De l’espionnage électronique policier (GSM, Internet, ordinateurs, etc.) et des moyens de s’en protéger (Techniques, pratiques et programmes)
Présentation
La conférence Communication et Sécurité a été présentée une première fois dans le cadre de la conférence internationale d’analyse sur la nouvelle qualité (politique, juridique et technique) de la contre-révolution préventive dans les centres impérialistes, le 6 novembre 2005, à Bâle.
Ecrite et présentée par un spécialiste du Rote Hilfe (Secours Rouge) de l’organisation Revolutionärer Aufbau de Zürich, elle s’est développée et enrichie au fil des traditionnels questions/réponses clôturant les conférences.
Le texte de ce numéro de Solidarité Internationale est celui qui a été préparé pour la conférence organisée par la Coordination Anti-répression à Bruxelles, le 23 juin 2006.
Sommaire:
Chapitre 1. Principes
-1. 1. La technologie de l’information dans le quotidien politique
-1. 2. Proportionnalité
-1. 3. Analyse de risque
-1. 4. Les mots de passe
-1. 5. Formation
Chapitre 2. Téléphone fixe et téléphone portable
-2. 1. Téléphones fixes
-2. 1. 1. Téléfax
-2. 1. 2. Modem analogique ou ISDN
-2. 2. Téléphones portables
-2. 3. L’interception
-2. 4. Profil de mouvement
-2. 4. 1. Saut de cellules
-2. 5. SMS ping
-2. 6. N° IMSI etc.
-2. 7. Pour être certain…
-2. 8. IMSI Catcher
Chapitre 3. Ordinateur et accessoires
-3. 1. ‘Supprimer’ (‘Delete’)
-3. 1. 1. Système d’exploitation
-3. 2. Codage du disque dur
-3. 3. Coder la circulation sur l’Internet
-3. 4. Cryptage des mails
-3. 5. Live System
-3. 6. Accès aux programmes
Problèmes et perspectives de la construction d’un Secours Rouge International
Présentation:
Entre les premiers contacts qui ont amenés au premier ‘tour de table’ pour un Secours Rouge International (automne-hiver 2000) à la première Conférence internationaliste de Bâle (novembre 2005), la Commission pour un Secours Rouge International a accumulé une sérieuse expérience sur les problèmes de l’organisation transnationale de la solidarité révolutionnaire. Cette expérience a souvent été difficile, deux pas en avant, un pas en arrière, mais elle constitue aujourd’hui une base permettant une nouvelle avancée. C’est la synthèse de cette expérience que nous présentons dans cette brochure réservée aux groupes intéressés par un développement de leur relation avec notre Commission.
Sommaire:
-1. Qui sommes-nous?
-2. La pratique de la Commission pour un SRI
-3. Problèmes pour la construction d’un SRI
-4. Programme pour le SRI (mars 2001)
-4. 1. Préambule
-4. 2. Plate-forme politique générale et quelques éléments organisationnels
-4. 3. Points de programme
-5. Document: Résolutions de la Commission sur ses crises internes (septembre 2002)
-6. Annexe: Qui est qui?
Communiqué de la Commission pour un Secours Rouge International (Bruxelles-Zürich)
Nous avons appris avec tristesse et avec colère la mort, mercredi premier mars, de Joëlle Aubron. Militante d’Action Directe, Joëlle a été libérée alors qu’elle était déjà gravement malade, le 16 juin 2004. Joëlle a résisté à la maladie avec le même courage qu’elle avait résisté à la prison. Nous adressons un salut fraternel à sa famille, ses proches et ses camarades, et nous rendons hommage à cette camarade qui a toujours parfaitement accompli son devoir de révolutionnaire. La meilleure façon d’exprimer cet hommage à la mémoire de Joëlle est de redoubler nos efforts pour la libération des prisonniers révolutionnaires, à commencer par les prisonniers malades. Il est clair que l’Etat français ne veut utiliser la loi prévoyant la libération des prisonniers dont l’état de santé est incompatible avec la détention que pour qu’ils aillent mourir hors de prison. Nous lutterons pour sortir Nathalie et les autres camarades avant que l’Etat français puisse se livrer sur eux à son calcul sordide et macabre.
-Liberté pour les prisonniers révolutionnaires!
-Honneur à la camarade Joëlle Aubron!
