Le 26 octobre, Miguel Ángel Peralta, prisonnier anarchiste, a été reconnu coupable de tentative d’homicide contre Eliza Zepeda Lagunas et de son frère Manuel Zepeda Lagunas (voir notre article) bien que son dossier était vide d’accusations directes et personnelles selon ses avocats. Miguel Peralta a été condamné à 50 ans de prison et à une amende de 150 000 pesos (environ 6600 €). Suite à cette condamnation, Miguel a décidé d’arrêter la grève de la faim entamée le 19 octobre, afin de pouvoir continuer la lutte pour obtenir sa libération.

Miguel Peralta

Miguel Peralta

Ce dimanche 4 novembre, Huber Ballesteros, membre du comité exécutif de la Centrale Unitaire de Travailleurs (CUT), devait quitter la Colombie pour se rendre à Bruxelles , afin de rencontrer des organisations sociales, des syndicats belges, ainsi que des Parlementaires Européens au sujet des avancements des Accords de paix en Colombie. A l’aéroport de Bogota, des agents de la douane l’ont empêché de partir car celui-ci n’aurait pas reçu d’autorisation de la JEP (Justice spéciale pour la paix).

Huber Ballesteros a déjà fait plus de trois ans de prison suite à son travail syndical et social en Colombie. Il était leader syndical lors de la grève nationale organisé par le secteur paysan en 2013 qui revendiquait des conditions de vie décentes pour les paysans colombiens. Il ne sera libéré qu’en 2017.

Les négociations de paix entre le gouvernement colombien et l’ELN sont au point mort depuis que le nouveau président Ivan Duque a présenté des conditions drastiques, tel que la libération de l’ensemble des prisonniers de guerre de l’ELN, pour poursuivre le dialogue. L’interdiction pour Huber Ballesteros de quitter le territoire seraient en lien à son travail dans la mise en œuvre des accords de paix.

Huber Ballesteros

Huber Ballesteros

À ce jour, 90 personnes ont été ciblées par le bureau du procureur pour crime « d’apologie du terrorisme », en raison de leurs publications sur des plateformes internet et des réseaux sociaux. Le procureur pour les affaires de terrorisme a déclaré que ses services « cartographient » les activités des militants et sympathisants maoïstes. Les 90 personnes faisant l’objet d’une enquête, s’ils sont reconnus coupables, peuvent être condamnés à des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison. C’est aussi sur base de cette loi que les rédacteurs du journal Amnistía General, Alfredo Crespo, Oswaldo Esquivel et Alfredo Mego, sont poursuivis pour avoir vanté les qualités intellectuelles d’Abimael Guzmán, le « Président Gonzalo » du PCP-SL.

 Amnistía General, périodique dont les rédacteurs sont poursuivis

Amnistía General, périodique dont les rédacteurs sont poursuivis

Luis Fajardo et son beau-frère Luis Aldana ont été abattu par des hommes armés qu’on présume au service de propriétaires terriens dans la région méridionale des lacs de l’Etat de Merida. Luis Fajardo, en plus d’être membre du Comité central du Parti communiste du Venezuela (PCV), était un dirigeant actif du mouvement paysan Caño Rico. Plus de 300 dirigeants paysans ont été assassinés par les tueurs des grands propriétaires menacés d’une réforme agraire.

Luis Fajardo

Luis Fajardo

Dans la matinée de ce vendredi 2 novembre, Kevin Garrido Fernàndez a été assassiné dans la prison privée de Santiago Uno. La première version donnée par la gendarmerie (police de prison) indique que d’autres prisonniers l’aurait attaqué et poignardé à plusieurs reprises et qu’il serait mort dans la prison même. Ses amis dénoncent un crime d’État: la gendarmerie encourageant les combats entre détenus. Kevin Garrido avait été condamné à 17 ans de prison en haute sécurité, pour possession d’explosifs, possession et placement d’engin explosif.

Kevin Garrido

Kevin Garrido

Dès les premières heures de ce jeudi, des dizaines de membres des forces de sécurité se sont affrontés à des habitants de La Sexta (Rosario) et à des militants qui tentaient d’empêcher l’expulsion de familles. Pour le moment, il y a un détenu. Les incidents ont commencé lorsque la société chargée de la construction d’une a été reçue à coups de pierres et de bouteilles. Une personne a été arrêtée.

