À Recife, des militants ont dénoncé la répression policière et judiciaire après le placement en détention préventive de Mateus Galdino, étudiant arrêté lors d’une manifestation anti-impérialiste, malgré l’absence de preuves et son interpellation loin du rassemblement. Des protestations ont eu lieu devant le tribunal lors de son audience. Le même jour, un ciné-débat militant a réaffirmé la solidarité avec les prisonniers politiques et les mouvements de résistance au Brésil et à l’international.

Dans l’État de Rondônia, au Brésil, la Ligue des paysans pauvres (LCP) fait face à une nouvelle vague de criminalisation, portée par la presse locale, peu après l’assassinat du dirigeant paysan Adeildo Gonçalves Calheiro (voir notre article). Des médias accusent la LCP d’être une organisation criminelle armée, alimentant un discours sécuritaire qui occulte les violences des grands propriétaires terriens et des groupes paramilitaires déjà impliqués dans des attaques contre les communautés rurales. Les organisations paysannes dénoncent une stratégie visant à justifier la répression des luttes agraires et rappellent que Flecha était un leader reconnu, engagé dans la défense des terres et des droits des paysans.

Le militant anarchiste Arturo Lugo a été arrêté à Guadalajara le 8 janvier 2026 par l’État mexicain et transféré à la prison de haute sécurité de l’Altiplano. Ses soutiens dénoncent des actes de torture et rappellent qu’il avait déjà subi des violences et des agressions sexuelles en avril 2020 lors de l’évacuation de l’école FES Acatlán (UNAM), où il protestait contre le harcèlement sexuel institutionnalisé. En réponse, un appel est lancé pour un mois de février de « lutte anti-autoritaire » sous toutes ses formes afin d’exiger sa libération immédiate.

Le dirigeant paysan Adeildo Gonçalves Calheiro, surnommé « Flecha », a été exécuté le 23 janvier dans le lotissement Pari, à Mato Grosso, lors d’une opération menée par le BOPE de Mato Grosso en coordination avec les forces répressives de Rondônia. La Commission nationale de la Ligue des Paysans Pauvres (LCP) conteste la version officielle et dénonce les auteurs comme étant « au service du latifundio, responsables de milliers de meurtres de paysans, indigènes et quilombolas ». Adeildo « Flecha », reconnu pour son engagement historique en faveur de la révolution agraire et pour avoir contribué à faire reculer les intérêts de l’État et des grands propriétaires terriens, était devenu un symbole et une cible pour le pouvoir. Cette exécution est dénoncée comme un acte de terrorisme d’État visant à intimider la lutte paysanne et les dirigeants populaires qui s’opposent au latifundio.

La police de la ville a violemment réprimé la marche hebdomadaire des retraités près du Congrès, utilisant matraques et gaz contre des manifestants, faisant plusieurs blessés et provoquant des malaises. Selon des témoins, l’intervention a débuté après une tentative d’interpellation, avant que les forces de l’ordre ne chargent la foule. Plusieurs manifestants ont été pris en charge par les secours. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de forte dégradation du pouvoir d’achat des retraites sous le gouvernement du dirigeant d’extrême droite Javier Milei, marquée par le gel des primes, une indexation limitée à l’inflation et des réformes ayant entraîné une baisse réelle des pensions.

Mauricio Hernández Norambuena, alias « Ramiro », militant communiste et membre du Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR), est soumis depuis les années 1990 à une politique systématique de répression et d’isolement par l’État chilien, puis brésilien. Tortures physiques et psychologiques, isolement prolongé, restrictions extrêmes aux contacts humains et traitements inhumains ont marqué son incarcération dans des prisons de haute sécurité au Chili et au Brésil, constituant une torture psychologique soutenue. Devant l’absence de recours internes, son cas a été porté devant le Système interaméricain des droits humains, avec des audiences devant la Commission et la Cour interaméricaine, dénonçant la torture, la persécution politique et la violation des droits fondamentaux. La Cour vient de reconnaitre la gravité de ces traitements et la dimension systématique de cette politique d’État.

Le 14 janvier, une opération de la police de Rio de Janeiro au Complexo do Salgueiro (São Gonçalo) a fait 22 morts et un blessé, selon les habitants, alors que la police n’en reconnaît que quatre. Cette action, dans le cadre de l’Opération Contenção, est dénoncée comme un massacre ciblant les populations pauvres et faveladas sous prétexte de la « guerre à la drogue », épargnant les véritables trafiquants.

Régis Braguin, commandant général de la police militaire de l’État de Rondônia et autoproclamé « ennemi numéro 1 » de la Ligue des paysans pauvres (LCP), a été démis de ses fonctions le 14 janvier 2026 après un mandat marqué par une forte répression du mouvement paysan. Sous son commandement, la létalité de la police militaire aurait augmenté de 400 % en 2025, avec au moins 35 morts recensés, faisant de Rondônia l’État le plus touché par les meurtres policiers. Braguin a dirigé plusieurs opérations contre la LCP, dont l’« opération Godos », au cours de laquelle le paysan Elias a été tué (voir notre article), ainsi que des interventions ayant conduit à l’exécution de Raimundo Nonato. Il a assumé une stratégie policière fondée sur une rhétorique de « lutte contre le terrorisme », bien que ce cadre n’existe pas légalement, et a soutenu un programme de « sécurité rurale » accusé de servir les intérêts des grands propriétaires fonciers. Son éviction intervient également dans un contexte de scandales personnels, notamment des accusations de violences conjugales et de conduite en état d’ivresse.

Selon Diosdado Cabello, le ministre de l’Intérieur du Venezuela, l’opération menée par les États‑Unis qui a abouti au kidnapping du président Nicolás Maduro et de son épouse aurait fait environ 100 morts, incluant des membres des forces de sécurité et d’autres personnes présentes lors de l’assaut. D’après Caracas, une grande part des agents chargés de la protection de Maduro ont été tués « à bout portant » et des ressortissants cubains présents au Venezuela figurent également parmi les victimes, tandis que Maduro et son épouse ont été blessés au cours de l’opération. Le gouvernement intérimaire a instauré une semaine de deuil national en hommage aux militaires tombés lors de cette intervention.

En Bolivie, la vaste mobilisation contre l’offensive austéritaire du président Rodrigo Paz s’accompagne d’une répression accrue des forces de l’ordre, visant à contenir une contestation sociale massive. Depuis l’appel à la grève générale illimitée lancé le 22 décembre, les manifestations, blocages routiers et rassemblements ont été confrontés à un important dispositif policier, notamment à La Paz, où les mobilisations de mineurs ont été violemment dispersées à coups de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et d’interpellations. Cette réponse sécuritaire cherche à imposer le décret supprimant les subventions aux hydrocarbures et à briser un mouvement populaire largement implanté dans des secteurs stratégiques.