Fondé en 2017, le Secours Rouge Genève a pour but de construire une solidarité de classe avec les militant.e.s, prisonnier.e.s et mouvements révolutionnaires qui luttent ici et ailleurs dans le monde.

La guerre des 12 jours et l’impérialisme guerrier américain

Depuis le 13 juin 2025 et le début de la guerre des 12 jours, l’Iran est au centre de l’actualité. L’offensive de l’entité sioniste et de son allié américain a depuis muté de forme, mais ne s’est pas conclue lors de la signature du cessez-le-feu. L’impérialisme américain et son bras armé sioniste ont au contraire intensifié leurs pressions militaire et politique sur le régime théocratique iranien en recourant, comme par le passé, à tout type de tactique pour tenter de le faire tomber. Cette situation ne peut pas être sortie du contexte international. Les multiples agressions en Amérique du Sud avec l’attaque sur le Venezuela et l’enlèvement du président Maduro et de Cilia Flores, sa femme, le soutien actif au génocide à Gaza ou la mise en place du gouvernement de Jolani en Syrie, ne laissent plus de place au doute : l’impérialisme guerrier américain se révèle une nouvelle fois dans toute son agressivité. Il ne cherche en effet plus à se dissimuler derrière un masque démocratique, il est assumé. Dans cette période historique où tout semble s’accélérer, il est important pour les forces révolutionnaires actives au cœur de l’impérialisme occidental de ne pas s’engager dans des impasses politiques et de comprendre quel doit être leur rôle.

Récemment, toutes sortes de positions et de questionnements ont émergé au sein de la gauche sur les mobilisations et manifestations qui ont eu lieu en Iran et leur répression implacable par le régime des mollahs. D’un mutisme remarquable aux prises de positions campistes, la gauche radicale, à quelques rares exceptions près, préfère ne pas s’aventurer dans une analyse transversale, que nécessite la situation iranienne. Ce texte vise à apporter quelques réflexions sur cette question, en essayant de notre mieux de comprendre les contradictions et complexités intrinsèques de notre analyse, et, ainsi, à participer au débat pour la construction d’une solidarité internationale révolutionnaire et anti-impérialiste.

Aspirations iraniennes et cynisme occidental

Les récentes manifestations populaires en Iran ont occupé une grande place dans les médias occidentaux. Contrairement à ce que certains affirment, ces mobilisations ne sont pas le fruit de manipulations ou d’ingérences extérieures : elles sont une réaction à une situation économique catastrophique pour le peuple iranien. L’explosion du coût de la vie et la pauvreté grandissante ont ainsi incité la population iranienne à prendre la rue. Les revendications visaient aussi le régime en place, dénonçant la corruption et demandant une ouverture démocratique. La contestation a rapidement pris de l’ampleur et plusieurs grèves de grande envergure ont paralysé le pays. Après plusieurs dizaines de jours et voyant le mouvement grandir, le régime iranien a répondu aux aspirations populaires en réprimant toute contestation. Arrestations de masse, blessé.e.s, disparitions, morts par centaines, voire par milliers furent la principale réponse aux mobilisations populaires.

En Europe, toutes sortes de condamnations opportunistes ont rapidement émergé dans les médias bourgeois, de la classe politique et des gouvernements. Les rédactions occidentales ont immédiatement tenté de mettre en avant la descendance du Shah Mohammad Reza Pahlavi comme la seule alternative souhaitée et souhaitable au régime des mollahs ; le prince héritier n’étant par ailleurs aucunement soutenu par le peuple iranien, à l’exception d’une minorité bourgeoise de la diaspora. Ainsi les médias occidentaux envisagent comme alternative au régime théocratique et réactionnaire en place, un fantasme nostalgique de la monarchie … par essence réactionnaire. Alors que Trump déployait plusieurs bateaux de guerre autour de l’Iran, les appels à l’intervention étrangère militaire et le renforcement de sanctions économiques se multipliaient au nom des prétendues liberté et démocratie. En vérité, ces appels ne portent pas la voix du peuple iranien, mais les intérêts de l’impérialisme occidental dont le premier but est de briser le régime en place. Dans les faits, les premières victimes des sanctions économiques ne sont jamais les élites politiques, mais bien le peuple. Les occidentaux ne cherchent pas à défendre la population iranienne, mais instrumentalisent leur souffrance pour parvenir à leurs fins.

