Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Jeudi 9 avril, Roberto Jorge Rigoni, un homme d’affaires argentin a été arrêté dans la ville de Campana près de Buenos Aires. Il est accusé d’avoir financé l’ELN. Une circulaire rouge d’Interpol avait été emise à son encontre et son extradition est demandée par la Colombie.

Dimanche 12 mai, l’armée colombienne a abattu Dario le commandant de la commission Camilo Cienfuegos et capturé trois membres de sa garde rapprochée dans le département d’Arauca. Dario était tireur d’élite, expert en explosif. Il coordonnait des opérations de financement de la guérilla ainsi que les attaques contre l’oléoduc Caño Limón-Coveñas. Les autorités colombiennes attribuent également à alias “Darío” l’attaque du canton militaire de Saravena du 27 avril (voir notre article).

Durant l’opération, l’armée a saisi un fusil, un fusil de chasse, deux pistolets, un viseur télescopique de nuit, des équipements de campagne et de cinq motos.

Combattantes de l’ELN

Combattantes de l'ELN

Hier, lundi 18 mars, l’amiral Craig Faller qui commande les forces des États-Unis en Amérique Latine a annoncé que ses forces avaient décidé de davantage se concentrer sur l’ELN et d’échanger plus de renseignements avec les responsables colombiens. Les responsables états-uniens estiment que l’ELN et les dissidents des FARC représentent une menace croissante pour eux notamment suite la crise politique au Venezuela qui permet aux deux guérillas de prendre en importance dans le pays. Ainsi l’ELN serait désormais active dans au moins 13 des 24 États du Venezuela et procéderait de à nombreux recrutements.

Membre de l’ELN

Membre de l'ELN

Aujourd’hui, la police fédérale a transmis un document provenant de la direction des opérations en matière de police administrative (DAO), à tous ses services soit plus de 15 000 policiers. Ce document a été rédigé par le service “Intelligence”, le service d’information de la police fédérale. Cette note interne a pour but sensibiliser la police à l’utilisation d’une nouvelle arme, utilisée par les Gilets Jaunes en France, le cocktail Cacatov !

Il s’agit d’est une arme improvisée formée à partir d’excréments empaquetés dans un pot ou dans une bouteille en verre ou en plastique. Il est lancé sur la police. Facile de fabrication et pas cher, le but est d’humilier le policier qui le reçoit. Le procédé est amélioré par l’utilisation de catapultes pourvues de gros caoutchoucs.

Le cocktail cacatov au Venezuekla

Vendredi 15 février, le pipeline “Caño Limon-Coveñas” a été endommagé dans une attaque à l’explosif dans la municipalité de Teorama dans le nord de Santander. Cette attaque a été attribuée à l’ELN qui avait déjà attaqué à de multiples reprises le pipeline par le passé.

L’ELN pourrait également être impliquée dans une future guerre au Venezuela (l’ELN y dispose de bases arrières). Pablos Beltran, commandant en chef de la guérilla, avait, en effet, annoncé, en début février, que celle-ci mettait en place des stratégies pour combattre les troupes états-uniennes si celle-ci devait envahir le pays.

Combattants de l’ELN

Combattants de l'ELN

Luis Fajardo et son beau-frère Luis Aldana ont été abattu par des hommes armés qu’on présume au service de propriétaires terriens dans la région méridionale des lacs de l’Etat de Merida. Luis Fajardo, en plus d’être membre du Comité central du Parti communiste du Venezuela (PCV), était un dirigeant actif du mouvement paysan Caño Rico. Plus de 300 dirigeants paysans ont été assassinés par les tueurs des grands propriétaires menacés d’une réforme agraire.

Luis Fajardo

Luis Fajardo

Gianni Scovino, un anarchiste de 33 ans, membre de la Fondation La Tortuga a été brutalement agressé par des membres de la Police nationale bolivarienne et de la Garde nationale bolivarienne dans le parking du grand centre commercial Dairy Plaza, dans l’état d’Anzoátegui, alors qu’il était sur un Recyclage pour la Fondation Tortuga. Une vidéo de l’attaque est disponible ici). Après avoir été brutalement battu, il a été retenu pendant 36 heures au Détachement 521 du Commandement de la Zone 521 de la Garde nationale avant d’être transféré dans un établissement médical pour traitement. À l’heure actuelle, il se remet à l’hôpital.

Mise à jour du 17 août à 14h: Les 10 officiers concernés (6 de la police nationale bolivarienne et 4 de la garde nationale bolivarienne) ont été privés de liberté et déferrés à un tribunal militaire. De plus, la défense de Gianni a démontré qu’il souffrait du syndrome d’Asperger.

