Onze dissidents de la guérilla des FARC ont été tués dans une opération militaire dans le sud de la Colombie qui a également fait deux blessés. Ces 13 combattants appartenaient au 7e front des FARC, commandé par Edgar Salgado, alias Rodrigo Cadete, commandant guérillero qui a rejeté l’accord de paix signé fin 2016 à la suite duquel la plus ancienne rébellion des Amériques a déposé les armes et s’est convertie en parti politique sous le même acronyme. Sans commandement centralisé, les groupes dissidents des FARC opèrent dans plusieurs régions de Colombie compteraient environ 1.200 combattants.

Edgar Salgado

Edgar Salgado

Vendredi 25 mai, le sergent Miguel Angel Pascuas des FARC a annoncé que si la répression et et les menaces continuaient, les FARC reprendraient les armes. Depuis les accords de paix, 50 anciens combattants désarmés ont été assassinés (dont 22 en 2018). Par ailleurs Jesús Santrich, un des négociateurs des accord de paix, avait été arrêté à la demandes des Etats-Unis. Il avait été libéré suite à un mois de grève de la faim. Enfin le candidat à la présidentielle en tête des sondages, Ivan Duque souhaite de revenir sur les accords de paix.

Au niveau de ces accords, les FARC sont mécontents de la non-application de la réforme agraire prévue. Ils sont également mécontents du fait que certains anciens combattants soient encore en prison, en contradiction la mise en place d’une justice spéciale prévue dans les accords.

Plusieurs commandants et combattants des FARC sont passés en semi-clandestinité ou en clandestinité par crainte de se faire arrêter ou assassiner. Par ailleurs selon l’armée colombienne, un peu plus d’un ancien FARC sur six aurait déjà repris les armes.

Dans un centre de guérilleros des FARC désarmés et démobilisés

Dans un centre de guérilleros des FARC désarmés et démobilisés

En début de semaine, les travailleurs de deux lignes de métro de Buenos Aires ont entamé une grève qui devait se terminer le mardi midi. Le lundi matin, la police municipale a escorté des membres du personnel de direction de la compagnie de transport Metrovías pour remettre en service les 2 lignes de métro, mais les travailleurs se sont jetés sur les lignes pour les arrêter. La police s’est immédiatement attaquée aux travailleurs grèvistes dans le tunnel en utilisant des gaz lacrymogènes et en tirant des balles en caoutchouc. Une dizaine de personne ont été arrêté dont Nester Segovia, secrétaire adjoint de l’Association des travailleurs du métro et des pre-metro (AGTSyP) ainsi que d’autres représentants syndicaux. En réponse aux arrestations, le secrétaire général du syndicat, Roberto Pianelli, a annoncé une grève indéfinie jusqu’à la libération des collaborateurs détenus.

Les travailleurs du métro mènent régulièrement des actions depuis plusieurs mois suite à une décision de la Cour suprême les empêchant d’entamer des négociations pour une augmentation de salaire supérieure aux 15% convenus plus tôt dans l’année. Depuis avril, plus de 100 travailleurs ont été suspendus par la compagnie de Metro suite à des actions de grève.

 Action de grève dans le métro. La police prête à charger

Action de grève dans le métro. La police prête à charger

Des affrontements ont opposé la police aux manifestants de six communautés wichi qui bloquaient la route 54 à Santa Victoria Este. Ces communautés ont été sinistrées et une trentaine de familles campent dans des logements improvisés. Il y a une semaine, ils avaient décidé de couper cette route devant l’indifférence des autorités devant leurs revendications comme l’installation de l’éclairage dans leurs communautés. La revendication était modeste: un pilier avec un projecteur pour pouvoir se déplacer en sécurité le soir tombé dans leur communauté, car la région est infestée de serpents corail et de serpents à sonnettes Les forces de sécurité sont intervenues avec des gaz et des balles en caoutchouc. Plusieurs manifestants ont été blessés et deux chefs wichis ont été arrêtés.

Face à face entre manifestants wichis et forces de sécurité

Face à face entre manifestants wichis et forces de sécurité

Jeudi 17 mai, cinq membres présumés de l’ELN ont été capturé par la police et l’armée colombienne dans le village d’El Reposo au nord d’Antioquia. Ils appartiendraient au front « Héros de Anori » et auraient été impliqué dans la mort d’entre un et deux policiers en mai 2017 (voir notre article). Parmi les prisonniers figure Cortico, l’ancien président de l’association des citoyens du villages et un des responsables présumé pour la logistique du front Héros de Anori. Au cours de l’opération, les policiers ont mis la main sur des armes, des téléphones et de l’argent.

