Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Le tribunal de district de Holosiivskyi à Kiev a été mitraillé le 1é mars dernier. Les média ulkrainiens ont immédiatement tenté de disqualifier cette attaque en laissant entendre qu’elle venait de Russie. Les anarchistes qui ont mené cette attaque ont publié un document la revendiquant: “Notre attaque est un acte de solidarité anarchiste avec notre compagnon rebelle Azat Miftakhov. Tous les États sont des prisons. Les tribunaux ne constituent qu’un rouage dans l’appareil gouvernemental que les anarchistes du monde entier cherchent à détruire. La lutte révolutionnaire contre l’oppression étatique ne connaît pas de frontières tracées par les gouvernements. Nous sommes solidaires de tous nos camarades du monde entier. La police, les enquêteurs, les procureurs et le personnel judiciaire – ils sont coupés du même tissu dans le monde entier. Ce sont des instruments d’oppression aux mains de l’État, ce qui signifie que nous devons les cibler, quel que soit le lieu ou le lieu. Combats où tu te trouves!”

Lire tout le communiqué

En 2016, des anarchistes avaient déjà lancé plusieurs cocktails Molotov sur le tribunal de district d’Holosiivskyi (voir notre article). Après l’incendie, les autorités avaient installé un grillage sur leurs fenêtres pour se protéger des nouveaux Molotov.

Quelques impacts sur la façade du tribunal

Quelques impacts sur la façade du tribunal

La revendication est arrivée récemment: dans la nuit du 19 septembre le centre de formation des employés du ministère ukrainien de l’Intérieur (MVD) a été incendié. Ce centre de formation est situé dans la forêt, dans le quartier de Darnytskyi de la ville de Kiev. Ce centre regroupe des stands de, un parcours d’obstacles, un court de tennis, un terrain de volley-ball, un terrain de mini-football, des salles d’entraînement, ainsi qu’une structure où des captures de groupes sont pratiquées. Deux foyers d’incendie y ont été allumés avec 17 litres de mélange incendiaire et 10 pneus.

Le communiqué de la FAI adresse ses salutations aux anarchistes des prisons et camps de prisonniers russes et biélorusses: Ilya Romanov, Oleksandr Kolchenko, Sergey Romanov, Yevgeny Karakashev, Ilya Shakursky, Vasily Kuksov, Dmitry Pchelintsev, Victor Filinkov, Andre Filichov, Andrei Chernova Maxim Ivankin, July Boyarshinov et d’autres, mais aussi aux anarchistes opérant au Chili, en Grèce, en Italie et ailleurs.

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Au moins dix personnes ont été blessées hier mardi lors d’affrontements entre les manifestants et la police près du parlement ukrainien, à Kiev. Environ 2.000 mineurs de charbon, liquidateurs de l’accident de Tchernobyl et anciens combattants de la guerre en Afghanistan organisent un rassemblement permanent place de la Constitution, dans le centre de Kiev pour demander au parlement de ne pas réduire leurs avantages sociaux. Les échauffourées ont commencé lorsqu’un groupe de manifestants a essayé d’entrer dans le bâtiment du parlement. La police a cependant réussi à les en empêcher. Il y aurait eu une dizaine de blessés. Deux manifestants ont été arrêtés.

Une arrestation hier à Kiev

Une arrestation hier à Kiev

A Odessa le défilé du 1er Mai devait partir de l’Opéra d’Odessa pour se diriger vers le Champ de Koulikov, où les fascistes avaient assassiné 42 manifestants communistes en 2012 en incendiant la Maison des syndicats. Cependant, le cortège a été bloqué par les milices fascistes et a dû renoncer à sa destination. À Kharkov, la police est intervenue lors du défilé et a arrêté des manifestants qui brandissaient le drapeau de l’URSS.

Hier 2 mai, jour anniversaire du massacre d’Odessa, les fascistes se sont déployé autour de la Maison des Syndicat pour empêcher tout hommage aux victimes. Un proche d’une victime qui apportait des fleurs a été passé à tabac.

