Jeudi 2 juillet, au siège d’Eurojust, l’agence de coopération judiciaire de l’Union européenne, à La Haye, des enquêteurs néerlandais et français ont révélé qu’ils étaient parvenus contourner les systèmes de sécurité des téléphones EncroChat. Ces appareils ont commencé à arriver entre les mains des experts de la gendarmerie française en 2017, en marge d’affaires de trafic de stupéfiants. A l’apparence anodine, ils disposaient de fonctionnalités cachées rendant leurs communications impossibles à intercepter et leurs données illisibles. Leurs données pouvaient être totalement supprimées en saisissant un simple code sur le téléphone.

Ces téléphones, dont la caméra, le micro ou le GPS étaient parfois physiquement détruits pour limiter tout risque de pistage, étaient commercialisés par EncroChat au prix de 1.000 euros et assorti d’un abonnement d’environ 3 000 euros l’année. Chaque appareil disposait même d’un service après-vente, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. En 2020, selon les autorités néerlandaises, 50.000 appareils EncroChat étaient actifs, dont 12.000 dans les seuls Pays-Bas.

Les enquêteurs français ont découvert les serveurs formant le soubassement technique du réseau EncroChat étaient situés en France. Un logiciel capable de siphonner le contenu des appareils et de lire les échanges avant qu’ils soient chiffrés a été envoyé sur des milliers de téléphones. Ceux-ci ont été écoutés pendant des semaines. Les responsables d’Encrochat ont fini par s’apercevoir que quelque chose clochait sur leurs appareils. Le 13 juin, ils font parvenir en urgence, en anglais, un message à tous leurs utilisateurs : “Une ou plusieurs entité(s) gouvernementales ont lancé une attaque pour compromettre [certains de nos appareils]. Nous ne pouvons plus en garantir la sécurité. Nous vous conseillons de les éteindre et de vous en débarrasser immédiatement.” La justice française, qui vise, notamment, le chef de “fourniture d’un moyen de cryptologie”, n’a pas (encore?) lancé de poursuite contre EncroChat.

Un téléphone Encrochat

Un téléphone Encrochat

Six squats du quartier de Tweebosbuurt, à Rotterdam, sont menacés d’expulsion à partir de ce 4 mars: trois officiellement et trois autres très surement. Ces six sont maisons occupées depuis plusieurs mois en résistance à la destruction et gentrification. Les occupants lancent un large appel à venir en solidarité face aux expulsions, à venir occuper, défendre et habiter le quartier, avant et après les expulsions. Le 27 février un squat s’était fait expulser de manière illégale car les personnes étaient présentes depuis 8 jours. La police avait alors procédé à trois arrestations. En tout, en quelques semaines, 25 personnes ont été arrêtées, trois squats ont été expulsés, des personnes ont été frappées par la police de Rotterdam (certaines dans l’espace public, d’autres en cellule de garde a vue). Des personnes ont été agressées par des individus inconnus. Une personne va probablement être déportée dans un pays ou sa vie est directement menacée. Pour en savoir plus

Solidarité avec les squats de Rotterdam

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Dimanche 3 novembre, Partizan a organisé une commémoration à la Maison de la culture sociale d’Erevan à Almelo en hommage à Nubar Yalim. Ses amis et camarades l’ayant connu à l’époque ont échangé sur leurs souvenirs et ont appelé à poursuivre son combat.

Nubar Yalim était un maoïste arménien membre du TKP/ML TIKKO en Turquie. Il eut un rôle très important dans les luttes révolutionnaires en Turquie puis dans les Pays-Bas après son exil en 1978. Il sera assassiné par les services secrets turcs le 5 novembre 1982 à Utrecht (Pays-Bas). Des manifestations de masse regroupant des milliers de personnes auront lieu partout en Europe pour dénoncer ce crime de l’État fasciste turc.

Le Canada et les Pays-Bas ont lancé mercredi un projet pilote permettant aux voyageurs de ne pas présenter leur passeport. A la place, ils doivent posséder une application sur leur téléphone, qui contient l’ensemble de leurs données personnelles. Ce test, baptisé Know Traveller Digital Identity (“Identité connue du voyageur”, en français), est dirigé par le Forum Économique Mondial (FEM).

Sur les liaisons Montréal-Amsterdam et Toronto-Amsterdam, les passagers peuvent ainsi stocker sur leurs téléphones l’ensemble des informations personnelles contenues sur leur passeport. Comment ces données sensibles sont-elles protégées. Il s’agit d’un registre décentralisé, public mais surtout infalsifiable, utilisant la technologie blockchain et permettant de garantir la fiabilité des informations. L’identité des passagers sera confirmée par reconnaissance faciale à leur arrivée dans chaque aéroport.