Gianni Scovino

Gianni Scovino

Trois membres de l’ELN ont été tués dans un affrontement avec l’armée vénézuélienne, vendredi, lorsque les guérilleros ont franchi la frontière entre la municipalité de Saravena, dans le département colombien d’Arauca, et la ville de El Nula, dans l’Etat vénézuélien d’Apure. Des ordinateurs, du matériel de guerre et de l’équipement de communication ont été saisis. L’événement intervient pendant les discussions entre les deux pays pour la réouverture de la frontière. Le 19 août l’année dernière, le président du Venezuela, Nicolas Maduro avait ordonné la fermeture du passage entre Norte de Santander et Táchira, le principal entre les deux pays, puis a étendu la mesure au reste de la zone frontalière.

Combattants de l’ELN

Combattants de l'ELN

La justice espagnole demande au Vénézuela l’extradition d’un ancien prisonnier d’ETA, Jose Ignacio de Juana Chaos, recherché pour apologie du terrorisme. Juana, qui a passé 21 ans en prison pour son action dans ETA, avait été libéré de prison en 2008. Une enquête pour apologie du terrorisme a été ouverte le jour même de sa sortie de prison, le 2 août 2008. Ce jour-là, un groupe de jeunes ont manifesté à Bilbao, coupé une rue, arboré des banderoles de soutien aux prisonniers de l’ETA. Dans cette action, les jeunes ont lu une lettre de de Juana où celui-ci appelait (utilisant une expression basque) à “Aurrera Bolie” (“aller de l’avant avec le ballon”). Cela a été interprétée par la justice comme un appel à la poursuite de la lutte armée.

Juana a quitté l’Espagne en novembre 2008 après avoir refusé de témoigner dans cette affaire. Il a été arrêté à Belfast (Irlande du Nord), mais s’est échappé à nouveau lorsque le Royaume-Uni a accepté de le livrer à l’Espagne en mars 2010. Il vivait depuis au Vénézuela, dans la ville côtière de Chichiriviche.

Jose Ignacio de Juana Chaos, lors de son interpellation en Irlande

Jose Ignacio de Juana Chaos, lors de son interpellation en Irlande

Arrêté au début du mois de juillet au Venezuela, Bernhard Heidbreder est toujours détenu par Interpol. Militant du groupe ‘Das K.O.M.I.T.E.E.’ qui fit plusieurs attaques incendiaires au début des années ’90 il était passé à la clandestinité en 1995 avec deux autres membres du groupe. Bernhard risque actuellement d’être extradé vers l’Allemagne. L’extradition dépendra largement de la décision du Venezuela de considérer Bernhard comme terroriste ou non puisque selon les accords bi-latéraux entre les deux pays, le Venezuela extrade systématiquement les ‘terroristes’ vers l’Allemagne. Une campagne a lieu au Venezuela pour que l’état considère Bernhard comme un activiste et non comme un terroriste. Cliquez ici pour voir l’affiche en grand.

Venezuela : Campagne contre l’extradition de Bernhard Heidbreder

Bernhard Heidbreder était un militant allemand du groupe ‘Das KOMITEE’, groupe autonome qui a fait plusieurs actions anti-militaristes, anti-colonialistes et anti-carcérales dans la seconde moitié des années 90 à Berlin. Lors d’une action visant à faire sauter le chantier d’une prison de haute-sécurité pour migrants pendant la nuit du 10 au 11 avril 1995 à Berlin-Grüneau, les papiers d’identité de trois membres du KOMITEE ainsi que les explosifs avaient été trouvés. Bernhard était donc passé à la clandestinité en 1995. Il a vécu pendant plusieurs années en Colombie puis au Vénézuela, figurant sur la liste des personnes les plus recherchées d’Allemagne. Ce serait une anomalie repérée dans les fichiers de la Colombie concernant sa fausse identité qui aurait attiré Interpol et la police criminelle allemande à Caracas où il a été arrêté en juillet. Bernhard est à présent détenu au QG d’Interpol à Caracas. Comme les locaux d’Interpol ne sont pas équipés de cellules, Bernhard est menotté nuit et jour à une chaise. Les autorités vénézuéliennes sont pour l’instant restées muettes quant à savoir si elles approuveraient ou non l’extradition vers l’Allemagne. L’extradition dépendra de la décision du procureur vénézuélien de considérer Bernhard Heidbreder comme ‘terroriste’ (extradition automatique) ou comme ‘criminel’.
Les deux autres personnes recherchées pour les actions de Das KOMITEE, Peter Krauth et Thomas Robert Walter n’ont quant à elles pas été arrêtées.

Bernhard Heidbreder

Bernhard Heidbreder