Joëlle Aubron
Ce qu’il faut retenir de ma camarade Joëlle Aubron
-Sa sensibilité de communiste
-La justesse dans sa lutte
-La simplicité de son courage
-La force de ses convictions révolutionnaires
-Son humanité combattante
-Son amour de la vie
-Son amour de la liberté
-Son rire, fort et clair, qui résonne à nos oreilles
-Comme l’espoir d’un monde prolétarien
-Gloire et honneur à Joëlle
-Que pour toujours ton nom fleurisse dans nos coeurs
-Pour la continuité du combat
Nathalie Ménigon – Prisonnière d’Action Directe – 4 mars 2006
La nouvelle qualité de la contre-révolution préventive dans les centres impérialistes
Présentation:
Les 5 et 6 novembre s’est tenue à Bâle une conférence internationale d’analyse sur la nouvelle qualité (politique, légale et technique) de la contre-révolution préventive dans les centres impérialistes. Les délégations ont exposé leur expérience pratique des nouveaux dispositifs répressifs dans leurs réalités nationales, de manière à produire une nouvelle analyse globale du problème.
Ce document a été écrit par le Comité de rédaction de la Commission pour un Secours Rouge International sur base des contributions et interventions des 25 délégations de 7 pays.
Sommaire:
-1. Contexte politique général
-2. Décision-cadre: ‘lutte contre le terrorisme’
-3. Décision-cadre: ‘mandat d’arrêt européen’
-4. L’établissement des ‘listes noires’
-5. De TREVI à Europol
-6. Convention internationale sur la ‘cybercriminalité’
-7. La nouvelle qualité de la collaboration avec les USA
-8. Développement de la biométrie
-9. Systématisation de la torture et prisons secrètes
-10. Nouvelles lois sécuritaires dans les pays membres de l’UE
-11. Nouvelles lois nationales sécuritaires hors de l’UE
-Annexe 1: Références légales
-Annexe 2: Salutations
-Annexe 3: Liste des participants à la Conférence
-Annexe 4: Remerciements
Affiche pour la libération de Pierre Carette – Septembre 2002 – Offset
Affiche d’appel à une manifestation pour la libération de Pierre Carette – Octobre 2001 – Sérigraphie sur papier kraft
Affiche d’appel au meeting de Bruxelles pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah – Février 2004 – Sérigraphie
Affiche pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah – Mai 2006 – Offset
Affiche pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah – Novembre 2005 – Offset
Affiche générale du Secours Rouge/APAPC – Janvier 2004 – Sérigraphie
Affiche pour la libération des militants d’Action Directe – Mars 2004 – Offset
Affiche pour la libération des militants d’Action Directe – Mai 2004 – Sérigraphie
Affiche contre l’extradition de Bahar Kimyongür vers la Turquie – Mai 2006 – Offset
Affiche d’appel à la manifestation pour la libération des membres du Secours Rouge arrêtés le 5 juin – Juillet 2008 – Offset
Affiche de la campagne NoProcès
Affiche de la projection du documentaire ‘We’ d’Arundhati Roy – Septembre 2011
Affiche d’appel à la manifestation pour les prisonniers de ‘Lutte Révolutionnaire’ – Octobre 2011
Affiche pour le concert de ‘The Coup’ – octobre 2012
Affiche pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
Affiche pour la libération de Pierre Carette - Septembre 2002 - OffsetAffiche d'appel à une manifestation pour la libération de Pierre Carette - Octobre 2001 - Sérigraphie sur papier kraftAffiche d'appel au meeting de Bruxelles pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah - Février 2004 - SérigraphieAffiche pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah - Mai 2006 - OffsetAffiche pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah - Novembre 2005 - OffsetAffiche générale du Secours Rouge/APAPC - Janvier 2004 - SérigraphieAffiche pour la libération des militants d'Action Directe - Mars 2004 - OffsetAffiche pour la libération des militants d'Action Directe - Mai 2004 - SérigraphieAffiche contre l'extradition de Bahar Kimyongür vers la Turquie - Mai 2006 - OffsetAffiche d'appel à la manifestation pour la libération des membres du Secours Rouge arrêtés le 5 juin - Juillet 2008 - OffsetAffiche de la projection du documentaire 'We' d'Arundhati Roy - Septembre 2011Quelques affiches du Secours RougeAffiche d'appel à la manifestation pour les prisonniers de 'Lutte Révolutionnaire' - Octobre 2011Affiche pour le concert de 'The Coup' - octobre 2012Affiche pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais. Il a été arrêté à Lyon en 1984. En 1987 il a été condamné à la prison à perpétuité comme fondateur supposé des Fractions Armées Révolutionaires Libanaises. Il était légalement libérable après 14 ans de prison, et il est en prison depuis 29 ans malgré neuf demandes de libération. Récemment, un tribunal la lui avait accordée, mais ce jugement n’a pas été appliqué par les autorités jusqu’à ce qu’un tribunal rende un avis contraire, sous la pression des Etats-Unis et d’Israël, qui ont exprimé leur « sérieuse inquiétude » que Georges Abdallah retourne sur le champ de bataille.
