Les migrants en lutte hébergés au centre Pernety avaient entamé une grève de la faim le 11 août au soir pour protester contre leurs conditions d’hébergement et l’absence de leur prise en charge administrative (aucun suivi de leur dossier de demande d’asile). Dans l’après-midi du 12 août quatre soutiens sont venus exprimer leur solidarité. A cette occasion les migrants ont demandé à voir des représentants de la mairie de Paris et de l’Ofpra. Devant l’absence d’interlocuteurs ils ont décidé d’occuper le centre, sans empêcher qui que ce soit de quitter les lieux si ils le souhaitaient.

La police est entrée par la force et a procédé à l’arrestation des quatre soutiens présents. Ils sont en garde à vue depuis 48h hier, l’un d’entre eux est un migrants demandeur d’asile. Ces arrestations font suite à une plainte pour une « séquestration ». Ils ont été déférés. Un rassemblement de solidarité a eu lieu ce samedi 15 août au Lycée Guillaume Budé, à Paris.

La société 2Thello (à laquelle la Mairie de Paris a cédé la gestion des toilettes parisiennes, et qui gèrait déjà 150 installations) refuse toujours d’appliquer la convention collective des entreprises de propreté qui l’oblige à garder les 11 salariées sous contrat au moment où elle a repris le marché et ce aux mêmes conditions. Le 12 août, l’entreprise néerlandaise a demandé l’intervention des CRS pour déloger les grévistes qui occupent les locaux du 1, rue Lamarck dans le XVIIIème arrondissement. Si les forces de l’ordre se sont effectivement déplacées, elles n’étaient pas intervenues en milieu d’après-midi.

Loin d’être intimidés par l’arrivée des forces de l’ordre, les salariées, qu’une cinquantaine de collègues d’autres sociétés de nettoyage sont venus soutenir, ont décidé de renforcer leur mobilisation et prévoient de nouvelles manifestations devant d’autres toilettes gérées par 2Thello, comme dans certaines gares parisiennes.

Les grévistes de Theloo

Les grévistes de Theloo

Dossier(s): Archives France

Une journée de l’événement ‘Paris Plages’ est dédiée cette année encore à Israël en étant baptisé ‘Tel-Aviv sur Seine’. De nombreuses associations de soutien au peuple palestinien ont appelé à l’action ce jeudi. L’événement se produit quelques temps après qu’un bébé palestinien ait été brûlé par des colons israéliens (et un nombre incalculable d’autres cruautés en tous genres). Un ‘Gaza sur Seine’ est organisé non loin de Tel Aviv sur Seine, et 500 policiers et gendarmes seront déplacés à l’événement sioniste, les sacs et les personnes seront fouillées à l’entrée, etc… De quoi augmenter le réalisme de l’événement.

Police et palmiers à Tel-Aviv sur Seine.

Police et palmiers à Tel-Aviv sur Seine.

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La CGT a appelé à un rassemblement, mardi 11 août au matin, devant la direction générale du centre hospitalier régional de Lille. En cause, la convocation, le jour même, au commissariat de police d’un délégué syndical. Lors d’un mouvement de grève, en février dernier, du matériel, notamment de vidéosurveillance, avait été dégradé. La direction avance le chiffre de 27.000 € de dégâts. De son côté, le syndicat ne comprend pas comment on peut ainsi attaquer nommément un représentant syndical. Les deux parties sont finalement tombées d’accord dans la journée : la plainte a été retirée et le syndicat s’est engagé à ne plus avoir recours à « pareil débordement ».

