De nombreuses de personnes ont manifesté devant le consulat indien à Istanbul, à l’appel de plusieurs organisations révolutionnaires, sous le slogan « Stop à l’opération Kagaar ! Mettez fin aux massacres ! », pour dénoncer la répression de l’État indien contre les forces révolutionnaires et les peuples, notamment les Adivasis. Encadrée par une forte présence policière, la mobilisation a vu des slogans de solidarité internationale et d’hommage à des militants tués, tandis qu’un communiqué en turc et en anglais accusait l’État indien de violences systématiques, évoquant plus de 550 morts depuis septembre 2025. Les manifestants ont exigé l’arrêt immédiat de l’opération Kagaar, la fin des crimes contre le peuple, la reconnaissance des droits collectifs des Adivasis et la libération de tous les prisonniers politiques.

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Bien que Rozerin Kalkan ait purgé sa peine depuis 20 mois, cette prisonnière politique kurde reste incarcérée en Turquie, sa libération ayant été à plusieurs reprises reportée par une commission pénitentiaire sur des motifs politiques, notamment l’« absence de remords », sa participation à des grèves de la faim et des lettres prétendument compromettantes qu’elle n’a jamais reçues. Arrêtée en 2016 à l’âge de 19 ans, elle a été condamnée à plus de dix ans de prison et elle est détenue aujourd’hui à la prison de haute sécurité de Şakran. Ce cas illustre une pratique plus large : depuis 2021, environ 4 000 libérations anticipées de prisonniers politiques, majoritairement kurdes, ont été refusées ou retardées par ces commissions.

Suite à la vague d’arrestations contre des membres ou sympathisants du Parti Socialiste des Opprimés (voir notre article), six membres présumés ont été placés en détention provisoire à Istanbul, accusés d’appartenance à une organisation terroriste sur la base d’activités sociales comme des pique-niques ou la rédaction de communiqués de presse.

Le journaliste Cihan Berk, travaillant pour l’agence de presse alévie PIRHA, a été arrêté dans la province kurde de Dersim et placé en détention provisoire pour « terrorisme » après une perquisition de son domicile par la police antiterroriste turque. Son ordinateur et plusieurs livres ont été saisis, et il a été transféré à la prison centrale de Xarpêt.

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Dans le cadre d’une enquête menée par le parquet d’Istanbul, des perquisitions ont été effectuées le 16 décembre 2025 à Istanbul et dans d’autres villes contre le Parti socialiste des opprimés (ESP), aboutissant à l’arrestation de 13 personnes, membres ou proches du parti. Les personnes arrêtées sont İsmet Yurtsever, Muhammed Bedran Çoğaltay, İbrahim Gerçek, Zeynep Gerçek, Selvinaz Göçmez, Mustafa Naci Toper, Ezgi Bahçeci, Deniz Bahçeci, Serhad Demirtaş, Gül Sağlık, Cansu Akkaş, Ömer Sinan Yıldız et Mustafa Kırca. L’ESP a vivement dénoncé cette nouvelle vague d’arrestations.

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Cinq citoyens kurdes iraniens supplémentaires ont été arrêtés par les forces de sécurité à Mahabad et Piranshahr et emmenés vers des lieux inconnus, dans le cadre de la nouvelle vague d’arrestations qui se poursuit dans les régions kurdes. Le 8 décembre, les forces de sécurité ont arrêté Ahmad Khodadadi, originaire de Naqadeh et résidant à Piranshahr. Deux jours plus tard, le 10 décembre, les forces de sécurité ont interpellé Akam Sheikheh, du village de Qarah Qeshlaq à Mahabad, ainsi que trois habitants du village de Khorkhoreh, également à Mahabad : Hazhar Mohammadzadeh-Aghdam, Iman Mohammadzadeh et Karzan Bahmani. Il semble qu’aucune de ces arrestations n’a été effectuée sur la base d’un mandat judiciaire. Les cinq détenus auraient été transférés dans un centre de détention des services de sécurité à Orumiyeh, dans la province d’Azerbaïdjan occidental. Malgré leurs demandes répétées, les familles n’ont reçu aucune information des autorités sécuritaires et judiciaires concernant le lieu de détention ou le statut juridique des détenus. Au cours des deux dernières semaines, les forces de sécurité ont arrêté au moins 29 citoyens et militants kurdes à Marivan, Bukan, Mahabad, Oshnavieh, Piranshahr, Orumiyeh et Naqadeh. Ces arrestations ont été principalement menées par des agents de l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et du ministère du Renseignement. Tous les détenus sont incarcérés sans avoir accès à un avocat ni à leurs familles.

Dans un récent communiqué, le Birleşik Devrimci Parti (Parti révolutionnaire uni) dénonce les prisons de type puits, affirmant que ces établissements imposent des conditions inhumaines (absence de soleil, isolement prolongé, restrictions des communications) et ciblent particulièrement les détenus révolutionnaires. Afin de s’y opposer, deux prisonniers de l’organisation, Celal Punar et Fergil Fırat, ont entamé une grève de la faim le 5 décembre dernier pour exiger la fin de ce régime, alors que d’autres prisonniers révolutionnaires sont également en grève de la faim (voir notre article).

Du 4 au 6 décembre, plusieurs actions de solidarité ont eu lieu en Europe pour soutenir Ayberk Demirdogen, prisonnier révolutionnaire en Turquie, à l’occasion de son 270ᵉ jour de grève de la faim contre l’isolement carcéral et les prisons de type puits. Les mobilisations ont compris des campagnes sur les réseaux sociaux, des manifestations devant les ambassades et consulats turcs à Minsk, Moscou, Marseille, Berlin, Bruxelles, Rotterdam et Londres, ainsi que des jeûnes de solidarité d’une journée dans de nombreux pays européens, réunissant plusieurs centaines de participants.

Le programme turc des Centres d’Enseignement Professionnel (MESEM), qui oblige les jeunes de 14 ans et plus à travailler quatre jours par semaine en entreprise, est massivement critiqué par les syndicats et les défenseurs des droits pour institutionnaliser le travail des enfants et fournir une main-d’œuvre bon marché, ce qui a entraîné au moins 15 décès d’élèves ces deux dernières années scolaires. Les protestations contre ces politiques ont été violemment réprimées, notamment l’arrestation et l’incarcération de 16 étudiants membres du TİP (Parti des travailleurs de Turquie) lors d’une manifestation dénonçant les crimes du MESEM le 3 décembre 2025.

Le Dr Barış Kaya, connu pour offrir des soins médicaux gratuits aux populations vulnérables, sera jugé le 9 décembre 2025 devant la Cour criminelle d’Istanbul. Arrêté sous des accusations jugées infondées par ses soutiens, il aurait été maltraité et privé de son droit de pratiquer la médecine. Ses partisans dénoncent une criminalisation de l’accès gratuit aux soins et appellent la population à assister au procès, à envoyer des messages aux ministères de la Santé et de la Justice, et à diffuser des vidéos de soutien, affirmant que fournir des soins gratuits à la population n’est pas un crime.

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