Un rassemblement est appelé le mercredi 18 février à 12h30 devant le Tribunal judiciaire de Paris (métro Porte de Clichy) en soutien à Teba, étudiante à Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, convoquée au tribunal. Elle est visée après avoir exclu d’un groupe Instagram des étudiants relayant des publications de l’armée israélienne, dans un contexte de génocide à Gaza. Ses soutiens dénoncent un harcèlement mené par des organisations sionistes et d’extrême droite et affirment la légitimité de la solidarité avec la Palestine.
Le 20 janvier 2026, le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi modifiant la législation anti-squat issue de la loi « Kasbarian-Bergé » de 2023. Porté notamment par la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone et soutenu par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, le texte remplace dans l’article 38 de la loi DALO la conjonction « et » par « ou », permettant de déclencher la procédure d’expulsion administrative dès lors qu’un occupant s’est introduit illégalement ou se maintient sans droit ni titre. La procédure accélérée, validée par le préfet sous 48 heures puis exécutée sous 24 heures, serait en outre étendue aux locaux commerciaux, agricoles et professionnels, tout en excluant les litiges locatifs classiques avec bail en cours. Le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale.
Le samedi 14 février, plus de 130 personnes se sont réunies à l’Université Toulouse Jean Jaurès pour une discussion autour de l’abolition de la prison et du système pénal en lien avec la construction de perspectives révolutionnaires avec la sociologue et militante Gwenola Ricordeau à l’occasion de la sortie de son livre « Tant qu’il y aura des prisons ». La soirée a débuté par un hommage à Frédéric Grochain, détenu Kanak déporté en France après le soulèvement populaire de mai 2024 en Kanaky, décédé le 6 février dernier à la prison de Varennes-le-Franc. Les participant·es ont exprimé leur solidarité avec sa famille, ses proches et ses camarades, notamment en participant à une caisse de soutien pour financer ses obsèques (voir ici).
La soirée a permis de poursuivre la discussion initiée lors de l’ACAB Party organisée en décembre dernier à la Chapelle par le Secours Rouge Toulouse, interrompue par l’interdiction du maire Jean-Luc Moudenc (voir notre article). Gwenola Ricordeau a abordé les slogans abolitionnistes et la critique des catégories traditionnelles de « crimes » et « criminels », dans une réflexion sur la manière de transformer l’intuition que la prison n’est pas la solution en une critique structurée et révolutionnaire du système pénal. Par ailleurs, elle est revenue sur la nécessité de construire un féminisme anticarcéral et de lier la remise en cause de la prison à la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme.
À Paris, près de la Place des Fêtes dans le 19e arrondissement, les soutiens du bar associatif et cantine solidaire Le Baranoux fait l’objet d’une campagne solidaire (voir ici) pour empêcher son expulsion décidée par le propriétaire, qui souhaite transformer les locaux en bureaux. Géré par des bénévoles depuis octobre 2024, le lieu propose conférences, événements engagés, bibliothèque partagée, gratuiterie etc. Plus largement, ses soutiens alertent sur la disparition des tiers-lieux populaires à Paris, fragilisés par des politiques de gentrification.
Une manifestation est annoncée le 22 février à 16h, Place de la Providence, à Marseille, pour dénoncer les conditions d’enfermement et les projets d’extension de la Prison des Baumettes ainsi que la nouvelle structure de haute sécurité du Centre pénitentiaire d’Aix-Luynes. Les organisateurs entendent aussi protester contre les rafles, le harcèlement policier dans les quartiers populaires et l’isolement des détenus, tout en affirmant leur solidarité avec les prisonniers et leurs proches confrontés aux conséquences sociales et humaines de l’incarcération.
Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête après l’incendie d’un mannequin représentant le leader d’extrême droite Jordan Bardella lors d’un carnaval traditionnel à Hasparren le 7 février. Les faits, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, pourraient relever d’infractions telles que l’outrage à une personne investie d’un mandat public, la provocation à la violence ou la menace envers un élu. Cette action s’inscrit dans la tradition carnavalesque de Zan Pantzar, attestée depuis au moins le XVIᵉ siècle, où un mannequin symbolique est jugé puis brûlé pour marquer la fin d’un cycle annuel.
L’Union Juive Française pour la Paix fait l’objet depuis août 2025 d’une enquête du Parquet national antiterroriste pour des soupçons de « financement du terrorisme » et d’« association de malfaiteurs terroriste », à la suite d’une plainte déposée parl’association CHAR (Contre la Haine, l’Antisémitisme, le Racisme). La procédure porte notamment sur une collecte d’environ 600 000 € destinée à soutenir des projets agricoles et humanitaires à Gaza. L’association affirme que les fonds visaient des infrastructures civiles et dénonce un amalgame entre solidarité internationale et soutien au terrorisme, tandis que l’affaire s’inscrit dans un climat de répressions croissantes autour des mobilisations pro-palestiniennes en France.
Le 6 février 2026, Frédéric Grochain est décédé à 31 ans au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, où il était incarcéré depuis juin 2024 après les soulèvements en Kanaky. Retrouvé mort dans sa cellule, officiellement de causes naturelles, son décès soulève des interrogations sur sa prise en charge médicale en détention. Ce drame met en lumière la dureté des politiques de déportation : Frédéric Grochain est mort loin de sa famille et de sa terre natale de Ponérihouen, malgré les demandes répétées de rapatriement de son avocate. Au-delà de ce cas, cet événement tragique relance les revendications pour la justice et le retour immédiat de tous les prisonniers Kanak déportés, tout en dénonçant les conditions d’enfermement en France et au camp Est de Nouméa.
Le Tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné 7 des 13 prévenus jugés pour leur implication présumée dans les émeutes de fin 2021 en Guadeloupe, avec des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme, bien inférieures aux réquisitions du parquet, tandis que six accusés ont été relaxés. Le jugement souligne les fragilités de l’enquête, largement fondée sur des écoutes téléphoniques, et confirme le net affaiblissement de l’accusation au fil des audiences. La peine la plus lourde vise Didier Laurent, policier reconnu coupable de violation du secret professionnel pour avoir transmis des informations aux prévenus, condamné à deux ans de prison et interdit définitivement d’exercer.
Le 11 février, plus de 200 étudiants des Beaux-Arts de Paris se sont rassemblés pour soutenir deux camarades menacés d’exclusion après des actions de soutien à la Palestine. Malgré l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la direction, la solidarité s’est étendue à d’autres établissements artistiques, notamment la Haute école des arts du Rhin et plusieurs écoles à travers le pays, où performances et actions symboliques ont été organisées pour dénoncer les sanctions et défendre la liberté d’expression et d’organisation des étudiants.
Le 11 février, plus de 200 étudiants des Beaux-Arts de Paris se sont rassemblés pour soutenir deux camarades menacés d’exclusion après des actions de soutien à la Palestine. Malgré l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la direction, la solidarité s’est étendue à d’autres établissements artistiques, notamment la Haute école des arts du Rhin et plusieurs écoles à travers le pays, où performances et actions symboliques ont été organisées pour dénoncer les sanctions et défendre la liberté d’expression et d'organisation des étudiants.