1.300€ de dons ont déjà été convertis en divers produits Celox (sachets de poudres, « seringues » remplies et pansements traités). Pour participer vous aussi à cette campagne, n’hésitez pas à faire un virement.

En tout: 2.400€ ont déjà été récoltés, 500$ ont été remis au Bataillon International de Libération, 1.300€ convertis en Celox.

Toutes les infos sont sur http://rojava.xyz/

Premier achat de Celox.

Premier achat de Celox.

Une troisième journée de bombardements turcs a eu lieu ce 15 février dans le Canton d’Afrin, au Rojava, tuant et blessant des dizaines de personnes et forçant des centaines d’autres à la fuite. L’armée turque pilonne les positions des QSD, et spécifiquement celles de ces principales composantes, les YPG et Jaysh al-Thuwar. Le Premier Ministre turc Davutoğlu a menacé à de nombreuses reprises les forces kurdes, en particulier que si les YPG restaient à Menbagh (voir notre précédent article), l’aéroport serait détruit, et que si les Kurdes d’approchaient de Azaz, ils en seraient délogés. Le spectre d’une intervention terrestre turco-saoudienne n’a jamais été aussi présent qu’à l’heure actuelle.

Malgré l’agression, les QSD enchaînent les libérations.Ce 14 février ils libéraient Kafr Naya, ce 15 février ils libéraient la ville de Tal Rifaat, un important bastion islamiste.

Situation dans le nord d'Alep au 1 février 2016.

Situation dans le nord d’Alep au 1 février 2016.

Prétextant une attaque venue du Rojava, l’armée turque a bombardé à coups de mortiers, et d’avions les positions des YPG et de Jaysh al-Thuwar (Front des Révolutionnaires, membre des QSD) dans le canton d’Afrin, à l’ouest du Rojava, du coté de la ville d’Azaz. Au moins deux civils ont été tués. Des drones survolent également le canton pour trouver et détruire l’artillerie lourde. Cette nouvelle attaque de la Turquie contre le Rojava fait suite à la récente avancée des forces kurdes à l’ouest de l’Euphrate, visant l’unification du Rojava. Voir notre précédent article.

L’armée turque a confirmé avoir bombardé plusieurs cibles appartenant aux QSD ainsi qu’à l’armée du régime syrien. Le président du PYD (Parti de l’Union Démocratique, dont émane les YPG) a déclaré que les YPG s’opposeraient à l’entrée de la Turquie en Syrie et que les QSD ne se retireraient pas du nord de la province d’Alep. Ces derniers jours, la Turquie a déclaré qu’elle était ouverte à une opération militaire terrestre aux cotés de l’Arabie Saoudite dans le nord de la Syrie.

Mise à jour 21:55 Le bilan des bombardements s’alourdit, 3 combattants des QSD ont été tués selon les forces en question alors que la Turquie prétend en avoir tué 37.

Vidéo après l’un des bombardements.

Bombardements à Menagh.

Bombardements à Menagh.

Dans les opérations actuelles d’unification du Rojava par les QSD, le front d’Afrin continue de progresser vers l’est, avec la prise de l’aéroport de Menagh, qui fut un temps un avant poste du régime syrien avant de tomber entre les mains des groupes islamistes. Les Forces Démocratiques se dirigent à présent vers Tall Rifat, ville sous contrôle de factions islamistes de l’armée syrienne libre, convoitée par les forces du régime et par l’Etat Islamique. Menagh serait le premier aéroport sous contrôle du Rojava.

Sur le front de l’Euphrate, les QSD continuent de rassembler leurs troupes à hauteur du barrage de Tichrin, préparant toujours les libérations difficiles de Manbij et de Jarabulus.

La carte complète du conflit syrien au 1er février 2016 est disponible ici.

Situation dans le nord de la province d'Alep au 10 février 2016.

Situation dans le nord de la province d’Alep au 10 février 2016.

Pour dénoncer le massacre commis par le régime Erdogan à Cizre, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de Turquie le 8 février à l’appel du Bloc de la Paix et d’organisations syndicales. A Istanbul et à Izmir, les forces de police ont violemment réprimé les manifestations. On compte une trentaine d’arrestations et de nombreux blessés à Istanbul et 49 arrestations à Izmir.

