A l’occasion de la Conférence internationale de soutien aux prisonniers politiques organisée à Paris par la Plateforme Voix des Prisonniers, le prisonnier anarchiste Nikos Maziotis a adressé un message de salutations aux 300 participants venant de 18 pays (lire en intégralité).

[…] Dans cette guerre sociale et cette lutte de classes, le système international de domination actuel, l’État et le Capital, ne se contente pas de nous éliminer physiquement ou de nous emprisonner. Il exige que nous renoncions à notre identité politique, à notre lutte, à notre organisation, aux choix de confrontation que nous avons faits, à la révolution, à la lutte armée. Il exige que nous reconnaissions être des criminels, des terroristes et des éléments antisociaux, alors que ce sont précisément là les caractéristiques propres du système qu’il incarne. Notre devoir, en tant que prisonniers/prisonnières politiques, est donc de rester fidèles et cohérents avec les choix de lutte que nous avons faits. C’est là notre victoire morale et politique face aux criminels étatiques et capitalistes et à leurs appareils. Aucune révision, donc. Aucune repentance pour nos choix. […]

Détenus depuis plusieurs semaines pour avoir protesté contre la mort d’enfants et les accidents du travail dans des centres de formation (voir notre article), seize jeunes membres du Parti des travailleurs de Turquie (TİP) ont été libérés le 26 décembre dernier des prisons de Bakırköy et Silivri. Après leur sortie, les porte-paroles du TİP ont dénoncé l’injustice de leur détention, affirmant que leur lutte pour la protection des enfants et contre les conditions de travail dangereuses continue, et qu’ils poursuivront leurs actions jusqu’à la fermeture de ces centres et la démission des responsables concernés.

Le même jour, l’activiste Ozan Deniz Ödemiş a été libéré. Membre des Gençlik Komiteleri (Comités de jeunesse, en turc), il avait été arrêté et détenu le 23 décembre dernier pour « insulte au président » (voir notre article). Suite à cette annonce, son organisation a réagi en affirmant :  « Nous briserons les attaques et le blocus imposés à la jeunesse et nous libérerons tous les prisonniers révolutionnaires ».

Lowkey est un rappeur et activiste britannique‑irakien connu pour son engagement politique à travers sa musique. Régulièrement, il est la cible du lobby pro-israélien qui tente de censurer ses sons et productions. En featuring avec Mai Khalil, il a sorti un morceau de musique le 26 décembre dernier en soutien aux 33 prisonniers pro-palestiniens actuellement détenus au Royaume-Uni. Plusieurs d’entre eux sont toujours en grève de la faim pour dénoncer leur détention provisoire ainsi que la complicité des autorités britanniques avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems (voir notre article).

Arrêté le 14 décembre 2025 et placé en détention préventive, le dirigeant du Parti socialiste des travailleurs (PST) et activiste Lyes Touati fait l’objet de poursuites après une publication Facebook critiquant ironiquement le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation sécessionniste et pro-sioniste interdite en Algérie. Accusé à tort d’y appartenir, il risque jusqu’à dix ans de prison, dans un contexte de répression accrue contre les militants depuis le Hirak de 2019. Déjà ciblé par un harcèlement judiciaire et policier et condamné par le passé à six mois de prison ferme sans incarcération effective (voir notre article), Lyes Touati est aujourd’hui au cœur d’une large campagne de solidarité internationale lancée fin décembre 2025, réclamant sa libération et l’abandon des poursuites.

Le 9 décembre 2025, la publication d’un poème de Pablo Hasél, « Quand les rues ne seront plus appelées injustice », extrait du recueil L’Art de résister, a remis en lumière son œuvre politique et poétique. Écrit en prison, le texte projette une société future libérée de la misère et de l’oppression, où l’espace urbain devient symbole de justice sociale et de mémoire révolutionnaire. Ce poème rappelle la détention de Pablo Hasel lui-même, rappeur antifasciste et communiste condamné à plusieurs années de prison en 2021 pour « apologie du terrorisme ».

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Samedi 27 décembre à Paris, plusieurs organisations appellent à se rassembler en soutien à Anna, journaliste et militante de Zora qui a récemment témoigné avoir été violée lors de sa détention en Israël (voir notre article). L’appel à mobilisation vise à dénoncer les violences sexuelles et systémiques dans les prisons israéliennes et à soutenir tous les prisonniers politiques à travers le monde. Les participants sont invités à se retrouver à 17h à l’ACTIT, 54 rue de Hauteville, pour une déambulation, puis à rejoindre à 19h le rassemblement devant l’ambassade britannique, en solidarité avec les prisonniers pro-palestiniens toujours en grève de la faim au Royaume-Uni (voir notre article).

En Iran, le citoyen kurde handicapé Yaqub Kerîmpur a été condamné à mort par la première chambre du Tribunal révolutionnaire d’Urmiye pour des motifs politiques. Détenu depuis l’arrestation par les services de renseignement iraniens après la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran, il aurait subi deux mois de torture et de pressions pour obtenir de force des aveux. Sa femme est également toujours en détention.

Les révolutionnaires emprisonnés Fergil Fırat et Celal Punar, incarcérés à la prison de haute sécurité de Karatepe, ont interrompu la grève de la faim qu’ils avaient entamée pour demander leur transfert vers un établissement non classé « type puits » (voir notre article), après que leur requête a été officiellement prise en compte par l’administration pénitentiaire. Leur avocat a indiqué que la demande avait été transmise aux autorités compétentes, précisant que la grève pourrait reprendre si le transfert n’aboutissait pas.

Le militant de gauche et critique du Kremlin Sergei Oudaltsov a été condamné à six ans de colonie pénitentiaire pour « apologie du terrorisme », en lien avec un article soutenant des activistes russes récemment condamnés (voir notre article). Figure de l’opposition au retour de Vladimir Poutine entre 2011 et 2013, déjà emprisonné de 2014 à 2017, il a dénoncé une décision « honteuse » après le verdict.

Ozan Deniz Ödemiş, membre des Gençlik Komiteleri (Comités de jeunesse, en turc) et rédacteur pour e-komite, a été arrêté le 23 décembre 2025 en Turquie et placé en détention pour « insulte au président ». Les Gençlik Komiteleri sont une organisation de jeunesse de la gauche socialiste révolutionnaire, politiquement proches de l’ESP (Parti socialiste des opprimés), active notamment dans les mobilisations étudiantes et sociales.