Les occidentaux poursuivent un objectif unique : piller les ressources naturelles, comme le Shah le leur permettait autrefois, et forcer l’intégration du marché iranien à la finance mondiale pour étendre leurs profits.

Iran, révolution et socialisme

Dans notre camp, une partie de la gauche révolutionnaire et radicale a entrepris de défendre le régime théocratique iranien en disqualifiant une grande partie de la contestation populaire. Ce soutien au régime iranien s’expliquerait par le fait que la mobilisation populaire serait supposément le fruit d’agents extérieurs, du Mossad ou de la CIA. Ces mêmes accusations ont déjà fleuri lors de la vague de contestation ayant suivi à la mort de Mahsa Jina Amini, en septembre 2022.

Soyons très clair : c’est un fait historique, les impérialistes influencent les mouvements de contestations dans les États qui les défient, à la fois de l’intérieur, par des agents provocateurs et par le financement de certains mouvements, ainsi que de l’extérieur, par des appels au soulèvement, de la propagande médiatique ou encore la promotion de personnalités politiques en exil bien plus accommodantes envers leurs intérêts. Ces ingérences nient-elles le droit à un peuple de se soulever contre un régime réactionnaire ? À cette question, notre réponse doit être ferme : non.

Soutenir le gouvernement iranien actuel, c’est aussi mépriser l’histoire du mouvement révolutionnaire iranien et à ses martyrs. Il est important de rappeler quelques faits sur l’histoire iranienne. Le mouvement socialiste et communiste iranien s’est fait connaître dès le début des années 1900 en prenant une part active dans la « Révolution constitutionnelle » de 1906, ou un peu plus tard avec la République de Guilan écrasée par le fondateur de la dynastie Pahlavi, le Shah Reza Khan, qui sera suivi par son fils. Par la suite, différents partis et organisations furent fondés et subirent la répression imposée par la police politique du Shah, la Savak. Quant au pouvoir monarchiste, il fut consolidé après un coup d’État de la CIA et du MI6 contre Mohammad Mossadegh en 1953 alors qu’il voulait nationaliser le pétrole du pays vendu aux impérialistes.

Dès la naissance de la contestation contre le régime du Shah, deux courants se sont développés. L’un était religieux, dirigé par le clergé chiite et l’ayatollah Khomeini qui s’opposait aux ingérences étrangères, mais également à la perte de valeurs traditionnelles religieuses sur lesquelles reposaient son pouvoir et ses privilèges. L’autre était révolutionnaire, basé sur des idées socialistes et communistes, qui visait à combattre l’impérialisme et à construire le socialisme en Iran. Ce mouvement était constitué de plusieurs organisations, dont le Parti Toudeh, l’Organisation des Mojahedins du Peuple Iranien (O.M.P.I.) , l’Organisation de Fedayins du Peuple Iranien (O.G.F.P.I) ou encore le Parti Communiste d’Iran-Komalah.

Très rapidement la question de la collaboration avec les forces religieuses créa un débat interne au mouvement révolutionnaire qui résulta en différentes scissions. Certains voyaient les forces islamiques comme une force d’émancipation nationale et anti-impérialiste et prônaient une collaboration afin de renverser le Shah, tandis que d’autres dénonçaient leur caractère réactionnaire et leur utilité à l’impérialisme occidental. Ces derniers préféraient en effet, en pleine Guerre froide, une prise de pouvoir religieuse à une prise de pouvoir communiste. Cette lutte de ligne continua après la chute du Shah pour déterminer s’il fallait continuer la lutte armée afin de renverser le pouvoir islamique désormais au pouvoir, ou non.

Les organisations de gauche qui avaient construit une base solide et bénéficiaient d’un soutien populaire fort participèrent toutes au renversement du Shah, tant celles qui défendaient la collaboration avec les forces religieuses que la ligne opposée. À la chute du Shah, Khomeini revint de son exil en France et prit le pouvoir avec les forces religieuses. Il décida alors de s’attaquer à toutes les forces socialistes et communistes, qu’elles aient été des alliées ou non. Cette décision fut prise afin d’empêcher toute continuation de la révolution vers un développement socialiste, et ce malgré un grand soutien populaire. Un vrai massacre prit alors place, les organisations et partis se sont vus interdits, des dizaines de milliers de militantes et militants sont arrêté.e.s et torturé.e.s. Toutes celles et ceux qui ne reniaient pas leur engagement furent assassiné.e.s. En quelques mois, ce sont plus de 30’000 prisonnières et prisonniers politiques de toutes les organisations qui furent exécuté.e.s.