Georges n’est qu’un exemple des nombreux révolutionnaires prisonniers, qui restent des décennies derrières les barreaux parce que leur identité révolutionnaire n’a pas été brisée et parce qu’ils continuent à se comporter comme des révolutionnaires.
Le Secours Rouge International appelle à deux journées d’action les vendredi 5 et samedi 6 juillet.
A cette occasion une douzaine de prisonniers révolutionnaires, communistes, anarchistes et antifascistes emprisonnés en Italie, en Grèce, au Maroc et en Suisse mèneront une grève de la faim de solidarité avec Georges.
Montrons notre solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah et tous les révolutionnaires prisonniers de longue durée non repentis et luttons à leurs côtés pour leur libération !
– Paris: Samedi 6, rassemblement devant le siège du Parti Socialiste pour les 1er et 2e arrondissements à l’appel du Secours rouge arabe et du Comité Anti-impérialiste. Des affiches pour Georges sont collées sur la façades.
Collage Georges Ibrahim Abdallah siège PS Paris
– Lille: Samedi 6, un groupe de militants solidaires du nord de la France et de Belgique a accrochés six banderoles aux entrées autoroutières de Lille – et dans le centre ville.
banderoles Georges Ibrahim Abdallah Lille 6 juillet 2013
– Carvin: Stand et intervention pour Georges Abdallah du comité « Bassin Minier » au Festival de la Résistance, samedi 6.
Carvin Festival Résistance Georges Ibrahim Abdallah
– Feuchy (Pas-de-Calais): La banderole « Libérez Abdallah ! » est déployée sur le fronton de l’usine Fraisnor occupée par les travailleurs en lutte contre la liquidation de leur entreprise depuis fin mai.
Fraisnor Georges Abdallah
– Bordeaux: Un rassemblement a eu lieu le samedi 5.
Tunis: Collages d’affiches jeudi 4 par le Comité tunisien pour la libération de Georges Ibrahim Aballah. Un rassemblement s’est tenu ce vendredi 5 juillet devant l’ambassade de France à Tunis, à l’occasion de la visite de François Hollande. Voir l’article du quotidien libanais Al Safir sur cette mobilisation
affiche Georges Abdallah Tunis
Ambassade France à Tunis Manifestation Georges Ibrahim Abdallah
Montréal: Rassemblement vendredi 5 à l’appel du Secours Rouge Canada, devant le consulat de France.
Georges Ibrahim Abdallah Montréal
Rassemblement devant le consulat de France à Montréal
Berne: vendredi 5 au soir, un rassemblement a eu lieu à Berne, devant l’ambassade de France, à l’appel du Secours Rouge de Suisse.
Rassemblement Georges Ibrahim Abdallah Berne
Winterthur: Des affiches ont été collées.
winterthur georges ibrahim abdallah
Bâle: Une banderole a été accrochée devant le siège de la banque française BNP-Paribas
BNP Paribas, Bale, Georges Ibrahim Abdallah
Hambourg: Rassemblement à Altona et meeting à l’Internationales Zentrum organisés le samedi 6 par la section hambourgeoise du Netzwerk Freiheit für alle politische Gefangenen.
Rassemblement Georges Abdallah Hambourg
Stuttgart: Rassemblement sur la Schillerplatz et un meeting à Arabischen Kulturclub organisés le samedi 6 par la section locale du Netzwerk Freiheit für alle politische Gefangenen. En outre, des collages ont eu lieu dans la ville de Stuttgart.
Georges Ibrahim Abdallah Stuttgart
Affiche Stuttgart Georges Ibrahim Abdallah
Magdeburg: Les inculpés de « Zuzamen Kampfen » ont mené une grève de la faim de solidarité.
A l’Infoladen de Magdeburg où a eu lieu la grève de la faim de solidarité
Rome: Rassemblement devant l’ambassade de France (une trentaine de personnes) et une soirée de soldiarité avec projection d’un film sur les prisonniers politiques arabes (une cinquantaine de participants).
Bruxelles: Un rassemblement a eu lieu vendredi 5 à l’initiative du Secours Rouge de Belgique en face de la résidence de l’ambassadeur de France.
Georges Ibrahim Abdallah manifestation Bruxelles
Rassemblement Bruxelles Georges Abdallah
Zürich: Des banderoles ont été accrochées et des affiches ont été collées en différents endroits de la ville le samedi 5. Le dimanche 6, une banderole a été accrochée sur le consulat de France.
