Plusieurs actions de blocage du Pays basque ont été organisées ce samedi 23 juillet pour réclamer la libération de deux prisonniers basques septuagénaires, anciens membres d’ETA incarcérés depuis 32 ans, Jakes Esnal et Ion Parot. Environ 1700 personnes selon les organisateurs se sont réparties samedi sur dix points de blocage d’axes de circulation, sur la côte basque comme à l’intérieur des terres. Ces opérations avaient été interdites par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Vers 8h30, un groupe a réussi à pénétrer sur le tarmac de l’aéroport de Biarritz avant d’en être délogé par la police et d’être placé en garde à vue pour «introduction non autorisée dans la zone côté piste d’un aéroport». À Biarritz, vers midi, le boulevard qui relie autoroute, gare et aéroport a été bloqué. Des militants se sont enchaînés dans la matinée aux voies de chemin de fer à Boucau, au nord de Bayonne. Le trafic ferroviaire a été interrompu vers 11H00 dans les deux sens de circulation. Il y a eu au moins six arrestations.

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EDIT: il y a eu au total 26 arrestations.

Dossier(s): Pays-Basque

Condamné en 2009 à douze ans et demi de prison, le militant altermondialiste Vincenzo Vecchi faisait partie des « dix de Gênes », lourdement condamnés pour les affrontements lors du G8 en 2001. Réfugié en Bretagne, il avait été arrêté en août 2019 à Rochefort-en-Terre, en vertu de mandats d’arrêt européens (MAE) émis par l’Italie. Depuis l’Italie réclame son extradition. La justice française s’y était opposé, mettant en cause la proportionnalité du MAE. Vincenzo Vecchi avait été libéré en novembre 2019 par la Cour d’appel de Rennes (voir notre article). Par la suite, la cour d’appel d’Angers avait refusé en novembre 2020 d’exécuter le MAE au motif que la peine principale de dix ans de prison, encourue pour « dévastation et pillage » (introduite dans le code pénal italien sous Mussolini), n’avait pas d’équivalent en France (voir notre article).

En janvier 2021, la Cour de cassation française avait saisi la justice européenne (la CJUE) sur la double incrimination et la proportionnalité du mandat d’arrêt européen (MAE) visant M. Vecchi. Ce MAE servant normalement à lutter contre le terrorisme et le grand banditisme. Une audience s’était tenue en janvier à Luxembourg. Ce jeudi 14 juillet, la CJUE estime qu’« une correspondance parfaite n’est pas requise entre les éléments constitutifs de l’infraction concernée dans l’État membre d’émission et dans l’État membre d’exécution » du mandat. Selon la CJUE, en outre, « il ne revient pas à l’autorité judiciaire d’exécution, dans le cadre de l’appréciation de ladite condition, d’évaluer la peine prononcée dans l’État membre d’émission au regard du principe de proportionnalité des peines ». Comme l’expose l’avocate française de Vincenzo Vecchi: « Cela veut dire que la Cour de justice, qui interprète les textes européens, vient de dire que les règles de collaboration européennes sont considérées comme supérieures aux principes fondamentaux du droit ». Prochain épisode devant la Cour de cassation à Paris.

Vincenzo à sa sortie de la prison de Rennes

 

Ivan a été arrêté par la SDAT [sous-direction anti terroriste] samedi 11 juin, vers 3h30, pas loin de chez lui. L’enquête de la SDAT a commencé en février 2022 sur ordre du parquet de Bobigny. Il est inculpé de six incendies de véhicules qui ont eu lieu à Paris et Montreuil entre janvier et juin, souvent revendiqués en solidarité avec des prisonnière.e.s anarchistes (la dernière, la voiture d’une ambassade a été incendiée le soir de son interpellation, dans le 17e). Pendant des mois, la police a mis en place des filature, des écoutes téléphoniques, elle a installé une caméra dans l’entrée de son immeuble, elle a intercepté son courrier et regardé son compte en banque. Une autre personne a été suivie, écoutée, etc. , aussi mais pas mis en cause.

La police a aussi sortis des tiroirs une autre enquête, classée, sur une cinquantaine d’incendies de véhicules, revendiqués par les anarchistes, à Paris et environs, entre juin 2017 et 2021. La SDAT a réunie les deux enquêtes, mais la juge d’instruction a retenu seulement les six dernières actions. Pour les autres, Yvan est « témoin assisté ». En plus de « destruction par moyen dangereux », il y a aussi les accusations de mise en danger de la vie d’autrui, le refus de signalétique (photos, ADN, empreintes), le refus de donner les clefs de chiffrement de ses ordinateurs et les mots de passe des téléphones. En ce moment, il est en détention préventive à la Maison d’Arrêt de Villepinte. voir ici

banderole de solidarité avec Yvan, à Bure

À l’occasion du 47e anniversaire des événements d’Oglala, qui ont eu lieu le 26 juin 1975 dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, de nombreuses initiatives ont été organisées pour rappeler l’histoire de Leonard Peltier et demander sa libération. Il y a eu des meetings et des rassemblements dans plusieurs villes d’Italie, d’Allemagne, de Suisse, et de France. Un rassemblement a eu ainsi eu lieu sur la place de la cathédrale à Milan le 28 juin en fin d’après-midi.

