Plusieurs associations antifascistes françaises (dont Antifa NP2C) ont lancé une campagne « Fuck Daesh, Support PKK » qu’ils ont partagé sur Facebook. La campagne propose une pétition demandant entre autres que le PKK soit retiré des listes de groupes ‘terroristes’, que les militants et les soutiens du PKK ne soient plus poursuivis, que les poursuites engagées contre des sympathisants du PKK en Belgique et en Allemagne soient abandonnées. Après avoir été partagée, ‘likée’, et commentée des milliers de fois, la campagne a été censurée par Facebook. Le bureau-presse français de Facebook a répondu aux critiques que « La règle est très simple sur Facebook : il n’y a pas de place pour le contenu faisant l’apologie du terrorisme. Et le PKK est une organisation terroriste selon l’U.E et les Etats-Unis ». Les règles « très simples » de Facebook semblent ne pas être aussi simples lorsqu’il s’agit de contenus fascistes.

Voir la campagne « Fuck Daesh » sur un autre site que Facebook.

Fuck Daesh, Support PKK

Fuck Daesh, Support PKK

Les Forces Syriennes Démocratiques (généralement désigné par l’acronyme QSD) sont une alliance formée il y a quelques semaines autour des YPG/YPJ. Elles comptaient à leur formation 13 groupes. 15 nouveaux groupes du nord-ouest de la Syrie (Idlib et Alep) viennent de rejoindre cette alliance.

Les nouveaux groupes Jaysh Al-Siwar (Artêşa Şoreşgeran), Hêzên Firqeya 30, Tugaya Şehîdên gundewarê Helebê, Tugaya Eyîn Calût, Tugaya 99 Muşat, Tugaya El-Hemze, Tugaya Keikaa, Tugaya Misyonên Taybet, Tûgaya Selcûqiyan, Focê 102, Ahrar Al-Shemal, Hêzên Êlên Heleb û gundewarên wê, Jabhat Al-Akrad, Hêzên YPG, Hêzên YPJ.

Depuis leur formation, les QSD ont déjà enchainé plusieurs victoires contre les islamistes, notamment à al-Hawl, à l’est d’Hassakah, près de la frontière irakienne.

Vous pouvez en savoir plus sur les QSD sur notre page ‘Notes sur le Kurdistan’.

Des combattants des QSD

Des combattants des QSD

Après des mois de combat, les guérillas affiliées ou alliées au PKK ont reprit la ville de Shengal (sur la montagne du même nom) aux islamistes, alors que les Peshmergas du KDP donnaient également l’assaut de leur coté. Entre autres, les HPG (guérilla ‘régulière’ du PKK), les YPJ-Shengal, les YJA-Star et les YPS (guérilla yézidie du PKK) ont libéré la ville. Le mont Shengal est devenu symbole de la résistance contre l’État Islamique lorsque les troupes du PKK avaient secouru des dizaines de milliers de Yézidis pourchassés par les islamistes et abandonnées par les troupes régulières kurdo-irakiennes (KDP-Peshmergas). Ces dernières semaines, le gouvernement kurdo-irakien de Barzani avait été jusqu’à fermer la frontière à hauteur de Hassakah, bloquant la voie aux vivres, armes et combattants nécessaires à la libération de Shengal. Cette tentative aura été vaine. Barzani a d’ailleurs déclaré que son armée avait libéré seule la ville de Shengal.

Sur ces images, ont peut voir les drapeaux des HPG et des YPS remplacer celui de Daesh sur un des silos qui culminent la ville.

Les drapeaux HPG et YPS à Shengal.

Les drapeaux HPG et YPS à Shengal.

Les troupes turques se sont retirées de la ville kurde de Silvan (Farqîn) au 12eme jour de couvre-feu. Alors que les tanks sortaient de la ville et que les soldats s’en allaient à reculons en pointant leurs armes, des milliers de civils se sont rassemblés dans la rue en scandant « Bijî berxwedana Farqînê » (Vive la résistance de Farqîn). Durant le couvre-feu, au moins 7 civils ont été tués par la police et l’armée qui avaient concentré l’agression sur les quartiers de Tekel, Konak et Mescit.

La foule à Silvan après le retrait de l’armée.

Trois militants kurdes ont été tués hier mardi lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, deux jours après le triomphe du parti du président Erdogan aux élections législatives. Deux jeunes Kurdes sont morts dans la province d’Hakkari, près de la frontière irakienne, lors d’une opération de la police pour démanteler des barricades, selon des services de sécurité. Un autre jeune de 22 ans a été tué dans la ville de Silvan, dont trois quartiers ont été soumis depuis l’aube à un strict couvre-feu. En outre, l’état-major de l’armée turque a annoncé mardi avoir bombardé la veille des positions du PKK en Turquie et dans le nord de l’Irak.

La ville de Silvan

La ville de Silvan

De brefs affrontements ont opposé dimanche police et jeunes manifestants kurdes dans la ville de Diyarbakir au soir des législatives qui ont redonné la majorité absolue au parti du président Erdogan. Les incidents ont débuté près du siège du HDP, dont les derniers résultats indiquent qu’il pourrait obtenir un score national inférieur aux 10% requis pour être représenté au Parlement. Plusieurs dizaines de jeunes ont improvisé une barricade de pneus enflammés et de nombreux coups de feu tirés en l’air par des manifestants. « Si le HDP reste sous les 10%, ce sera la guerre (…) ils nous ont volé nos voix », a lancé l’un d’eux à la presse. La police antiémeute est alors intervenue avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser la foule dans les rues environnantes, où la tension était toujours vive.

