Sous-catégories

Inde-Népal 1890

Le bandh (grève générale) de 72 heures appelé par le Comité Populaire contre les atrocités de la police (PCPA) a conduit à la cessation de toute activité dans Jhargram (Bengale occidental, district Midnapore), où les magasins, les écoles et les transports ont cessé leurs activités pour protester contre la répression policière.

Au moins trois paramilitaires, dont un officier, ont été tué dans la destruction de leur véhicule par une charge explosive placée sur le côté de la route et déclenchée par les guerilleros maoïstes dans le Malkangiri, dans le sud d’Orissa. Cette attaque est la troisième de la guérilla dans le Malkangiri en quelques jours. Ils ont aussi détruit une maison réservée aux invités d’une entreprise sidérurgique et un pont.

Depuis hier, des milliers de militants maoïstes manifestent à Katmandou dans ce qui est le plus grand rassemblement organisé depuis qu’ils ont perdu le pouvoir en mai dernier. La police a évalué leur nombre à 16.000 tandis que les maoïstes citent le chiffre de 200.000. Jeudi, ils ont bloqué les bâtiments du gouvernement au centre de la capitale, scandant des slogans contre le nouveau gouvernement de coalition et arborant des drapeaux rouges. Ce vendredi, la mobilisation reste très active.

Plus de 2.000 policiers anti-émeutes ont été déployés dans la capitale et ceux-ci ont fait usage de la force lors de la tentative des manifestants d’accéder aux bâtiments gouvernementaux. Ces violences auraient fait une vingtaine de blessés selon un responsable maoïste.

Manifestation maoïste au Népal

Manifestation maoïste au Népal

Dossier(s): Archives Inde-Népal Tags: ,

Au moins vingt-trois personnes ont été tuées au cours de combats entre l’armée philippine et la guérilla communiste dans le sud de l’archipel. Au moins dix militaires, un policier ainsi qu’un responsable de la sécurité du site ont également été blessés. La guérilla communiste a lancé, mercredi, une attaque contre un site d’exploitation de bois à Mindanao, tuant douze personnes dont huit soldats.

Des soldats américains ont participé à des opérations de combat dans la grande île de Mindanao. Quatre incidents distincts ont été recensés. Vers la mi-février et début juillet, les soldats américains ont été vus participer à des opérations de combat dans Quezon, Bukidnon. Ces troupes, avec une unité des Forces Armées Philippines (AFP), ont engagé une fusillade avec une unité de la Nouvelle Armée Populaire (New Peoples Army, maoïste, photo). En avril et à nouveau en septembre, les militaires américains ont également été observés avec des soldats de l’AFP à Valence et Malaybalay demandant aux résidents locaux les emplacements possibles de la NPA et menaçant des civils dans la région. Ces rapports fournissent une preuve supplémentaire que les soldats américains appartenant à la Joint Special Operations Task Force (JSOTF)-Philippines ont rejoins les unités AFP engagés dans des opérations contre-révolutionnaire dans l’île.

La participation croissante des troupes américaines dans les opérations de combat contre les insurgés musulmans de les zones Moro sont devenus encore plus fréquentes. En septembre dernier, au moins deux soldats américains ont été tués dans une attaque armée contre un convoi de soldats américains en Indangan, Sulu. Plus tôt au cours de ce mois, les troupes américaines dans une réaction instinctive à une explosion d’une grenade à proximité ont tiré sans discernement sur le port de Jolo, Sulu, endommageant les docks et une mosquée à proximité.

Hier lundi, des fusillades ont eu lieu entre maoïstes et forces de sécurité à trois endroits du district de Midnapore. Elles auraient duré entre trois et quatre heures, mais les lieux exacts de leur déroulement ainsi que leurs conséquences ne sont pour l’instant pas connus. Le gouvernement s’est empressé d’annoncer que 3.500 nouveaux agents de police ont été nommés à travers le pays. Ces forces seront déployées dans la zone de Jangalmahah, mais également à nouveau dans des zones civiles.

Ce mardi, sept guérilleros maoïstes ont été tués lors d’une fusillade avec les forces de sécurité dans le district de Dantewada. Selon la police, une des victimes aurait été identifiée comme étant Nandu, commandant d’une section militaire des maoïstes. Sur le lieux du combat, les forces de sécurité auraient récupéré deux fusils .303, un revolver, une arme automatique ainsi que des explosifs.

