Lors de la manifestation pour la réoccupation du bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, samedi 16 juillet, les vigiles de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) ont multiplié les agressions contre des manifestants avec la collaboration, de la gendarmerie. Ces vigiles sont intervenus en équipement anti-émeute (boucliers en plexiglas, protections sportives, lunettes de ski, gazeuses, gants plombés, et bâtons en guise de matraques). Bien loin de la tenue particulière que doivent revêtir les agents de sécurité privée et sans aucun élément d’identification, pourtant obligatoire.

Le samedi après-midi, des charges coordonnées entre gendarmes et vigiles ont été menées contre les manifestants qui voulaient s’approcher du mur d’enceinte en béton que l’ANDRA est en train d’ériger tout autour du bois Lejuc. À plusieurs reprises, les manifestants, pris sous une pluie de grenades lacrymogènes, furent attaqués sur le flanc par des groupes de vigiles frappant ceux qui passaient à leur portée. Les personnes qui ont été attrapées par les vigiles lors de ces charges ont alors été tirées derrière leur ligne, maintenues au sol, rouées de coups (pieds, poings, bâtons) et aspergées de gel lacrymogène à bout portant en plein visage. Plusieurs minutes plus tard, leur supplice achevé, elles furent remises aux gendarmes. Dimanche 17 juillet lors de l’après-midi, l’assaut de la barricade sud fut à nouveau une opération coordonnée entre forces de gendarmerie et vigiles de l’ANDRA.

A gauche (casques bleus) les gendarmes, à droite (casques noirs) les vigiles de l’ANSA

A gauche (casques bleus) les gendarmes, à droite (casques noirs) les vigiles de l'ANSA

Contrairement à ce qu’avait souhaité le Sénat (contre l’avis du gouvernement), l’usage des dispositifs biométriques ne sera pas durci. La commission mixte paritaire chargée de trouver un compromis sur le projet de loi Numérique a préféré retirer les dispositions introduites à cet effet par la Haute assemblée. En renonçant à cette disposition, le Parlement autorise de facto l’usage de la biométrie pour réguler l’accès à une cantine scolaire, une piscine municipale ou un atelier.

Aujourd’hui, la mise en place d’un dispositif utilisant des données biométriques est soumise à l’obtention d’une autorisation de la CNIL, selon des formalités variables en fonction des données exploitées (empreintes digitales, contour de la main, iris…) et de la finalité du traitement (contrôle d’accès à certaines salles, etc.). Le texte du prévoyait que le feu vert de la CNIL ne puisse être donné que dans les situations relevant de la protection de l’intégrité physique des personnes et des biens. Cette proposition a été supprimée. Le gouvernement y était opposé et la secrétaire d’État au Numérique avait invité les parlementaires à ne pas légiférer sur ce sujet, et de se satisfaire de l’article 9 du règlement européen sur les données personnelles.

Procédés biométriques

Procédés biométriques

Dans un courrier adressé mardi au conseil de l’Europe, la représentation de la France a fait savoir que certaines des mesures prévues par la prolongation de l’état d’urgence «sont susceptibles d’impliquer une dérogation aux obligations résultant» de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. La CEDH intègre un article (15) qui établit qu’«en cas de guerre ou en cas d’autre danger public menaçant la vie de la nation, toute Haute Partie contractante peut prendre des mesures dérogeant aux obligations prévues par la présente Convention». Un pays peut donc déroger à la CEDH sans que cela ne puisse lui valoir une condamnation, à condition d’en informer les autres États. C’est ce qu’a fait la France, où les assignations à résidence, les perquisitions administratives ou encore l’interdiction de manifester seraient passibles de condamnations par la CEDH. Il est cependant impossible de déroger, notamment, au droit à la vie ou à l’interdiction de la torture.

