Après 245 jours de grève de la faim, le prisonnier politique Fikret Akar a obtenu gain de cause : il a été transféré de la prison d’isolement de haute sécurité de Çorlu-Karatepe, une prison de type puits, vers la prison de type F n°2 de Tekirdağ. Ce transfert constitue une nouvelle victoire dans la lutte menée depuis longtemps par des prisonniers révolutionnaires contre ces prisons qui imposent des conditions particulièrement inhumaines. Alors que son état s’était récemment aggravé et qu’il exprimait la crainte d’être nourri de force — affirmant préférer mourir plutôt que subir cette procédure —, sa demande a finalement été acceptée. Cette avancée fait suite à celle de Serkan Onur Yılmaz, qui a suspendu sa grève de la faim après 375 jours (voir notre article). Après ces victoires, l’attention se tourne désormais vers Ayberk Demirdögen et d’autres grévistes de la faim dont l’état est critique, tandis que l’appel à mettre fin aux prisons d’isolement reste central pour ces prisonniers et leurs soutiens.

Lors de la mobilisation organisée dans la soirée du 25 novembre à Taksim pour la Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, quatorze personnes ont été interpellées. Les organisatrices dénoncent une intervention policière visant deux personnes au motif qu’elles portaient un drapeau trans, ce qui aurait entraîné le nassage d’une cinquantaine de manifestantes et des fouilles forcées avant la dispersion. Certaines interpellées ont été conduites à l’hôpital avant leur transfert vers un commissariat.

Mardi 25 novembre à Istanbul, la police turque a mené une descente violente dans le centre culturel Idil Kültür Merkezi, où travaille le groupe musical Grup Yorum, et dans le foyer pour personnes âgées Sevgi Erdoğan Vefa Evi et des habitations privées. La police est entrée en brisant et incendiant des éléments du centre culturel et en saccageant le foyer pour personnes âgées, puis a arrêté neuf personnes : Turgut Onur, Hüseyin Kütük, Yeliz Kütük, Köksal Taş, Vedat Doğan, Şura Başer, Beyza Gülmen, Can Kaba, Barış Yüksel.

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À l’occasion du 25 novembre, la Journée internationale contre les violences sexistes et sexuelles, des prisonnières membres ou sympathisantes du TKP/ML ont publié une déclaration. Dans la déclaration envoyée au nom des Tutsak Partizanlar (Partisan·es prisonnier·es) depuis toutes les prisons, il est dit : « Nous, les femmes, sommes prêtes — et devons être prêtes — à retenir notre corps et notre âme dans le dernier et plus grand combat de la guerre de classes, qui est également la libération de toute l’humanité, afin de briser toutes les chaînes qui nous entravent. Nous n’avons jamais reculé, même un instant, dans la lutte contre ce système qui assombrit nos âmes, et nous ne reculerons pas. À toutes les époques de l’histoire, avec notre patience, notre volonté et notre résistance, nous n’avons jamais renoncé à écrire des épopées par des résistances qui ont fait des montagnes leur refuge, et nous ne renoncerons jamais. »

Le prisonnier révolutionnaire Serkan Onur Yılmaz a entamé une grève de la faim illimitée le 11 novembre 2024 pour demander la fermeture des prisons de type « puits » et son transfert vers une prison ordinaire où se trouvent ses camarades. Après 213 jours, sa demande de transfert a été acceptée et il a été déplacé vers la prison de type F de Bolu. Yılmaz a ensuite poursuivi son action en soutien aux détenus restés dans les prisons de type « puits » qui sont connues pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines. Après 375 jours de grève de la faim, Yılmaz a suspendu sa grève le 21 novembre 2025, tout en soulignant son engagement à poursuivre le combat et soutenir celui de ses camarades toujours mobilisés.

Ayberk Demirdögen, engagé dans une grève de la faim illimitée, connait une forte dégradation de son état de santé, évoquant des symptômes compatibles avec une possible crise cardiaque, dont pertes de connaissance, douleurs thoraciques, troubles respiratoires et baisse sévère du pouls. Ses soutiens indiquent qu’il a été inconscient plusieurs heures et souffre de problèmes de sommeil depuis plusieurs jours, bien que ses constantes vitales se soient récemment stabilisées. Ils affirment que les autorités turques n’ont pas répondu à ses demandes concernant des transferts et le droit à des visites, tandis qu’ils appellent à développer la solidarité avec les différents prisonniers en grève de la faim contre les prisons de type puits (voir notre article).

