35 Kurdes, la plupart civils, ont été tués dans deux attentats suicides devant des bureaux de partis kurdes (TEV-DEM et PDKS) dans le canton est du Rojava (partie syrienne du Kurdistan), Hassaké. Des centaines de personnes y étaient rassemblées à l’occasion du « nouvel an kurde », le Newroz. Il y a également eu 150 blessés.

Ce Newroz est l’occasion de rassemblements monstres : à Amed/Diyarbakir (dans la partie turque du Kurdistan) le plus grand Newroz jamais organisé se tient aujourd’hui : 2 millions de Kurdes y sont attendus. Ce matin une marche dominée par les drapeaux des principaux mouvements kurdes, PKK, YPJ, YPG et KCK a animé la ville. Un message du leader du PKK, Abdullah Öcalan a ensuite été lu.

Marche des jeunes à Amed.

Marche des jeunes à Amed.

Shilan (Silhan) Ozcelik, une militante kurde agée de 18 ans, a été placé en détention provisoire à la prison de Holloway, à Londres, sous l’accusation de « préparation à commettre des actes de terrorisme ». Shilan a été arrêté en janvier à l’aéroport de Stansted après son retour d’un voyage en Europe continentale, mais seulement n’a comparue que la semaine dernière pour infraction à la Loi sur le terrorisme de 2006. Elle est accusée d’avoir tenté de rejoindre les rangs du PKK, qui est répertorié comme organisation terroriste au Royaume-Uni. Une manifestation d’urgence a eu lieu devant Holloway vendredi pour la soutenir.

Pour lui écrire (via son avocat): Silhan Ozcelik, c / o Ali Av article, vous Procureurs Morgan, Bank Chambers, 1er et 2e étage, 133 Stoke Newington High Street , Stoke Newington, Londres N16 0PH

Angleterre: Une militante kurde emprisonnée à Londres

C’est la troisième fois qu’une combattante venue d’un pays occidental meurt au Kurdistan aux cotés des YPG (les Unités de Défense du Peuple) depuis le début du conflit qui oppose ce groupe progressiste kurde aux islamistes de l’Etat Islamique. Ivana Hoffman (a.k.a. Avasin Tekosin Gunes) était membre du MLKP (Parti Communiste Marxiste-Léniniste de Turquie) qui a envoyé de nombreux combattants en soutien à la lutte pour la libération du Rojava (la partie syrienne du Kurdistan). Avasin était originaire d’Allemagne et avait 19 ans, elle est décédée en défendant un village kurde près de Tal Tamr, dans le canton kurde de Hassakah, au nord-est de la Syrie.

Ce décès survient 3 jours seulement après le décès d’un combattant britannique des YPG et 2 semaines après le décès d’un australien qui combattait sous la mème bannière.

Avasin Tekosin Gunes

Avasin Tekosin Gunes

Après la mort récente d’un combattant australien des YPG, un second combattant, britannique, est mort aux cotés des Unités de Défense du Peuple, les forces kurdes du Rojava, en Syrie. Konstandinos Erik Scurfield (a.k.a Heval Kemal Konstandinos) avait rejoint les YPG le 5 décembre 2014 et est mort, tué par les islamistes d’EI, lors de la libération d’un village près de Til Berak ce 2 mars.

Heval Kemal Konstandinos

Heval Kemal Konstandinos

En plus des nombreux combattants communistes et anarchistes venus de Turquie et du Moyen-Orient, les Unités de Défense du Peuple (YPG) peuvent compter sur de nombreux combattants venus des paix occidentaux (Allemagne,Pays-Bas, Etats-Unis,…) pour prêter main forte à la libération du Rojava (Kurdistan occidental, nord de la Syrie) face aux forces islamistes. Des sources proches des YPG viennent d’annoncer que le premier de ces combattants occidentaux avait été tué lors d’un assaut contre l’État Islamique près de Sinjar (Kurdistan irakien). Il se faisait appeler Heval Bagok Serhed, les YPG n’ont pas dévoilé sa véritable identité pour des raisons de sécurité. Il a été tué alors que son esquade de 8 hommes, transportés en camion ait été attaqué par un groupe d’islamistes lors de la libération d’un village près de la ville yézidi de Sinjar.