Contrôle à l’aéroport de Montréal

Contrôle à l'aéroport de Montréal

La semaine dernière, les autorités néerlandaises ont arrêté un volontaire néerlandais, connu sous le nom de guerre Andok, qui s’était battu avec les YPG contre l’État Islamique à Raqqa. Il aurait été identifié en septembre 2017 dans l’émission de télévision néerlandaise « EenVandaag ». Bien que n’ayant ni montré son visage ni révélé son nom durant l’interview pour se protéger de l’État islamique, il s’est retrouvé sur une liste de surveillance. Andok a été arrêté à son arrivée à l’aéroport de Schiphol après vérification de son identité. Il était cependant rentré aux Pays-Bas un mois auparavant (le voyage ayant mené à son arrestation n’étant donc semble-t-il pas son voyage de retour du Rojava). Mardi, il a été traduit devant le juge d’instruction de Rotterdam, qui l’a placé en garde à vue pour deux semaines.

Andok est le quatrième citoyen néerlandais poursuivi pour avoir pris part à la lutte des YPG contre l’État islamique. En 2016, la justice néerlandaise avait abandonné, faute de preuves, les poursuites contre Jitse Akse, un volontaire néerlandais des YPG (voir notre article). En 2018, Devin, un kurde néerlandais de 28 ans, faisait lui aussi l’objet d’un procès pour avoir combattu avec les YPG lors de la bataille de Tabqa en 2016.

Andok

Andok

Le parquet néerlandais a requis jeudi une peine de vingt mois d’emprisonnement contre Ercan Polater, un militant kurde de 36 ans accusé d’avoir lancé trois cocktails Molotov contre le consulat de Turquie à Amsterdam le 11 août dernier. Ercan Polater avait été arrêté en 2004 en Turquie mais il avait pu fuir le pays et avait obtenu le statu dev réfugié politique en Europe. En juillet 2012, il avait été arrêté en Bulgarie à la demande d’Ankara, mais son extradition avait été refusée. Le tribunal néerlandais prononcera son verdict le 14 février.

L’attaque du consulat turc d’Amsterdam

L'attaque du consulat turc d'Amsterdam

Roger B., un quinquagénaire liégeois qui travaillait chez Intradel et était mobilisé parmi les Gilets Jaunes depuis le début des actions a été tué la nuit dernière sur un barrage qui filtrait l’autoroute E25 en direction de Maastricht, à Visé en Province de Liège. Un poids lourd, apparemment immatriculé aux Pays-Bas, a forcé le barrage et renversé Roger, le tuant sur le coup. Il semblerait que la police ait d’abord demandé au chauffeur de quitter les lieux et de s’arrêter plus loin pour “éviter un lynchage”. Le chauffard en a profité pour prendre la fuite. Une trentaine de Gilets Jaunes étaient présents sur le barrage qui s’est poursuivi dans la soirée. Un rassemblement de soutien aura lieu à 14h à la gare de Liège-Guillemins. Roger est le premier Gilet Jaune à être tué en Belgique.

Roger B.

Roger B.

Ekrem Deniz, militant néerlandais d’origine turque, a été arrêté le 5 septembre dernier à sa sortie d’avion de l’aéroport d’Istanbul alors qu’il venait travailler comme traducteur dans le cadre d’un colloque international anti-impérialiste.
Il est accusé de diffusion de propagande terroriste notamment sur les réseaux sociaux. Il est actuellement emprisonné dans la prison de Metris (de type F) mais devrait être rapidement transféré. Le procureur a demandé une peine d’emprisonnement de 1,5 à 4,5 ans.

La page du Comité de soutien.

Ekrem Deniz lors de sa garde à vue (il avait encore son téléphone portable).

Ekrem Deniz lors de sa garde à vue (il avait encore son téléphone portable).

Une manifestation contre l’exploitation d’un gisement de gaz à Groningen, aux Pays-Bas, a viré aux affrontements avec la police, hier mardi. Les forces de l’ordre ont utilisé leurs matraques pour maîtriser des manifestants qui voulaient franchir la clôture de la société d’extraction de gaz Nederlandse Aardolie Maatschappij. Cinq activistes ont été blessés. Plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées mardi pour protester contre l’industrie des énergies fossiles.

La manifestation à Groningen

La manifestation à Groningen

Le commandement des YPG vient de communiquer officiellement sur la mort de deux camarades internationalistes, un Breton et un Galicien.

Kendal Breizh (Olivier François Jean Le Clainche, 40 ans) et Baran Galicia (Samuel Prada Leon, 24 ans) sont tous deux tombés au front d’Afrin, en défendant le Rojava contre l’envahisseur turc, le 10 février dernier. Ils étaient arrivés au Rojava à l’été 2017 pour rejoindre les YPG, ils ont ainsi participé à la libération de Raqqa et de Deir Ezzor en combattant Daesh dans ses derniers bastions. Le 20 janvier, quand la Turquie et Al Qaïda ont lancé leur attaque contre le Canton d’Afrin, ils ont -aux côtés de nombreux autres internationalistes- demandé à combattre l’invasion.

Kendal Breizh

Baran Galicia

Baran Galicia