2 mai 2014: Les fascistes incendient la Maison des Syndicat à Odessa

2 mai 2014: Les fascistes incendient la Maison des Syndicat à Odessa

Les Républiques populaires (séparatistes) de Donetsk et Lougansk, qui ne reconnaissent pas les autorités ukrainiennes issues du coup d’Etat de 2014, ont entamé avec Kiev l’un des échanges de prisonniers les plus importants depuis le début du conflit entre les deux parties. L’échange de 306 prisonniers (73 détenus dans les deux républiques rebelles et 233 détenus par les autorités de Kiev) s’est déroulé hier mercredi le 27 décembre sur la ligne de front entre les rebelles séparatistes et l’armée ukrainienne près de la ville de Gorlovka, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Donetsk. En décembre 2014, un échange de 367 prisonniers avait déjà eu lieu.

quelques uns des prisonniers ukrainiens qui vont être libérés par les rebelles du Donbass

EDIT: L’échange de prisonniers, pour important qu’il soit, a été limité par le président ukrainien qui a refusé de libérer les prisonniers de nationalité russe.

quelques uns des prisonniers ukrainiens qui vont être libérés par les rebelles du Donbass

Le 2 mai 2014, des affrontements avaient opposés des fascistes ukrainiens à des opposants au régime nationaliste ukrainien dans les rues d’Odessa, faisant un mort dans les rangs fascistes. Suite à cela, les fascistes avaient attaqué en soirée un rassemblement communiste devant la Maison des syndicats. Les communistes avaient du se retrancher dans l’immeuble auquel les fascistes avaient alors mis le feu, tirant sur ceux qui voulaient échapper aux flammes. Six communistes étaient morts de blessures par balle, 32 par inhalation de fumées et 10 autres en se jetant dans le vide pour échapper aux flammes.

Mercredi s’est conclu à Tchornomorsk (région d’Odessa) le procès non pas des incendiaires et des assassins, mais de 20 antifascistes qui s’étaient affrontés aux fascistes dans les rues de la ville l’après-midi. Cinq des accusés – Serhiy Dolzhenkov, Serhiy Korchynskiy, Vladyslav Romaniuk et les citoyens russes Evgeniy Mamedov et Maksim Sakaulov ont été libérés. Accusés d’organisation d’une émeute, le tribunal a déclaré que l’accusation n’avait pas établi leur culpabilité. Mais les membres du Service de sécurité de l’Ukraine sont entrés dans la salle d’audience lorsque l’acquittement a été annoncé, et ont ré-arrêté deux d’entre eux (Serhiy Dolzhenkov et Evgeniy Mamedov). Ils sont maintenant accusé d’avoir voulu attenté à l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine. A l’extérieur du tribunal, des dizaines de paramilitaires fascistes ont manifesté contre l’acquittement et se sont heurté au service d’ordre.

Le procès de Tchornomorsk

Le procès de Tchornomorsk

Ce 21 mai, à Vinnitsa (Ukraine occidentale), le SBU a arrêté et emprisonné Ian Bondarchuk, 73 ans, coordinateur de la SLS (Union des Forces de la Gauche, un nouveau parti qui a émergé après les interdictions contre les partis communistes). Il est inculpé en vertu de l’article 110 (“trahison contre la mère patrie”) et risque 15 ans de prison, probablement en représailles à la manifestation du 9 mai qu’il a contribué à organiser. La manifestation du 9 mai, “Actions pour le Régiment Immortel”, était en mémoire des morts de la seconde guerre mondiale. Des dizaines de milliers de personnes portant les photos de leurs parents décédés sont venus de toute l’Ukraine pour manifester, certains portant avec eux des banderoles rouges interdites et il y avait eu de nombreuses arrestations (voir notre article) .

Une affaire similaire avait visé un autre Bondarchuk, Alexander, à Dnepropetrovsk. C’est un éditeur communiste du journal Rabochaya Klass (Classe ouvrière). Il a fait un an de prison entre 2014 et 2015 et est à présent interdit de quitter le territoire.