Georges Ibrahim Abdallah Zürich
Banderoles Georges Ibrahim Abdallah Zurich
consulat France Zurich Georges ibrahim Abdallah
4. Mobilisation dans les prisons
Andrea
En Suisse, Andrea « Andi » Stauffacher (membre de la Révolutionarer Aufbau et du Secrétariat du Secours rouge international) et Marco Camenisch (prisonnier vert-anarchiste de longue durée) sont en grève de la faim. Cette grève est leur contribution aux journées internationales d’action pour Georges Ibrahim Abdallah. Mercredi 3, le service compétent de l’Office cantonal de correction a posé à Andi un ultimatum : soit elle cesse la grève de la faim dans les 24 heures, soit elle est transférée dans une prison de haute sécurité. Cet ultimatum est une réponse à l’initiative collective des prisonniers politiques pour participer à la campagne pour Georges. C’est le même département qui maintient Marco en prison alors qu’il est libérable depuis longtemps, parce qu’il maintient son identité anarchiste, il ne doit pas sortir. Andi a refusé de céder à l’ultimatum, et elle a été transférée.
Dix prisonniers politiques marxistes-léninistes-maoïstes, membre de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc/Groupe Aziz ELBOUR et de la Voie démocratique basiste, sont entré vendredi 5 juillet en grève de la faim en solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah dans le cadre des journées internationales d’actions. Ces prisonniers ont été condamnés fin avril à des peines de deux à trois ans de prisons suite à des manifestations à l »université de Marrakech et sont détenus à la prison locale de Boulmherez de Marrakech. Il s’agit de Ibrahim ENNAJMI, Hamid ELBAGHDADI, Abdelhak ETTALHAWI, Aziz ELBOUR, Hicham ELMASKINI, Hamid ZADOU, Mohamed ELWAKASSI, Mohamed ELMOADEN, Boujmâa JAMOU, Mohamed AHRIK.
En Allemagne aussi une émission radio a traité des journées d’action pour Georges et plus particulièrement de la grève de solidarité des prisonniers politiques.
Carvin Festival Résistance Georges Ibrahim AbdallahGeorges Ibrahim Abdallah Montréalwinterthur georges ibrahim abdallahA l'Infoladen de Magdeburg où a eu lieu la grève de la faim de solidaritéGeorges Ibrahim Abdallah manifestation BruxellesAndrea La publication du Netzwerk Freiheit für alle politischen GefagenenJournées internationales en solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah (5-6/7/13)
Affiche du SRI pour les prisonniers maoïste en Inde
Affiche du SRI pour Mumia Abu-JamalAffiche de solidarité avec les membres du SRIAffiche SRI-RHI Europe/Turquie/Kurdistan Fr-EditAffiche de solidarité avec Lutte RévolutionnaireAffiche du SRI contre les § 129 en AllemagneAffiche d'hommage du SRI à Mario GalesiAffiche de la campagne Longues PeinesAffiche du SRI pour les prisonniers maoïste en Inde
Le Secours Rouge est la section belge du Secours Rouge International.
Le Secours Rouge entend développer la solidarité et promouvoir la résistance face à toutes les formes de répression de classe, celles qui concernent les prisonniers révolutionnaires comme celles qui concernent les pratiques de lutte des classes (grèves, occupations, etc.), de luttes militantes (affichages, manifestations, etc.) ou pour faits de solidarité internationaliste (avec les sans-papiers, avec les peuples en lutte, etc.)
L’activité du Secours Rouge n’est pas de nature humanitaire ni caritative, mais politique. Elle fait partie intégrante d’un mouvement unique anticapitaliste, anti-impérialiste, antifasciste, visant à renverser ce système d’exploitation et d’oppression.
Dans cette optique, le Secours Rouge travaille sur deux axes principaux:
1° Il soutient les prisonniers communistes, anarchistes, syndicalistes et antifascistes de toutes les manières pratiques et politiques. Il affirme que la solidarité envers les prisonniers doit être le lieu où les fractures et divergences politiques, idéologiques et organisationnelles doivent être les moins influentes. Il y a un devoir d’unité autour des prisonniers et face à la répression.
2° Il s’emploie à améliorer les capacité de résistance des forces militantes et syndicales face à la répression par l’analyse des nouvelles lois, méthodes, organisations et technologies des forces répressives, par la promotion des méthodes et techniques d’autodéfense (formation au cryptage des communications, promotion des attitudes salvatrices lors des arrestations et des interrogatoires, etc.)
Le Secours Rouge est l’héritier de l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC), qui s’était constituée en décembre 1985 en soutien aux prisonniers des CCC, en ce sens que l’APAPC s’est dissoute en décembre 2000 dans le Secours Rouge. En novembre 2020 a été fondée, en grande partie sur base de l’expérience du Secours Rouge, l’organisation Classe Contre Classe. Le Secours Rouge s’y est incorporé et y poursuit, dans son cadre, son travail anti-répression. Depuis 2024, le Secours Rouge n’entretient plus de lien organique avec cette structure. Il rassemble des militants révolutionnaires issus de traditions diverses, qu’ils soient membres ou non d’organisations révolutionnaires.