En 1977, Léonard Peltier a écopé de deux peines de prison à perpétuité pour la fusillade dans laquelle deux policiers, qui s’étaient introduits illégalement dans la réserve de Pine Ridge, où se trouvait le campement du Mouvement Indien Américain, avaient été tués. Aucune preuve formelle de la culpabilité du militant amérindien n’a jamais pu être établie, à l’inverse, il a été établi qu’il avait été reconnu coupable sur base de fausses preuves et de témoignages recueillis sous la contrainte dans le cadre de la guerre secrète menée par le FBI dans le cadre du COINTELPRO contre le Mouvement Indien Américain.

Neuf personnes ont été interpellées, mardi 21 juin, au matin, en Centre-Bretagne (Côtes-d’Armor et Morbihan). Ces arrestations interviennent dans le cadre de l’enquête ouverte après le blocage d’un train de céréales, le 19 mars dernier, à Saint-Gérand. Ce samedi-là, vers 9 h 30, une cinquantaine de manifestants avait érigé un mur de parpaings sur la voie ferrée, à proximité d’un passage à niveau, empêchant le passage de 22 wagons transportant du blé tendre destiné à l’usine Saint-Jacques Aliment pour la fabrication d’aliments pour le bétail. Ils avaient ouvert les trappes du train bloqué et déversé le blé sur le sol. L’action avait été menée par des membres du collectif « Bretagne contre les fermes usines », épaulés par des activistes écologistes d’Extinction Rebellion.

Deux hommes (25 ans et 21 ans) et deux femmes (33 ans et 31 ans), sans antécédents,  ont été mis en examen pour « entrave à la mise en marche ou à la circulation de trains, entrée irrégulière dans l’enceinte du chemin de fer, dépôt de matériau ou objets quelconques dans l’enceinte du chemin de fer ainsi que dégradation de biens d’autrui, en réunion ». Et également, pour deux d’entre eux, « du chef complémentaire de refus de se soumettre aux prélèvements biologiques destinés à l’identification de son empreinte génétique par une personne soupçonnée d’infraction entraînant l’inscription au Fnaeg». Tous les quatre ont été « placés sous un strict contrôle judiciaire, comportant diverses obligations et interdictions ».

À l’appel de la Campagne Unitaire pour la libération de Georges Abdallah et avec le soutien de nombreuses organisations, des centaines de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Paris pour exiger la libération immédiate de celui qui est devenu le plus ancien prisonnier politique d’Europe. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des nombreuses mobilisations qui se développent en soutien au communiste arabe et combattant de la résistance palestinienne emprisonné en France depuis 1984 alors qu’il est libérable depuis 1999. Réunies place des Fêtes, les personnes se sont rassemblées dès 15H pour écouter différentes interventions, en particulier celle que Georges Abdallah lui-même. Après la lecture de l’appel de la Campagne unitaire, la manifestation s’est élancée en déployant diverses banderoles et drapeaux aux couleurs de la Palestine tout en scandant des slogans en soutien à Georges Abdallah ainsi qu’au peuple palestinien et à sa résistance.

La semi-liberté a été octroyé jeudi à Pierre Alessandri, condamné en 2003 à la perpétuité pour l’exécution en Corse du préfet Erignac et détenu depuis 23 ans. Cette décision du tribunal d’application des peines antiterroriste (Tapat) rendue jeudi devait être effective à partir du 13 juin. Cette décision devait lui permettre de travailler dans la journée dans une exploitation agricole, à l’extérieur de la prison de Borgo (Haute-Corse), où il est détenu depuis le 11 avril avec Alain Ferrandi, autre membre du commando Erignac. Le parquet national antiterroriste a fait appel, ce qui suspend immédiatement la décision. Arrêtés en 1999, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, avaient été condamnés en 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 18 ans. Ils sont libérables depuis mai 2017.

C’est la troisième fois que Pierre Alessandri, 63 ans, demandait à bénéficier du régime de semi-liberté. En réponse à ses deux premières demandes, en octobre 2019 puis en juillet 2021, le tribunal d’application des peines antiterroriste avait déjà donné son feu vert, mais le parquet national antiterroriste (Pnat) avait contesté la décision, qui avait ensuite été infirmée en appel dans les deux cas. La décision de semi-liberté était attendue en Corse, après l’agression mortelle en prison le 2 mars d’Yvan Colonna.

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri

Samedi 23 octobre, plus de mille personnes ont manifesté jusqu’aux portes de la prison de Lannemezan pour exiger la libération immédiate de Georges Abdallah, communiste libanais emprisonné en France depuis 37 ans. De très nombreux comités de soutien ont permis que cette mobilisation connaisse une affluence historique. Le Secours Rouge International était présent avec des membres de ses sections de Toulouse, Genève et Bruxelles.