Plus de deux millions de personnes vivent dans des bidonvilles à Manille, soit un cinquième de la population de la capitale. La plupart viennent de la campagne. En arrivant, ils s’installent sur des terrains vides et construisent leurs cahutes. Une loi promulguée en 1992 interdit les démolitions et les évictions sauf si les habitations se trouvent dans des zones dangereuses, si le site est réclamé pour la construction d’infrastructures ou s’il y a une décision de justice.

Dans le cas de Pinaglabanan, un bidonville de huit hectares en plein coeur de Manille, l’éviction a été ordonnée au terme d’un long processus judiciaire initié par les autorités locales. Après des mois de lutte, les habitants du bidonville ont été expulsés pour laisser la place à des bâtiments administratifs. Les habitants, dont beaucoup vivaient là depuis des décennies, ont lutté pied à pied depuis janvier. Pendant que femmes et enfants se réfugiaient dans des abris, les hommes balançaient des cocktails Molotov, des pierres et des bouteilles aux 500 policiers anti-émeutes équipés de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Une vingtaine de personnes ont été blessées au total, des deux côtés.

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Les combats se multiplient aux Philippines entre la guérilla maoïste et les forces gouvernementale à l’occasion de l’anniversaire de la fondation de la NPA. Le premier engagement, dans lequel un militaire a été blessé a eu lieu le 10 mars dans le Barangay San Miguel. Un autre combat a eu lieu le lendemain dans la même région, qui a coûté la vie à un guérillero. Le 13 mars, nouveau combat, cette fois dans le Barangay Nagoocan, qui a coûté la vie à un sous-officier, un officier et neuf soldats ayant été blessés. Un dernier combat a eu lieu mercredi, dans lequel quatre soldats gouvernementaux ont été blessés, toujours dans le Barangay Nagoocan.

Peu avant 10h du matin le 10 mars, exactement 2 ans après le meurtre de Lambros Fountas, quelques personnes ont tagés la Beirut Hellenic Bank de Sidney ‘Burn banks, for Lambros, for Social Revolution’. Les slots à cartes des machines à billets ont été bouchés à la colle forte et les écrans recouverts de peinture.

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Un soldat gouvernemental a été tué et 9 autres ont été blessés dans une embuscade de la NPA mardi matin dans dans le village de Nagookan, (Samar Occidental). Un détachement du 34e bataillon d’infanterie a été touché pour l’explosion de deux IED, et par un tir nourri d’armes automatiques. Une autre colonne de la NAP a attaqué un détachement du 10e Bataillon de Service au village de Nueva Visaya (Mawab).

Les soldats ont tué au moins trois guérilleros maoïstes et blessé sept d’autres pendant un combat au sud du pays. Des soldats du 68e bataillon d’Infanterie patrouillaient hier après-midi quand ils ont rencontré environ 50 guérilleros de la NPA dans le village Batang (Nord Cotabato). Les guérilleros ont offert une forte résistance, et l’armée à dû faire appel à l’artillerie lourde.

L’île de Jeju (Jeju-do en coréen) est une île du sud de la Corée du sud, réputée pour ses paysages et ses pêcheuses traditionnelles. On y vient souvent pour se marier : c’est « l’île des amoureux » en Corée.
Mais c’est aussi un lieu historique de résistance à l’Etat : alors que les Etats-Unis imposaient le dictateur Singman Lee, les habitants se sont insurgés et ont résisté d’avril 1948 à mai 1949. La répression fit 80.000 morts, 170 villages sont rasés (70% des villages de l’île). Pendant 50 ans, les gens commémorant ce massacre furent arrêtés et torturés.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la résistance actuelle contre l’implantation d’une immense base navale américaine qui s’installe, détruisant le littoral, et accompagné par des entreprises multinationales (comme Samsung). Les habitants dénoncent la course à l’armement vu comme une provocation dangereuse contre la Chine, le saccage environnemental de grande échelle, la répression féroce : de nombreuses personnes, y compris des maires, ont été emprisonnées et tabassées. Mais la mobilisation ne faiblit pas, les habitants s’attaquent à des installations d’entreprises et de militaires, les manifs s’enchaînent, malgré le débarquement de flics et de soldats pour les réprimer. Lundi 5 mars, près de 700 policiers sont arrivés du continent au village de Gangjeong pour permettre le dynamitage du littoral de roche volcanique, et le dragage du fond marin, contre la mobilisation des villageois qui bloquent la voies d’accès.

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Le site des insulaires de Jeju