Par définition, cette dérogation est exceptionnelle, puisque liée à un état d’urgence. Plusieurs États y ont toutefois eu recours ces dernières décennies, y compris la France. En 1985, cette dérogation était liée à l’état d’urgence déclaré en Nouvelle-Calédonie. Il y a eu énormément de cas avec la Grande-Bretagne, en lien avec l’Irlande du Nord, dans les années 1960. Cette dérogation étant liée à un statut d’urgence et déclarée de façon unilatérale par un État, il en est de même pour sa fin. En France, cette dérogation cessera donc lorsque l’état d’urgence sera abandonné.

État d’urgence en France

État d'urgence en France

Ce vendredi, le collectif 69 Palestine Lyon organisait un pique-nique sur les Berges du Rhône. Il devait ensuite se rendre sur la place des Terreaux pour réaliser un concert. Tout était autorisé par la préfecture, mais les forces de l’ordre sont intervenues et ont embarqué une cinquantaine de militants. Ils ont été conduits en car au commissariat Marius Berliet, dans le 8e arrondissement. Menacées de garde à vue, ils étaient poursuivis pour discrimination économique. L’accusation se basait sur le port d’un tee-shirt « Boycott Apartheid Israël ». Les militants ont finalement été relâchés, sauf un.

L’autobus de la police emportant les militants

L'autobus de la police emportant les militants

A Tours, de nombreux graffitis contre la Loi Travail recouvraient jusqu’à peu les palissades longeant la Rue Nationale. Mais dans la nuit du 15 au 16 juillet, des « graffeurs » sont venus recouvrir les tags politiques par d’autres peintures n’exprimant cette fois-ci pas d’opinion contraire à celles de la Mairie. Les graffeurs ont d’ailleurs été rémunérés pour accomplir leur besogne, 5.400€ pour les 9 artistes, dont Mathieu Plume. Ils ont été sélectionnés par Bob Jeudy, collectionneur d’art contemporain et vice-président de l’association « M.U.R. »

En attendant, les tags apolitiques ont déjà été recouverts de slogans. La Mairie de Tours avait déjà tenté d’effacer les tags le 13 juin dernier mais ils avaient aussitôt refleuris.


VIDEO. Tours : des tags contre les graffs rue… par lanouvellerepublique

France: Des graffeurs pour défendre la Loi Travail à Tours

Six jours après l’attentat de Nice, l’Assemblée nationale française a donné son feu vert à l’article prolongeant l’état d’urgence pour six mois. Les députés ont porté dans la nuit de mardi à mercredi la prolongation de l’état d’urgence à six mois, jusqu’à fin janvier 2017. Le parti Les Républicains de l’ex-président Sarkozy était favorable à la prolongation de l’état d’urgence mais avait posé ses conditions: au moins six mois de plus et un durcissement des mesures coercitives prévues dans ce cadre. Le projet de loi prévoit les perquisitions « administratives » à toute heure du jour ou de la nuit sans l’aval d’un juge. Un arsenal encore plus répressif est envisagé, avec notamment des centres de rétention à titre préventif pour les personnes soupçonnées de radicalisation islamiste.

Opération

Opération

Communique du Bataillon international sur l’attentat de Nice du 14 juillet 2016

Le sang a à nouveau coulé. Une fois de plus, les bandes fanatiques de Daesh ont frappé et pris pour cibles, comme à leur habitude, des civils désarmés, femmes, hommes, enfants, sans distinction d’âge. A l’heure qu’il est, le nombre de victimes ne nous est pas connu avec précision. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est que le gouvernement a failli à déjouer cet attentat, malgré son arsenal de lois liberticides.

Ceci est un appel aux militants de gauche, à ceux qui refusent de s’en remettre a l’Etat français pour combattre Daesh. Nous invitons ceux qui le peuvent a nous rejoindre, ici, au Rojava, pour porter le coup de grâce au Califat autoproclamé. Car l’attentat de Nice ne doit pas nous tromper. Si les bandes de Daesh peuvent encore tuer des civils, elles reculent sur tous les fronts lorsqu’il s’agit d’affronter des soldats en armes. Elles ont perdu Sheddadi, elles sont en train de perdre Manbij, nous sommes a cinquante kilomètres de Raqqa: l’Etat islamique est vaincu!