La répression contre les mouvements révolutionnaires par le régime théocratique n’a depuis jamais cessé et frappe encore aujourd’hui, comme celle contre les peuples kurdes, baloutches ou encore turkmènes présents en Iran.

Mort aux impérialismes ! Socialisme ou barbarie !

Notre positionnement ne peut pas oublier l’histoire et condamner les révolutionnaires qui se soulèvent contre la théocratie iranienne. Même si celle-ci est dans le viseur des impérialistes occidentaux ou qu’elle soutient par ailleurs la résistance armée du peuple palestinien, cela n’efface en rien les contradictions internes au pays qui sont bien existantes.

Notre première tâche est toujours de combattre notre impérialisme, à la fois européen, mais aussi, parce qu’ils sont si étroitement liés (malgré certaines contradictions), l’impérialisme américain à qui profite la guerre. La Suisse joue un rôle clef de fournisseur de service et de facilitateur pour les impérialismes occidentaux : elle a clairement choisi son camp.

Le sionisme étant leur outil pour développer un avant poste dans la région, notre solidarité avec les résistances palestiniennes et libanaises qui combattent Israël est une évidence. Pour autant, la formule del’ennemi de notre ennemi ne saurait satisfaire la complexité des analyses d’un système aux multiples impérialismes et aux nombreuses contradictions, primaires et secondaires, et ainsi résoudre la position qu’il nous convient d’assumer.

L’ennemi et ses alliés étant premièrement chez nous, toutes les banques, producteurs d’armes et autres institutions au service de l’impérialisme occidental doivent être notre cible. Il ne doit pas y avoir de paix pour les profiteurs de la guerre !

Nous devons aussi condamner fermement les sanctions économiques contre l’Iran qui ne feront qu’empirer la situation pour le peuple iranien. Ce sont ces sanctions qui le réduisent à un état de survie et l’empêchent de s’organiser. Il faut également agir contre la logique guerrière de notre bourgeoisie qui rêve de frapper militairement le gouvernement iranien afin de pouvoir assouvir sa soif de profits au détriment du peuple iranien. Notre discours doit mettre en lumière les manipulations médiatiques mises en place pour forger une opinion publique favorable à une ingérence étrangère. Enfin, nous devons soutenir les forces révolutionnaires sur place qui combattent à la fois l’impérialisme occidental et le régime théocratique iranien.

À bas l’impérialisme et la machine de guerre américaine !
Vive la lutte des peuples opprimés !
Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !

Secours Rouge Genève et Ligne Rouge, février 2026

L’Atelier invite à une rencontre politique le samedi 14 février 2026 dès 17h avec les collectifs Antirep Genève et Secours Rouges Genève. Cette soirée propose une découverte de leurs activités respectives à travers la projection de vidéos et l’écoute d’extraits de podcasts. Une formation et des discussions ouvertes permettront d’approfondir les thématiques abordées. L’événement se tiendra au 11 rue de la Coulouvrenière, au deuxième étage, à Genève.

Ce vendredi 6 février, la cantine du Silure accueille plusieurs collectifs solidaires de la révolution au Rojava (Rise Up 4 Rojava, Secours Rouge Genève, Contre attaque et autonomie, Serhildan Genève) pour une soirée d’information et d’échanges sur la situation actuelle et les perspectives d’organisation locales. L’événement sera accompagné d’un repas solidaire à 19h30, avec ouverture du lieu dès 17h pour la permanence de l’infokiosque-bibliothèque, à l’adresse Avenue Jacques-Grosselin 50c.

Samedi 24 janvier, plus de 1 000 personnes ont manifesté dans les rues de Genève en solidarité avec le Rojava, dont un bloc internationaliste rassemblant différents activistes, notamment des membres du Secours Rouge Genève. La mobilisation a été marquée par une forte pression policière, avec des contrôles d’identité autour de la manifestation, une présence massive et ostensible des forces de l’ordre tout au long de l’action, puis un nassage en fin de rassemblement de plusieurs dizaines de personnes, y compris des familles avec enfants, restées autour des organisateurs. Même si aucune interpellation ne semble avoir eu lieu, ce dispositif illustre la criminalisation croissante de la solidarité avec le Rojava en Europe.