Clara Zetkin est née Clara Eissner, le 5 juillet 1857 à Wiederau, près de Chemnitz, en Saxe. Fille d’un instituteur de village, Clara Eissner se destine elle-même à l’enseignement et étudie à l’école normale féminine de Leipzig. Dès le milieu des années 1870, elle fréquente les mouvements féministes, participant aux discussions des Allgemeinen Deutschen Frauenvereins (Association générale des femmes allemandes) et elle commence à adhérer à la mouvance socialiste. En 1878, elle avait brillament réussi son examen mais bien qu’elle aimât beaucoup sa profession, elle allait choisir une autre voie en adhérant aux idées socialistes qui se développaient dans l’essor industriel de l’Allemagne de Bismarck.
Dans la vague de chauvinisme triomphant qui se déchaîna après la guerre franco-allemande de 1870, la répression frappa les socialistes allemands, à commencer par leur représentant au parlement, August Bebel. C’est durant les trois années de prison qu’il dû purger pour ‘insultes à sa Majesté’ que Bebel écrivit un livre qui transforma des millions de consciences: La Femme et le socialisme, qui dût être édité en Suisse en raison de la censure anti-socialiste. Des milliers d’exemplaires furent envoyés en Allemagne sous une fausse couverture indiquant : Rapports des directeurs d’entreprise. Ce livre eut un succès foudroyant.
Le problème abordé, aussi, était d’une importance capitale: à l’heure où le mouvement ouvrier rassemblait ses forces contre les capitalistes et l’Etat réactionnaire, pouvait-il renoncer à la moitié féminine de la classe?
Bebel devait lutter contre des préjugé à l’intérieur même du mouvement ouvrier. Au premier Congrès de la Ière Internationale (Genève, 1866), les partisans de Proudhon voulaient que l’Internationale interdise le travail des femmes, leur domaine naturel étant selon eux la cuisine et leur profession naturelle la maternité. Chez les ouvrières également, les ‘chaînes du passé’ marquaient les mentalités: les jeunes travailleuses plaçaient le plus souvent leurs espoirs dans un mariage qui leur épargnerait le sort de leurs mères et les délivrerait du bagne de la manufacture, fut-ce au prix de la relégation dans une cuisine.
Bebel inscrivit la question dans le processus socio-historique, entamant son livre par une étude très documentée sur les différentes formes d’oppression subies par les femmes dans l’histoire. Combattant l’idée de la ‘sujétion naturelle’ de la femme à l’homme, il démontra la liaison inséparable existant entre la question féminine et la question sociale, entre la libération de la femme et celle de la société toute entière des lois du profit.
Et Bebel d’exposer ce que le socialisme pourra apporter aux femmes: ‘Dans la société nouvelle, la femme sera complètement indépendante socialement et économiquement, elle ne sera plus soumise même à un semblant de domination et d »exploitation’, elle sera libre vis-à-vis de l’homme, elle sera son égale et elle disposera de son destin. Elle recevra la même éducation que l’homme sauf dans les domaines où la différence des sexes exige des exceptions; vivant dans des conditions naturelles, elle pourra développer toutes ses forces et ses aptitudes physiques et intellectuelles; elle choisira le mieux à ses désirs, à ses tendances et à ses dispositions et elle agira dans les mêmes conditions que l’homme… Pour choisir son partenaire en amour, elle sera aussi libre que l’homme. Elle courtise ou se fait courtiser et ne contracte une union qu’en considérant ses sentiments.’
On mesure mal aujourd’hui la portée révolutionnaire de ces lignes qui eurent un impact immense. Clara Zetkin rendra de nombreuses fois hommage à Bebel et à son travail de pionnier. Elle le connaitra d’ailleurs personnellement; c’est Bebel qui se chargera de la faire admettre dans un sanatorium en Forêt-Noire, lorsqu’elle sera atteinte de tuberculose peu après le Congrès de Paris en 1889.
En 1878, Clara Zetkin rompt avec sa famille et adhère au Sozialistischen Arbeiterpartei (SAP), ancêtre du SPD, parti interdit par Bismarck la même année. Elle participe aux réunions socialistes clandestines et y rencontre le révolutionnaire russe Ossip Zetkin, un militant populiste banni de Russie. Ossip Zetkin est arrêté et expulsé d’Allemagne à l’été 1890. Clara Zetkin sera bientôt elle-même expulsée de Saxe vers Zurich, et elle rejoint Ossip en 1882 à Paris, où ils vécurent pauvrement dans le 13e arrondissement. Ils y vécurent pauvrement et eurent deux enfants: Maxime et Konstantin. Elle est rédactrice à l’organe du parti, Der Sozialdemokrat. Bien qu’ils ne soient pas mariés, Clara prend le nom de son compagnon et le gardera jusqu’à sa mort.
