Notre dossier sur le Kurdistan, qui reprend des notes sur les organisations politiques dans les quatre parties du Kurdistan vient d’être largement mis à jour. Les changements concernent principalement le Rojava. Mais d’autres changements concernant le Bakuré ont également été faits (Notamment, le YDG-H qui est devenu YPS).
Depuis plus d’une semaine, les Forces Démocratiques Syriennes (QSD, alliance formée par les YPG) progressent dans la province d’Alep vers la ville de Manbij. Deux villages (Sakawiyah et Tal Aresh) ont été libérés dans la périphérie de cette ville de 100.000 habitants, 15 djihadistes membres de l’Etat islamique ont ainsi été abattus. Les forces démocratiques sont actuellement concentrées sur le quartier de « Little London » devenu célèbre ces derniers jours dans la presse mainstream pour son importante « communauté » britannique islamiste. Au moins une centaine de djihadistes anglais occupent cette ville aux cotés de l’Etat Islamique. On ignore pour le moment combien de combattants QSD ont été tués ces derniers jours, mais le nombre est probablement élevé: la ville de Manbij est un enjeu extrêmement important pour Daesh qui pourrait perdre toutes ces positions dans la province d’Alep et toutes ces frontières avec la Turquie. Au moins six quartiers-généraux QSD ont ainsi été attaqués par les islamistes.
Sur le front de Raqqa (qui s’étend entre les capitales du Rojava et de l’Etat Islamique) 16 djihadistes ont été tués par les Forces Démocratiques.
Cette vidéo de « Bakur Revolt » (Bakuré= Kurdistan Nord) résume les 6 derniers mois au travers d’une courte vidéo. Depuis le 20 juillet dernier, date de l’attentat de Suruç qui a débouché sur le retour à la guerre entre le PKK et l’état turc, les divers attentats islamistes ainsi que l’agression militaire turque ont fait 405 morts jusqu’au 10 janvier 2016.
405 civils tués par l’Etat turc et l’Etat islamique en 6 mois en Turquie.
Lors d’un raid effectué par la police turque ce matin dans une habitation de la ville de Van (Anatolie Orientale), 12 personnes agées de 18 à 25 ans ont été tuées d’une balle dans la tête sauf un qui l’a été d’une balle dans l’estomac. Seule une kalachnikov a été saisie par la police.
Le procureur a demandé à ce que les corps soient transférés à Malatya pour des « raisons de sécurité ». Ces dernières semaines, les tensions se sont cristallisées -entre autres- autour de la récupération des corps des personnes tuées par la police par leurs familles. C’est par exemple le cas à Şırnak, Silopi et Cizre.
Il y a quelques jours, les Forces Démocratiques Syriennes (QSD), forces menées par les YPG, traversaient l’Euphrate pour la première fois en arrachant le Barrage de Tichrin à l’occupation de l’Etat Islamique. Ce faisant, l’objectif des QSD est très probablement de prendre la ville de Jarabulus, ville contrôlée par les islamistes et protégée par la Turquie.
Le premier objectif sur la route des QSD était la ville de Manbij, à une vingtaine de kilomètres de Tichrin. Depuis plusieurs jours, les habitants de Manbij se rebellaient contre l’occupant. L’attaque des QSD a finalement eu lieu cette nuit. Ce ne sont pas les YPG/YPJ qui exercent le commandement de cette bataille cette fois-ci, mais la Jaysh al-Thuwar (Armée des Révolutionnaires), un groupe armé syrien qui combat les islamistes modérés et radicaux aussi bien que le régime et qui n’a ni l’appui des USA ni de la Turquie.
On peut voir le trajet des QSD sur cette carte (le barrage de Tichrin y est traduit en « October Dam »)
Comme nous vous l’annoncions il y a quelques jours, les YPG/YPJ (Unités de Protection du Peuple/des Femmes, milices progressistes kurdes en Syrie) et la coalition qu’ils mènent, les Forces Démocratiques Syriennes (QSD) ont franchit le fleuve Euphrate, pénétrant ainsi dans la province d’Alep, avec pour objectif probable la ville de Jarabulus (et le rattachement de la province de Afrin au reste du Rojava), occupée par les islamistes et protégées par les troupes turques. Cette traversée s’est faite par la libération du barrage de Tichrin.