Devant la direction générale du centre hospitalier régional de Lille

Devant la direction générale du centre hospitalier régional de Lille

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Depuis les révélations Snowden, les géants d’Internet -en particulier Google et Apple- ont implémenté plusieurs fonctionnalités de sécurité sur les smartphones et tablettes qu’ils vendent. Notamment, les smartphones sous Android et iOS peuvent à présent être chiffrés de façon assez efficace, il est alors difficile de récupérer les données sans la clé secrète. Les autorités compétentes en matière de justice se sont indignées ces derniers mois aux Etats-Unis, mais également en Espagne et en Grande-Bretagne. Le procureur de Paris rejoint ses homologues en co-signant une tribune dans le New-York Times aux-cotés de ses collègues européens et américains, accusant les géants du net de fournir des outils à des ‘terroristes’, faisant miroiter l’affaire Charlie Hebdo sans qu’on ne sache si les téléphones ont joué un rôle ou entravé l’enquête. C’est la première fois qu’un officiel français prend part à ce débat. Non seulement la sécurité informatique est à présent plus ‘populaire’, elle est devenue un argument de vente pour la plupart des entreprises technologiques.

En 1990, à l’aube de l’ère numérique, le gouvernement américain avait voulu passer des lois pour forcer les constructeurs informatiques à installer une puce qui aurait permis aux autorités d’accéder à n’importe ordinateur. L’idée a été abandonnée pour plusieurs raisons qui sont toujours valables aujourd’hui, l’une d’elle est qu’il est impossible d’avoir un parc informatique mondial qui fonctionne correctement si on diminue sciemment son niveau de sécurité.

Il faut toutefois nuancer les propos des autorités qui ont très probablement bien plus accès aux données qu’elles ne veulent bien le dire, et aux propos des géants du net qui donnent probablement bien plus accès que ce qu’ils veulent bien avouer. Ces petits jeux de communications (dont Snowden avait déjà parlé) permettent aux géants du net de se faire une bonne publicité et aux renseignements de demander plus de surveillance. Difficile de savoir quelle est cette part de ‘communication’.

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Les huit personnes poursuivies dans ‘l’affaire Tarnac’ (sabotages de lignes TGV en 2008) ont été renvoyées en correctionnelle hier par Jeanne Duyé, la juge d’instruction antiterroriste en charge du dossier. Cette dernière n’a donc pas suivi le parquet qui demandait que la circonstance aggravante ‘d’entreprise terroriste’ soit retenue à l’encontre de trois des inculpés. Ceux-ci sont renvoyés en procès pour ‘association de malfaiteurs’. Le parquet a maintenant cinq jour pour faire appel. Par ailleurs, quatre autres personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de donner leur ADN et, pour deux d’entre elles, pour ‘falsification de documents administratifs’.

Perquisitions à Tarnac le 11 novembre 2008

Perquisitions à Tarnac le 11 novembre 2008

Dossier(s): Archives France

Parmi les « lanceurs de balles de défense », le plus connu est le flashball introduit en France en 1995. Il a été progressivement remplacé au fil des ans par le LBD (censé être plus précis), mais le terme « flashball » continue cependant d’être communément utilisé. Critiqué pour son imprécision et la gravité des blessures qu’il provoque, il occasionne de dramatiques mutilations lorsque certaines zones sensibles du corps sont touchées (visage, parties génitales, etc). Plus d’une quarantaine de graves blessures ont été recensées ces dernières années en France, ainsi qu’un décès après un tir en plein thorax. En mai dernier, l’Inspection générale de la police nationale – la police des polices – reconnaissait elle-même « un problème » avec « les armes de force intermédiaire de type LBD et flashball » (voir notre article sur ce rapport)

Dernièrement, un adolescent de 14 ans a été très gravement blessé au niveau des testicules, ce qui a provoqué l’intervention du Défenseur des Droits. Celui-ci a recommandé d’interdire purement et simplement le flashball lors des manifestations publiques et réclame, plus globalement, un moratoire général sur son usage. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a qualifié mardi de « contre-productif » un tel moratoire : « Nous ne pouvons pas (…) nous permettre de désarmer nos forces de l’ordre ». Le ministère n’exclut toutefois pas une « adaptation de [sa] doctrine d’emploi ».

