Les services de sécurité ukrainiennes ont annoncé jeudi avoir arrêté à Odessa 39 personnes qui y préparaient une rébellion à la veille de la visite du président Petro Porochenko dans cette ville. Le SBU affirme avoir découvert un important arsenal d’armes et d’explosifs. Deux jours plus tôt, le SBU avait annoncé l’interpellation de dix autres personnes en les accusant de préparer des attentats. Toutes ces personnes, parmis lesquelles de nombreux membres du parti communiste et de vétérans de la guerre soviétique en Afghanistan, visaient la création d’une République populaire d’Odessa.

Aujourd’hui, les services de sécurité ukrainiens ont arrêtés à Odessa trois membres du Parti communiste d’Ukraine. Ils ont été accusés de 10 des 24 attentats à l’explosif qui ont été menés à Odessa ces quelques derniers mois, notamment la destruction de bureaux des paramilitaires fascistes ukrainiens. Des explosifs et des détonateurs auraient été trouvés lors des perquisitions. On ignore les noms des personnes arrêtées mais ils ont tous 60 ans passés et ont revendiqué vouloir le retour de l’Ukraine au communisme. D’autre part, le SBU a arrêté huit personnes membres du Conseil populaire de Bessarabie, qui distribuaient des tracts séparatistes dans les rues d’Odessa. Ils sont inculpés d’activités illégales relevant de l’article 110 du Code pénal de l’Ukraine « atteinte à l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité de l’Ukraine».

Ukraine: Trois communistes sexagénaires arrêtés pour 10 attentats

Andreï Sokolov est un révolutionnaire russe léniniste qui s’est rapproché de l’anarchisme. Détenu une première fois dans les années ’90 pour le dynamitage de la statue du tsar Nicolas II, il a depuis été assistant parlementaire pour le Parti communiste, et emprisonné à quatre reprises, notamment sous l’accusation d’avoir fourni des armes aux forces clandestines révolutionnaires communistes et anarchistes en Russie (Andreï est armurier de profession). Il a été arrêté par les services de sécurité ukrainiens, le SBU, le 18 décembre et enfermé à la prison de Mariupol. Reconnu comme combattant par la République Populaire de Donetsk (RPD), il est sur les listes d’échanges de prisonniers. Sa détention a été prolongée d’un mois et le SBU lui a proposé une peine modérée de 3 ans s’il se reconnaissait « coupables de terrorisme », ce qu’Andreï a refusé.

Andreï témoigne que, dans les couloirs et les prisons de la SBU, seule une personne sur dix ou sur vingt sont des volontaires de la RPD. Les autres sont des opposants arrêtés par le SBU pour un post critique sur internet, pour un appel téléphonique « l’autre côté ». Et surtout, Andreï a vu plusieurs prisonniers qui ont été torturé. Lors de ses propres interrogatoires, en décembre, Andreï avait été menacé avec une disqueuse électrique. On lui menaçait de lui couper des doigts s’il n’avouait pas ce que le SBU espérait. Mais dans le sous-sol de la SBU, il a rencontré un volontaire de la RPD a qui cette torture avait été réellement pratiquée: les bourreaux du SBU lui avaient sciés les orteils à travers ses chaussures.

Huit communistes espagnols ont été arrêtés ce matin dans le cadre d’une opération menée par la police espagnole contre les volontaires qui venaient de rentrer du Donbass, l’est de l’Ukraine, après avoir intégré durant plusieurs mois, les brigades internationales communistes qui participent dans ce conflit. L’opération est en cours, et s’étend contre tout sympathisant et membre des nombreux comités de soutien avec le Donbass, très actifs en Espagne.

Les arrestations viennent d’avoir lieu à Gijon (Asturies), Madrid, Murcia, Extrémadure, Pays Basque et Barcelone. La majorité des personnes arrêtées appartiennent à la JC, au PCE, à Izquierda Unida (Gauche Unie) et au PCPE (Parti communiste des peuples d’Espagne). Ils sont accusés d’assassinat, d’utilisation d’armes de guerre et « agissements qui mettent en danger les intérêts espagnols ».

Espagne: Arrestation de huit communistes de retour du Donbass

Vsevolod Petrovsky a été tué dans la nuit du 8 février par un tir d’artillerie de l’armée ukrainienne près du village de Komissarovka. Cet historien marxiste avait été un adversaire de l’ancien pouvoir ukrainien dans le cadre de la « révolution orange » et de l’occupation de Maïdan, il avait cependant fortement condamné l’évolution chauvine et anti-démocratique du mouvement. Militant à Borotba, il s’était porté volontaire dans les forces armées de la République Populaire de Lougansk. De nombreux communistes combattent actuellement dans le Donbass. Dans la vidéo ci-dessous, on peut les voir participer à la prise de Debaltsevo (0:58).

