Une nouvelle journée de manifestations a eu lieu ce vendredi après-midi aux alentours de la Plaza Baquedano dans le centre de Santiago, pour revendiquer la libération des « prisonniers de la révolte ». Les Carabineros sont intervenus à plusieurs reprises avec des auto-pompes pour disperser la manifestation, refoulant les manifestants vers le parc Bustamante. Un homme de 65 ans, poursuivi par un groupe de carabiniers qui voulaient l’arrêter simplement parce qu’il portait un drapeau, est tombé au sol et a été transporté inconscient aux urgences. Deux personnes ont été arrêtées, dont l’homme qui a été blessé et qui sera placé en détention dans le courant de la journée.

À la fin du mois de février, l’ELN a mené trois jours de grève armée pour protester contre les politiques économiques et sociales du gouvernement et ce, à moins de trois semaines des élections législatives. Cette action a entraîné des restrictions de circulation et de commerce dans les zones où opère l’ELN. L’une des opérations les plus importante a eu lieu à Pailitas, une municipalité du nord de la province de Cesar, où les rebelles ont fait sauter un pont, interrompant la circulation. Des explosions ont également été signalée sur une route reliant les municipalités de Socorro et de San Gil, tandis qu’une autre explosion à Cucuta, capitale de la province de Norte de Santander, a tué un chien spécialiste des explosifs de la police. Vendredi 4 mars, l’ELN a annoncé un cessez-le-feu unilatéral de 6 jours pour faciliter les élections législatives qui se sont déroulées le 13 mars.

Combattants de l'ELN

Combattants de l’ELN

De violents affrontements ont éclaté jeudi 10 autour du bâtiment du parlement argentin lorsque des manifestants protestant contre le nouvel accord avec le Fonds monétaire international se sont heurtés à la police de Buenos Aires. Des manifestants ont caillassé le bâtiment et le dispositif de protection alors que l’accord avec le FMI était débattu à la Chambre des députés. Les forces de police ont tiré des balles en caoutchouc et des groupes de policiers à moto ont chargé. Les affrontements se sont intensifiés, avec des jets de cocktails Molotov. Un manifestant a été arrêté. La manifestation avait été convoquée  pour s’opposer au nouvel accord avec le FMI et aux politiques d' »ajustement » qu’entraînerait le nouveau programme de refinancement des dettes auprès du FMI pour quelque 45 milliards de dollars.

Le mardi 8 mars, qui marquait la Journée internationale de la femme, plusieurs manifestations ont emprunté les principales avenues de la région métropolitaine de Santiago du Chili. Des affrontements ont opposés les manifestantes aux Carabineros dans le centre-ville, dans le secteur d’Alameda et Morandé. D’autres affrontements ont eu lieu à la même occasion en Colombie, à Medellin. Une manifestation défilant le long de l’Avenida Oriental a été attaquée par les ESMAD, les forces anti-émeutes. Les policiers ont lancés des bombes assourdissantes pour disperser la marche.

Mais les affrontements les plus nombreux et les plus violents (des dizaines de blessées) ont eu lieu au Mexique. Il y a eu des heurts dans les villes de Mexico, Oaxaca, Michoacan, Morelia, Guadalajara, Tlaxcala et Puebla. Dans la capitale, où ont défilé plus de 20000 femmes, les autorités avaient mis en place un dispositif de sécurité composé de 1 700 femmes policiers et ont érigé une vaste clôture métallique autour du Palais national du Mexique pour le protéger des manifestantes. C’est là que les affrontements ont commencé, lors des tentatives des manifestants de rompre les clôtures pour s’approcher du palais présidentiel.

 

Les habitants installés dans une propriété du quartier Totumo de Necoclí (Antioquia) ont occupés le 1er mars la route qui relie la municipalité à Turbo en signe de protestation contre la décision d’un juge de restitution des terres d’expulser 142 familles qui y vivent. Les manifestants ont bloqué la route à l’aide de bâtons, de pierres, de pneus et de feux, et leur résistance a amené à la suspension de l’opération. Les policiers se sont réfugiés dans le commissariat de Totumo. Le jugement de la Chambre civile spécialisée dans la restitution des terres de la Haute Cour d’Antioquia du 20 mai 2019 a ordonné la remise des 40 hectares à un propriétaire  qui a dû abandonner ses terres en raison des menaces des guérillas. Les occupants revendiquent le droit d’y vivre, car ils affirment que le terrain a été acquis légalement et qu’ils sont là depuis 30 ans.