A 12 kilomètres au nord-ouest de ce barrage, la ville kurde de Manbij attend avec impatience les YPG et manifeste depuis samedi contre l’Etat Islamique qui administre actuellement la ville par la force. Cette nouvelle opération militaire kurde a semé la panique dans les rangs de Daesh qui a dans un premier temps fait venir des troupes de sa capitale, Raqqah. Il semble à présent que les combattants réactionnaires soient en fuite vers Alep. Désespérés, les islamistes ont procédé avec la barbarie qu’on leur connaît en arrêtant de nombreux militants et en kidnappant des femmes.
La libération de Manbij devrait avoir lieu dans les prochaines heures ou prochains jours.
Les YPG/YPJ, et l’alliance des Forces Démocratiques Syriennes (QSD) ont traversé le fleuve Euphrate en libérant le barrage de Tichrin (province d’Alep) ce samedi 26 décembre soir, précédemment occupé par l’Etat Islamique. Ce point stratégique coupe une nouvelle fois les approvisionnements turcs à la capitale de Daesh, Raqqa. Cette victoire fait suite à la libération de al-Howl, à l’est de la Syrie, qui avait permis aux forces kurdes de Syrie de restaurer un passage entre le mont Shengal et le Rojava.
La libération de Tichrin pourrait signifier une nouvelle étape vers l’unification du canton d’Afrin aux autres cantons du Rojava (Kobané et Cizré), l’un des objectifs primordiaux des milices kurdes progressistes en Syrie. La réalisation de cet objectif a jusqu’à présent été empêchée par l’état turc qui a militarisé sa frontière sur la centaine de kilomètres qui sépare Afrin de Kobané, et particulièrement dans le village de Jarabulus (ville frontalière de la Turquie, juste à l’ouest de l’Euphrate) et multiplié les intimidations armées à Kobané et Tal Abyad (Gîre Spi) pour saboter le projet kurde en Syrie.
Les YPG/QSD arrachent le barrage de Tichrin à Daesh.
Les YPG/QSD arrachent le barrage de Tichrin à Daesh.Rojava: Les YPG/QSD traversent l’Euphrate
De violents affrontements ont opposé lundi la police à des manifestants kurdes qui dénonçaient le couvre-feu prolongé imposé dans un quartier de Diyarbakir. Les manifestants, dont plusieurs députés du HDP, ont tenté dans la matinée d’entrer dans le district de Sur, théâtre depuis le début du mois de violents affrontements entre les forces de sécurité et des jeunes partisans du PKK. Leur cortège a été repoussé par la police avec des grenades lacrymogènes et des canons à eau. Au moins deux jeunes manifestants ont été tuées par balle de guerre. Une quarantaine d’autres manifestants ont été arrêtées. Les autorités turques ont imposé le 2 décembre un couvre-feu dans le district de Sur, quelques heures après la mort par balles, dans des circonstances qui n’ont toujours pas été éclaircies, du célèbre avocat Tahir Elçi.
Deux sergents de la gendarmerie du village de Yeni Aslan Pacha, à Şırnak, s’étaient rendus, samedi, au centre de la province mais ne sont pas rentrés au poste de la gendarmerie, depuis la soirée du samedi. Les autorités affirment qu’ils ont été capturés par la guérilla du PKK. Par ailleurs, les unités commandos de la 49e brigade de l’armée turque revendiquent la destruction de 26 refuges de la guérilla kurde dans la province de Bingöl, et la saisie une quantité importante d’armes et de munitions.
Un des refuges souterrains découverts par les commandos turcs
Un des refuges souterrains découverts par les commandos turcs
Depuis le 16 août, 52 couvre-feux ont eu lieu dans 17 provinces de 7 grandes villes kurdes abritant ensemble 1,3 millions d’habitants. 31 fois à Amed (Diyarbakır), 9 fois à Mardin, 5 fois à Sirnak, et une fois à Hakkâri, à Mus, à Batman et à Elazig.