Dans la province quasi-autonome du Kurdistan irakien (KRG), le « Parti Démocratique du Kurdistan », dirigé par le clan Barzani règne sur le pétrole et sur le territoire. Depuis quelques mois, le KRG s’embourbe dans une crise économique malgré les millions de pétrodollars que la région est censée produire. Notamment, les fonctionnaires, ambulanciers, etc… avaient cessés d’être payés pendant des mois. Le gouvernement a présenté la semaine dernière un « plan » censé réinjecter 10 milliards de pétrodollars dans l’économie kurdo-irakienne. Ce plan ne semble pas convaincre tout le monde, et de nombreuses personnes se demandent où disparaît le pétrole, si ce n’est dans les poches du président Massoud Barzani.

Ce matin, une manifestation qui demandait à ce que les rapports sur l’exportation pétrolière soient publiés à été dispersée à Kirkuk.

Manifestation dispersée à Kirkuk

Manifestation dispersée à Kirkuk

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté hier dimanche 7 février devant les bureau de l’ONU à Erbil (Kurdistan d’Irak) pour dénoncer l’intervention militaire du régime d’Erdogan au Kurdistan. Les manifestants demandaient aussi la fermeture des bases militaires turques au Kurdistan d’Irak. Les forces de répression de Barzani, dirigeant féodal de la région autonome kurde d’Irak qui a noué de lucratives relations avec la Turquie, ont ouvert le feu pour disperser les manifestants. Selon les témoins, on compte plusieurs blessés.

Depuis 14 jours, 31 personnes sont emprisonnées dans la cave d’un building où elles s’étaient réfugiées face aux attaques de l’armée turque. 7 d’entre-elles sont décédées, 15 autres sont blessées. Les ambulances qui osent s’approcher pour leur venir en aide sont également attaquées par l’armée. Les espoirs s’amenuisent puisque aucune nouvelle n’a été reçue depuis cinq jours et que les secours ne peuvent s’approcher à moins de 300m.

Une situation identique pourrait avoir lieu dans le même quartier de la ville assiégée de Cizré. 37 personnes sont enfermées au premier étage d’un immeuble cerné par l’armée turque. Plusieurs d’entre-eux sont blessés, l’armée turque renvoie les ambulances qui tentent d’approcher.

Par ce procédé de « couvre-feu » (Cizré et Sur entrent dans leur 54ème jour de ce régime) l’état turc punit et réprime les villes rebelles du Bakuré, massacrant à coups d’artilleries lourdes, de snipers et de tanks des centaines de civils des villes insurgées. Les troupes de guérillas YPS et YDG-H résistent à l’agression turque en construisant des barricades, en creusant des tranchées et en s’attaquant à l’occupant.

Des militaires turcs appliquant le couvre-feu.

Des militaires turcs appliquant le couvre-feu.

Les forces de sécurité turques ont été attaquées par des combattants kurdes lors d’une opération qui visait à nettoyer les tranchées creusées par les insurgés Cizre. Un soldat et un policier ont été blessés et sont décédés ultérieurement à l’hôpital dimanche, a reconnu l’état-major turc qui revendique la mort de trois combattants du PKK dans le même combat.

A Cizre dans le quartier Cudi, il y a trois jours, des tirs au canon de char ont touché 25 personnes et ont fait 3 morts. Les blessés et les corps des morts se trouvent toujours prisonniers d’un immeuble qui continue à être la cible de bombardements de l’armée. Les 25 blessés dont 14 graves, ne peuvent pas être évacués à l’hôpital et les survivants essayent de leur apporter les premiers soins avec les moyens du bord. L’immeuble se trouve dans l’avenue de Caferi Sadık et les rescapés sont cachés dans la cave. Il s’agit d’une habitation, donc le matériel de secours est très limité, voire inexistant. Afin de stopper ou au moins ralentir les hémorragies pour les blessés, ils utilisent le coton des oreillers. Trois personnes ont succombé déjà à leurs blessures.

La ville de Cizre

La ville de Cizre