Ossip fut le secrétaire du premier groupement d’ouvriers étrangers, surtout russes et roumains, à Paris. Avec Clara, ils rédigent des correspondances pour la presse socialiste allemande. Ils font la connaissance de Louise Michel, Jules Guesde, Paul Lafargue et sa femme Laura, fille de Marx. Ossip Zetkin décède de tuberculose en 1889.
Clara Zetkin est appelée à participer à la préparation au Congrès ouvrier international qui se tiendra à Paris en juillet 1889 et qui donnera naissance à la IIe Internationale. Elle y présentera un rapport sur la situation des travailleuses sous le capitalisme et y prononcera le premier discours de sa vie: Pour la libération de la femme, à une époque où elles n’avaient le droit de vote dans aucun pays. Dans son discours, elle expose qu’‘en combattant la main dans la main avec les ouvriers socialistes, les femmes se montrent prêtes à prendre part à tous les sacrifices et efforts de la lutte, mais elles sont aussi décidées, à juste titre, à exiger après la victoire tous les droits qui leur reviennent.’. Ses interventions sont déterminantes dans la décision de la IIe Internationale à inviter les socialistes de tous les pays à impliquer les femmes dans la lutte des classes, et un an plus tard, le programme social-démocrate (dit ‘programme d’Erfurt’) qui intégrait la revendication de l’égalité économique, politique et juridique de la femme. Clara s’était affirmée à la fois comme dirigeante politique d’envergure internationale, et comme théoricienne des problèmes féminins. Elle avait 32 ans.
Jusqu’en 1890, tout moyen d’expression était interdit au mouvement socialiste. Seul le groupe parlementaire social-démocrate porté au Reichstag lors des élections ne put être liquidé par Bismarck. Lorsque August Bebel et Wilhelm organisèrent la lutte illégale, les femmes jouèrent un grand rôle. Progressivement, elles s’engagèrent en masse dans la lutte des classes, et notamment dans les grandes grèves des années ’80. En 1889, de puissantes grèves générales amenèrent à l’abolisation, en janvier 1890, de la loi contre les socialistes. Clara Zetkin pu revenir en Allemagne avec ses deux enfants.
C’est en 1892 que paraît le premier numéro de Die Gleichheit (L’Egalité), premier journal politique féminin, longtemps seul dans son genre en Europe. Clara Zetkin, fixée à Stuttgart, en est la rédactrice en chef et elle l’animera jusqu’en 1917 et en fera un véhicule puissant pour la diffusion de ses idées. Dans Die Gleichheit, Clara Zetkin ne se contenta pas de vastes démonstrations théoriques, elle dénonça aussi au jour le jour la condition de la femme prolétarienne, celle des étameuses de miroirs empoisonnées au mercure, qui accouchaient d’enfants mort-nés, celle des travailleuses d’une filature de jute que leur patron payait si peu qu’elles ne pouvaient se permettre qu’un repas chaud par semaine: ‘ce n’est pas de la toile que vous débitez, écrit Zetkin aux patrons des filatures, c’est de la vie humaine toute chaude…’
Au Congrès de Gotha, en 1896, le SPD adopte la résolution présentée par Clara Zetkin. En août 1907, elle est élue responsable du secrétariat international des femmes, et c’est aussi elle qui fait adopter par le congrès de l’Internationale la résolution selon laquelle ‘les partis socialistes de tous les pays ont le devoir de lutter énergiquement pour l’instauration du suffrage universel des femmes.’
Elle se mariera en 1899 avec le peintre Friedrich Zundel, avec lequel elle restera mariée jusqu’en 1928, en conservant le nom de Zetkin.
A Paris, elle participe activement à la fondation de la Deuxième Internationale où elle réclame l’égalité complète des droits professionnels et sociaux de la femme ainsi que sa participation active à la lutte des classes.
En août 1907, les 56 déléguées de 14 pays réunies à Stuttgart dans la première Conférence Internationale des femmes socialistes élurent Clara Zetkin à la présidence du secrétariat international des femmes socialistes.
Le 8 mars 1910, lors de la 2e Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, Clara Zetkin propose la création de la journée internationale des femmes, journée de manifestation annuelle afin de militer pour le droit de vote, l’égalité entre les sexes, et le socialisme. Cette initiative est à l’origine de la Journée Internationale des Femmes, manifestation qui se déroule tous les ans le 8 mars.