Vsevolod Petrovsky

Vsevolod Petrovsky

Un projet de loi déposé à la Rada (Parlement ukrainien) par des députés du parti du Premier Ministre porte « Sur l’interdiction et la diffusion de l’idéologie communiste en Ukraine ». Selon son article 1, le projet de loi définit l’ idéologie communiste « comme un système de concepts, d’idées, d’opinions reposant sur la lutte de classe, la dictature d’une classe sur les autres, la création d’un État totalitaire, la violation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, le déni des droits des peuples à l’autodétermination, la non-reconnaissance du droit à la propriété privée des moyens de production, l’établissement d’un système à parti unique, le renversement violent d’un système étatique ». Sa promotion comprend y compris sa « diffusion dans les médias », la « production ou diffusion de produits contenant les symboles », qui sont : « les emblèmes, drapeaux de l’URSS, ou tout autre insigne qui porte les faucilles et marteaux ; les noms de rues, entreprises, institutions et organisations portant les noms des leaders communistes, le nom de l’URSS ».

Selon son article 2 : « la promotion de l’idéologie communiste en Ukraine est interdite », tout comme la « promotion de partis politiques entités idéologiques qui utilisent les termes Communisme, Marxisme, Léninisme, Stalinisme ». Selon l’article 3, « la production ou distribution de produits avec les symboles communistes, y compris des souvenirs, est interdite en Ukraine ». Enfin, l’article 4 prévoit que les « personnes violant la Loi seront criminellement responsables ». La promotion de l’idéologie communiste serait passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.

Andreï Sokolov est un révolutionnaire russe léniniste qui s’est rapproché de l’anarchisme. Détenu une première fois dans les années ’90 pour le dynamitage de la statue du tsar Nicolas II que le gouvernement Eltsine avait fait édifier, il a depuis été assistant parlementaire pour le Parti communiste, et emprisonné à quatre reprises, notamment sous l’accusation d’avoir fourni des armes et des systèmes pyrotechniques aux forces clandestines révolutionnaires communistes et anarchistes en Russie (Andreï est armurier de profession). Il a été arrêté par les services de sécurité ukrainiens le 18 décembre et enfermé à la prison de Mariupol.

Andreï lors de sa précédente détention (prison de Lefortovo, Moscou)

Andreï lors de sa précédente détention (prison de Lefortovo, Moscou)

Pour le 2e anniversaire du massacre d’une quarantaine d’anti-fascistes dans la Maison des syndicats d’Odessa, la boutique « Patriote », vendant des drapeaux et des vêtements aux chauvinistes ukrainiens, a été dynamitée à Odessa.

Ukraine: Action pour le 2e anniversaire du massacre de la Maison des syndicats

Le 15 septembre, deux militants communistes qui ont été arrêtés à Odessa par les forces spéciales ukrainiennes dans le cadre de l’enquête contre le groupe clandestin « Armée Rouge Ukrainienne ». Vladislav Wojciechowski et Nicolas Popov sont accusés de « création d’une organisation terroriste ». Deux pistolets automatiques et des explosifs auraient été découverts lors de l’arrestation. Vladislav Wojciechowski, un des membres fondateurs de Borotba, avait été gravement blessé par les fascistes lors de l’assaut et l’incendie de la maison des syndicats le 2 mai derniers, à Odessa, où 38 antifascistes avaient été tués.

Vladislav Wojciechowski et Nicolas Popov ont été enregistrés il y a un mois sur une liste pour l’échange de prisonniers entre les républiques populaires de Lougansk et Donesk d’une part, et l’Ukraine d’autre part. Mais le SBU (la sécurité d’état ukrainienne) met son véto à l’échange. Les deux prisonniers bénéficient d’un soutien clandestin en Ukraine, beaucoup de tags les soutenant ont été peints nuitemment à Kharkov, Odessa et Kiev.

Vladislav Wojciechowski

Vladislav Wojciechowski

Un étudiant a été arrêté le 14 septembre par les Service de sécurité ukrainien (SBU) avec une banderole « Liberté pour les prisonniers politiques Vladimir Voitsekhovsky et Nikolai Popov! » déployée devant le siège du SBU à Odessa. Les information continuent de parvenir quant aux conditions de l’arrestation et des tortures subies par Vladislav Wojciechowski, notamment la participation des paramilitaires fascistes à cette opération policière.