Le 11 février 2026, le tribunal administratif de première instance d’Héraklion, en Crète, a ordonné la libération de Mohammed Khatib, coordinateur européen de Samidoun, et son « auto-expulsion » vers la Belgique dans les prochains jours. Détenu depuis le 7 février dans des conditions particulièrement insalubres, il faisait face à une campagne de pression visant à le maintenir en détention. Son interdiction de territoire grec reste en vigueur, apparemment à la demande de l’État d’Israël, et il prévoit de contester cette mesure sur le plan juridique et politique. Dans une déclaration publiée le soir-même, le militant palestinien a affirmé : « Je suis libre, après cinq jours de détention dans ce qu’ils appellent des « centres fermés ». Mais ce ne sont en réalité que des laboratoires de torture et d’humiliation où des dizaines de mineurs, de jeunes, de personnes âgées, de réfugiés, de migrants et de Grecs précaires subissent les mêmes conditions inhumaines. Je vous remercie de votre solidarité et de votre soutien, mais n’oublions pas celles et ceux qui sont laissés derrière les barreaux, privés de droits et de justice. Ces abus et tortures systémiques en Grèce rappellent les méthodes employées par l’État sioniste contre le peuple palestinien, et celles utilisées par les puissances coloniales à travers le monde. »

Son placement en détention avait suscité une vague de solidarité dans plusieurs pays européens. En France, plus de 70 organisations, dont le Secours Rouge Toulouse, Urgence Palestine, Guerre à la guerre et Samidoun, ont co-signé une déclaration de soutien (voir ici). À Athènes et Héraklion, plusieurs initiatives solidaires ont été organisées pour exiger sa libération et dénoncer la complicité de l’État grec avec Israël. À Bruxelles, un rassemblement a eu lieu le 11 février devant l’ambassade de Grèce, rassemblant des dizaines de personnes. Une délégation du Secours Rouge de Belgique y était présente avec une banderole « Liberté et asile pour Mohammed Khatib » et a également pris la parole.

Des heurts ont éclaté près de la faculté de génie mécanique de l’université Aristote de Thessalonique, où des individus ont lancé des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre. Un policier a été blessé et une jeune femme hospitalisée pour inhalation de gaz lacrymogène. Plus de 300 personnes ont été interpellées, et plusieurs véhicules ont été endommagés. Pendant les heures qui ont suivi, les autorités ont maintenu une forte présence policière.

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Coordinateur européen du réseau Samidoun, le militant palestinien Mohammed Khatib a été arrêté le 7 février à l’aéroport d’Héraklion alors qu’il se rendait en Crète pour participer à un événement de solidarité avec la Palestine et ses prisonniers, avant d’être placé en détention en vue d’une expulsion vers la Belgique pour des motifs de « sécurité nationale ». Samidoun dénonce une escalade répressive visant la communauté palestinienne et les militants pour la Palestine en Europe, dans un contexte de rapprochement politique et économique entre la Grèce, Israël et des puissances occidentales. Le jour même, des soutiens se sont mobilisés devant le commissariat de la ville crétoise pour exiger sa libération, tandis que de nombreuses organisations ont dénoncé cette nouvelle attaque contre le militant (voir notre article).

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Dans le complexe occupé de Prosfigika, symbole d’organisation collective et de solidarité au centre d’Athènes, une grève de la faim a été lancée pour protester contre un projet de « réaménagement » soutenu par des fonds publics et prévoyant l’expulsion de plus de 400 habitants, dont des personnes réfugiées. La communauté locale dénonce une attaque contre le droit au logement et la disparition de structures autogérées actives depuis des années dans l’entraide sociale. Les grévistes exigent l’arrêt immédiat des expulsions, l’annulation du projet régional et la garantie du droit à rester vivre sur place, tout en appelant à une mobilisation plus large en solidarité avec Prosfigika.

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Le 26 janvier 2026, le tribunal du Pirée a condamné le militant révolutionnaire turc Halil Demir à 4 ans et demi de prison à l’issue d’une procédure expéditive marquée par une violation flagrante du droit à un procès équitable. Malgré l’indisponibilité de son avocat, le tribunal a refusé le report d’audience ainsi que la désignation d’un avocat commis d’office, conduisant à une condamnation sans défense, sans prise de parole et sans véritable procès. Cette affaire est directement liée aux événements de 2021 à la prison de Korydallos, où des prisonniers politiques turcs avaient été frappés dans l’enceinte du tribunal : Halil Demir est poursuivi pour avoir résisté à ces violences. En réaction, il a entamé une grève de la faim pour exiger le respect de ses droits fondamentaux. Ses soutiens dénoncent une coopération répressive entre les États grec et turc visant à criminaliser les réfugiés et militants politiques, et appellent à une solidarité internationale.