Manifestation du 9 mai

Manifestation du 9 mai

En avril 2015, l’Ukraine avait voté une loi de “décommunisation” visant l’interdiction des symboles communistes. En ce compris, “le marteau et la faucille”, l’hymne et le drapeau soviétique, etc. En juillet, ce sont trois partis d’héritage communiste qui étaient interdits d’élection.

Un premier procès visant un étudiant de 18 ans vient de le condamner à une peine de “liberté surveillée” pour avoir publié des symboles et slogans concernant Lénine sur sa page Facebook. L’étudiant n’est pas même membre d’un parti. Théoriquement, cette loi (l’article 436-1) peut donner lieu à des condamnations allant jusqu’à 10 ans de prison, mais l’Ukraine tente une “phase de tests” progressive pour éviter des appels devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Parmi les “preuves” saisies et à détruire par la police et mentionnée dans le verdict (disponible ici), on trouve, 5 vestes de pluie, “le Capital” de Marx, 5 drapeaux, 19 t-shirts, 7 casquettes, 5 CD,…

A Kharkiv en 2014, une manifestation d’extrême-droite détruit une statue de Lenine

A Kharkiv en 2014, une manifestation d'extrême-droite détruit une statue de Lenine

Le 72e anniversaire de la victoire sur le fascisme nazi en Ukraine a été marquée par des affrontements et des arrestations. Fascistes et policiers ont provoqués de nombreux incidents. Quelque 50.000 personnes ont participé aux diverses célébrations à l’occasion de la Journée de la Victoire. A Kiev, quelques 3000 personnes ont marticipé à la marche du “Régiment immortel” une tradition qui consiste à défiler avec la photo d’un parent mort en combattant l’envahisseur nazi. Des affrontements ont eu lieu avec les néo-nazis qui voulaient bloquer le défilé – il y a eu plusieurs blessés et arrestations.

Les police est régulièrement intervenue contre des manifestants arborant le symboles traditionnels, le ruban de Saint-Georges et la Bannière de la Victoire, un drapeau interdit en Ukraine depuis 2015. Des dizaines de porteurs de ces symboles ont été arrêtés dans toute l’Ukraine et notamment à Kharkov, à Odessa, à Mykolaïv, à Jitomir, à Melitopol et à Dnipro (anciennement Dnipropetrovsk).

Grenade fumigène jetée par les fascistes sur le défilé à Kiedv

Grenade fumigène jetée par les fascistes sur le défilé à Kiedv

Andrei Sokolov est un antifasciste russe qui avait été enlevé entre avril et octobre 2016 et détenu clandestinement par les services spéciaux ukrainiens. Nous avions fait campagne pour sa libération à l’époque, retrouvez notre dossier ici. La Russie a récemment décidé d’ouvrir une enquête sur l’enlèvement de Sokolov et d’autres ressortissants russes, Andrei a été interrogé à cette occasion. De son côté, Andrei avait décidé de porter plainte auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), une telle plainte doit être déposée dans les six mois, Andrei avait donc jusqu’au 14 avril. Andrei a choisi de passer par le SIJ (Stichting Justice Initiative, une organisation de défense des droits de l’homme néerlandaise) pour déposer cette plainte, cette organisation lui avait été recommandée par un journaliste et il n’avait pas les moyens de payer lui-même un avocat pour déposer cette plainte. Andrei a donc déposé tous les papiers nécessaires ainsi que son témoignage en décembre, mais le SIJ n’a pas déposé la plainte par agenda politique (privilégiant les affaires contre la Russie que contre l’Ukraine). Lorsque Andrei s’est rendu compte que quelque chose n’allait pas, il n’avait plus que deux semaines pour déposer sa plainte, il a finalement pu la déposer à temps.

Donbass: Ouverture de deux enquêtes sur l’enlèvement de Andrei Sokolov