Un tir au flash-ball à Nantes, en 2009

Un tir au flash-ball à Nantes, en 2009

La gendarmerie vient de lancer un double appel d’offres pour sélectionner deux séries de drones de surveillance et d’observation à livrer en fin d’année. Depuis plusieurs mois, les gendarmes testaient l’usage de ces engins dans leur centre d’entraînement de Saint-Astier (Dordogne). L’arrivée de ces drones intervient dans la perspective, voulue par le ministre de l’Intérieur, de filmer toutes les opérations de maintien de l’ordre. Ces engins à la signature discrète permettront de limiter l’emploi des hélicoptères pour des missions où leur utilisation n’est pas une nécessité, et surtout de les préserver. Sans parler de la réduction des coûts: un hélicoptère EC 145 représente une dépense d’environ 4700 € l’heure en exploitation, pour quelques centimes au drone. Les drones sont dévolus au renseignement pour comprendre les mouvements d’une foule et savoir où engager les forces.

Sur un plan technique, ce seront des microdrones grand public de type quadrirotor à décollage vertical et à propulsion électrique, pourvus d’un système de retour automatique sur leur point d’envol en cas d’incident. Tous seront équipés de caméras avec un zoom grossissant 10 fois, capables d’effectuer des observations à faible niveau de lumière. Le système permettra la visualisation simultanée de la vidéo d’observation et de toutes les informations qui facilitent la bonne interprétation des images. Ces images pourront être enregistrées sur un fichier et horodatées, et même géolocalisées pour les besoins d’une enquête judiciaire, par exemple. Des données cartographiques très précises devront y figurer. Le pilote du drone verra en direct ce que le drone filme. L’autonomie de vol pourrait atteindre les deux heures. Cinq autres drones, dits haut de gamme, sont aussi en cours d’acquisition. Egalement équipés de caméra et d’un système d’enregistrement des images avec géoréférencement avec cette qualité supplémentaire: ils devront être difficilement détectables.

Suite aux attentats de janvier (qui avaient notamment fait une victime policière municipale à Montrouge), le ministre français de l’intérieur avait annoncé la mise à disposition d’armes de poing pour équiper les polices municipales qui en feraient la demande. Le 29 mai, cette promesse a pris la forme d’une circulaire ministérielle envoyée à tous les préfets. 4.000 revolvers type Manurhin MR73 (de calibre 357 magnum), anciennement utilisés par la police nationale, pourront être remis aux communes, à leur demande, pour une durée de cinq ans, « et à titre expérimental ». Une mise à disposition gratuite, mais dont l’entretien reste à la charge des municipalités.

Le Manurhin MR73 (de calibre 357 magnum)

Le Manurhin MR73 (de calibre 357 magnum)

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Un assistant parlementaire (ex-secrétaire général CGT dans le Calaisis) et deux responsables du Syndicat maritime Nord, majoritaire au sein de la Scop SeaFrance, qui exploitait les navires MyFerryLink, propriété d’Eurotunnel, sont cités à comparaître devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour des dégradations en juin sur le site du tunnel sous la Manche. La société France Manche, qui appartient à Eurotunnel et qui est concessionnaire français du tunnel sous la Manche, leur reproche d’avoir pénétré sur le site du tunnel et d’avoir participé aux actions des marins les 23 et 30 juin derniers, avec des dégradations et des barrières déplacées. Selon l’assignation, il est demandé que les trois personnes visées « soient conjointement et solidairement condamnés à verser à la société France Manche, une provision de 300.000 euros ». Les préjudices sont estimés à 700.000 euros.

La situation dans le Calaisis est tendue depuis fin juin avec des opérations coups de poing menées par des marins en colère de la Scop SeaFrance, protestant contre le contrat d’affrètement de navires signé entre Eurotunnel et DFDS. Fin juin, ils sont parvenus à bloquer le port de Calais et le tunnel sous la Manche, paralysant aussi le trafic des trains Eurostar.

Les marins grévistes de MyFerryLink bloquant les voies de l'Eurostar

Les marins grévistes de MyFerryLink bloquant les voies de l’Eurostar

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