Affrontements à Diyarbakir

Affrontements à Diyarbakir

Le bureau de presse des Forces de Défense du Peuple et des Femmes Libres du Kurdistan (HPG et YJA-Star les guérillas du PKK) a publié le bilan des actions du PKK pour le mois d’octobre. Ce mois, malgré la trêve unilatéralement respectée par la guérilla depuis le 10 octobre, a été particulièrement intense. Notons que la trêve du PKK ne sous-entend pas qu’ils aient baissés les armes : la guérilla protège les territoires sous son contrôle et se défend dés qu’elle est attaquée.

L’état turc a procédé à 26 opérations terrestres, 94 frappes aériennes par jets, 17 frappes aériennes par hélicoptères Cobra, 331 attaques d’artillerie lourde (mortier, obusier et tank), 53 opérations aériennes, 89 vols de reconnaissance et 7 opérations terrestres sans résultats.

La liste des actions opérées par la guérilla : un total de 116 actions et représailles incluant 20 sabotages, 17 éxécutions, 8 raids, infiltrations et encerclements, 9 contrôles routiers, 25 confrontations avec l’armée turque, 57 actions et frappes diverses et 23 actions aux résultats invérifiés.

Tout cela a coûté cher à la Turquie, voici les pertes : 315 soldats tués dans les affrontements, 4 policiers abattus, 15 membres des Opérations Spéciales, 12 officiers tués, 107 soldats blessés, 1 policier blessé, 11 bases militaires détruites, 5 blindés détruits, 17 véhicules militaires non-blindés incendiés, 4 hélicoptères endommagés et 6 véhicules lourds endommagés, dont un tank. Une douzaine d’armes diverses ont également été saisies par les guérilleros.

Enfin, selon les HPG, 53 guérilleros ont été tués, 3 autres sont morts sur le front du Mont Shengal en combattant l’Etat Islamique, deux guérilleros ont été faits prisonniers par la Turquie.

Drapeau du PKK.

Drapeau du PKK.

Le Mont Shengal, montagne sacrée des Yézidis au Nord-Est de l’Irak est le théâtre d’affrontements entre les diverses forces kurdes et les islamistes depuis l’année dernière. Suite au sauvetage par le PKK des 40.000 Yézidis persécutés par l’Etat Islamique en août 2014, le mont est contrôlé à l’ouest par les forces kurdes progressistes (PKK, PYD, YPS,…), au sud par l’Etat Islamique et à l’est par les Peshmergas, l’armée régulière de la province autonome du Kurdistan irakien, souvent considérée comme la branche armée du PDK.

Les forces kurdes progressistes sont nombreuses, trois d’entre elles ont annoncé ce jeudi la création d’un commandement conjoint, il s’agit des Unités de Protection du Shengal (milices yézidies du PKK), des Unités de Protection des Femmes du Shengal (YPJ-Shengal), et des Forces de Protection du Shengal (HPS). Lors d’une conférence de presse, les porte-paroles ont souligné l’importance de la libération du Mont Shengal pour la libération du Kurdistan et du Moyen-Orient. Elles ont appelé les trois grands partis kurdes, le PKK, le PDK et le PUK à soutenir ce commandement conjoint.

Comme en témoigne cette carte, de nombreux groupes combattent pour la libération du Shengal. Les forces du PKK et du PYD, et leurs guérillas, les HPG, les YJA-Star les YPG, les YPJ, les YPS,… sont alliées.

Carte du conflit au Mont Shengal, 25 octobre

Carte du conflit au Mont Shengal, 25 octobre

Cinq combattants étrangers (2 Espagnols, 2 Américains et un 1 Canadien) combattaient au Rojava aux cotés des YPG, dans la brigade internationale intégrée, les ‘Lions du Rojava’. Il y a deux semaines, ils ont prit la décision de sortir de Syrie, pour ce faire ils ont décidé de passer par la province du kurdistan autonome irakien (KRG). Les 5 se dirigeaient vers Erbil pour y prendre un avion, mais ils ont d’abord été arrêtés le 23 octobre à Dahuk et maintenus en résidence surveillée par la police kurdo-irakienne jusqu’au 25 octobre, date à laquelle on leur a rendu leurs passeports et où ils ont pu poursuivre leur route, c’est en tout cas ce qu’ils pensaient avant de disparaître. Le 26 octobre, l’ambassade espagnole à Bagdad a confirmé que les 5 étaient détenus en régime d’isolement par les autorités kurdes à Erbil.

Du coté du Mont Shengal, où les HPG et les YPS repoussent l’Etat Islamique, les Peshmergas du Gouvernement Régional Kurde (KRG) ont fermé la route du Rojava, qui permettaient aux guérillas d’envoyer du matériel et des combattants. Des manifestations ont eu lieu à Kersê et à Serdeşt pour protester contre la décision du KRG.

Carte du conflit au Mont Shengal, 25 octobre

Depuis l’attentat de Suruç, la guérilla du TKPML, le Tikko enchaîne les actions armées contre l’état turc et ses forces armées, notamment aux cotés des HPG, la guérilla du PKK. Hier soir, l’armée turque a attaqué le village de Mercan Şahverdi (région de Pulur/Ovacık, province du Dersim/Tunceli). Trois combattants de Tikko ont été tués lors des affrontements. L’opération militaire a commencé vers 23h et s’est terminée vers 3h du matin, elle était soutenue par l’aviation militaire turque. Quatre villageois ont également été arrêtés.

Guérilleros du TKP/ML – TIKKO

Guérilleros du TKP/ML - TIKKO