Mais il n’est pas nécessaire de venir jusqu’ici et de porter les armes. Vous pouvez, en France, combattre Daesh et leur idéologie mortifère. Il s’agit aussi de refuser de se ranger derrière un gouvernement en sursis qui va avoir beau jeu, une fois encore, de jouer la carte de l’unité nationale à son compte. Il n’est pas question d’unité nationale derrière les Hollande, Sarkozy, Le Pen ou Gattaz! Le temps n’est pas au recueillement ou a l’unité nationale, il est à l’action.

Nous adressons enfin un message aux combattants de Daesh. Ceux-ci doivent savoir que le temps de la passivité est révolu. Nous, combattants du Bataillon International, jurons de venger l’ignoble attentat de Nice. Nous vous rendrons coup pour coup. Ou que vous alliez, ou que vous vous terriez, nous vous traquerons, nous vous trouverons et nous vous tuerons, sans répit et jusqu’à la victoire!

An serkeftin, an serkeftin ! Vive la solidarité internationaliste !

Pour participer à la campagne de financement de pansements au Bataillon: rojava.xyz

Notre Celox au Rojava

Une réunion de la Coordination contre la répression et les violences policières se tiendra demain à Paris. Seront notamment abordé les questions d’organisation et mode de fonctionnement, le point sur les initiatives prévues et une réunion avec le « Comité du 18 mai » qui soutient les manifestants miss en cause pour l’affaire de la voiture de police brûlée le 18 mai.

La réunion aura lieu
Demain mardi 19 juillet à 18 heures
Bourse du Travail de Paris
3 rue du château d’eau
Métro République

Lire l’appel de la Coordination

Voir le blog du Comité du 18 mai

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Une déléguée CGTM de Martinique Catering, société de restauration collective, est en arrêt de travail, après avoir été victime d’une agression la semaine passée de la part d’agents de la Police de l’Air et des Frontières, lors d’un mouvement de grève. Elle et plusieurs collègues s’apprêtaient à manifester sur leur lieu de travail jeudi dernier, quand une vingtaine d’agents de la Police de l’Air et des Frontières sont entrés dans l’entreprise et ont brutalisé plusieurs grévistes. La déléguée s’en sort avec plusieurs blessures et douleurs au cou, aux côtes, et à la poitrine. Une plainte sera déposée par le syndicat.

Manifestants de la CGTM

Manifestants de la CGTM

Quatre militants anti-loi travail étaient convoqués devant la justice en début d’après-midi à Saint-Étienne. Agés de 24 à 29 ans, ils comparaissaient en début d’après-midi au palais de justice de Saint-Étienne pour s’être introduits dans la permanence du député socialiste de la Loire le 12 mai dernier, en marge d’un autre rassemblement contre la loi travail. Des violences leur sont également reprochées à l’encontre de policiers intervenus lors de cette manifestation. Lors de l’audience, il a été décidé de juger trois des prévenus ensemble, et le quatrième ensuite.

Concernant le cas des trois premiers prévenus, l’avocat du député demande 700€ de dommages, l’avocat des cinq policiers qui se sont portés partie civile, demande lui à l’encontre d’un seul des prévenus, soupçonné de violences envers les forces de l’ordre, un total de 8500€ d’amende. Le procureur requiert lui à l’encontre de ce militant soupçonné de violences, un an de prison avec sursis, 600€ d’amende et l’interdiction d’exercer dans la fonction publique pendant cinq ans. Pour les deux autres prévenus jugés en même temps, le procureur demande quatre mois de prison avec sursis, 500€ d’amende et deux ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique. Les avocats des prévenus ont demandé la relaxe pour tous les faits reprochés à leurs clients. Avant l’audience au tribunal, un rassemblement de soutien aux jeunes militants a été organisé entre la Bourse du travail et le palais de justice a réuni plus de 400 personnes.

L’occupation de la permanence du député PS de la Loire Jean-Louis Gagnaire le 12 mai dernier

L'occupation de la permanence du député PS de la Loire Jean-Louis Gagnaire le 12 mai dernier