À Fouchana, les salariés de l’usine aéronautique Mecachrome Tunisie dénoncent une répression brutale après le licenciement début janvier de douze travailleurs, dont sept syndiqués, suite à une mobilisation en décembre revendiquant hausses de salaires et primes, et après la création d’une section du syndicat Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) que la direction refuse de reconnaître. Celle-ci a justifié ces licenciements en qualifiant la grève d’« illégale », accusation contestée par les salariés. En réponse, l’UGTT a déposé un nouveau préavis et appelle à trois jours de grève du 19 au 21 janvier 2026 pour exiger le respect du droit syndical, l’arrêt des licenciements et de meilleures conditions de travail, tandis que certains salariés font l’objet de convocations par la police criminelle. De son côté, la CGT Mecachrome Toulouse a affirmé son soutien aux travailleurs tunisiens et appelle à faire front face à la répression et à renforcer la solidarité internationale.

En Tunisie, plusieurs travailleurs humanitaires de l’ONG française Terre d’asile, détenus depuis plus de 20 mois pour avoir prétendument « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier. Parmi eux figure Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, condamnée à deux ans de prison avec sursis, tout comme ses collègues incarcérés. La décision judiciaire, saluée par leurs soutiens, intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de tensions politiques accrues sous la présidence de Kaïs Saïed, tandis que le tribunal doit encore statuer sur le sort des autres accusés laissés en liberté.

En Tunisie, des partis d’opposition, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et des familles de détenus ont organisé trois jours de mobilisation en solidarité avec les prisonniers politiques, à l’appel de l’avocat Ayachi Hammami (voir photo), en grève de la faim depuis son arrestation début novembre. Cette initiative vise à empêcher l’oubli des détenus d’opinion après la vague récente d’arrestations et à coordonner les actions de soutien. Les organisateurs dénoncent également les restrictions croissantes imposées aux avocats et aux organisations de défense des droits humains, privées d’accès aux prisons, alors que plusieurs détenus poursuivent des grèves de la faim pour faire entendre leurs revendications.

Le vendredi 12 décembre 2025, la ville de Kairouan a été le théâtre de vives tensions après le décès d’un jeune homme suite à une intervention policière. Le drame a provoqué des protestations dans le quartier populaire de Houmet Ali Bey, où des jeunes ont bloqué des routes et incendié des pneus pour réclamer l’ouverture d’une enquête transparente. Selon les proches, la victime présentait de graves blessures au visage et au crâne et aurait succombé à une hémorragie intracrânienne après une prise en charge médicale tardive.

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En Tunisie ce 28 novembre, la cour d’appel a rendu son verdict dans le vaste procès pour « complot contre la sûreté de l’État », condamnant trente-sept personnes (dont des figures de l’opposition) à des peines allant de cinq à quarante-cinq ans de prison. Trois personnes ont été acquittées, tandis que d’autres ont vu leur peine soit aggravée, soit légèrement réduite, certaines assorties d’amendes. La plupart des prévenus, détenus depuis plus de deux ans et demi, ont refusé de comparaître par visioconférence, tandis que d’autres sont en exil.

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À Tunis, plusieurs milliers de personnes ont défilé le 22 novembre à l’appel du comité de défense d’Ahmed Souab, avocat condamné à cinq ans de prison pour ses critiques du système judiciaire (voir notre article), afin de dénoncer les injustices et réclamer la libération de journalistes, d’opposants et d’acteurs humanitaires détenus. La marche, l’une des plus importantes de ces derniers mois, a fait halte devant le Groupe chimique tunisien, accusé de pollution à Gabès, puis devant le syndicat des journalistes SNJT, qui dénonce une répression accrue.

Depuis le 10 octobre, pour dénoncer la pollution toxique et les intoxications répétées provoquées par des fuites de gaz issues du Groupe chimique tunisien (GCT), les habitant·es de Gabès manifestent. Les autorités y ont répondu par une répression brutale : arrestations, détentions et intimidations. Face à l’inaction des autorités devant l’intoxication de centaines de personnes et à la répression des manifestations pacifiques, la section régionale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Gabès a décrété une grève générale qui a eu lieu le 21 octobre, rassemblant plus de 100 000 personnes. Ces manifestations, nées de la colère, ont été suivies d’une répression massive : perquisitions nocturnes, arrestations et détentions arbitraires. En moins de deux semaines, plus de 150 personnes ont été interpellées, dont 44 ont été placées en détention provisoire.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées durant la nuit du 17 au 18 octobre à Gabès dans sud de la Tunisie, après des manifestations pour exiger la fermeture d’une usine chimique polluante. Celle-ci utilise de l’acide sulfurique et de l’ammoniac pour fabriquer des engrais à base de phosphates. Après des incidents liés à la pollution, des milliers d’habitants de Gabès ont manifesté la semaine dernière pour réclamer la fermeture de l’usine.

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Saber Chouchane, 51 ans, a été condamné ce 1er octobre à la peine de mort pour avoir posté sur Facebook des critiques envers le président de la République, Kaïs Saïed. La Tunisie a mis un moratoire sur la peine capitale depuis 1991 et la sentence ne peut pas être exécutée. Il a été jugé et condamné sur la base de l’article 72 du Code pénal qui punit de la peine de mort tout « attentat ayant pour but de changer la forme du gouvernement ». Saber Chouchane restera incarcéré, il est détenu depuis le 24 janvier 2024, et est déjà condamné pour les mêmes raisons. Il a fait appel de la sentence ce vendredi 3 octobre.

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Dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 septembre, la Global Sumud Flotilla affirme qu’un autre de ses bateaux a été touché près de Tunis et soupçonne un drone, 24 heures après une première attaque (voir notre article). Cela intervient alors que cette coalition s’apprête à naviguer en direction de Gaza pour combattre le blocus et le génocide en cours, mais aussi apporter de l’aide humanitaire.