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L’ex Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a déclaré lundi 17 novembre avoir terminé, la veille, le retrait de ses combattants d’une zone frontalière stratégique du nord de l’Irak. Cette décision s’inscrit dans le processus engagé en direction du régime fasciste turc, espérant que « cette nouvelle mesure contribuera à la paix et à la démocratisation en Turquie ». Pourtant, depuis huit mois, le PKK a multiplié les concessions sans que Erdogan fléchisse de son côté : cessez-le-feu unilatéral en mars 2025, auto-dissolution du PKK en mai 2025 (voir notre article), cérémonie de destruction des armes de la guérilla en juillet 2025, évacuation de ses zones de guérilla en Turquie en octobre 2025 (voir notre article), etc.

Le PKK possédait depuis de nombreuses années des bases dans la région de Zap, au nord de l’Irak. Cette zone, visée par une opération terrestre de l’armée turque en 2008 et régulièrement frappée par des raids aériens, revêt une forte valeur symbolique pour l’organisation. Elle accueillait en effet son premier quartier général avant son déplacement plus à l’est, vers les monts Qandil, et le mouvement y conservait jusqu’à récemment une présence importante.

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Nanaxanım Babazade, étudiante en master à l’Université d’Istanbul, avait été illégalement placée dans un centre de rétention après avoir participé à une manifestation contre l’augmentation du prix des repas universitaires. Elle y a subi des tortures psychologiques et physiques, des fouilles à nu et à des formes de chantage pour la forcer à collaborer avec les renseignements turcs alors qu’elle était sous la menace d’une expulsion en Azerbaïdjan où sa vie est en danger (voir notre article). Dans la nuit du 21 octobre, sans en informer son avocat ni ses amis, elle a été expulsée vers l’Azerbaïdjan. Elle a été conduite à l’aéroport les mains et les pieds menottés.

Le 12 novembre dernier, l’initiative « Liberté pour Nana » a tenu une conférence de presse à la branche stambouliote de l’Association des droits de l’homme (İHD) afin de dénoncer cette expulsion et ces atteintes aux droits humains.

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Ali Dilmen, prisonnier révolutionnaire actuellement en grève de la faim illimitée et détenu dans la prison de haute sécurité de type F n°2 de Kandıra, a vu sa cellule prise d’assaut par les gardiens. Ces derniers ont saisi le sel, le sucre ainsi que l’oiseau que Dilmen nourrissait. L’association de solidarité avec les familles de prisonniers TAYAD a dénoncé cette attaque sur les réseaux sociaux, déclarant : « Retirez vos mains sales de nos enfants ! » Actuellement, plusieurs révolutionnaires emprisonnés en Turquie sont en grève de la faim pour dénoncer les prisons de type « puits », célèbres pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines (voir notre article).

Le 20 octobre dernier, dans la prison de haute sécurité de type F d’Adana, les partisans du TKP/ML et partisans Ünal Yiğit et Engin Bulut (à gauche sur la photo), qui partageaient la même cellule, ont été séparés sur ordre du ministère de la Justice. En apprenant qu’il ne serait pas replacé avec Bulut, Ünal Yiğit a protesté et a été violemment agressé par des gardiens d’une unité spéciale anti-émeute. Cette attaque s’ajoute aux nombreux cas de torture et d’isolement déjà dénoncés dans les prisons de type F, T et E d’Adana. Après l’agression, Yiğit, marqué de traces de coups, s’est vu refuser l’accès à l’infirmerie, l’administration tentant ainsi de dissimuler les faits. En réaction, d’autres prisonniers du TKP/ML, du DHKP-C et d’autres courants ont dénoncé la répression en scandant « La dignité humaine vaincra la torture ». Les différents détenus et les avocats d’Ünal Yiğit ont annoncé qu’ils porteraient plainte et suivraient l’affaire de près.