La Cour suprême du Pérou a confirmé mercredi la condamnation à perpétuité prononcée par un tribunal national à l’encontre des dirigeants du Parti Communiste du Pérou dit « Sentier lumineux », dont son président Abimael Guzman, est décédé en septembre de l’année dernière après avoir été emprisonné pendant près de trois décennies (voir notre article). La décision a été prise par la Chambre pénale permanente de la Cour suprême pour le délit de « terrorisme aggravé », en référence à l’attaque à la voiture piégée qui, en 1992, a fait 25 morts et 155 blessés dans le quartier chic de Miraflores, à Lima. La sentence concerne Elena Yparraguirre, Óscar Ramírez, María Pantoja, Laura Zambrano, Florentino Cerón, Florindo Flores, Edmundo Cox, Osmán Morote et Margot Liendo.

Le jugement a confirmé que les condamnés devront payer une réparation civile et a déclaré nul et non avenu l’acquittement pour trafic illicite de stupéfiants, ordonnant qu’un nouveau procès pour cette accusation ait lieu « dès que possible ». La condamnation à perpétuité de la direction du PCP-SL avait été prononcée en septembre 2018 par l’Audience nationale pénale (voir notre article). Toutefois, ce tribunal a acquitté les accusés du délit de trafic illicite de stupéfiants pour financer leurs activités, une décision dont le bureau du procureur a annoncé qu’il ferait appel.

Au procès de 2018

 

Des manifestants masqués ont érigés des barricades sur les artères devant l’Universidad del Valle, au sud de la ville de Cali. Un blocage a eu lieu à l’angle de la Calle 5 et de la Carrera 94, à la hauteur de Meléndez. La circulation sur la route de Pasoancho a aussi été bloquée pendant une grande partie de l’après-midi de vendredi. Les manifestants ont affronté la polices avec des grenades artisanales. Les forces antiémeutes (Esmad) et la police métropolitaine a fini par reprendre le contrôle.

La police a affronté vendredi des manifestants antifascistes masqués et cagoulés devant un hôtel accueillant une réunion internationale d’organisations d’extrême droite. Cette réunion de représentants du parti espagnol Vox et de groupes d’extrême droite de Colombie, du Pérou, de Cuba, du Venezuela et du Chili, a attiré une contre manifestation. Les antifas ont jeté des pierres et des poubelles sur l’hôtel accueillant le « Forum de Madrid », se heurtant à la police anti-émeute postée à l’extérieur qui a tiré des grenades assourdissantes. De nombreuses vitres de l’hôtel ont été brisées et la police a arrêté plusieurs manifestants. Un des thèmes déclarés du Forum de Madrid était précisément de « lutter contre le communisme » en Amérique latine.

 

Une nouvelle journée de protestations a eu lieu hier vendredi à Santiago, dans le secteur de la Plaza Baquedano, où la circulation a été déviée et les stations de métro fermées. Parmi les incidents, l’attaque, par un groupe de manifestants cagoulés, d’un commerce, l’Antigua Fuente, dont le propriétaire avait utiliser pistolet à air comprimé pour tirer des plombs sur une précédente manifestation. Les manifestants ont aussi érigé des barricades et affronté la police.

Le commerce ciblé

Vendredi a vu une nouvelle journée de manifestations et d’affrontements à Santiago, sur la Plaza Italia et ses environs, comme souvent depuis la flambée de contestation sociale d’octobre 2019. Les manifestants se sont rassemblés sous des banderoles exigeant la libération des « prisonniers de la révolte », d’autres se référant au projet de loi d’amnistie en cours de discussion au Congrès et au deuxième anniversaire de la mort de Jorge Mora, alias « Neco », écrasé par un camion des Carabiniers. Des affrontements ont eu lieu. Deux bus ont été incendiés à Pudahuel: des manifestants cagoulés, ont forcé les passagers et les conducteurs des deux engins à descendre, puis y ont mis le feu. Deux personnes ont été arrêtées.