Dans le cadre des mobilisations contre le World Economic Forum (WEF), le Secours Rouge Genève et Ligne Rouge organisent un week-end de conférences à Genève les 9 et 10 janvier, suivi d’une manifestation nationale et unitaire à Berne le 17 janvier. Créé en 1971 par l’économiste Klaus Schwab pour diffuser les doctrines de management américaines auprès des grandes entreprises européennes, le WEF s’est rapidement imposé comme un lieu de rencontre entre chefs d’État et dirigeants capitalistes pour consolider l’ordre économique mondial. Chaque année, les forces de la gauche révolutionnaire s’organisent pour le dénoncer et le combattre.

Le programme complet

Ce samedi 11 octobre s’est déroulé une large manifestation non déclarée à Berne suite à l’appel de plusieurs organisations anti-colonialistes suisses pour dénoncer la complicité du gouvernement et des entreprises du pays avec Israël. Entre 5 000 et 10 000 personnes se sont retrouvées à 15H à la Bahnhofplatz de la capitale helvétique avant de se rendre devant le Palais fédéral. Un important dispositif policier a été déployé pour empêcher le cortège de bouger. En tête et organisé, le black bloc constitué de plusieurs centaines d’individus a très rapidement été attaqué par des canons à eau, flashballs, gaz lacrymogènes et matraquages. Les dégâts matériels remonteraient au million de francs suisses, avec au moins 57 bâtiments endommagés, dont les vitrines de plusieurs grandes enseignes complices et un incendie. Les affrontements avec la police ont eu lieu jusque tard dans la nuit. Un groupe de 500 personnes a été encerclé par la police qui les a gardés captif dans le froid, mouillé, sans nourriture ou boisson de 17h30 et jusqu’à tard dans la nuit. Les personnes ont été emmenées au poste au petit matin, puis relâchées. La police a également empêché le reste des manifestants de briser la nasse en utilisant différentes formes de violence.

Alors que le cessez-le-feu entre le Liban et Israël est régulièrement violé par des bombardements de l’armée israélienne et que les discussions reprennent autour des sanctions américaines sur le pays, la campagne de solidarité avec le Parti Démocratique du Peuple (PDP) se poursuit (plus d’infos ici). Menée par plusieurs organisations membres du Secours Rouge International, celle-ci a déjà permis de récolter plus de 4500 dollars afin de soutenir les programmes sociaux (une clinique et une cantine populaire) à Saïda au Liban de cette organisation de la gauche révolutionnaire engagée dans la résistance anti-impérialiste et antisioniste. Dans ce cadre, un membre du Secours Rouge était présent au Liban ces dernières semaines pour poursuivre les échanges et la coopération mise en œuvre depuis plusieurs mois.

Si des organisations souhaitent organiser des activités afin de soutenir cette campagne, n’hésitez pas à nous contacter.

Du 25 au 27 mai, devait se tenir une exposition des affiches de la résistance palestinienne du militant et artiste Marc Rudin, organisée par le Secours Rouge Genève en collaboration avec Samidoun Genève. Cette exposition était l’occasion de rendre hommage à notre camarade décédé le 7 avril dernier, à son travail artistique et politique. À l’occasion du vernissage, une discussion était prévue autour de la thématique « Comment soutenir la résistance palestinienne » avec notre camarade Mohammed Khatib, coordinateur de Samidoun. Le samedi 27, nous avions prévu de projeter le film Fedayin, le combat de Georges Ibrahim Abdallah, réalisé par le Collectif Vacarmes Films. Cette exposition a été interdite par la Ville de Genève.

Moins de 48 heures avant le vernissage de l’exposition, nous avons en effet été contactés par la personne responsable du lieu de l’exposition – l’Almacén. Il nous a été expliqué que la Ville de Genève, propriétaire du bâtiment, avait interdit la tenue de notre exposition. La Ville de Genève prétextait un manque d’information concernant notre projet, informations qui étaient cependant toutes publiques. Peu après, pour la première fois depuis l’annonce de l’interdiction de notre exposition et à notre demande, nous avons finalement été contactés directement par le collaborateur personnel d’Alfonso Gomez, Conseiller administratif en charge du Départements des finances, de l’environnement et du logement (DFEL) et membre du parti des Vert-e-s. Durant cet appel, le représentant de la Ville nous explique qu’il n’a « a priori pas de problème » avec notre exposition, que la Ville ne donne « normalement jamais » son aval regardant les évènements tenus à l’Almacén, que « jusqu’à maintenant [il] ne se savait pas ce qui s’y passait ». Notre exposition aborderait une thématique « sensible » et rendrait hommage à une personnalité « controversée ». Force est de constater le caractère exceptionnel d’une telle censure.