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En Grèce, la Cour d’appel de Mytilène, sur l’île de Lesbos, a acquitté le 15 janvier 2026 vingt-quatre travailleurs humanitaires poursuivis depuis sept ans pour avoir porté secours à des migrants en mer. Les prévenus, volontaires secouristes et membres d’ONG, étaient accusés de trafic de migrants, de blanchiment d’argent et d’appartenance à une organisation criminelle, des chefs d’inculpation passibles de peines allant jusqu’à vingt ans de prison. La justice a finalement reconnu l’absence d’éléments constitutifs de ces infractions, mettant fin à une procédure emblématique de la criminalisation de l’aide humanitaire aux frontières européennes et soulignant que les actions reprochées relevaient du sauvetage de vies humaines.

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Après de longues années d’enfermement, le militant anarchiste Kostas Sakkas (voir photo) est libre après plus de sept ans passés à la prison de Korydallos, tandis que le combattant du mouvement social Giorgios Petrakakos a également retrouvé la liberté après dix ans de détention. Arrêté en juin 2019 lors de l’expropriation d’un convoi de fonds, Kostas Sakkas avait été condamné à sept ans et dix mois, tandis que son compagnon Giannis Dimitrakis, arrêté dans la même affaire, reste incarcéré et purge une peine de onze ans et demi. Giorgios Petrakakos, condamné à plusieurs reprises pour des braquages de banque, a été ciblé en détention par les autorités qui ont tenté de l’associer à Lutte Révolutionnaire, accusation qu’il a toujours rejetée.

A l’occasion de la Conférence internationale de soutien aux prisonniers politiques organisée à Paris par la Plateforme Voix des Prisonniers, le prisonnier anarchiste Nikos Maziotis a adressé un message de salutations aux 300 participants venant de 18 pays (lire en intégralité).

[…] Dans cette guerre sociale et cette lutte de classes, le système international de domination actuel, l’État et le Capital, ne se contente pas de nous éliminer physiquement ou de nous emprisonner. Il exige que nous renoncions à notre identité politique, à notre lutte, à notre organisation, aux choix de confrontation que nous avons faits, à la révolution, à la lutte armée. Il exige que nous reconnaissions être des criminels, des terroristes et des éléments antisociaux, alors que ce sont précisément là les caractéristiques propres du système qu’il incarne. Notre devoir, en tant que prisonniers/prisonnières politiques, est donc de rester fidèles et cohérents avec les choix de lutte que nous avons faits. C’est là notre victoire morale et politique face aux criminels étatiques et capitalistes et à leurs appareils. Aucune révision, donc. Aucune repentance pour nos choix. […]

Chaque année, les mobilisations du 6 décembre commémorent le meurtre à Exarcheia du jeune anarchiste Alexandros Grigoropoulos et la révolte de 2008 qui s’en est suivie. Cette année, la journée a été marquée par une répression particulièrement intense. Dès le matin, Athènes était saturée de forces policières occupant les rues et harcelant habitants et manifestants, allant jusqu’à enlever et détenir des militants de Prosfygika. Une marche a ouvert la journée, suivie en soirée de la grande manifestation annuelle, qui a réuni plus de six mille personnes malgré une présence policière massive. Les forces de l’ordre ont violemment attaqué le cortège avant son entrée à Exarcheia, empêchant son arrivée au lieu du meurtre d’Alexis et arrêtant des dizaines de personnes. Des scènes similaires ont été signalées à Thessalonique et dans d’autres villes, où les manifestations ont été encerclées et des militants interpellés.

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Depuis sa condamnation en 2013 pour des actions armées revendiquées dans le cadre de son engagement anarchiste, Nikos Romanos est régulièrement emprisonné et a déjà purgé plusieurs peines de prison. En décembre 2025, la juge d’instruction grecque a rejeté sa demande de libération et validé la prolongation de sa détention de six mois supplémentaires. Ses soutiens dénoncent cette décision et appellent à développer la solidarité.