Quatre paramilitaires ‘jawans‘ de l’Eastern Frontier Rifle (EFR)ont été tué dans un assaut surprise tandis qu’ils patrouillaient près du bazar Gidhni dans la subdivision Jhargram du Midnapore occidental, tard dans la nuit de dimanche à lundi. L’attaque est survenue quelques heures après que le Premier ministre du Bengale, Buddhadeb Bhattacharjee, ait juré de combattre l’insurrection maoïste dans l’Etat. Bhattacharjee a exclu tout pourparler avec les maoïstes dans la région, et a affirmé qu’une opération serait bientôt lancée. Le dirigeant maoïste Koteshar Rao Kishanji a revendiqué l’exécution des quatre paramilitaires. ‘Nous avons abattus quatre jawans parce qu’ils avaient torturé d’innocents écoliers qui avaient manifesté dans le secteur samedi, en exigeant que les forces répressives quittent les institutions éducatives‘.

Au moins deux personnes ont été tuées et 100 autres blessées samedi à Dacca, après que la police bangladeshie eut ouvert le feu contre des milliers d’ouvriers de la confection qui protestaient contre des salaires impayés, a-t-on appris de source policière. Il s’agit des plus graves incidents dans un conflit social depuis que la crise économique a frappé le Bangladesh.

Les deux personnes ont été tuées dans la zone industrielle de Tongi, 40 km au nord de la capitale, après qu’environ 15.000 ouvriers ont commencé à lancer des pierres sur la police qui a répliqué, selon elle, par des tirs de balles en caoutchouc. Mais selon un responsable de l’hôpital universitaire de Dhaka, Abdul Baten, ‘tous les blessés ont été atteints par des tirs à balles réelles, et certains sont dans un état grave‘. Plusieurs policiers ont été blessés ainsi qu’une centaine de manifestants, dont neuf ont été transportés à l’hôpital.

Les ouvriers, qui ont érigé des barricades et incendié des véhicules, exigeaient le paiement de trois mois de salaire de la part de leur employeur, la Nippon Garments, une entreprise bangladeshie qui a fermé ses portes en invoquant la chute de son carnet de commandes. L’industrie de la confection, qui emploie 40% de la main-d’oeuvre industrielle du pays, a rapporté 80% des 15,5 milliards de dollars d’exportation du Bangladesh l’an dernier. En juin, environ 50.000 ouvriers s’étaient affrontés à la police lors de manifestations contre des salaires impayés ou réduits, faisant des dizaines de blessés.

La vaste opération contre les bases de la guérilla maoïste a repris la semaine dernière dans le district de Gadchiroli, largement occupé par les naxalites. 18 compagnies des forces paramilitaires centrales (CPMF – Companies of Central Paramilitary Forces) ont été déployées dans les zones identifiées pour l’offensive à la jonction triangulaire des districts Maharashtra-Andhra Pradesh-Chhattisgarh. Les commandos CPMF ont commencé leurs recherches en coopération avec les forces de sécurité des zones concernées. Les 1.800 hommes sont arrivés sur place mercredi dernier et se sont positionnés pour leur déploiement.

L’Opération Green Hunt est définie par les autorités comme étant à l’opposé total de l’Opération Lalgargh (photo), qui s’était soldée il y a peu par un cinglant échec des forces de sécurité. L’objectif officiel est de pénétrer les zones occupées afin de les ‘nettoyer’ et de les maintenir pour que d’autres agences gouvernementales puissent commencer un travail de ré-implantation des instances de l’Etat. Les autorités prévoient une opération de deux ans, laps de temps nécessaire afin de convaincre ‘le coeur et l’esprit du peuple’. Chaque commando CPMF a d’ores et déjà entamé les recherches visant les maoïstes en collaboration avec les SAG (Special Action Group) et des équipes d’action spéciales anti-naxalites de l’agence de sécurité de l’Etat. Les compagnies CoBRA (Commando Battalion for Resolute Action) pourraient être appelées en renfort. La perspective d’un déploiement d’hélicoptères pour les opérations de secours des troupes est également évoquée.