Ce qui a motivé une telle décision, aussi exceptionnelle que politique, ce sont les « pressions » que la Ville reçoit d’organisations telles que la European Jewish Association et une ONG israélienne qui a contacté le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Au téléphone, on nous explique donc que l’annulation de notre exposition est le fait d’organisation sionistes étrangères, sous le joug desquelles se placent la Ville de Genève. Rien de surprenant venant de la gauche bourgeoise parlementaire, qui révèle toujours l’étendue de ses contradictions, sinon de son hypocrisie.

La Ville nous accuse de surcroît de « prendre en otage » l’Almacén, considérant que la lutte palestinienne « dépasse » l’association qui tient le lieu, et ajoute qu’il aurait fallu demander « l’accord de quelqu’un de bien plus haut qu’une simple personne qui est bénévole du lieu ». Nous pensons et savons que les personnes responsables de l’Almacén sont tout à fait capables de saisir les enjeux d’une telle exposition, n’en déplaise à la Ville. Notre projet a toujours été clair, notre ligne déclarée, et nous avons toujours été transparent-e-s avec nos interlocuteurs. Par ailleurs, il n’existe aucune information concernant la démarche qu’il aurait supposément fallu entreprendre pour demander l’accord de la Ville. En somme, c’est bien le Conseil administratif qui décide, sous les pressions d’organisations sionistes, de forcer la main de l’Almacén pour interdire notre exposition, c’est-à-dire sans même acter sa propre décision. C’est bien la Ville de Genève, complice du chantage politique israélien, qui prend en otage les responsables de l’Almacén, et les menace de leur retirer le lieu qu’ils font vivre.

Finalement, nous soulignons la censure effarante d’œuvres artistiques et militantes. Les affiches de Marc Rudin, à qui nous souhaitions rendre hommage à travers cette exposition, ont en effet déjà été exposée à Genève en 1993 et, plus récemment, en 2015 lors du festival Palestine Filmer C’est Exister, exposition à laquelle Marc Rudin avait assisté en personne. La Ville de Genève censure un artiste suisse, sa liberté d’expression et son œuvre révolutionnaire. C’est notre devoir de les défendre. Nous défendons son travail ainsi que nous défendons toutes les formes de résistances palestiniennes. Nous ne céderons pas au chantage d’Israël, ni à celui de ses pions genevois. Nous n’avons pas dit notre dernier mot.

Tout cela montre bien que les bourgeoisies occidentales défendent avant tout les intérêts de l’impérialisme que représente Israël.

Quand l’expression de notre solidarité dépasse celle d’un humanisme condescendant et qu’elle parle de la résistance sous toutes ses formes, même la Grande Genève Internationale se sent menacée, même le Conseil Administratif de la Ville de Genève, pourtant composée de tant de représentant-es « de gauche », ploie le genou.

Plus que jamais, renforçons notre soutien à toutes les formes de résistance du peuple palestinien, passées, présentes et futures !

Du boycott à la lutte armée, leur droit à la résistance est inaliénable. Par sa nature anti-impérialiste et anti-coloniale, la lutte de nos camarades contre l’Israël est aussi la nôtre !

Marc vit dans nos luttes !

De la mer au Jourdain, liberté pour la Palestine !

Secours Rouge Genève

Samidoun Genève

Voici la déclaration faite par notre camarade G. lors de son procès pour son engagement internationaliste au Rojava:

« Aujourd’hui on m’accuse de service militaire à l’étranger. La grande question semble être de savoir si oui ou non j’ai contribué à la résistance des Unité de Défense du Peuple (YPG) lors de mon séjour. En tant que militant communiste suisse, le but de mon voyage était de voir une révolution de mes propres yeux et d’y participer.
Aujourd’hui, la Confédération suisse me juge par votre biais car j’aurais violé la «fameuse» neutralité helvétique en me rendant au nord de la Syrie et j’aurais porté atteinte à la puissance défensive du pays. A se demander si la Suisse a tant d’intérêt commun avec l’État Islamique ou le fascisme turc ?
Deux rapports de police disent clairement qu’il n’est pas possible de savoir ce que j’aurais fait durant mon séjour. Les preuves manquent à l’évidence. A contrario, les preuves que la neutralité suisse n’est qu’un mythe bien utile à la bourgeoisie sont nombreuses.
Quand la Suisse vend des armes ou des composants d’armes à l’État fasciste turc la neutralité importe peu, seul le profit compte. Ces armes servent à réprimer les mouvements progressistes en Turquie. Certaines se sont aussi retrouvées dans les mains de l’Etat Islamique.
Quand la Suisse extrade des militants et militantes progressistes turques et kurdes à la demande du régime d’Erdogan ou d’autres Etats européens, où est donc la neutralité ?
Quand les plus grandes banques du pays investissent chaque année plusieurs milliards dans l’industrie de l’armement, qui alimente les conflits du monde entier, où est donc la neutralité ?
L’État suisse n’est pas neutre. Il a choisi son camp depuis longtemps, celui de l’impérialisme occidental. Moi aussi j’ai choisi mon camp, celui des opprimés.
Depuis deux siècles s’est développée une tradition de solidarité révolutionnaire internationale. En me rendant au Rojava, j’y ai soutenu le camp des peuples qui luttent pour leur liberté. Il n ‘ y a qu’une solidarité internationale, ses formes sont multiples et toutes sont légitimes. Une révolution ne peut se construire sans projet de société et elle ne peut vivre si elle ne peut pas se défendre.
En suivant l’exemple donné par Norman Bethune ou Barbara Kistler , j’ai continué cette tradition. De même que toutes celles et ceux qui ont participé, d’une manière ou d’une autre, à la lutte de peuples qui n’était pas le leur. De la résistance antifasciste en Espagne à la lutte pour la libération de l’Algérie ou de la Palestine, nombreux et nombreuses sont les camarades qui ont porté leur engagement au niveau international. Cet engagement a pris différentes formes, toutes ayant leur importance.
En me rendant au Rojava, j’ai soutenu la construction d’une société basée sur des principes de justice sociale, de féminisme et d’écologie. Une société qui aujourd’hui lutte toujours contre le fascisme turc et ses soutiens occidentaux.
Mon choix est un choix politique, tout comme celui que l’État Suisse fait en me faisant passer, sur mandat de l’exécutif, devant ce tribunal. Sans preuves concrètes, je suis amené à comparaître devant vous, ceci sur un simple et seul avis des Service de renseignement de le Confédération, qui n’ont visiblement pas daigné fournir les fondements de leurs allégations.
Partout en Europe, la solidarité avec le mouvement kurde est attaquée. Le peuple du Kurdistan nous montre qu’une révolution est possible et bien réelle. C’est pour cette raison que notre solidarité et les liens que nous construisons sont vus comme dangereux.
Quelque que soit l’issue de ce jugement, je n’ai aucun regret. Je continuerai à soutenir la lutte révolutionnaire au Kurdistan car comme le dit un de leur proverbe : « La résistance, c’est la vie ! »
En tant que militant révolutionnaire et internationaliste, je tiens à finir ma déclaration en saluant le camarade Alfredo Cospito et toutes celles et ceux qui luttent contre le régime d’isolement 41bis en Italie.
Je salue aussi Georges Ibrahim Abdallah et les prisonniers et prisonnières de la cause palestinienne.
Je salue Pola Roupa et Nikos Maziotis emprisonnés en Grèce pour leur engagement révolutionnaire.
Je salue aussi les milliers de prisonnières et prisonniers politiques actuellement dans les geôles du régime fasciste turc.
Je salue l’engagement de celles et ceux qui crient tous les jours dans les rues d’Iran, «Jin, Jîyan Azadî» et se font emprisonner ou tuer.
Je salue Serge, militant français dalns le coma qui lutte pour garder la vie. Il y a deux semaines, il a été gravement blessé par la police lors des manifestations contre le projet écocidaire des mégas-bassines dans l’ouest de la France.
Tous ces militants et militantes nous démontrent que même en faisant face à la plus dure des répressions, la lutte pour un monde meilleur continue.
Comme l’a très bien dit le camarade Fred Hampton : «On peut emprisonner un révolutionnaire, mais on ne peut pas emprisonner la révolution.»« 

La déclaration en anglais

Le 14 avril, se tiendra à Sion le procès, devant la justice militaire suisse, d’un militant du Secours Rouge de Genève. Il est accusé « d’atteinte à la puissance défensive du pays » et de « service militaire à l’étranger ». L’État suisse lui reproche d’avoir pris les armes au Rojava entre 2015 et 2016 contre Daesh. Une mobilisation solidaire aura lieu ce jour à Sion. Lire la déclaration du Secours Rouge de Genève