Cette opération a été lancée alors que l’ELN est en négociation avec le gouvernement colombien et avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral qui sera effectif du 25 au 29 mai (voir notre article).

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

Un carabinier a été blessé lors d’incidents survenus hier mercredi dans la marche organisée par la Confederación de Estudiantes de Chile pour une éducation sans sexisme ni violence machiste. La mobilisation dénonçait les cas d’abus sexuels de la part de professeurs, d’officiels ou d’étudiants. C’est lorsqu’elle est arrivée à proximité de la Plaza Los Heroes qu’un groupe de manifestant.e.s masqué.e.s a attaqué les forces de sécurité.

L'intervention des Carabiniers hier à Santiago

L’intervention des Carabiniers hier à Santiago

Ce lundi, l’ELN a déclaré qu’elle cesserait ces activités miliaires du 25 au 29 mai, à l’occasion des élections présidentielles. L’ELN affirme avoir pris cette décision afin de permettre à la population de voter dans un climat serein.

Ce cessez-le-feu intervient alors que l’ELN et le gouvernement colombien sont en train de poursuivre leur cinquième cycle de négociation à Cuba (voir notre article). L’ELN espère que ce geste mènera le gouvernement à lui aussi prendre des mesures d’apaisement.

Combattants de l'ELN (archives)

Combattants de l’ELN (archives)

Au moins 22 combattants démobilisés de l’ex-guérilla des FARC ont été assassinés depuis le début de l’année en Colombie. Le dernier meurtre a visé Juan Vicente Carvajal, alias « Misael », ex-commandant du 10e front des FARC. Le commandant « Misael », libéré de prison après la signature de l’accord de paix fin 2016 suite auquel l’ex-guérilla a déposé les armes et s’est convertie en parti politique, a été assassiné lundi soir dans le département d’Arauca, frontalier du Venezuela.

Depuis la signature de l’accord de paix le 24 novembre 2016, 40 ex-combattants des FARC et des proches de l’ancienne rébellion ont été assassinés, ainsi que 10 leaders communautaires associés au nouveau parti de gauche.

Feu le commandant Misael

Feu le commandant Misael

José Luis Gutierrez Quispe (43 ans), un maoïste recherché au Pérou (sa tête était mise à prix par le Ministère de l’intérieur), a été arrêté fin avril dans le district de Llochegua à Huanta. Il est accusé d’avoir assuré le service de renseignement pour les maoïstes dans la région VRAEM (Valle Delos Rios Apurimac, Ene et Mantaro).

José Luis Gutierrez Quispe

José Luis Gutierrez Quispe

De nombreux signes d’un développement des forces et des activités maoïstes sont signalées au Pérou, après une série de succès remportés par la contre-insurrection, dont l’un des plus importants est la destruction du Comité régional Huallaga du PCP-SL et l’arrestation de son dirigeant, le « camarade Artemio ». Outre les forces héritières du PCP-SL qui ont adopté une stratégie légaliste, à l’image du MOVADEF, il y a actuellement quatre forces héritières du PCP-SL qui suivent la politique de la « guerre populaire prolongée ».

La principale de ces forces est le Parti Communiste du Pérou Militarisé (Militarizado Partido Comunista del Perú PMCP) qui est devenu une organisation indépendante et qui dispose de plusieurs colonnes de guérilleros dans la région VRAEM et qui s’étend ses activités à de nouvelles zones. Ce dimanche 6 mai, le MPCP a rendu public un discours de la « camarade Helena ». Dans ce discours, elle réaffirme la nécessité de mener la révolution par les armes. Elle y décrit le MPCP comme provenant de PCP-SL mais s’en démarquant.

Le lien vers le discours du MPCP

Combattants de la guérilla maoïste au Pérou

Combattants de la guérilla maoïste au Pérou

Les négociations entre l’ELN et le gouvernement reprendront la semaine prochaine à Cuba. Ces négociations se tenaient préalablement en Équateur, mais des incidents impliquant l’ELN avaient éclaté à la frontière de ce pays. Son président, Lenin Moreno, avait alors refusé de continuer à accueillir les pourparlers (voir notre article). Ce samedi, le gouvernement Colombien et l’ELN ont annoncé, dans un communiqué commun, leur décision de poursuivre au plus vite le cinquième cycle de négociations dans la ville de La Havane.

Pablo Beltrán

Pablo Beltrán