Édit: on sait à présent que le combattant s’appelait Ashley et était Australien. Les YPG communiqueront dans la journée après avoir contacté sa famille.

Heval Bagok Serhed

Heval Bagok Serhed

La phase 3 (sur 3) de la stratégie des YPG contre les islamistes de l’EI est entrée en vigueur depuis quelques jours. Non seulement, les islamistes sont presque totalement vaincus à Kobané, mais également dans les deux autres cantons du Rojava (Afrin et Hassakah). Les islamistes fuient maintenant le nord de la Syrie pour se concentrer dans leurs grosses villes (principalement Raqqah) et sur les fronts qui l’opposent à l’Armée Syrienne Arabe (de Bachar al-Assad). Certains islamistes vont jusqu’à passer la frontière turque pour se réfugier. Une commandante des YPG, Azime Deniz, a déclaré que « la bonne nouvelle de la libération du canton de Kobané sera bientôt annoncée » et « nous sommes prêts à unifier les 3 cantons du Rojava ».

Ce lundi 9 février vers 10h du matin, 4 militants kurdes qui revenaient de Turquie vers Kobané ont été poursuivis par une camionnette de militaires turques qui les ont tabassés à deux kilomètres de la frontière puis laissé sur le sol. Deux militants ont finalement pu passer la frontière, les deux autres trop gravement blessés ont attendu pendant 3h une ambulance qui les a rapatrié à l’hopital de Suruç, une municipalité contrôlée par le BDP (Peace and Democracy Party, parti kurde de gauche).

L’un des 4 Kurdes blessé par les militaires turques.

L'un des 4 Kurdes blessé par les militaires turques.

La principale base des islamistes à Kobané a finalement été reprise aujourd’hui par les Unités de Défense du Peuple (YPG). Cette victoire coupe la route des approvisionnements de l’État Islamique à Kobané et pourrait bien être un tournant dans la bataille qui dure depuis des mois. Les forces kurdes contrôlent à présent plus de 70% de la ville. Une immense banderole de 75 mètres de long vert-jaune-rouge a été accrochée à un pilonne sur une colline qui surplombe la ville, annonçant cette victoire. C’est sur cette colline qu’Arin Mirkan était morte en combattant l’EI en octobre dernier.

Immense drapeau YPG accroché lors de la libération de Kobané en janvier 2015.

A Hassekeh, les combats se poursuivent entre l’armée du régime syrien et les YPG (Unites de Protection du Peuple, kurde). Cette ville proche des frontières irakienne et turque est depuis 2012 le théâtre d’affrontements entre les principales forces de la région : islamistes d’ISIS et du front Al-Nusrah, ALS et armée syrienne. Depuis quelques temps la ville était partagée entre les YPG qui contrôlaient les quartiers kurdes et arabo-kurdes alors que le régime syrien contrôlait le reste.

Le conflit qui s’est ouvert il y a deux jours aurait éclaté après que les YPG aient arrêtés une dizaine de soldats syriens qui opéraient dans une zone « démilitarisée » de cette ville de 200’000 habitants. Le bilan est incertain : il y aurait au moins 8 morts du coté kurde et 9 du coté loyaliste.

Dans l’est du Rojava, la ville de Hasseké est sous le contrôle partiel du YPG depuis 2011, et assiégée par l’Etat Islamique depuis 2013. Selon un communiqué des YPG, l’armée syrienne régulière a attaqué hier soir un checkpoint des Asayish (forces de sécurité kurdes). Les combats se poursuivent à l’heure actuelle dans le quartier Al-Talayi, autour d’une caserne de pompier, du centre de traitement d’eau, de la gare routière et de plusieurs checkpoints Asayish (forces de sécurité kurdes). Au moins 20 soldats syriens auraient été tués ainsi que 5 combattants du YPG.

Des combattants du YPG à Hasseké

Des combattants du YPG à Hasseké