Dès 1911, un million de femmes manifestent en Autriche-Hongrie, au Danemark, en Suisse, en Allemagne, puis les années suivantes en France, aux Pays-Bas, en Russie et en Suède. Le 8 mars 1914, les femmes réclament le droit de vote en Allemagne. La date n’est tout d’abord pas fixe, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met définitivement en place. Le 8 mars 1921, Lénine décrète le 8 mars Journée des femmes. En 1924, la journée est célébrée en Chine et en 1946 dans les républiques populaires d’Europe de l’Est. Le 8 mars 1977, les Nations Unies officialisent la Journée Internationale de la Femme.
Dans le parti social-démocrate allemand, Clara Zetkin tient une place particulière par ses analyses et sa pratique marxiste, par la fermeté de ses positions de classe contre le capitalisme et l’impérialisme. Elle vient à se situer, avec cette autre femme extraordinnaire que fut son amie Rosa Luxembourg, à l’aile gauche d’un SPD qui est de plus en plus puissant mais qui s’installe dans le réformisme.
Les perspectives de guerre accentuent le clivage. Au congrès du SPD de septembre 1907, à Essen, Clara Zetkin s’en prend avec vigueur au chauvinisme d’un Noske.
Au Congrès socialiste international de Bâle, en novembre 1912, elle lance aux femmes du monde entier un appel à lutter contre la guerre impérialiste, que cite Aragon dans son magnifique roman Les Cloches de Bâle (l’épilogue a d’ailleurs pour titre Clara).
Clara Zetkin participe à l’aile gauche du SPD, et devient très proche de Rosa Luxemburg. Opposante à la première guerre mondiale, en septembre 1914, elle adresse à plusieurs journaux des pays neutres une lettre condamnant la politique du SPD qui vient d’approuver l’entrée en guerre de l’Allemagne.
Elle fonde clandestinement en décembre 1914 avec Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Paul Levi, Ernest Meyer, Leo Jogiches et Franz Mehring le Spartakusbund (Ligue spartakiste) et elle mène de nombreuses actions pacifistes. En mars 1915, étant passée illégalement par la Hollande, elle assure à Berne la tenue d’une conférence internationale des femmes socialistes où s’affirme l’opposition à la guerre. Ce qui lui vaudra, à son retour en Allemagne, d’être inquiétée, arrêtée, emprisonnée comme l’est depuis l’année précédente Rosa Luxembourg.
Rosa Luxembourg va constituer en mars 1917 avec d’autres opposants exclus du SPD un parti social-démocrate indépendant, auquel Clara Zetkin adhère. Le SPD la limoge de Die Gleichheit qu’elle avait créée, qui était son oeuvre, et à travers laquelle elle avait continué, malgré la censure, à faire passer un souffle révolutionnaire et internationaliste. Les événements se précipitent, la révolution d’Octobre en Russie, en Allemagne, les grèves puis la révolution de novembre 1918, la répression sanglante du mouvement spartakiste par la droite sociale-démocrate où s’illustre Noske, l’assassinat en janvier 1919 à Berlin de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg.
En 1920, Clara Zetkin rejoint Ernst Thalmann, Ernst Toller et Walther Ulbricht pour former le Parti communiste d’Allemagne, dont elle devient dirigeante (membre du bureau central jusqu’en 1924 puis membre du comité central de 1927 à 1929). La révolution allemande de novembre 1918 permet au mouvement féministe d’obtenir le droit pour les femmes de voter et d’être élues: Clara Zetkin est élue députée KPD au Reichstag en 1920 et elle sera à chaque fois réélue pendant toute la durée de la République de Weimar.
Clara Zetkin avait rencontré Engels au Congrès ouvrier socialiste international de Zurich en 1893. C’est en 1907 qu’elle rencontra Lénine une première fois, au Congrès de Stuttgart, et elle y était alors plus connue que lui.
L’autorité de Clara Zetkin dans le mouvement ouvrier international était telle qu’à l’automne 1920, Lénine lui demande d’aider à la création d’un puissant mouvement féminin international. Il a avec elle, dans son bureau du Kremlin, plusieurs conversations sur la question féminine qu’elle rapporte dans ses Notes sur mon carnet.
Si elle est pleine d’admiration et d’affection pour Lénine, elle n’hésite pas à le contredire pour défendre son propre point de vue. Ainsi, lorsque Lénine lui repproche la trop grande attention accordée, selon lui, par le KPD aux problèmes du sexe et aux théories de Freud, ‘j’objectai, raconte-t-elle, que la question sexuelle et celle du mariage sous la domination de la propriété et de l’ordre bourgeois engendraient toutes sortes de problèmes, de conflits et de souffrances pour les femmes de toutes classes et couches sociales. La guerre et ses conséquences, disais-je, avaient, s’agissant justement des rapports sexuels, extraordinairement aggravé les conflits existants et les souffrances des femmes, les avaient rendus perceptibles des problèmes qui, jusqu’ici, leur étaient restés cachés.’
