Aucune trace d’ADN des 43 manifestants étudiants disparus depuis le mois de septembre n’a été trouvée parmi les 28 corps exhumés de plusieurs fosses clandestines, a indiqué mardi le ministre mexicain de la Justice qui a également annoncé que 14 nouveaux policiers de la région avaient été arrêtés dans cette affaire, sous l’accusation d’avoir livré les étudiants disparus à un gang.

Les autorités avaient découvert plusieurs fosses clandestines près de la ville d’Iguala, dans l’Etat de Guerrero, après la disparition des étudiants à la suite d’une attaque menée conjointement par la police locale et ce gang. Les cinq premières fosses trouvées contenaient 28 cadavres, la plupart calcinés. Les autorités ont découvert par la suite d’autres fosses, mais n’ont pas indiqué le nombre de corps trouvés.

Des centaines d’étudiants et d’enseignants ont fait irruption dans les bâtiments officiels, situés à Chilpancingo, capitale de l’Etat de Guerrero, brisé des vitres et mis le feu à une partie du complexe qui continuait de brûler lundi en fin d’après-midi. Une trentaine d’employés qui étaient à l’intérieur des bâtiments en sont sortis sains et sauf. Les manifestants ont réclamé la démission du gouverneur de l’Etat en raison de la disparition -du probable assassinat- de 43 manifestants étudiants il y a deux semaines.

Ces attaques contre l’administration locale sont intervenues après une série d’affrontements entre la police et les manifestants armés de pierres et de bâtons aux portes du Parlement local. Cinq enseignants et deux policiers ont été blessés.

Quatre guérilleros du 6e Front des FARC ont été tués dans à un affrontement dans une zone rurale de la municipalité de Silvia (sud-ouest), suite à opération a été menée conjointement par l’Armée de l’air et de la police, qui a intercepté le groupe alors qu’il convoyait une cargaison d’explosifs. Un commandant des FARC figure parmi les tués: Hector Lactano Ramos (33 ans), alias « Duber ».

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Asterius Larrea, 41 ans, a été arrêté le 9 octobre par la Force opérationnelle interarmées dans le village d’Arrochar, (département de Concepción) Il accusé d’avoir recruté pour l’Agrupación Campesina Armada (ACA) plusieurs guérilleros, dont certains ont été tués récemment par la même Force opérationnelle interarmées le mois passé.

José Luis Lima Vargas (23 ans) a été capturé le 8 octobre. L’ACA, qui opère principalement dans les montagnes d’Arrochar, a donc perdu neuf membres en quelques semaines, parmi les tués ou capturés. Sept guérilleros ont été identifiés et sont recherchés. Certains auraient rejoint l’Armée du Peuple Paraguayen (EPP).

José Luis Lima  Vargas

José Luis Lima Vargas

L’espoir de revoir vivants les 43 manifestants étudiants disparus il y a quinze jours au Mexique s’est encore réduit jeudi soir après l’annonce de la découverte de quatre nouvelles fosses clandestines. A ce stade, 34 personnes ont été arrêtées dans l’affaire des étudiants disparus, dont 26 policiers municipaux d’Iguala. On ignore encore le nombre de corps que contiendraient ces nouvelles fosses situées près d’Iguala.

A Chilpancingo, capitale de l’Etat de Guerrero, plus de 7.000 manifestants ont partiellement bloqué la circulation sur l’autoroute vers Acapulco. Cette marche était organisée pour exiger du gouvernement fédéral et des autorités régionales le retour des 43 étudiants, probablement victimes d’un enlèvement par les policiers municipaux d’Iguala et un gangs avec lequel ils sont liés. A Mexico, des milliers de personnes ont commencé à se réunir à l’appel de plusieurs organisations civiles sur la principale avenue de la capitale, Paseo de la Reforma.

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Suite au massacre des manifestants étudiants par une collusion de policiers et de gangsters locaux, les forces fédérales mexicaines, armée et gendarmerie, ont pris lundi le contrôle de la ville d’Iguala. L’armée a procédé au désarmement de la police municipale dans le cadre d’un déploiement des forces fédérales afin de prendre le contrôle de la ville et mener l’enquête. Les policiers encore actifs ont été transférés vers une base militaire dans le centre du pays, pendant que leurs armes ont été examinées pour vérifier si elles ont servi à commettre des délits. Le nouveau corps spécial de gendarmerie, soutenu par l’armée, est lui chargé des « tâches de sécurité publique » dans cette ville de 140.000 habitants.

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