Opération Lalgargh

Opération Lalgargh

Le premier volet de l’opération Green Hunt annoncée par le gouvernement indien et présentée comme une gigantesque action contre la guérilla s’est déroulée, comme prévu, à la fin de du mois de septembre. Une équipe d’enquête s’est rendue dans les villages où sont passées les forces de sécurité afin de se rendre compte de ce qui s’est réellement passé sur place, notamment le 17 septembre et le 1 octobre.

Le fait que durant ces deux jours, les forces de l’ordre ont effectué des saccages impressionnants, ont tué, pillé et brûlé des maisons est l’autre face de cette opération ‘Green Hunt’, face cachée à l’opinion publique par le gouvernement. L’équipe, à qui les camps de police situés sur la route menant à ces villages a longtemps refusé la permission de passage a finalement pu se rendre à Nendra (un village réhabilité). Elle a pu y rencontrer des témoins et des victimes de plusieurs villages pris d’assaut. Son rapport constitue un recueil de faits:

Le 17 septembre, six villageois ont été assassinés par les forces de sécurité à Gachanpalli, après avoir été torturés, parfois devant témoins. Toutes les maisons ont été pillées, détruites puis brûlées. Les familles se sont réfugiées dans la forêt ou se sont abritées chez des parents. Un jeune homme de Singanpalli, parti travailler le matin du 17 a disparu. Deux jours plus tard, un habitant d’un village voisin informait la famille que le garçon avait été tué par balle par les forces de sécurité et que son corps avait été brûlé. Un vieillard faisait paître son bétail le même jour. Il a été capturé, battu et traîné dans le village. Les forces de sécurité l’ont pendu à un arbre, au-dessus d’une bassine d’huile bouillante dans laquelle elles l’ont lâché la tête la première. Après l’en avoir sorti, elles l’ont aspergé d’eau, entraînant de graves brûlures. Six villageois, dont trois femmes, ont été attachés et exhibés dans les villages traversés par les forces de sécurité. Toutes les familles touchées par les massacres, les tortures et dont les maisons ont été brûlées ont fui leur village et se sont réfugiées dans la forêt. Les conditions de ceux qui sont restés ne sont pas meilleures, les villages entiers ayant été terrorisés par les forces de l’ordre.

L’opération du 1er octobre s’est soldée par le meurtre par les force de sécurité de neuf villageois à Gompad. Leurs corps ont été abandonnés sur place. Lorsque les membres des familles ont souhaité récupérer les corps, on leur a signifié que les ‘naxalites’ les avaient emportés. L’équipe d’enquête a recensé pas moins de dix meurtres pour la date du 1er octobre, mais craint qu’il n’y en ai eu beaucoup d’autres, car de nombreux villages n’ont pu être contactés. Dix jeunes hommes ont également été enlevés ce jour-là et se trouvent actuellement en prison. Le 1er octobre a également été le théâtre de nombreux pillages, destructions d’habitations, essentiellement incendiées. Des témoins rapportent de nombreux cas de harcèlement de la part des forces de sécurité.

L’équipe d’enquête n’a pu rencontrer que quelques villageois et témoins, ce qui laisse supposer que l’ampleur des faits perpétrés par les forces de sécurité est beaucoup plus grande, que ce soit pour le nombre d’assassinats que pour les cas de tortures et de détentions. Ce qui est clair, c’est que les opérations conduites par les forces de sécurité ont forcé les villageois à la fuite. Le gouvernement, sous le couvert du combat contre les maoïstes, laisse libre court aux forces paramilitaires meurtrières.

Un nouveau volet de l’opération Green Hunt devrait débuter en novembre, il sera coordonné depuis New Delhi et impliquera des dizaines de milliers de paramilitaires. Ce seront les forces de sécurité régionales qui constitueront les premières lignes de l’opération. Le déploiement de gardes frontières d’élite ainsi que l’apport d’un appui logistique et d’importante ressources ont été promis par le gouvernement central. Cette action permettrait de redonner confiance aux États engagés depuis des années dans une lutte anti-insurrectionnelle qui s’avère impuissante.

Villageois victime de la contre-guérilla

Villageois victime de la contre-guérilla