A soixante ans passés, membre de la direction du KPD, Clara Zetkin devient membre du Comité Exécutif de la IIIe Internationale, l’Internationale communiste, le Komintern. Elle le sera de 1921 à 1933 (durant cette période, elle vivra surrtout à Moscou). Le Comité Exécutif la charge, en décembre 1920, d’aller saluer le Congrès de Tours d’où va naître le Parti communiste français. Elle y parvient malgré un formidable dispositif policier ayant pour consigne de la refouler. En octobre 1921, pour effectuerla même mission à Milan, il faudra lancer les policiers sur de fausses pistes et la grimer et lui faire porter une perruque. Clara Zetkin dirige également le secrétariat féminin de la III° Internationale et dirige le périodique Die Kommunistische Fraueninternationale.
Elle est proche d’Alexandra Kollontaï au sein de l’Internationale, mais se retrouvera au cours des années 1920 isolée politiquement, en particulier après l’exclusion de Paul Levi. Elle conserve néanmoins toutes ses fonctions et responsabilités.
1925-1933 – Dirigeante du Secours Rouge International
C’est le 29 décembre 1922 que la Société des vieux bolcheviks, lors d’une de ses sessions, lance l’idée d’une association russe d’aide et de solidarité internationale aux combattants de la Révolution. Très vite, l’idée est reprise par l’Internationale Communiste. Le Secours Rouge International est fondé et a rapidement de nombreuses sections nationales. L’organisation se veut donc la plus large possible mais se dote d’une structure très centralisée: le congrès des associations nationales membres, réuni au moins tous les deux ans, élit un Comité Exécutif siégeant deux fois par an. Julian Marchlewski (un des co-fondateurs, en 1893, avec Rosa Luxembourg du Parti social-démocrate de Pologne) sera le premier président du Comité Central du SRI jusqu’à sa mort, survenue en 1925. A la mort de Julian Marchlewski, c’est Clara Zetkin qui assume la présidence du SRI.
Clara Zetkin fut la première à donner, dans un rapport qu’elle présente au Comité Exécutif du Komintern en 1923, une analyse lucide de la nature du fascisme et de ses bases de masse, à partir de son instauration en Italie et de ses phénomènes avant-coureurs en Allemagne. Cela dix ans avant la définition classique formulée par Georges Dimitrov. Et contre le fascisme, contre la guerre qui continue d’être sa hantise, elle défend au sein du Komintern l’idée du ‘front unique’ bien avant qu’elle ne prévale.
Opérations de la cataracte, pieds gelés et gangrène, sans parler de sa tuberculose ancienne, c’est une vieille dame usée qui, en tant que doyenne du parlement allemand doit en août 1932, selon l’usage, prononcer le discours d’ouverture.
Hitler touche alors au but. Les élections du 31 juillet lui ont donné 38% des voix. A la première séance du nouveau parlement, le 30 août, la masse de ses députés en uniformes brun de S.A., saluent le bras tendu Goering qui va se faire élire président du Reichstag. Clara Zetkin, députée communiste, 75 ans, presque aveugle, monte lentement à la tribune, soutenue par deux personnes. D’une voix d’abord à peine audible, mais qui s’affermit de plus en plus, elle prononce un long appel à combattre l’hitlérisme: ‘Il s’agit d’abord et avant tout d’abattre le fascisme qui veut réduire à néant par le fer et par le sang les manifestations de classe des travailleurs. L’exigence de l’heure, c’est le front unique de tous les travailleurs pour faire reculer le fascisme.’
Contrainte de fuir l’Allemagne après l’arrivée des nazis au pouvoir et l’interdiction du KPD, elle arrive à Moscou à bout de force et meurt quelques semaines plus tard le 20 juin 1933, à 75 ans, dans une maison de repos d’Arkhangelskoïe, près de Moscou. La tombe de Clara Zetkin se trouve le long des murs du Kremlin, sur la Place Rouge.
Monument Clara Zetkin
Maison d'enfance de Clara ZetkinMaison d'enfance de Clara ZetkinClara ZetkinDie Frau und der SoczialismusAugust BebelClara Zetkin et ses filsClara ZetkinClara ZetkinDie Arbeiterinnen und Frauenfrage der GegenwartTract pour la journée des femmesAffiche soviétique pour la journée des femmesClara Zetkin et Rosa LuxembourgAffiche du SpartakusbundClara Zetkin à la tribuneClara ZetkinClara Zetkin et Alexandra KollontaïClara Zetkin et Kliment VorochilovJulian MarchlewskiClara ZetkinClara Zetkin au ReichstagNuméro 9 de 'Masses'Clara ZetkinMonument Clara Zetkin