes. Les dirigeants ont alors déchiré l’ordonnance d’allocation de 25 kilos de sucre pour les ouvriers, provoquant la colère des salariés qui brisèrent les fenêtres du bureau de la direction. Le geste a été suivi par l’intervention des forces répressives.

Manifestation des grévistes de Haft-Tapeh

Manifestation des grévistes de Haft-Tapeh

L’Organisation des Femmes “8 Mars” (Iran et Afghanistan) organisera ce 8 mars une manifestation contre le port obligatoire du voile islamique en Iran, à l’occasion de la journée internationale des luttes des femmes. Le rassemblement aura lieu de 15h à 16h en face de l’ambassade d’Iran, Avenue Franflin Roosevelt 15 à Ixelles. L’événement Facebook est ici.

Soutenir les luttes des femmes iraniennes contre le voile obligatoire

Soutenir les luttes des femmes iraniennes contre le voile obligatoire

La police iranienne a arrêté 29 femmes (chiffre officiel) à Téhéran pour avoir enlevé leur voile en public pour protester contre son port obligatoire depuis la révolution islamique de 1979. Ces derniers jours, les réseaux sociaux ont publié des photos apparemment prises à Téhéran mais aussi dans d’autres villes de femmes tête nue dans la rue, leur voile pendu au bout d’une perche en signe de défi. Ces actions de contestation contre le port obligatoire du voile ont suivi l’exemple d’une Iranienne arrêtée fin décembre après être montée tête nue sur une armoire électrique dans une artère animée de Téhéran en arborant son voile au bout d’une perche. La jeune femme a été emprisonnées un mois. La justice avait fixé à près de 90.000 euros la caution pour la libération d’une autre contestatrice arrêtée cette semaine.

La pionnière du mouvement

La pionnière du mouvement

Le militant kurde Saroo Ghahremani, arrêté durant les manifestations insurrectionnelles en Iran, a été tué en détention à la suite des tortures qui lui ont été infligées pendant 11 jours par les forces de sécurité du régime iranien. Il avait été arrêté à Sanandaj (Sine en kurde). Après le décès, les gardes iraniens ont menacé la famille afin d’empêcher la divulgation de la torture et de la mort du jeune homme. Il a été enterré ce samedi sous haute sécurité, seuls ses parents ont pu assister aux funérailles.

Saroo Ghahremani

Saroo Ghahremani