Les affrontements à La Sexta

Les affrontements à La Sexta

Après l’élection du président fascistes au Brésil le ministre italien de l’Intérieur a tweeté: « Après des années de discussions, je demanderai le retour en Italie du terroriste rouge Battisti (…) J’ai hâte de rencontrer Bolsonaro, je suis heureux de me rendre personnellement au Brésil pour aller chercher Battisti et l’emmener dans les prisons de la patrie ». Jair Bolsonaro a promis de faire livrer à Matteo Salvini l’écrivain Cesare Battisti, ancien membre du groupe Proletari armati per il comunismo, condamné à plusieurs peines de prison à vie et réfugié au Brésil depuis 2007.

« Bolsonaro peut dire ce qu’il veut, je suis protégé par la Cour suprême. Ce ne sont que des paroles, des fanfaronnades. Il ne peut rien faire, il y a une justice et je suis protégé par la justice », a déclaré Cesare Battisti à Radio Rai. Jusqu’à récemment, Battisti vivait à Cananéia, un village de pêcheurs situé sur la côte de São Paulo.

Cesare Battisti

Cesare Battisti

Nicolas Rodrigez Bautista alias Gabino est le commandant en chef de l’ELN. Il s’est rendu ces derniers jours à Cuba pour recevoir un traitement médical. Ce voyage s’est fait sans l’autorisation des autorités colombiennes. Gabino a cependant été en mesure d’effectuer son voyage malgré une circulaire rouge d’Interpol qui pèse sur lui (voir notre article).

Cuba est également le siège des négociations de paix entre l’état colombien et l’ELN. Ces négociations sont au point mort depuis que le nouveau président Ivan Duque a présenté des conditions drastiques, tel que la libération de l’ensemble des prisonniers de guerre de l’ELN, pour poursuivre le dialogue (voir notre article).

Nicolas Rodriguez Bautista (alias Gabino)

Nicolas Rodriguez Bautista (alias Gabino)

Jeudi 25 octobre, quelques jours avant l’élection du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, la police a investi 27 universités, à la demande des tribunaux électoraux. Les forces de police étaient à la recherche de supposé matériel de propagande électorale illégale. À Rio, une juge a fait enlever une banderole du fronton du bâtiment de la faculté de droit de l’université fédérale Fluminense (UFF), sur laquelle était inscrit, autour du symbole antifasciste. À l’université de l’État de Rio, les agents électoraux ont retiré une banderole en hommage à Marielle Franco, un élue municipale de gauche assassinée en mars dernier (voir notre article). Dans le Paraíba, les agents du tribunal électoral se sont introduits dans l’université pour retirer une banderole où était simplement inscrit « moins d’armes, plus de livres ».

Les conférences et des débats sur la dictature militaire et le fascisme qui ont été interdits. C’est le cas d’un débat public intitulé « Contre la fascisme, pour la démocratie », qui devait avoir lieu à l’université fédérale de Rio Grande do Sul (la région de Porto Alegre). Dimanche dernier, dans une allocution filmée diffusée pour ses supporters rassemblés à São Paulo, Jair Bolsonaro a annoncé « nous allons balayer ces bandits rouges du Brésil » avec « nettoyage jamais vu dans l’histoire de ce pays ». Il a précisé qu’il allait classer le Mouvements des paysans sans Terre (MST) et le Mouvement des travailleurs sans toit (MTST) comme des organisations terroristes.

La Faculté de droit de l'Universidade Federal Fluminense avant l'intervention policière

La Faculté de droit de l’Universidade Federal Fluminense avant l’intervention policière

Dans l’après-midi de samedi, la « Marche pour Jésus » organisée par les sectes évangélistes liées aux mouvements d’extrême-droite (comme le Mouvement Social-Patriotique) a été attaquée par des contre-manifestants anarchistes et antifascistes, ce qui a provoqué l’intervention de la police et une recrudescence des affrontements. Au moins un policier a été blessé et 19 contre-manifestants arrêtés.

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